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Le néo-capitalisme est-il l’horizon indépassable ?

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juju41
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MessageSujet: Re: Le néo-capitalisme est-il l’horizon indépassable ?   Sam 12 Juil 2008 - 12:53

Le libéralisme confronté à ses résultats, par E.J. Dionne


12 juillet 2008« L’état n’est pas la solution mais le problème » , avait martelé Ronald Reagan dans son discours de prise de fonction, frappant ainsi la devise emblématique des politiques économiques qui se sont imposées depuis lors. 28 ans plus tard, vient l’heure des comptes. La finance et les marchés de capitaux dérégulés ont déclenché une crise mondialisée et multiforme dont l’ampleur et la sévérité imposent même aux partisans du laisser faire d’abandonner le dogme - enfin. E.J. Dionne Jr, Washington Post.


Par E.J. Dionne Jr, Washington Post, 11 juillet 2008

Le plus grand évènement politique de cette année 2008 a été à peu près ignoré par la presse. Il s’agit de l’effondrement des postulats qui ont dominé notre débat économique depuis trois décennies.

Depuis les années Reagan, ont prenait les stéréotypes éculés du « marché libre » pour une analyse économique sophistiquée. Mais avec la crise actuelle, ces idées tombent l’une après l’autre, car même les conservateurs reconnaissent que le capitalisme est en difficulté.

Vous connaissez les termes du débat : la réglementation est le problème et la déréglementation est la solution. La répartition des revenus et des richesses n’a aucune importance. La seule politique utile consiste à créer des incitations pour les investisseurs afin qu’ils « agrandissent le gâteau à partager ». Le libre-échange produit une croissance économique bien répartie, et toute dissidence contre cette orthodoxie est qualifiée de « protectionnisme ».

Mais cet ancien modèle est en cours de réécriture. « Nous traversons une crise mondiale aujourd’hui en raison de la déréglementation excessive, » a déclaré lors d’un entretien l’élu Démocrate de la Chambre Barney Frank, qui est le président de la Commission des Services Financiers.

Il indique qu’en 1999, lorsque le Congrès a remplacé la loi Glass-Steagall, qui datait de l’époque du New Deal, par un ensemble de réglementations bancaires plus souples, « nous avons laissé les banques d’investissement entrer dans un plus large éventail d’activités sans réglementation. » Cela a concouru aux turbulences des subprime et aux catastrophes en chaîne dans le secteur bancaire.

Bien que M. Frank soit un libéral, on ne peut pas en dire autant de Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale. Pourtant, dans un discours prononcé ce mardi, Bernanke avait les accents d’un nouveau converti au New Deal lorsqu’il a réclamé « un cadre plus solide pour la surveillance des règles prudentielles des banques d’investissement et des autres grands négociants de titres. »

M. Bernanke a déclaré que la Fed avait besoin de plus de pouvoir pour pénétrer dans « la structure et le fonctionnement des marchés financiers », parce que « l’expérience récente a clairement illustré l’importance, en vue de promouvoir la stabilité financière, d’avoir des informations détaillées sur les marchés monétaires et les activités des emprunteurs et bailleurs de fonds sur ces marchés. » Ce qui m’évoque bien sûr une forme de « big gouvernement ».

C’est la troisième fois en 100 ans que la confiance accordée à des idées économiques tenues pour acquises s’effondre. La Grande Dépression a jeté le discrédit sur les doctrines radicales du laissez-faire de l’époque de Coolidge. La stagflation dans les années 1970 et au début des années 80 a mise à mal les idées du New Deal et permis ensuite la renaissance des vues radicales en faveur du marché libre. Ce qui est en train de devenir la Panique de 2008 marquera la fin de cette récente période de Règne du Capital.

Ce qui est frappant, c’est que les conservateurs qui vénèrent le capitalisme livrent leurs propres critiques sur la façon dont le système fonctionne. Irwin Stelzer, directeur du Center for Economic Policy Studies à l’Hudson Institute, déclare que la crise des subprime est due en partie au fait que les prêteurs qui ont rapidement vendu leurs prêts hypothécaires ne couraient plus de risque si les prêts accordés tournaient mal.

« Il faut que celui qui crée un contrat porteur de risque assume ce risque », juge-t-il. « Cela implique toute une série de règlements. Il n’y a pas d’autre méthode. »

Alors que certains conservateurs se préoccupent maintenant de l’impact social et économique de l’accroissement des inégalités, M. Stelzer n’est pas l’un d’entre eux. Mais il est très critique à l’égard du « processus qui produit les inégalités. »

« Je n’aime pas les situations où trois de vos amis dans un conseil d’administration vous attribuent un zillion [1] de dollars », m’a confié Stelzer, qui est également expert-conseil en affaires. « Ce genre d’opération menée à l’abri des salles de réunion confortables des conseils d’administration me dérange ». Il fait valoir que « la préservation du système capitaliste », requiert de trouver de nouvelles façons de « lier les revenus à la performance. »


la suite ici

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2130
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Didier67



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MessageSujet: Re: Le néo-capitalisme est-il l’horizon indépassable ?   Sam 23 Aoû 2008 - 21:47

François-Xavier,

Tu as choisi un très beau titre pour ton article...mais tu n'as pas répondu à ta question.

Ta réponse est : "Il est souhaitable de le dépasser."
Elle n'est pas : "Nous le dépasserons ainsi : .."

Registre incantatoire.
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juju41
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MessageSujet: Re: Le néo-capitalisme est-il l’horizon indépassable ?   Mar 9 Sep 2008 - 18:14

09.09.2008


Analyse critique du néo-libéralisme : les solutions de Joseph Stiglitz




L’un des intérêts majeurs du livre de Joseph Stiglitz est, outre son analyse pertinente des dérives du néolibéralisme, de proposer des solutions pour encadrer la mondialisation, lui donner enfin un visage humain et faire en sorte qu’elle profite à tous, et notamment aux plus pauvres.

Avant de développer plus avant les propositions de l’auteur, je crois qu’il est important de montrer à quel point Joseph Stiglitz a bien compris le fonctionnement actuel de l’économie. Alors qu’il a écrit son livre en 2002, il annonce la crise des subprimes qui s’est déclenchée cinq ans après et en explique le mécanisme : « lorsque les prix de l’immobilier montent, les banques estiment qu’elles peuvent prêter davantage, puisqu’elles ont les immeubles comme gages. (…) Les promoteurs immobiliers voient des profits rapides à faire en construisant de nouveaux bâtiments – jusqu’au moment où il y en a trop. Alors, les promoteurs ne parviennent plus à louer leurs mètres carrés, ils ne peuvent pas rembourser leurs emprunts, et la bulle éclate ». Il montre également le phénomène pervers que créé le soutien aux fonds en cas de crise : « ceux-ci font donc l’hypothèse qu’il y aura, le cas échéant, une opération de sauvetage, et sont donc moins incités à examiner de près si les emprunteurs pourront rembourser », ce qu’il appelle « l’aléa moral ».

Parce que les politiques actuelles « sont de nature à rendre les riches encore plus riches, et les pauvres encore plus pauvres », Joseph Stiglitz préconise « d’accorder toute l’attention nécessaire aux pauvres comme aux puissants, et témoigner d’un sens profond de l’honnêteté et de la justice sociale ». Il préconise une pluralité de stratégies de développement, qui pourraient s’adapter ainsi aux différentes situations des pays, que ce soit pour le rôle de l’Etat ou le rythme de la libéralisation. Il préconise de « mettre le pays sur le siège du conducteur », pour reprendre les mots de James Wolfensohn, président de la Banque Mondiale. Enfin, il rappelle que « développer, c’est transformer la société, améliorer la vie des pauvres, donner à chacun une chance de réussir, l’accès aux services de santé et d’éducation » et souligne l’importance primordial du « capital social », qu’il faut à tout prix préserver.

Il préconise d’en finir avec les politiques monétaristes qui ont échoué. S’il est pour l’équilibre budgétaire en période de croissance, il récuse toute obligation légale d’équilibrer le budget de l’Etat, qui conduirait à des politiques restrictives en période de récession. Il attaque la BCE, qui « a lourdement aggravé le ralentissement économique de l’Europe en 2001 parce qu’elle a réagi en enfant buté aux inquiétudes politiques bien naturelles qu’inspirait la montée du chômage » et souligne que « personne n’a rien pu faire (quand) elle a refusé de baisser les taux », suggérant une révision de son mandat, mais aussi de son indépendance. Il faut noter que le raisonnement vaut malheureusement pour la période actuelle…

L’auteur prend clairement position en faveur d’une taxation sur les mouvements de capitaux et soutient sa prise de position par des arguments limpides : « les flux de capitaux sont pro cycliques : ils sortent d’un pays pendant les récessions, précisément quand il en a le plus besoin, et y entrent pendant les expansions, où ils viennent exacerber les pressions inflationnistes ». Il dénonce « les impulsions rationnelles et irrationnelles de la communauté des investisseurs, leurs euphories et abattements irraisonnés » que Keynes avait appelé « les esprits animaux ». S’appuyant sur l’exemple de la Malaisie, il soutient que « puisque les flux accélérés de capitaux, entrants ou sortants, causent de gros problèmes, qu’ils (…) engendrent de lourds effets sur les citoyens ordinaires qui n’ont rien à voir avec ces flux de capitaux, en raison des perturbations massives que ceux-ci provoquent dans l’ensemble de l’économie, l’Etat a le droit et le devoir de prendre des mesures pour y faire face » et préconise une taxe sur les mouvements de capitaux.

Outre la restriction des flux de capitaux (que ce soit par la régulation ou les taxes), il propose d’autres solutions pour une « mondialisation à visage humain ». Il propose une réforme des faillites en soutenant qu’aujourd’hui, les solutions sont conçues par les créanciers pour les créanciers, ce qui n’est pas juste. Il demande à limiter les opérations de sauvetage qui « contribuent aux problèmes en réduisant l’incitation du prêteur à faire attention ». Il propose d’améliorer la réglementation bancaire pour limiter la croissance des actifs en période de croissance notamment. Il suggère d’améliorer la gestion du risque de change, notamment pour les pays émergents, via des assurances. Il demande à instaurer des filets de sécurité pour les plus vulnérables en cas de crise, notamment l’agriculture et les petites entreprises. Enfin, en cas de ralentissement économique mondial, il propose « d’émettre des DTS pour financer des biens publics mondiaux (dont l’aide au développement) pour contribuer à maintenir le dynamisme de l’économie ». Une solution dont on imagine bien la pertinence au début des années 90 pour les anciens pays communistes…

Dans ce livre, Joseph Stiglitz fait le constat d’un monde qui retombe dans les travers du « fanatisme du marché », qui avait amené la Grande Dépression il y a 80 ans. Mais il parvient également à refonder les bases d’un keynésianisme du 21ème siècle dont on se demande qui pourrait bien être le porte-parole.

Source : « La Grande Désillusion », Joseph Stiglitz, Le Livre de Poche



http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2008/09/09/analyse-critique-du-neo-liberalisme-les-solutions-de-joseph.html
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juju41
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MessageSujet: Re: Le néo-capitalisme est-il l’horizon indépassable ?   Sam 4 Oct 2008 - 14:36

l’Empire de la Honte" de Jean Ziegler

interview vidéo et papier.
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