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| | Intervention de Corinne Lepage | |
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| Auteur | Message |
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ArnaudH modérateur

 Age : 35 Inscrit le : 14 Mai 2007 Messages : 3640 Localisation : Rome, Italie
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Jeu 21 Fév 2008 - 14:50 | |
| | marco11 a écrit: | | Et surtout très inquiétant , mais en réfléchissant , tu trouveras la réponse dg22s... |
Euh... tu peux nous donner un coup de main pour comprendre  _________________
« Lorsqu’une idée correspond à la nécessité de l’époque, elle cesse d’appartenir aux hommes qui l’ont inventée et elle est plus forte que ceux qui en ont la charge. » Jean Monnet |
|  | | Nadette démocrate inspiré

 Age : 36 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 1919 Localisation : Courbevoie
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Mar 26 Fév 2008 - 19:25 | |
| NouvelObs 26 février Nicolas Sarkozy a-t-il dépassé les limites ?
Extrait :
Corinne Lepage, présidente de Cap21, candidate MoDem aux élections municipales dans le XIIe arrondissement de Paris : "Sur le plan comportemental, il n'y a pas de prérogatives mais un usage de la fonction présidentielle. Or, celle qui en est faite par le Président remet en cause la fonction et sa représentation. Un Président, proche des citoyens : oui. Un Président qui utilise un langage de charretier : non. La représentation que chaque Français peut se faire de la dignité de la fonction présidentielle en tant qu'elle le représente, de sa valeur exemplaire, n'est pas compatible avec ce langage. Quant au plan institutionnel, la lecture très monarchique de ses pouvoirs que fait le Président est à la limite de ce qu'autorise la Constitution, en ce qui concerne le Premier Ministre, lequel ne revendique pas l'exercice plein et entier des dispositions de l'article 20 de la Constitution. En revanche, avec la décision de saisir le Premier président de la Cour de cassation, les articles 62 et 64 de la constitution sont contournés pour l'un , oubliés pour l'autre. Même s'il n'existe pas de pouvoir judiciaire, cette immixtion de l'exécutif pour contraindre à terme les juridictions à contourner le principe de non-rétroactivité de la loi pénale est grave, et ce d'autant plus que l'arsenal juridique permet de soigner de force des malades qui présenteraient un danger pour la société."
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20080225.OBS2241/nicolas_sarkozy_atil_depasse_les_limites_.html _________________ Démocrate en mouvement "You must be the change you want to see in the world" Gandhi |
|  | | juju41 disciple de Platon

 Age : 54 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 11129 Localisation : Blois
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Lun 10 Mar 2008 - 18:19 | |
| 10.03.2008
Corinne Lepage invitée d'Europe1
Retrouvez Corinne Lepage sur Europe1 à partir de 19h25 le lundi 10 mars |
|  | | signora disciple d'Aristote

Inscrit le : 15 Juil 2007 Messages : 3572 Localisation : lyon
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Lun 10 Mar 2008 - 18:21 | |
| Ses explications sont extrêment claires quant à notre feuille de route. Mieux que FBayrou me semble-t-il. à voir ! non à entendre .... _________________ La Terre est fragile, nous avons chacun le pouvoir et le devoir de la respecter. Yann Arthus-Bertrand |
|  | | juju41 disciple de Platon

 Age : 54 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 11129 Localisation : Blois
 | |  | | modem26
Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 9 Localisation : valence
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Lun 17 Mar 2008 - 11:26 | |
| "On ne construit pas une force indépendante de la droite et de la gauche sans que cela ne soit très difficile. Nous sommes extrêmement engagés dans cette voie"
Surtout quand des cadres du MoDem soutiennent une liste adverse à des candidats MoDem investient par le Modem sur une autre liste.
Exemple de Corinne Lepage sur la ville de Valence qui soutient la liste PS alors que les candidats MoDem sont sur une liste sans étiquette (de droite).
Je pense que de Paris elle à longuement étudiée la situation locale ? |
|  | | raimo sympathisant démocrate

 Age : 53 Inscrit le : 25 Juin 2007 Messages : 260 Localisation : 90-Territoire de Belfort
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Lun 17 Mar 2008 - 14:43 | |
| 17.03.2008
Corinne Lepage: le champ du non-dit des élections municipales
Au-delà des résultats, en termes purement politiciens, des élections municipales, il n'est pas inintéressant de regarder, sous l'angle de la science politique, le contenu des débats, virtuels et réels, et le champ du non-dit et du débat officiel. Tout d'abord, dans la problématique local /national. Il est clair que les maires, quel que soit leur couleur politique, qui ont affiché de bons bilans ont ,à de rares exceptions près , été réélus à des scores excellents dès le premier tour. En second lieu, les programmes des différents candidats et les débats locaux qui les ont accompagnés ont quasi exclusivement portés sur la gestion municipale avec, de fortes ressemblances quoi qu'on en dise entre les programmes. Sans doute, l'importance donnée au logement social, le poids du développement économique, la politique des transports, la prise en compte du développement durable font-ils l'objet de variations mais, force est de constater que les divergences sont montées en épingle et les convergences cachées pour alimenter une bataille qui est davantage de personne que de politique. Et pourtant, il n'est pas possible de dire que le positionnement pour ou contre le gouvernement a été absent. Sa prégnance résulte : -de la politisation de ce scrutin donnée par le président de la république, au départ de la campagne -de même, de l'instrumentalisation faite par les différents partis d'opposition du gain de villes présentées comme autant de victoires arrachées au gouvernement -enfin de la présence constante du premier ministre et de différents ministres à la fois comme candidat et pour soutenir des candidats. Tout ceci entraîne une forme de confusion, qui permet en définitive de dire tout et son contraire, sans que les vrais débats de fond aient pour autant progressés. Car, pendant que les citoyens débattaient de leur future mairie focalisant l'intérêt des médias sur le local, les grandes questions qui agitent le monde n’ont fait que s'aggraver sans que pour autant elles pénètrent le moins du monde dans la campagne. -Gravité d'une crise financière internationale qui a vu la faillite de Carlyle, prélude à une crise économique liée à la récession américaine -Gravité de la crise énergétique avec un baril de pétrole qui s'envole sans que nos gouvernements ne l'aient réellement prévu et aient décidé de lancer un plan massif en faveur des énergies renouvelables qui représentent de plus un des rares domaines de nouveau développement industriel pour la France pour l'Europe. -Gravité de la crise de confiance à l'égard des experts et des décideurs publics que le succès du film et du livre de Mme Robin, le monde selon Monsanto vient illustrer. - Difficulté de remettre d'aplomb le couple franco-allemand et de permettre à l'Europe de jouer réellement un rôle politique alors même que la montée en puissance des fonds souverains et de la suprématie financière de la Chine, de l'Asie , de la Russie et des pays producteurs de pétrole sont en train de bouleverser l'équilibre des pouvoirs dans le monde. Sur tous ces sujets qui bouleversent déjà - et ce n'est rien encore - la vie de nos concitoyens il n'en a pas été question alors même que c'est l'essentiel. Car en définitive, moins d'un an après l'élection brillante du président Sarkozy, nos concitoyens manifestent une réelle volonté de pouvoir s'exprimer tant sur la conception que se fait le président de son rôle et de sa manière de l'exercer que sur les grands choix qui ont été et qui sont faits. Mais, la question ne leur était pas posée puisqu'il s'agissait d'élections locales et pourtant, dans un camp et dans l'autre, ils étaient pressés de se manifester par rapport à ce début de présidence même s’il leur était constamment rappelé qu'il s'agissait d'élections municipales. Cette situation explique peut-être la faible participation électorale à ces municipales. Mais, malheureusement, dans les stratégies politiques des principaux responsables, la présidentielle de 2012 est déjà dans toutes les têtes. Dans la mesure où cette élection éclipse toutes les autres, est la mère de tous les clans et de toutes les chapelles, le débat politique de fond est vidé puisque seule compte la compétition suprême en fonction de laquelle toutes les autres élections doivent être pensées. Cette affirmation se vérifie dans les choix d'alliance ou d'exclusion fait par un certain nombre de dirigeants non pas pour des raisons locales, non pas pour des raisons de programme politique ou d'opposition sur des questions de valeur, mais pour des raisons de stratégie liée à l'élection présidentielle. Cette dérive de nos institutions d'autant plus graves qu'elle se produit à une période de l'histoire ou de nombreuses nations et particulièrement la nôtre ont des efforts et des réorientations considérables à fournir ce qui ne peut se faire que dans un climat de cohésion nationale, d'accord sur les valeurs essentielles de justice sociale auquel manifestement nous tournons le dos. D'où, une forme de narcissisme de la classe politique qui pense beaucoup plus à elle-même qu’à nos concitoyens et qui mesure les signaux locaux largement dus à de bonnes politiques publiques en termes de bonus pour un camp ou pour l'autre. La réforme des institutions, y compris le renforcement du rôle du Parlement qui n’est bien évidemment pas un groupe de pression comme l’a affirme un proche du président de la république est à l'ordre du jour. Elle devra aussi s'intéresser au mode de participation des citoyens sur les grands sujets qui les passionnent et/ou sur les solutions des grands débats qui décident de leur avenir. Ainsi, au moins, une place sera-t-elle laissée aux vrais sujets pour lesquels l'opposition ne se fait plus entre la droite et la gauche mais entre le conservatisme et le sens du progrès humain Chronique France-Culture du 17 mars
http://corinnelepage.hautetfort.com/ |
|  | | juju41 disciple de Platon

 Age : 54 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 11129 Localisation : Blois
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Ven 21 Mar 2008 - 13:46 | |
| 21.03.2008
Corinne LEPAGE : Préparons l'avenir
Chers amis Après ces élections municipales, je tenais à vous dire que je comprenais ce que pouvait être votre déception mais vous dire aussi ce que devait être notre espoir et notre chemin. Nous avons été souvent vilipendés durant cette campagne et surtout le soir des résultats du deuxième tour. Le Mouvement Démocrate fut à cette occasion présenté comme un petit parti d’appoint, opportuniste, incohérent, illisible…. La seule question, à mes yeux, est de savoir s’il est nécessaire ou non d’avoir un espace politique qui transcende le clivage gauche-droite. . A CAP21, nous avions déjà une longue habitude de ce travail en commun des centres droit et gauche et la synthèse est un exercice qui nous est bien connu. La réponse nous parait donc évidente. C’est la même réponse qui a été apportée par la fondation du Mouvement Démocrate au sein duquel différentes sensibilités politiques se sont rassemblées pour peser davantage dans le débat public Dès lors, l’absence d’alliance globale avec l’un ou l’autre des deux camps s’imposait. Les choix d’alliance ou d’autonomie ne pouvaient alors que s’exprimer localement en fonction du poids de notre représentation, de la qualité des projets présentés à nos concitoyens et des valeurs portées par les candidats. Il n’y a dans cette attitude rien d'opportuniste contrairement à ce qui a pu être dit ici et là mais peut-être une mauvaise communication et un manque de présentation cohérente des choix effectués localement. Il aurait probablement fallu l’expliquer davantage. Ceci étant, les résultats ne sont pas du tout ce que les médias ont bien voulu en retenir. Dans les villes de plus de 10 000 habitants où nous conduisions des listes autonomes, la moyenne de nos candidats a été de 15,80 %. Nous avons à ce jour entre 2000 et 3000 conseillers municipaux, adjoints aux maires et un certain nombre de villes et villages sont gérés par des maires MODEM. C’est vrai, la loi électorale ne nous est absolument pas favorable. Ceux qui souhaitent en France un bipartisme pur, politiques et médias entretiennent l’idée qu’il n’y pas de place pour un vrai Centre en France, que le MODEM est à l’agonie. C’est faire bien peu de cas de cette nouvelle génération militante qui nous a rejoint avec conviction, dynamisme et beaucoup d’exigence. C’est faire bien peu de cas des électeurs qui nous ont fait confiance depuis la dernière élection présidentielle. Mais, il n'en demeure pas moins que nous avons beaucoup de travail devant nous pour faire vivre l'espace démocrate au centre de l'échiquier politique . Tout d'abord, nous devons conduire un travail programmatique avec l’ensemble des sensibilités qui composent notre formation (UDF, CAP21, anciens Verts, nouveaux adhérents…). Nous avons à formuler un projet alternatif, synthétisant les valeurs de générosité, de justice sociale, de démocratie avec le pragmatisme dans le domaine de l’économie. Et surtout, être les premiers à proposer un authentique projet de développement durable, fondée sur la nouvelle donne économique liée aux enjeux écologiques. Mais notre travail ne s'arrête pas là. Nous avons également à construire et à structurer notre mouvement, et à le faire vivre de manière démocratique, dans la ligne qui a été tracée à Seignosse, sur la base des très nombreuses propositions formulées par les militants. Nous avons à trouver les moyens et les ressources de faire travailler tous ceux qui le souhaitent à la préparation du projet et à faire vivre, animer nos instances. Evitons de reproduire les schémas anciens, osons la confrontation d’idées, le débat interne, indispensable à la vitalité du projet démocrate. Pour y parvenir dans de bonnes conditions, nous devons respecter les statuts et les chartes, de valeur et charte éthique que François Bayrou nous a fait approuver lors du congrès fondateur. Nous devons plus que jamais être unis et rassemblés pour administrer la preuve vivante de l'existence d'un Mouvement de rassemblement et d’ouverture, dynamique, imaginatif, force de proposition et d'équilibre. C’est à cette tâche que chacun d’entre-nous doit s’atteler en regardant délibérément vers l’avenir sans pour autant échapper au nécessaire travail d’analyse de ce qui s’est passé pour en tirer des actions de progrès pour le futur.
Corinne LEPAGE, présidente de CAP21, membre du bureau national exécutif du Mouvement Démocrate |
|  | | juju41 disciple de Platon

 Age : 54 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 11129 Localisation : Blois
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Ven 28 Mar 2008 - 10:20 | |
| mouvementdemocrate .fr 27 mars 2008 Corinne Lepage s'inquiète du sort de son rapport sur les "lanceurs d'alerte"
Corinne Lepage, ancienne Ministre de l'Environnement, s'inquiète de l'absence de suite à son rapport sur les "lanceurs d'alerte" et l'information environnementale, remis le 1er février dernier au gouvernement dans la foulée du Grenelle. "Je ne sais absolument pas le sort qui lui sera réservé, je n'ai aucune nouvelle et je doute que certaines propositions soient reprises", a-t-elle lancé jeudi lors d'un colloque sur les "lanceurs d'alerte", ces chercheurs qui éveillent le public aux risques environnementaux (ondes magnétiques, pesticides, alimentation ...).
Le rapport de la mission Lepage a repris la proposition inscrite dans le Grenelle de l'environnement d'une loi destinée à protéger d'éventuelles représailles les chercheurs qui communiqueraient leurs informations ayant des incidences sur la santé et l'environnement. Le cas du chercheur Pierre Meneton, traduit en justice pour avoir dénoncé le poids des lobbies du sel dans la santé, témoigne de la nécessité de cette protection juridique, selon Corinne Lepage. "Nous avons proposé de transformer le droit d'accès du public à l'information en un devoir d'informer pour ceux qui détiennent l'information, avec en outre, la création d'un délit de rétention d'information en cas de risque avéré pour la santé. La société ne peut pas accepter le progrès technologique si le principe de précaution n'est pas convenablement géré et ce principe ne peut être convenablement géré s'il n'y a pas d'alertes qui soient elles-mêmes convenablement gérées," a-t-elle dit. Dans son rapport qu'elle a remis au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, Corinne Lepage formule 88 propositions pour restaurer la confiance de la société dans l'information environnementale, mise à mal par l'opacité sur des sujets sensibles comme OGM, pesticides et pollutions maritimes. |
|  | | juju41 disciple de Platon

 Age : 54 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 11129 Localisation : Blois
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Lun 31 Mar 2008 - 11:51 | |
| 31.03.2008
Corinne Lepage: crise financière et développement durable
A l’aube de cette semaine du développement durable, il n’est pas inutile de s’interroger sur le rapport entre la crise financière et économique que nous vivons et le modèle de développement non durable dans lequel nous avons persisté, au-delà des bonnes intentions affichées . En effet, le passage d'un capitalisme économique à un capitalisme financier, la titrisation généralisée du système qui a permis aux établissements bancaires de sortir des règles prudentielles dans lesquelles les Etats et les organisme de régulation avait cru les astreindre, les exigences de plus en plus délirantes d’actionnaires pour obtenir des taux de rentabilité de 10, 15 et 20 %, une forme d'irresponsabilité généralisée d’un système bancaire roi du monde sont à l'origine de la crise actuelle. Arrêtons nous un instant sur les conséquences économiques, sociales et environnementales de cette financiarisation de l’économie. La folie du court-termisme est à l'origine de l'incapacité des entreprises de l'économie réelle à pouvoir investir comme certaines auraient souhaité le faire, dans de véritables politiques de développement durable. Comment en effet accepter des retours sur investissement de quelques années, voire de quelques trimestres lorsque les actionnaires exigent, avec des comptes-rendus trimestriels, des résultats à deux chiffres. De la même manière, le système du LBO, qui permet à des actionnaires de rembourser dans des délais extrêmement courts des emprunts consentis pour acquérir une entreprise, et ce grâce à une politique qui vise à vider les proies de leur actif et qui s'achève très généralement par des fermetures de sites et des licenciements tournent délibérément le dos à un développement durable sur le plan social. Enfin, cet aveuglement qui consiste alimenter la croissance par la destruction massive des ressources, à passer par pertes et profits les conséquences sanitaires et environnementales des pollutions et rejets de tout genre aboutit évidemment à faire supporter par la société civile les coûts humains et sociaux et financiers et à faire bénéficier les pollueurs des profits correspondants. Dès lors, la société dans son ensemble et, au premier rang, les plus modestes et les Etats les plus pauvres a déjà largement payé le prix de cette globalisation financière, qui repose sur une captation des ressources collectives et une rente versée à ceux qui sont les plus irresponsables. En sollicitant les Etats pour les sauver de la faillite, les établissements bancaires les plus fragilisés, car les plus inconséquents posent un problème politique, à plusieurs niveaux.
· Tout d'abord, le libéralisme et la dérégulation permanente sont mis en cause. Le consensus semble, au moins apparemment, au moins immédiatement (car on voit mal comment le système bancaire pourrait d’une part tendre la sébile et d’autre part refuser les régulations) se faire autour d'une amélioration du système de régulation, des règles prudentielles et notamment de Bâle 2, du renforcement des pouvoirs des autorités nationales. Il s'agit donc de conforter des organes régulateurs et les Etats, ce qui traduit l'incapacité du système libéral à s'auto réguler.
· Mais, la réflexion ne doit pas s’arrêter là. Le libéralisme a pour corollaire la responsabilité des acteurs. Or précisément, les acteurs fautifs, personnes physiques et personnes morales, cherchent à fuir leurs propres responsabilités. Les traders qui ont perçu des sommes astronomiques, les dirigeants des entreprises qui ont choisi les actionnaires contre l'intérêt économique de leur entreprise et qui en ont été récompensés par des stocks options et des rémunérations impensables, les dirigeants des grands établissements bancaires qui sont aujourd'hui dans la tourmente, sont-ils prêts à assumer leur part de responsabilité ? Est ce aux contribuables d’assumer le renflouement des établissements de crédit qui ont contribué à l’appauvrissement généralisé dont ils sont par ailleurs victimes ? Ni les règles du libéralisme ni celles de la justice la plus élémentaire ne conduisent à une réponse positive.
· Et pourtant. Au-delà de l'action des banques centrales pour essayer d’apaiser les tensions, il est plus que probable que le contribuable doive mettre la main au porte-monnaie. En effet, la gravité de la crise de confiance et les risques d’effets domino peuvent rendre inévitable une telle solution. Il reviendrait alors aux Etats et donc aux responsables politiques de définir les nouvelles règles du jeu et de sanctionner clairement les fautifs. Il ne s'agit évidemment pas simplement d'adapter les règles prudentielles du système bancaires. Il s'agit de faire en sorte que le système financier accepte en contrepartie de son sauvetage partiel, de modifier profondément le système de financement de l'économie réelle. Il s'agit que de nouvelles règles comptables intégrant les économies externes soient mises en place et modifient les choix d’investissements. Il s’agit que le rôle du système financier soit de faire fonctionner l’économie réelle à une époque où les besoins d’investissements pour sortir de la civilisation du pétrole sont immenses. Une troisième révolution industrielle doit être financée avec les immenses besoins qu'elle génère : recherche-développement mais aussi d'infrastructures liées aux énergies renouvelables, aux transports non polluants, à la chimie verte, à l'efficacité énergétique, aux villes zéro émissions de carbone. C'est à cette tâche que doit s'atteler le système financier international et non celle qui consiste n avoir pour seul objectif que de générer des profits à court terme et des enrichissements personnels qui mettent d’autant plus en péril l’équilibre de nos sociétés qu’ils ne sont pas justifiés par des succès et qu’ils ne sont pas sanctionnés par les échecs. Alors, la crise actuelle aura peut-être, en définitive, permis d'asseoir une des conditions majeures permettant de faire passer le développement durable d'un slogan à une réalité économique. Chronique France-Culture du 31 mars |
|  | | Prouesse démocrate indéfectible

 Age : 24 Inscrit le : 29 Fév 2008 Messages : 1092 Localisation : La Madeleine 59
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Lun 31 Mar 2008 - 13:20 | |
| Wouha ! Juste un "wouha" d'exclamation tellement ses explications sont claires et ses solutions justes. A lire ceci, j'ai aussitôt pensé à l'UGV. Etant ancien étudiant en génie mécanique et productique, j'ai pu étudié de prêt l'Usinage à Grande Vitesse. Personne ne connaît ? Evidemment. Je vous passe les détails techniques, mais cette nouvelle manière d'usiner, permet un gain de temps x10 (logique : grande vitesse), une meilleure qualité de la pièce usinée, une économie sur les outils d'usinage, aucun lubrifiant (pour les écolo : très polluant, recyclage quasi-impossible, très cher), et un tas d'autres atouts innestimables. Non non, je ne vous vends pas un produit tout nouveau qui a besoin de faire ses preuves. De nombreux chercheurs, développeurs et professeurs en font l'éloge (à travers le monde), on l'utilise même dans les écoles spécialisées. Mais pourquoi pas dans les industries ? Car l'outillage, càd la machine elle-même coûte cher. Très cher. Oh certes, eil sera rentabilisé au fil du temps, dans 5 ou 6 ans. Mais voilà, les entreprises ne visent que le court terme comme l'a si bien dit Corinne Lepage. Impossible donc d'investir dans de telles machines (à part pour les grandes entreprises telles Airbus, etc...). Donc un gain d'argent à long terme loupé et une pollution qui aurait pu être évitée, mais les chiffres annuels plaisent ainsi aux actionnaires. Un exemple parmi tant d'autres, mais qui prouve bien ce que démontrait Mme Lepage. La course au profit immédiat, tête dans le guidon, nous empêche de voir le mur qui se dresse devant nous. Bon et bien, finalement je n'aurais pas fait qu'un simple "wouha". _________________
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|  | | juju41 disciple de Platon

 Age : 54 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 11129 Localisation : Blois
 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Mar 8 Avr 2008 - 10:35 | |
| 08.04.2008
Corinne Lepage: les ravages du lobbying
La question du lobbying entre, avec fracas, dans le débat politique en France. Les passes d’armes entre le sénateur Legrand dont le courage et l’honnêteté intellectuelle doivent être salués et le président Accoyer, dont la brutalité des propos, lors de l’avis émis par le comité Legrand a interloqué, car elle n’était justifiée par rien, sont un véritable fait politique, et, ce , d’autant plus qu’elles opposent deux parlementaires de l’UMP. Voici de longues années que le lobbying s’exerce à l’Assemblée Nationale, sans aucune règle du jeu. Un documentaire récent d’Arte montrait comment un des plus actifs des lobbyistes, qui s’était illustré dans la défense des chasseurs, avait su ménager ses entrées à l’Assemblée Nationale, avec un badge d’ « attaché parlementaire. » Il semblerait qu’il s’illustre du reste aujourd’hui dans la défense du lobby OGM. Lorsque le sénateur Legrand dit pour la première fois que les parlementaires ont été « actionnés « par le lobby pro-OGM, il pose un véritable problème politique et démocratique, alors même que l’immense majorité de la population française comme du reste la population européenne, si on en croit le dernier eurobarométre est formellement opposée aux OGM. Dès lors, pour voter une loi, ouvertement laxiste et non protectrice comme l’est la loi allemande, il faut que les parlementaires de la majorité aient de solides arguments d’intérêt général. En effet, la coexistence entre culture OGM et non OGM est impossible et le projet voté par le Sénat organisait la pollution génétique sous couvert de permettre la coexistence. De plus, le refus d’imposer les études sur la santé, de rendre obligatoirement publiques celles qui existeraient témoigne de la volonté de persister dans le syndrome de l’amiante, c’est-à-dire de faire comme si un problème n’existait pas pour mieux, quelques décennies plus tard, considérer « que tout le monde savait » C’est ce qu’a dit le sénateur Legrand et c’est la raison pour laquelle le lobby veut sa peau. Mais pourquoi, des parlementaires participent –ils de ce lynchage, voire l’organisent ? Entre des parlementaires, qui par conviction et par tradition défendent une activité, par exemple le nucléaire- le lobby pro-nucléaire a été un des plus puissants de l’Assemblée Nationale- ou l’agriculture productiviste et ce que Anne Marie Robin décrit dans son livre, le Monde selon Monsanto, il existe une vaste palette. Sans doute, l’histoire racontera t-elle les dessous de ce qui se joue actuellement, et les vraies raisons des comportements auxquels nous assistons . Mais il est sûr qu’en tournant le dos à une expertise indépendante et à une transparence dans l’information , alors qu’il est très facile –et le rapport que j’ai remis à jean Louis Borloo en atteste- de les organiser le projet voté par le Sénat- sous réserve des amendements que le PS, les VERTS, le MODEM et les députés UMP courageux comme M.Grosdidier- le Sénat a pris une responsabilité historique : celle de confier à un lobby le soin d’expertiser les premiers produits d’une technologie dont tout laisse penser qu’ils présentent des risques irréversibles qui seront assumés par le contribuable transformé en cobaye. Entendons nous bien. Il ne s’agit pas de condamner une technologie, qui peut s’avérer très prometteuse, sous conditions, et c’est la raison pour laquelle la recherche est indispensable. Il s’agit de comprendre comment les représentants du peuple puissent encourager les usages alimentaires, alors que l’avantage collectif n’est de loin pas prouvé et les présomptions d’inconvénients sont immenses. Pour parvenir à un choix aussi déraisonnable, on peut effectivement mesurer l’efficacité du lobby ! Les « portes tournantes » décrites par Anne Marie Robin dans son remarquable ouvrage, existent aussi en France, mais la presse éprouve une très grande pudeur à en parler. Il s’agit du système qui consiste en ce que responsables, salariés, consultants ou avocats d’entreprises ou d’intérêts économiques occupent des postes de décision dans l’exécutif ou le législatif ou participent voire président des commissions d’experts . L’épopée Monsanto aux Etats Unis est un modèle du genre. Alors, sans doute, la réponse des parlementaires pro-OGM consiste à se plaindre du lobby des anti-OGM. La technique est bien connue. Lobby contre lobby : la balle au centre. Mais il n’y a aucune commune mesure entre des manifestations publiques, des livres, des films, et même les excès d’un José Bové , qui relèvent tous du débat public et démocratique et les milliards dépensés en lobbying par Monsanto et consorts, les officines qui s’activent pour déstabiliser, les invitations en tout genre , et surtout une désinformation sur papier glacé . Le sujet est suffisamment important pour que l’on sorte de la caricature et que les parlementaires s’informent de manière contradictoire des connaissances exactes. Le Grenelle s’est inscrit dans cette logique et si le sénateur Legrand a évolué, c’est précisément parce qu’il s’est donné la peine de se plonger dans le dossier .Si ses collègues sénateurs en avaient fait de même et si certains députés UMP décidaient de s’informer de manière autonome, ils ne pourraient que rejoindre les conclusions de l’avis parfaitement étayé et non contesté –seule l’a été la présentation du président- du comité de préfiguration, Les ravages des lobbys viennent précisément de cette capacité à faire perdre aux décideurs leur autonomie de jugement et c’est la raison pour laquelle il est plus que jamais impératif que conflits d’intérêt des experts, distinction entre experts indépendants et experts lobbyistes, réglementation du lobbying fassent l’objet de règles du jeu claires. Il en va de la confiance du citoyen envers le législateur. N’oublions pas que la loi est l’expression de la volonté générale et que les conditions dans lesquelles le législateur se prononce doivent demeurer au-dessus de tout soupçon. blog-note de Corinne Lepage |
|  | | Nadette démocrate inspiré

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 | |  | | juju41 disciple de Platon

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 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Mer 16 Avr 2008 - 11:40 | |
| corinne Lepage dans Rebonds libération
OGM : lettre à François Fillon QUOTIDIEN : mercredi 16 avril 2008 Monsieur le Premier ministre,
Le 24 octobre 2007, ouvrant le Grenelle de l’environnement, vous déclariez : «Solennellement devant vous, je m’engage à ce que toutes les conclusions précises, concrètes et consensuelles soient mises en œuvre.»
Le 25 octobre, l’ensemble des négociateurs, y compris les représentants de la profession agricole et du gouvernement, concluaient à l’unanimité sur l’«adoption d’une loi sur les biotechnologies et les OGM avant la fin du printemps 2008», reposant notamment «sur les principes suivants : responsabilité ; principe de précaution ; transparence et participation ; libre choix de produire (règles de coexistence) et de consommer sans OGM». Ce même jour enfin, dans son discours de clôture, le président de la République affirmait : «La vérité est que nous avons des doutes sur l’intérêt actuel des OGM pesticides ; la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination des OGM ; la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM.»
Monsieur le Premier ministre, ces doutes ne sont pas nouveaux, y compris dans la majorité présidentielle. Le contrat de législature 2007-2012 de l’UMP en faisait déjà état en recommandant de «ne pas accepter l’utilisation des OGM en l’état des connaissances scientifiques, mais poursuivre la recherche et associer tous les partenaires (chercheurs, représentants des agriculteurs, associations de défense de l’environnement…) à son contrôle et à son évaluation». Pourtant, le projet de loi que votre gouvernement va présenter, aujourd’hui au Sénat en deuxième lecture, n’est conforme ni avec les décisions du Grenelle, ni avec les doutes du président de la République et les réserves de votre parti, ni avec votre engagement solennel. Il légalise un risque de contamination par les OGM de l’ensemble de l’agriculture française et ne protège pas la grande majorité des agriculteurs qui veulent continuer à produire sans OGM. En prétendant organiser la coexistence entre les filières avec et sans OGM, il condamne ainsi l’avenir de ces dernières, en particulier les filières de qualité qui ont fait la renommée de notre agriculture.
De plus, vous avez promis d’affaiblir encore davantage ce texte en faisant supprimer par le sénat l’amendement 252, le seul amendement adopté par l’Assemblée nationale qui garantit de protéger «les structures agricoles, les écosystèmes locaux et les filières de production et commerciales qualifiées sans OGM». De bon sens évident, cet amendement répond à la demande d’une écrasante majorité de Français. Vous semblez de votre côté vouloir le rejeter parce que son auteur, André Chassaigne, est assis sur les bancs de l’opposition, alors qu’il aurait tout aussi bien pu être adopté à l’initiative de Louis Giscard d’Estaing, député UMP, qui avait proposé un amendement similaire avant de le retirer à la demande de la commission des Affaires économiques.
La politique a parfois ses raisons que la raison ignore, et qu’en tout cas nous ignorons. Cependant, nous n’acceptons pas que des logiques politiciennes viennent polluer l’intérêt général, la protection de l’environnement et la sérénité des consommateurs. Nous, signataires de cette lettre, défendons une agriculture de qualité, biologique et d’appellation d’origine contrôlée, la compétitivité de ce secteur d’exportation, une alimentation saine et de plaisir, une gastronomie mondialement réputée, une biodiversité riche et préservée, une science active et indépendante. Bref, face à des risques inconnus et potentiellement graves, nous défendons la liberté de produire et de consommer sans OGM....
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|  | | raimo sympathisant démocrate

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 | Sujet: Re: Intervention de Corinne Lepage Jeu 8 Mai 2008 - 9:49 | |
| 07/05/2008 Le ministère de l'Environnement a perdu la bataille qui l'opposait à l'Équipement depuis près de 40 ans
Le MEDAD, ou encore désormais le MEEDDAT, n'a plus rien à voir avec le ministère de l'environnement. Car dans la bataille qui l'opposait au ministère de l'équipement, c'est le second qui a tué le premier tout en laissant l'impression que les préoccupations écologiques l'avaient emporté ! La manifestation organisée par le personnel du ministère de l'écologie contre la disparition de ce ministère n'a guère fait recette dans les médias. Et pourtant ! N'y a-t-il pas une réelle incongruité à entendre parler de la disparition de ce ministère alors qu'il est officiellement le seul ministère d'État et le premier ministère du gouvernement. C'est qu'en réalité le MEDAD n'a plus rien à voir avec le ministère de l'environnement et que dans la bataille qui opposait depuis près de 40 ans le ministère de l'équipement à celui de l'environnement, c'est le premier qui a gagné et qui a tué le second, tout en laissant l'impression que les préoccupations écologiques l'avaient emporté. Ainsi, nous assistons au paradoxe de la quasi-disparition du ministère de l'écologie et de ce qu'il portait au moment même où tout un chacun pense qu'il est devenu primum inter pares.
Ce résultat n'est pas réellement surprenant compte tenu de la structure gouvernementale, mais il a été rendu possible grâce à la prise de pouvoir du corps des ponts et ce, dans l'indifférence politique. Lors de la constitution du gouvernement, deux orientations étaient possibles.
La première consistait en la création d'un ministère transverse, chargé du développement durable, avec un contreseing sur les actes des autres ministères. Cette construction aurait permis d'examiner sous l'angle du long terme, de l'urgence écologique, de l'interdépendance et de la complexité, les différentes politiques publiques. Elle aurait nécessité la mise en place d'une véritable évaluation et d'outils de pilotage, un suivi des politiques et un droit de veto sur des décisions de tout ordre mettant en cause la durabilité, qu'elle soit financière ou écologique. La seconde consistait à transformer le petit ministère de l'environnement en un grand ministère, avec, là encore, deux orientations possibles ; la première se faisait autour de la gestion de la question climatique, c'est-à-dire intégrant les transports, l'énergie et l'équipement. La seconde se serait faite autour du lien santé environnement et aurait réuni l'environnement, la santé publique et la consommation. Ce n'est pas le choix qui a été opéré.
Si la construction retenue a pour avantage de donner au ministre un poids considérable dans l'architecture gouvernementale, elle présente toutefois deux inconvénients qui risquent de devenir majeurs. Le premier conduit à abandonner les questions de santé pourtant primordiales qu'il s'agisse de nucléaire, d'ondes électromagnétiques, d'OGM ou de pesticides à d'autres ministères avec les difficultés que l'on connaît. Le second vient de ce que les arbitrages entre équipement et environnement sont effectués en interne et que les choix reposent alors uniquement sur le ministre et surtout son cabinet, c'est-à-dire en réalité sur l'organisation de ce grand ministère.
Or, précisément, les choix effectués, apparemment sans que le ministre ne mesure réellement les conséquences des propositions faites par ses services, portent en eux-mêmes la disparition du ministère de l'écologie dans sa finalité et plus grave encore, toute prééminence donnée à la dimension environnementale des choix. Trois orientations essentielles en témoignent.
En premier lieu, la dimension si fondamentale de la connaissance, de l'évaluation et de la prévision disparaît définitivement en tant qu'entité identifiée, achevant la tâche commencée avec la disparition de l'IFEN en tant que structure autonome. Dès lors, les données environnementales, sans lesquelles aucune politique ne peut être mise en place - alors que la France accuse déjà un retard immense au regard des données communiquées par l'Agence européenne de l'environnement - ne vont plus bénéficier d'aucune priorité et surtout seront gérées de manière « politique » sans aucune autonomie par rapport aux directions concernées. L'évaluation économique, dont on a vu l'importance avec la sortie du rapport Stern par exemple, est renvoyée aux oubliettes ce qui signifie que les choix pourront continuer à s'effectuer sans aucune visibilité de long terme ; Le secret, cher à nos gouvernants pourra, nonobstant la convention d'Aarhus, continuer à dissimuler le mauvais état écologique de la France.
En second lieu, le ministère de l'équipement et plus précisément le corps des ponts a réalisé le rêve qu'il poursuivait depuis toujours : absorber le ministère de l'environnement. De fait, la direction de la nature et des paysages ainsi que la direction de l'eau, qui existaient pourtant depuis M.Poujade, premier ministre de l'Environnement sont supprimées. En revanche, les grandes directions de l'équipement demeurent : ce qui signifie que dans l'esprit des ''grands réformateurs'' du corps des ponts, il est plus important de continuer à faire des routes et des aéroports que de gérer l'eau ou les ressources naturelles. Ainsi, il n'existera plus dans la structure gouvernementale aucune direction chargée de veiller spécifiquement sur la nature et ses ressources puisque cette mission sera intégrée avec le territoire et les habitats. Les grandes missions transversales comme la mission effet de serre disparaissent également, alors que celle de la route, de la mer et de l'aménagement du territoire demeurent. On peut admettre que le nouveau commissariat au développement durable absorbe la délégation du même nom, qui malgré les qualités de son titulaire n'a jamais démontré son utilité. Il n'en va pas de même de la MIES, d'autant plus que le gouvernement prétend faire de ce sujet un point focal de son action. Ajoutons à cela que si logiquement la direction de la prévention des pollutions et des risques se transforme en grande direction des risques, la réorganisation du ministère s'accompagne en revanche d'une externalisation d'une partie des contrôles !
Enfin, ce qui faisait la richesse du ministère, c'est-à-dire des personnels qui n'étaient ni énarques ni issus des grands corps, est anéantie puisque les directions seront partagées entre ENA, Mines et Ponts dans la grande tradition française. Que tout change pour que surtout rien ne change ! Cette devise parait plus que jamais d'actualité et on comprend alors mieux pourquoi, malgré le Grenelle qui parait déjà bien loin, les Déclarations d'utilité publiques d'autoroutes, d'aéroports fleurissent, le mitage de l'espace se poursuit, les couloirs de ligne à très haute tension sont repartis, le secret défense s'applique rigoureusement en matière nucléaire, les pesticides les plus toxiques sont allègrement autorisés, les promesses de législation protectrice en terme d'ondes électromagnétiques oubliées etc…
Même si l'engagement de Jean Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko Morizet n'est pas en cause, force est de constater que le risque de déconstruction de la politique environnementale en France existe bel et bien, puisqu'aucune structure ministérielle ne disposera plus des moyens de la défendre.
Corinne LEPAGE
Avocate, ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21.
http://www.actu-environnement.com/ae/news/bataille_ministere_environnement_equipement_5018.php4 |
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