mconstant sympathisant démocrate
 Age : 70 Inscrit le : 22 Avr 2008 Messages : 86 Localisation : 31
| Sujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme Mar 17 Juin 2008 - 20:51 | |
| Réponse à Joseph Eugène et Kydamcurieux
Bonjour,
Avant de répondre, sur le fond, à votre intéressante lettre, je tiens à signaler à Kydamcurieux que, s'il veut se faire une meilleure idée des PME, il peut rentrer sur le site d'une très vieille association (+de 65 ans) le CJD. (Cette association, à laquelle j'ai adhéré dans ma jeunesse, comprend aussi des cadres de très grosses entreprises). http://www.cjd.net/
Cette association pense que l'économie et l'entreprise doivent être au service de l'homme.
Que l'entreprise doit permettre à ses membres de conduire leur projet personnel parallèlement au projet d'entreprise, et qu'il est de la responsabilité dans l'entreprise qu'à tout moment ses employés puissent la quitter dans de meilleures conditions d'employabilité qu'en y entrant. Etc …
Créateurs d'entreprise en 1979, celle-ci, alors qu'elle comprenait 20 personnes a dû déposer le bilan lors de la faillite, en 1984, de Creusot-Loire. Tout ceci pour dire que l'argent n'est pas la motivation principale des créateurs d'entreprise. Dans la plupart des cas, ils pourraient beaucoup mieux gagner leur vie en faisant travailler l'argent des autres, et ce sans prendre de risques majeurs. Peu de cadres osent le faire. Pour en revenir au sujet de la discussion, j'ai pris le temps de lire votre très intéressante contribution, mais cela m'a donné la désagréable impression de chercher à passer par une lucarne alors qu'il existe une porte cochère permettant d'accéder à la social-démocratie.
Pour accéder à la social-démocratie il faudrait revenir à la démocratie qui consiste à donner le pouvoir au peuple. Où est le pouvoir ? Le pouvoir d'agir économiquement et socialement c'est l'argent ou plus exactement le pouvoir monétaire.
En se séparant du pouvoir monétaire, progressivement depuis 25 ans, nous sommes sortis de la démocratie. Ainsi Mitterrand, à propos du chômage, a pu dire « On a tout essayé mais rien n'a marché » C'est sous on mandat que la monnaie a été détournée de son rôle de partage (activité et ressources) et de solidarité. Et Jospin a avoué, à propos de l'affaire Michelin, que l'État était impuissant au niveau économique. La différence entre les 30 glorieuses et maintenant est qu'alors, avec peu de moyens, la France s'est développée rapidement, construisant d'importantes infrastructures, mettant en place une bonne protection sociale, augmentant considérablement la formation de la jeunesse, réduisant les écarts de revenus,… Ce qui nous avait amenés à une société apaisée, où l'ascenseur social fonctionnait, la jeunesse faisait des projets, les voitures n'avaient pas de clef antivol de série et beaucoup de vélo pas d'antivol, les transports en commun étaient sûr….
Cette période bénie ne s'est pas arrêtée à cause du premier choc pétrolier comme les néolibéraux veulent nous le faire croire. Lorsque le pétrole est redescendu à son niveau d'origine le chômage a continué à augmenter et la société à se dégrader. La fin des 30 glorieuses correspond assez exactement au changement de politique économique et monétaire qui a enlevé ses moyens d'action à la puissance publique. Les principaux promoteurs de ce changement ont été Thatcher et Reagan pour l'économie, et Trichet pour la Monnaie en France et maintenant en Europe. Avec eux et les néolibéraux, nos responsables ont oublié les avancées faites par Ford,il faut que les travailleurs puissent acheter leur production, Beveridge, il faut financer les inactifs pour leur permettre d'acheter la production des actifs, Keynes, quand l'économie privée n'y parvient pas, l'État doit prendre les mesures nécessaires pour assurer le plein-emploi, financer les besoins et les investissements nécessaires à la société, et la technique de la monnaie fondante, théorisée dès la fin du XIXe siècle, et largement mise en pratique, peut-être involontairement, durant les 30 glorieuses.
Pendant les 30 glorieuses la monnaie était au service du peuple, de l'entreprise et de l'État. C'était l'instrument d'échanges et de solidarité par excellence.
Elle permettait d'orienter les investissements en fonction de l'urgence par la pratique de taux réels plus ou moins négatifs, et de freiner ce qui était moins utile par des taux de crédit réel positif.
Elle permettait l'amortissement rapide de tous les investissements, et le désendettement systématique de l'État quand celui-ci dépensait plus que ses rentrées pour assurer les besoins essentiels de la population.
Elles obligeaient aussi tous les bénéfices à s'investir pour ne pas se déprécier.
C'étaient les beaux jours de l'accession à la propriété pour les ménages, et de la croissance par l'investissement pour le capitalisme entrepreneurial.
Depuis que les banquiers centraux, nous imposent l’ultra-stabilité monétaire, les politiques ont perdu leur principal moyen d'action, et les entreprises ont plus d'intérêt à spéculer avec leurs bénéfices qu'à l'investir dans la production. C'est la stabilité monétaire qui a transformé le capitalisme entrepreneurial, créateur d'emplois et de richesse, en capitalisme financier, essentiellement prédateur.
Le passage obligé, pour revenir à la social-démocratie, est de changer radicalement de politique monétaire ce qui passe par le changement de la mission confiée à la BCE qui devrait être : "le plein-emploi avec une inflation supérieure à 5 % et inférieure à 8 % avec une barrière infranchissable au niveau de 10 %". Il faut aussi revenir à : Ford, Beveridge et Keynes, après 25 ans de régréssion en matière de politique économique et sociale.
À partir de là, les responsables politiques pourront reprendre la main pour mettre en oeuvre des programmes réduisant les inégalités, assurant le développement durable et l'harmonie de la société.
P. S. : L'inflation ne se décrète pas, elle doit être le résultat d'une politique de croissance par la répartition des revenus et l'investissement à long terme sur la jeunesse et le développement durable. Le néolibéralisme en est incapable. [b]L'inflation est nécéssaire pour dynamiser l'économie, la réguler et effacer les dettes dans le temps. On ne peut pas avoir de ressources de prévoyance virtuelles. Les retraites ne peuvent pas être assises sur des engagement monétaires. Elles doivent être garanties par les structures de vie [/b](et de travail)[b], et le travail des actifs du moment car ce sont bien eux qui s'occuperont des inactifs. [/b] |
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