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 [Grand thème] Rural

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rêve orange

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MessageSujet: [Grand thème] Rural   Mer 16 Mai 2007 - 12:11

Rural

"Il faut lutter contre la fracture territoriale"

Rétablir les services de santé, conserver un tissu d’exploitations agricoles, maintenir les services publics de proximité, assurer l’accès égal à internet : c'est contribuer à la qualité de la vie en France et garantir l’égalité des chances entre habitants des zones rurales et urbaines.

"On ne trouve plus de médecins en zone rurale alors qu'il y a plus de dix ans, nombre d'entre eux ont été envoyés à la retraite d'office. Les médecins et infirmiers que je rencontre se sentent au bout du rouleau …

Je propose quatre pistes de réponses : mieux gérer le "numerus clausus" des diplômés en médecine, en l’augmentant, et surtout en établissant une gestion au niveau régional car les besoins ne sont pas les mêmes partout ; favoriser la création de cabinets de groupes ; développer la télémédecine ("boîtiers" d’appel médecins) pour mieux organiser les gardes ; proposer des bourses aux étudiants en médecine, en échange d’une installation dans un cabinet rural pendant un certain nombre d’années.

J’ai l'intention de résister à Bruxelles en matière de défense des services publics, en matière de défense de la Poste. La Poste, c'est un peu de notre lien social de tous les jours, particulièrement pour les plus fragiles. C'est vrai au Val Fourré où des concitoyens me racontaient qu'il leur fallait six heures pour obtenir un mandat, et c'est vrai aussi dans nos vallées pyrénéennes. Il y a des choses plus importantes que la théorie de la concurrence en matière postale, par exemple, le sentiment d'une personne âgée qui a bien besoin parfois de rencontrer le facteur.

L'accès à internet dans des conditions correctes - c'est-à-dire, aujourd'hui, à haut débit - est une question d’égalité des chances, maintenant que les ressources présentes sur internet deviennent essentielles pour les études, les démarches administratives, la culture, l’information, les achats, pour organiser ses déplacements et pour de nombreux autres actes de la vie quotidienne. Il faut valoriser la chance que représente internet pour tous les Français, pour toutes les écoles primaires et tous les collèges …
Cela passe par des solutions techniques pour connecter en haut débit les villages les plus isolés. La mission de l'État n'est pas de choisir entre ces solutions, mais d'assurer la péréquation des ressources des territoires, pour compenser les inégalités de ressources.

Enfin, je sais combien le travail des agriculteurs est indispensable au développement de nos campagnes, à la sauvegarde de nos paysages comme à notre souveraineté alimentaire. La future PAC devra soutenir les exploitations familiales, et permettre de maintenir un tissu dense d'agriculteurs.

Je pense aussi aux agriculteurs retraités et aux veuves, qui sont nombreux à vivre et à survivre avec une pension de misère, souvent dans une grande solitude. Je prévois donc l'augmentation des petites retraites pour que le minimum passe à 90% du SMIC."


FB

Lien(s):
Discours au Zénith de Paris, 21 mars 2007
Interview à L'Ordinateur Individuel, 30 janvier 2007
Rencontre à la maison de retraite d'Outarville, Loiret, 25 janvier 2007


Dernière édition par le Mar 1 Jan 2008 - 12:37, édité 1 fois
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juju41

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Jeu 13 Sep 2007 - 11:21

lundi 10 septembre 2007
Contribution sur l'Agriculture pour le Forum des Démocrates (Seignosses 13-16 septembre 2007)

Dans ce qui suit, nous nous efforcerons de montrer la désertification rurale et ses conséquences possibles, le mal être d’une catégorie socio professionnelle en prise avec la grande distribution qui se veut la garante du pouvoir d’achat des consommateurs.

Ce qu’il faut rappeler :
Le programme du candidat François Bayrou sur l’agriculture était prémonitoire ; il anticipe une revalorisation des produits de base, blé et maïs, ce qui se produit à l’heure actuelle avec comme point de départ l’utilisation industrielle des produits agricoles. Dès lors deux conséquences peuvent en être tirées :
- la première concerne les pays en crise de développement qui peuvent revaloriser leur économie agraire
- la seconde concerne nos régions de polyculture souvent défavorisées à la fois par le climat et par le qualité du sol. La résurgence d’une sole céréalière y est possible dans un contexte d’élevage
C’est donc ce dernier point qui retiendra notre attention car notre territoire rural dépend étroitement de la vitalité des exploitations agricoles pour conserver ce maillage rural qui existe encore.

Pour introduire notre propos, nous prendrons comme point de départ une actualité qui touche deux produits de base : le blé (et donc le pain) et le lait.
Il a en effet suffit que le blé revienne à son niveau d’il y a 20 ans pour que le pain subisse de considérables augmentations et il se produit la même chose pour le lait, à ceci près que l’augmentation de 10 cents d’euro pour le consommateur, ne laisse après dures négociations qu’1 cent au producteur.
Tel es bien le dilemme qui nous occupe : que voulons nous consommer ? A quel prix ? Avec quelles contraintes ? Quid des importations ? Doivent-elles être massives et alignées sur les mêmes standards de qualité ?
La liste de ces questions n est pas exhaustive, pour bien cerner le problème nous devons y adjoindre des problèmes aussi divers que l’érosion des sols, la qualité de l’eau, le contrôle des intrants, etc.
En essayant de faire en sorte que les mesures imposées à nos producteurs soient identiques à celles appliquées dans d’autres pays pour lesquels, l’Europe représente un marché de 600 millions d’habitants solvables.

Examinons maintenant notre alimentation composée essentiellement de pain, de viande, de légumes et de laitages.
Leur production doit obéir aux critères d’une agriculture raisonnée, c’est à dire mettant en œuvre un compromis entre des méthodes ancestrales et des méthodes de productivité garante d’un revenu, ce que de façon très majoritaire les agriculteurs ont fait depuis la nuit des temps. Ils n’ont pas attendu l’invention du concept (du mot qui sonne bien) pour l’appliquer : réduire les intrants c’est l’objectif de tout producteur, parce qu’ils coûtent cher.
Nous, consommateurs, sommes de plus en plus sensibles à la qualité des aliments que nous consommons, ce mot pouvant être décliné dans de multiples directions selon le positionnement que l’on a tout au long de la chaîne de production et par ailleurs nous sommes également attachés à nos paysages entretenus largement par l’activité agraire, le fameux équilibre agro-sylvo-pastoral.
Comment concilier tout cela dans un pays tel que le nôtre dont les recettes agro alimentaires à l’exportation sont parmi le peloton de tête ?
Des pistes de recherche existent, au niveau de la répartition des produits sur notre territoire au niveau d’une meilleure prise en compte de la qualité de vie de nos ruraux qui ont été largement mis à contribution pour que la part de l’alimentation dans le budget des ménages soit faible (10 à 15%) mais qui, encore aujourd’hui pour certains, ont des conditions de vie déplorables malgré la mécanisation (chère) qui leur a permis de produire toujours plus en travaillant de façon presque identique pour un revenu identique, voire moindre dans certains secteurs.
Au premier rang des mesures à mettre en place (lentement) existe le rapprochement entre la consommation et la production. Je vous rassure, le pays des choux-fleurs ce sera encore et longtemps la Bretagne et l’ail rose de Lautrec… et toc !
Cependant pour les productions de type « hors sol » inévitables parfois (les cochons à la glandée… ça le fait plus !), une meilleure répartition serait possible en partant de la consommation régionale.
J’entends bien que notre pays avec son centralisme parisien et les quelques autres méga-agglomérations ne puisse consommer qu’à partir d’excédents d’autres territoires mais vous conviendrez avec moi que cette répartition est non dénuée de sens tandis que la concentration actuelle entraîne de déplacements de marchandises vivantes ou mortes et donc de nombreux camions sur nos autoroutes.
Il en est de même pour la production laitière ou pour la production de viande, toutes deux à partir d’herbe ou de maïs…
S’intéresser aux OGM c’est bien, faire en sorte que les pâturages soient bien exploités c’est aussi très bien surtout si quelques canadairs sont économisés.
En effet ces animaux qui pâturent, entretiennent notre paysage et le valorisent ; avec des productions aussi diverses que fabuleuses par leur originalité et leurs goûts ; notre candidat dans le contexte de la PAC se prononçait pour une véritable prime à l’herbe, nul doute qu’une telle mesure permettrait un meilleur équilibre surtout dans un contexte de renchérissement des céréales.
Cependant ce type d’élevage est source d’astreinte lourde nécessitant d’être allégées. Les élevages disparaissent en effet un peu à cause du manque de rentabilité mais aussi et surtout à cause de la qualité de vie déplorable qu’ils générent, et aussi du fait de leurs difficulté d’adaptation aux différentes normes.
Et pourtant demain que sera une commune avec aucun agriculteur présent, aucun élevage présent ?
Il faut donc trouver des passerelles adaptées, innover et cela passe par la recherche.

La recherche :
Elle doit être renforcée, c’est elle qui dossier par dossier sans effet médiatique apportera les véritables réponses sur les OGM mais pas seulement. Sur la définition de modèles de production adaptés à chacune de nos régions dont les effluents seront gérés avec pertinence, dont la charge de travail sera répartie entre différents intervenants afin que pour reprendre les termes déjà définis par cette même recherche : l’agriculteur éleveur ne soit pas à la fois le décideur et l’exécutant.
Une fois définis ces modèles de production on pourra envisager d’autres types de partenariats ; en effet à l’heure actuelle l’application d’une norme se traduit toujours par une mise en conformité obligatoire, alors qu’en construisant des modèles observés dans leur fonctionnement au quotidien on pourrait valider des fonctionnement pour une à deux dizaines d’année ; en effet en agriculture nous sommes sur des échelles différentes y compris et surtout par rapport aux amortissements car un troupeau ne se construit pas du jour au lendemain et il faut trois ans à une petite vêle avant de donner naissante elle-même à une autre petite vêle.
On doit donc construire des centres de production fiables et pour cela une conjonction est nécessaire entre DDA, agriculteurs, services de l’environnement, etc. Mais avec quel capitaine ?
Je verrais bien une mise à disposition de l’agriculteur et de ses terres en propriété et en fermage à ce genre de structures afin que le lien avec le sol soit conservé.

Pour ce qui est de l’environnement paperassier de l’agriculture un suivi qualité me semble nécessaire, mais réalisé en amont et non pas en aval. Par un redéploiement des agents conseillers agricoles on pourrait avoir un suivi plus affirmé et validant vis à vis de l’administration, le conseiller jouant le rôle d’organisme certificateur de 1er niveau.
Le dossier PAC de chaque agriculteur élaboré conjointement avec un conseiller agricole spécialisé sur les productions de l’exploitation pourrait permettre une validation implicite permettant à l’agriculteur d’être déchargé des tracasseries habituelles liées à l’instauration des contrôles ; en effet les éleveurs qui acceptent et sont volontaires pour des raisons techniques de suivis n’ont qu’un faible nombre de non conformités et les plus importantes concernent l’application de normes de stockage ou de bien être c’est pourquoi je préconise la construction de modèles stables sur une durée longue, modèles à définir, je ne prétends pas détenir la solution, par contre cet axe de recherche trouve sa pleine expression à partir de ces exploitations qui se sont maintenues au fil du temps en investissant leur disponible majoritairement dans des mises aux normes, certes nécessaires, mais à courir ainsi derrière des normes, pour des durées d’exploitation qui sont parfois inférieures aux investissements l’exploitant est exploité et s’essouffle (car derrière le modèle familial ou pseudo familial faut il encore préciser si oui ou non il y, a une suite c’est à dire un repreneur héritier potentiel) et le thème est immense…


En substance que proposer ?
· une meilleure adéquation des productions en fonction des spécificités régionales et des quantités qui y sont consommées
· un accompagnement accru des exploitations tout au long de leur existence avec un réel partenariat faisant intervenir les chambres d’agriculture et les pouvoirs publics
· la mise au point de modèles de production dont la pérennité soit assurée et mutualisée dans le temps car ce que l’on construit aujourd’hui doit être mieux que ce qui a été construit hier, mais cette évolution et l’effort demandé doit être réparti et non plus être rendu obligatoire parce que découlant de réglementations qui ont pour conséquence de compromettre le niveau de rentabilité
Si l’infrastructure d’un élevage (cheptel, bâtiments) a été créée aux normes en 1995 elle doit pouvoir fonctionner jusqu’en 2015 et ce serait mieux si cet effort était reparti entre les différents acteurs, avec un engagement des pouvoirs publics et non pas une visite de contrôle.
De plus si de l’argent public a servi à la construire cela impose de s’assurer de son fonctionnement et pour cela mieux vaut la détacher de l’exploitation traditionnelle pour la construire géographiquement ailleurs, genre zone industrielle agricole
Ainsi avec une transparence des coûts de production, non pas marge brute mais bien marge nette, une juste rémunération et une qualité de vie comparable aux autres catégories socio professionnelles, une agriculture française pourra perdurer dans des conditions de vie et de travail décentes et faire la richesse de nos terroirs et de nos paysages.

Publié par CHRISTIAN ANDRIEU
http://candrieu.blogspot.com/2007/09/contribution-sur-lagriculture-apour-le.html
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johanono

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 12 Sep 2008 - 19:40

Beaucoup de gens ont tendance à sous-estimer l'importance pour un pays de disposer d'une agriculture dynamique. L'agriculture, on a un peu trop tendance à l'oublier, remplit en effet de multiples fonctions toutes aussi importantes les unes que les autres. Une agriculture forte, c'est bien sûr une nourriture abondante, de préférence de qualité, c'est aussi un aménagement harmonieux du territoire, c'est encore un environnement protégé et des paysages préservés.

Malheureusement, et contrairement à l'idée communément admise, le modèle intensif en vigueur depuis quarante ans bat en brèche tous ces objectifs. De plus en plus de champs sont laissés en jachère, de plus en plus d'exploitations mettent la clé sous la porte, les scandales alimentaires se multiplient, l'environnement n'a jamais été aussi dégradé (en témoigne le problème de la pollution de l'eau en Bretagne). Le pire, c'est que l'Europe n'est même pas autosiffisante, car elle doit importer de notre produits, tels le soja, nécessaires à l'alimentation animale.

Un peu de mise en perspective s'impose. Dans les années 50, il existait déjà, en Europe, des politiques agricoles nationales, non coordonnées, prenant la forme de politiques publiques protectionnistes ou de soutiens au cours, et de fait incompatibles avec le principe de libre circulation des marchandises posé par le traité de Rome. Surtout, le niveau de développement de l'agriculture était encore très inégal d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre, et le besoin de modernisation des structures agricoles était évident.

Dans ces conditions, le traité de Rome, dans son article 39, avait lui-même assigné plusieurs objectifs à la Politique agricole commune :
- accroître la productivité de l'agriculture en développant le progrès technique et en assurant une utilisation optimale des facteurs de production, notamment la main-d'oeuvre,
- assurer des revenus suffisants aux agriculteurs,
- stabiliser les marchés,
- garantir la sécurité des approvisionnements,
- garantir aux consommateurs des prix modérés.

Les modalités concrètes de mise en oeuvre de ces objectifs ont été définies en 1959, lors de la conférence de Stresa. On peut citer :
- la mise en place d'un marché européen commun, corollaire à la libre circulation des marchandises,
- la fixation, pour chaque produit, de cours européens garantis, indépendamment des quantités produites, avec une politique de soutiens aux cours, dans le but d'offrir aux agriculteurs des revenus garantis préservés des fluctuations des cours,
- la préférence communautaires : taxation des importations par le biais de tarifs douaniers uniques, afin de protéger le marché européen des importations en provenance de pays à bas coûts de production,
- l'élaboration de règlementations sanitaires et administratives uniques,
- la solidarité financière : le financement de la PAC était commun.

Dans le but de produire davantage, fut ainsi entreprise une vaste politique de modernisation de notre agriculture, à travers la mise en place de multiples dispositifs destinés à favoriser des pratiques jugées plus efficaces et plus productives : c'est ainsi que les agriculteurs furent incités à investir massivement dans la mécanisation, grâce à un système de prêts bonifiés consentis par le Crédit agricole, que le remembrement fut encouragé grâce à des subventions publiques, que la concentration des exploitations fut encouragée par le biais, notamment, des indemnités viagères de départ (IVD). Une logique de mécanisation et de concentration des exploitation était donc en marche, et avait au demeurant ses justifications. Les agriculteurs eux-mêmes accueillirent, en majorité, cette évolution avec satisfaction, car ils y voyaient bien souvent, au-delà de simples opportunités financières, une forme de promotion sociale.

C'est ainsi qu'apparaissent, dès les années 60, les premiers élevages hors sol, les premiers contrats d'intégration, ou le recours aux produits chimiques.

Le succès fut tel qu'apparurent dès les années 70 les premiers phénomènes de surproduction. La PAC était en quelque sorte victime de son succès. Rapidement, le marché européen devint trop petit pour écouler une production toujours plus grande, et c'est à ce moment là que l'Europe se découvrit une vocation exportatrice. C'était l'époque où les gouvernement successifs de notre virent dans l'agriculture ''le pétrole vert de la France''. La vocation exportatrice de notre agriculture, ce fut malheureusement le début de la fin...

C'est dans ce contexte, dans le cadre du GATT, puis, plus récemment, de l'OMC, que furent négociés plusieurs accords internationaux successifs de libre-échange. L'Europe pouvait accéder à des marchés extérieurs, mais devait en contrepartie renoncer à ses barrières douanières.

Le problème, c'est que les coûts de production en Europe sont plus élevés que dans beaucoup d'autres pays. Pour pouvoir exporter, il faut donc s'aligner sur les prix plus compétitifs pratiqués par les pays que l'on prétend concurrencer. C'est logique. Prenons l'exemple d'une centrale d'achat de la grande distribution en France. Si un groupement agricole local veut lui vendre une production, elle lui imposera de s'aligner sur les prix proposés par d'autres pays, sinon elle ira voir ailleurs. Le libre-échangisme mondial provoque donc mécaniquement une chute progressive des cours, ne permettant plus à nos agriculteurs de vivre de leur production.

Mais l'Europe est riche et a de l'argent, beaucoup d'argent, à dépenser. Elle peut donc se permettre de compenser la chute des cours par des subventions massives. Malheureusement, ces suventions, bien que toujours plus importantes, ne compensent jamais totalement la chute des cours. En outre, elles favorisent mécaniquement les grosses exploitations. C'est ainsi que de plus en plus d'agriculteurs n'arrivent plus à vivre de leur production et finissent par mettre la clé sous la porte. Les plus solides ne trouvent leur salut qu'en grossissant et en investissant de plus en plus, en se spécialisant dans des cultures intensives, jusqu'au jour où un endettement record les conduit à leur tour à leur perte.

Dans ce contexte, personne n'est content. Les agriculteurs, parce qu'ils n'arrivent plus à vivre, et qu'ils souhaiteraient vivre de leur production et pas de subventions, le contribuable européen qui commence à trouver que toutes ces subventions coûtent bien cher, le consommateur trompé par une qualité douteuse, le citoyen se plaignant des pollutions massives qui sont la conséquence du modèle intensif.

Ce qui s'est passé ces dernières années ne fait qu'aller dans le sens de cette évolution. Faute de remettre en cause le mythe du libre-échangisme, les pouvoirs publics européens acceptent toujours la fatalité de la chute des cours, et consentent aux Etats-Unis ou à la Nouvelle-Zélande une suppression progressive de nos subventions. Ca tombe peut-être bien pour eux, car cela leur permet de réaliser des économies ! Mais quand on entend la commissaire européenne à l'agriculture dire qu'il faudra désormais que les agriculteurs européens apprennent à vivre d'autres activités que leur production, il y a quand même de quoi être inquiet.

La seule véritable solution, si l'on veut sauver notre agriculture, passe donc par le rétablissement des barrières douanières, c'est-à-dire une forme de protectionnisme européen. Tout le reste n'est que cautère sur une jambe de bois. Je dois malheureusment constater qu'aucun candidat à la présidentielle n'a le courage de tirer cette conclusion, pas même François Bayrou, et je le regrette.

On me rétorquera qu'un retour au protectionnisme nous privera de fait de la possibilité d'exporter notre production, ce qui serait un drame. Certes, l'Europe exporte, mais à quel prix ? Peut-on accepter, sous prétexte de se targuer d'être une puissance exportatrice, toutes les dérives que je viens de décrire ? Le rétablissement du protectionnisme à l'échelle européenne impliquera donc, c'est certain, de renoncer à notre vocation exportatrice, mais c'est là le seul moyen de permettre à nos agriculteurs de vivre de leur production, grâce à des cours européens supérieurs aux cours mondiaux.

Les cours mondiaux sont remontés ces derniers mois. Tant mieux pour les gros cultivateurs de céréales qui en profitent. Mais pour les éleveurs, le problème reste entier.

L'opinion publique dominante continue de croire que la PAC protège nos agriculteurs. C'est même ce que le gouvernement veut faire croire, en disant en substance ''pas touche à la PAC''. Le jour où l'on aura compris que seule une remise en cause profonde de la PAC sera à même de relancer notre agriculture, alors une bonne partie du chemin aura été effectuée.
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Didier67



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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Mar 21 Oct 2008 - 23:52

Bonjour !

Quel vaste et beau sujet !

Et bravo Johanono pour cette rétrospective.
Tu as tout à fait raison de faire la différence entre les grands céréaliers et les éleveurs. Et on pourrait encore séparer les élevages laitiers de montagne de ceux des plaines, et les laitiers des élevages à viande, les bios des conventionnels.....

La vraie ligne de fracture est celle-ci : ceux qui sont fournisseurs de l'industrie agro-alimentaire, et uniquement cela, et ceux qui sont fiers de leur travail, qui s'acceptent paysans.

Les premiers sont depuis longtemps engagés dans la course à l'accroissement perpétuel de productivité, n'investissent que pour produire, demandent toujours plus à la génétique ! Connaissez-vous le "syndrôme Brachyspina" ?
Erreur de manip : on voulait plus de pis, pas de jambes ! Tant pis....

C'est certain, l'avenir de l'agriculture européenne, et notre sécurité alimentaire, passe par la réappropriation de la commercialisation des produits agricoles par ceux qui les ont produit. Le circuit court (voir le fil sur le "localisme"), c'est la solution. AMAP, vente à la ferme, sur la route en distributeur automatique , comme ici un distributeur de lait frais cru en Alsace du Nord, creusons cette voie-là.

La PAC encourage-t-elle ou non ce mouvement?
Elle l'encourage en ce sens que de tels équipements sont éligibles à subvention au titre de la diversification (FEADER 311 : jusqu'à 40% du montant total de l'investissement, uniquement si une collectivité locale nationale participe aussi.)
Elle ne l'encourage pas en ce sens que les montants alloués à de telles subventions ne sont pas l'essentiel de son action, loin de là.
Et que la PAC devienne autre chose qu'un distributeur à subventions, c'est en effet une reforme qui s'impose. Ne sont-ce pas in fine les subventions de la PAC qui permettent à un ami personnel de notre Président d'expédier sur les marchés de la Françafrique des carcasses de volaille sentant bon le faisandé, provoquant la disparition des élevages locaux ?

Mais trêve d'attaques personnelles contre un homme que je connais pas et qui ne m'a rien fait, pas même un peu de bien; une seule question demeure : que puis-je faire ?

1- Demander au boucher du Super U quand il aura de l'agneau local. A chaque passage au Super U.

2- Si je me lasse avant le boucher, ne plus acheter d'agneau au Super U. Voir s'il y a un boucher indépendant près de chez moi, lui poser la même question et si l'agneau chez lui aussi est venu de l'autre bout de la terre, chercher une AMAP près de chez moi, et s'il n'y en a pas, la mettre sur pied au lieu de surfer sur internet à la recherche de l'idée qui va sauver le monde.

Suspect

3- En parler au futur président (François B.) et le convaincre.



P.S. : Je suis le vendeur du distributeur de lait cru en photo (plus d'infos sur mon site consacré à la vente directe : www.filbing-distribution.com)
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marco11

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Mer 22 Oct 2008 - 10:31

Le circuit court (voir le fil sur le "localisme"), c'est la solution. AMAP, vente à la ferme, sur la route en distributeur automatique , comme ici un distributeur de lait frais cru en Alsace du Nord, creusons cette voie-là.

Didier67 , je trouve que c'est une très bonne idée Very Happy , sur france 3 bretagne , j'ai vu aussi des distributeurs de lait près de Rennes , dans le reportage , on voyait les enfants , les parents se servir . Wink

Ils goutaient le lait , et les sourires se lisaient sur les visages .. Very Happy

Question ? avez vous pensé à mettre des bouteilles en verre à disposition des clients ?
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marco11

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Mer 22 Oct 2008 - 10:42

Didier67 a écrit:

P.S. : Je suis le vendeur du distributeur de lait cru en photo (plus d'infos sur mon site consacré à la vente directe : www.filbing-distribution.com)

je suis allé visiter le site , et

très intéressant ...dommage que je ne sois plus commercial , car vendre des machines comme tu les présentes m'auraient beaucoup plu .
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johanono

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Mer 22 Oct 2008 - 19:53

@didier 67 : le retour à un protectionnisme européen, avec des cours européens supérieurs aux cours mondiaux et permettant donc à nos agriculteurs de vivre à peu près de leur production, permettra de se dispenser d'une grande partie des aides actuelles.

Quant aux aides restantes, elles devront être réorientées vers des pratiques plus écologiques, telles que l'élevage des vaches à l'herbe ou des porcs sur la paille, à la place, par exemple, des grandes cultures céréalières ou du maïs.

Ne pas tomber cependant dans une opposition trop stérile contre le lobby agroalimentaire ou la grande distribution. L'agroalimentaire, on en a besoin. C'est lui qui transforme la "matière première" fournie par les agriculteurs. La grande distribution, on en a besoin aussi, tout le monde ne peut pas se fournir en vente directe.
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Didier67



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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Mer 22 Oct 2008 - 22:20

Johanono,

Il y a beaucoup de choses que je ne comprend pas.


Pour ce soir, juste cette interrogation :

Pourquoi vouloir exclure l'agriculture des forces du marché alors que l'on accepte volontiers la disparition de l'extraction minière ou du textile par exemple ?

Sans doute parce que l'agriculture répond à un besoin vital de la population, pour lequel dépendre d'approvisionnement extérieur est inconcevable.

Soit. Mais, outre que cela ne me paraît pas très cohérent avec le dogme libéral, en réalité ce que la PAC favorise et que tu me sembles défendre, c'est une "fonctionnarisation" du métier d'agriculteur. Parce que je produis des cochons, (sont-ils bons, ou trop maigres, n'ont-ils jamais vu la lumière du jour, la truie a-t-elle jamais marché ?), parce que je produis des cochons, et que des industriels en ont besoin, parce que bien assaisoné, arrosé de parfum "fumée", ça se mangera, parce qu'il faut bien que les gens mangent, surtout qu'ils l'ont acheté quand même, parce que donc je produis des cochons, mon revenu doit être garanti et même garanti à un niveau élevé.!?
Bien sûr, si d'aventure je devais le vendre moi-même ce cochon, peut-être bien que je n'en tirerais pas tant. De n'avoir jamais rien mangé de bon, qu'il n'ait jamais pu courir, cela a peut-être eu une incidence sur la qualité de sa viande.


Reprenons l'exemple du lait, et des pressions qu'un groupe comme Entremont qu'impose aux producteurs. Cela ne saute-t-il pas aux yeux que si les producteurs s'étaient organisés, s'organisaient maintenant, pour vendre leur lait eux-mêmes, en dehors de la très grosse industrie et ses quantités garanties, le jeu serait différent ? Mais on ne peut pas tout avoir, les agriculteurs pas plus que les autres. Où a-t-on vu que ceux qui gagnent vraiment bien leur vie sont sous-traitants ou fonctionnaires ?


Tu auras du mal à me faire changer d'avis : ce qui cause la misère dans les campagnes, c'est surtout que les agriculteurs ont accepté de n'être que des producteurs, des sous-traitants.

Résumé d'un contrat : Monsieur X. s'engage à vendre la totalité de sa production de choux-fleurs à la coopérative. En contrepartie, la coopérative s'engage à acheter la totalité de la production de choux-fleurs de Monsieur X.
200 000 têtes achetées 20 cents pièces, vendues dans la grande distribution 2 € trois jours plus tard.
Monsieur X. veut-il essayer de vendre 1% de sa production lui-même, dans un de ces distributeurs automatiques spécialisés pour les produits frais de grand volume que vous pouvez voir sur mon site http://filbing-distribution.com, et voilà que la coopérative lui colle un proçès! Authentique.

Et là, pas question de choux-fleurs venus d'Argentine ou du Groënland, pas même de chou chinois!

Le protectionnisme ne serait pas vraiment une solution vu que ce n'est pas vraiment les importations le problème. Je dis donc non. Inutile de froisser nos partenaires pour quelque chose d'inopérant.








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signora

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Jeu 23 Oct 2008 - 9:50

I love you ce fil ...

Un exemple.

J'ai dans ma famille des agriculteurs qui bien qu'ayant un lait d'excellente qualité devaient (ça date de qques annnées) le balancer ou le vendre au noir ils produisaient trop selon les normes en vigueur ...

A voir les normes sanitaires imposées dans les campagnes.

-je pourrais citer en ex. une fromagerie ardéchoise qui
a dufermer,ilsne pouvait plus expédier leursfromages de chèvres ... Le¨coüt de la mise en conformité devenait exorbitant -

Je me suis hier posée la question de mise aux normes sanitaires sur ton installation de lait ???
Pas de controles trop exigeants ?
En plus le lait en vrac me semblait interdit ?
ça s'améliore ?
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johanono

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Jeu 23 Oct 2008 - 11:32

Didier67 a écrit:
Johanono,

Il y a beaucoup de choses que je ne comprend pas.


Pour ce soir, juste cette interrogation :

Pourquoi vouloir exclure l'agriculture des forces du marché alors que l'on accepte volontiers la disparition de l'extraction minière ou du textile par exemple ?

Sans doute parce que l'agriculture répond à un besoin vital de la population, pour lequel dépendre d'approvisionnement extérieur est inconcevable.


Et aussi parce que l'agriculture a une fonction prépondérante en matière d'environnement, de paysages, d'aménagement du territoire.

Citation :
Soit. Mais, outre que cela ne me paraît pas très cohérent avec le dogme libéral, en réalité ce que la PAC favorise et que tu me sembles défendre, c'est une "fonctionnarisation" du métier d'agriculteur.


Tout d'abord, je ne suis pas libéral, donc le manque de cohérence avec le dogme libéral, je m'en fous.

Ensuite, je conteste la fonctionnarisation du métier d'agriculteur, mais il faut bien s'entendre sur ce concept. Pour moi, la fonctionnarisation, c'est le fait que, dans le système actuel, les agriculteurs trouvent l'essentiel de leurs revenus, non dans leur production, mais dans les aides publiques. Ils vivent d'aides publiques, c'est en cela que pour moi ils deviennent fonctionnaires.

La PAC tel qu'elle existe depuis 1992 entérine la chute des cours mondiaux et le fait que les agriculteurs européens doivent s'aligner sur ces cours mondiaux, c'est-à-dire vendre à perte. Les aides qui sont versées ne consistent plus en des cours garantis comme c'était le cas avant, mais des aides directes à l'exploitation. Des aides qui, depuis quelques années, sont découplées de la production et soi-disant conditionnées au respect de certaines pratiques écologiques. La PAC prend donc acte que les agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur production et doivent donc en quelques sorte "salariés" par la société pour leur fonction de protection de l'environnement et d'embellissement des paysages.

C'est cela que je conteste : un agriculteur doit d'abord vivre de sa production, de son chiffre d'affaires, et non de subventions publiques. Et pour cela, il faut des cours garantis européens, supérieurs aux cours mondiaux, et supérieurs surtout aux coûts de production, de manière à permettre aux agriculteurs de vivre de leur production. Dès lors que les agriculteurs vivent de leur production, ils ont beaucoup moins besoin d'aides publiques.

Quant aux aides restantes, elles doivent être réorientées vers des pratiques écologiques telles que l'élevage des vaches à l'herbe ou des cochons sur la paille. Ces pratiques engendrent forcément des coûts de production plus élevés, donc les produits vendus sont plus chers : si on concentre les aides sur ces pratiques, on permet aux agriculteurs qui se sont engagés dans la voie écologique de vendre un peu moins cher, donc un peu plus.

Tu critiques le système dans lequel les agriculteurs sont devenus des sous-traitants des grandes coopératives. Cela renvoie, notamment, aux contrats d'intégration, qui se sont développés à partir des années 70, notamment dans certains secteurs, notamment l'aviculture. Dans ce système, l'agriculteur se fait livrer des poussins par la coopérative, se charge de les engraisser pendant quelques semaines, avant de les revendre à sa coopérative. On est alors clairement dans un système de sous-traitance, bien loin de l'idée selon laquelle l'activité agricole implique la maîtrise d'un cycle de vie animal ou végétal. Il y a pas mal de dérives dans ce systèmes, dénoncées notamment par André Pochon : des agriculteurs étranglés par leur coopératives, qui se font livrer volontairement des poussins malades s'ils sont trop revendicatifs, etc. Ce système doit bien sûr être changé.

Je combats moi-même l'agriculture intensive et productiviste, comme je l'ai déjà montré dans mes posts précédents. Je dis simplement : attention à ne tomber dans l'excès inverse qui consisterait à croire que le biologique ou la vente directe à la ferme permettront de nourrir 60 millions de Français, car ce n'est pas vrai. Dans ces conditions, les coopératives et les firmes agroalimentaires demeurent indispensables.

Il faut faire cesser ce type de contrats pour faire en sorte que l'agriculteur soit un peu plus qu'un simple sous-traitant, mais il est utopique de vouloir supprimer les coopératives ou les firmes agroalimentaire.
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Didier67



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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Jeu 23 Oct 2008 - 23:15

D'abord, suite aux nombreuses demandes, un point sur la vente de lait cru en vrac.

La situation est variable d'un pays industrialisé à l'autre.
Au Canada, malgré les efforts de M. Vachon , c'est encore interdit.
En Allemagne, c'est autorisé mais uniquement sur les terres mêmes du producteur.
En Italie, c'est autorisé depuis quelques années suite au combat d'une productrice du Piémont et dès le départ le marché du distributeur automatique a connu une expansion phénoménale.
En Suisse, cela fait plus de 14 ans que des distributeurs fonctionnent.
En France, il est possible de vendre du lait cru en vrac depuis bien plus longtemps encore.
Comment expliquer de telles différences au sein d'un groupe de pays à la situation sanitaire très correcte et niveau de connaissances scientifiques comparables ?


Pour vendre du lait cru en France, il faut que le producteur
1- dispose d'un quota vente directe
2- soit titulaire de la patente sanitaire délivrée par les services vétérinaires départementaux.
La première condition, purement administrative, constitue un frein évident au développement de la vente directe en France. No comment.
La seconde est une garantie de qualité pour le consommateur. En délivrant la patente sanitaire, la Direction des Services Vétérinaires certifie que les installations de l'éleveur satisfont aux normes du moment et que les pratiques de l'éleveur sont bonnes. La résultante en est un produit sain. Bien entendu, obtenir la patente est souvent chose impossible quand les installations sont considérées vétustes.


En ce qui concerne la mise à disposition de bouteilles, c'est chose obligatoire en Italie et facultative en France où les textes stipulent que l'acheteur apporte son propre récipient.
Cela représente un coût marginal non négligeable, et pour l'éleveur et pour l'acheteur. Les mettre à disposition gratuitement serait courir le risque de ne plus satisfaire à l'obligation sus-mentionnée de propre récipient et inciterait au gâchis. Sans compter que, à part quelques modèles de la marque Le Parfait, les bouteilles en verre ont le goulot trop étroit pour permettre un lavage facile et économe en détergeant et eau chaude. Conserver du lait cru dans un réfrigérateur une demi-journée entraine formation d'un dépôt de crème qu'il faut bien nettoyer.
Ce que je conseille à mes clients, c'est plutôt de proposer ou de suggérer au commerce le plus proche la vente de pots à lait en alu, faïence ou inox. Simple à laver, incassable, écologique, transmissible de mère en fille....
J'arrête là sur ce sujet et reprend maintenant le fil du débat plus général. Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre sur http://www.filbing-distribution.com, vous y trouverez mon numéro de téléphone.
Mieux encore, n'hésitez pas à visiter le site de M. Vachon, le canadien qui boit du lait en toute illégalité : http://www.bonlait.com.

Johanono, tu dis
Citation :
il faut des cours garantis européens
, et ensuite
Citation :
Dès lors que les agriculteurs vivent de leur production, ils ont beaucoup moins besoin d'aides publiques.
.
Je ne pense pas que cela soit vraiment lutter contre la fonctionnarisation. L'aide publique est toujours là. Au lieu d'être versée au producteur directement, et presque indépendamment de sa production comme tu le rappelles justement, elle est versée en amont, à toute la filière. Tu rappelles là toutefois là un principe très juste : il est préférable de faire l'aumône dans l'anonymat plutôt qu'à visage découvert.

Citation :
embellissement des paysages
: veux-tu parler des plaines céréalières ? Où sont les haies, les papillons, les oiseaux ?
Citation :
protection de l'environnement
: à venir sans doute.

Citation :
Quant aux aides restantes,
elles doivent être réorientées vers des pratiques écologiques telles
que l'élevage des vaches à l'herbe ou des cochons sur la paille. Ces
pratiques engendrent forcément des coûts de production plus élevés,
donc les produits vendus sont plus chers : si on concentre les aides
sur ces pratiques, on permet aux agriculteurs qui se sont engagés dans
la voie écologique de vendre un peu moins cher, donc un peu plus.

La filière bio ne demande pas de subvention, me semble-t-il, qu'elle s'en préserve! Le lait cru bio est vendu 1€ le litre au distributeur, le lait industriel pasteurisé 1€20... .
Citation :
l'excès inverse qui
consisterait à croire que le biologique ou la vente directe à la ferme
permettront de nourrir 60 millions de Français
il n' y a pas que des Français en France; moi-même, parfois....et mis à part quelques millions de parisiens (mais les parisiens, ça compte pas, ou très peu), nous sommes tous à moins d'un quart d'heure de voiture d'un point de vente directe où l'on trouve souvent un bel assortiment de produits.
Citation :
Il faut faire cesser ce
type de contrats pour faire en sorte que l'agriculteur soit un peu plus
qu'un simple sous-traitant, mais il est utopique de vouloir supprimer
les coopératives ou les firmes agroalimentaire.
Contrat signé, contrat à honorer, moi je dis.
Oui, il faut prendre garde à ne plus signer de si mauvais contrats à l'avenir.
"Ah bon, tu veux pas signer ? Eh ben, il ne te reste plus qu'à vendre ta marchandise toi-même, mon petit pote."
Tu vois, Johan, on n'en sort pas. C'est pot de fer contre pot de terre. Les groupes agroalimentaires sont trop grands, trop gros. Tu fais avec, ou sans, pas de demi-mesure. Tu dis qu'ils sont indispensables, c'est archifaux, ils sont justes incontournables. Les conglomérats agroalimentaires ne sont pas indispensables : il n'y a pas besoin d'employer 200 000 personnes sur les sept continents pour faire des yaourts tout de même !


Citation :
il est utopique de vouloir supprimer les coopératives ou les firmes agroalimentaires.
tout comme il est alors utopique de penser changer le système de fixation des prix qu'elles ont établi.pale
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 8:51

Didier67 a écrit:
Ce que je conseille à mes clients, c'est plutôt de proposer ou de suggérer au commerce le plus proche la vente de pots à lait en alu, faïence ou inox.
L'alu n'est plus censé être employé pour les ustensiles ménagers car soupçonné d'effets cancérogènes à long terme.
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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 8:55

Quelle matière est à ton avis la meilleure ?
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 9:26

Le verre a toujours constitué un matériau idéal. D'autant que de nos jours on sait en faire du quasi incassable, et qu'en outre c'est le matériau le plus recyclé.
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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 9:34

Je pense comme toi , quand je bossais dans la grande distribution et que j'ai vu les " pets " arrivés , j'ai fait la tête .

puis le plastique laisse un arrière goût déguelasse .

Idem pour les canettes ( facteur de cancer aussi ) , infect , je ne supporte pas .

Mais regarde dans les hypers , dans les rayons , le linéaire du verre diminue remplacé par les autres .

et la nouvelle génération est habituée à ces produits car trop présentes dans tous les magasins .
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 9:41

marco11 a écrit:
Idem pour les canettes ( facteur de cancer aussi ), infect, je ne supporte pas.
Exact. quoi qu'en disent ses défenseurs, ça donne un goût au contenu. Scientifiquement vérifié par comparaison entre deux dégustations du même produit, l'un en canette, l'autre en bouteille. Le second était correct, le premier infect.
Je suis à 100% pour le retour des bouteilles en verre consignées.
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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 9:47

Moi aussi , d'ailleurs j'ai aussi fait le test avec la bière Leffe ,

2 en canette , à la moitié de la seconde , j'ai tout jeté . beurk.

2 en verre , j'ai tout bu .

En Belgique , j'ai été agréablement surpris de constater que les bouteilles en verre étaient dominantes dans les magasins .

Vidange , déjà mentionnée dans le forum , très bon principe .
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 9:57

En outre, côté environnement, le verre ne pollue pas. Il salit seulement.
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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 9:58

Les marins le savent bien , ils jettent les bouteilles à la mer , avec des SOS pour certains .
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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 10:31

Vous avez raison mais didier parlait d'un pot à lait pour aller prendre le lait à la "pompe" ... donc juste le temps du transport. Il faut reconnaitre le plastique c'est pratique, ça se lave bien, ne se casse pas.
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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 11:04

le plastique , c'est fantastique

chanson des Elmer foot beat Razz
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signora

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 11:09

Si l'on mettait le temps du plastique en musique...
On y perdrait son temps et son argent...
En y gagnant des sous ...
Et des bijoux ...
Des bijoux en plastique ...
C'est bien plus fantastique...
....
On y voit le printemps...
Passer son temps ...
A se faire des, à se faire des ...
Fleurs en papier !

De qui ???

marco c'est toi qui à trollé ! flower
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marco11

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 24 Oct 2008 - 11:20

Je n'ai pas trollé , je donne simplement mon avis sur le plastique , j'ai bu un seul verre de lait ( le vrai ) la semaine dernière en honneur pour Paquerette , une vache que je connaissais .

mais j'ai demandé que le lait soit dans une bouteille en verre , sinon je ne l'aurais jamais bu .

Honneur , car je n'aime pas le lait .
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Didier67



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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Ven 7 Nov 2008 - 20:27

Mise à jour au 07 novembre :

Conformément à ce que souhaitais Johan, les droits de douane à l'importation de céréales ont été rétablis il y a quelques jours.

Extraits du Journal L'Est Agricole du 24 octobre 08:

"Après bien des hésitations et une forte pression de la part de certains Etats membres, le comité de gestion a finalement a finalement choisi de rétablir les droits de douane à l'importation de céréales. Une décision qui intervient alors que les marchés plongent, mais qui devrait néanmoins mettre du baume au coeur des professionnels(....)
C'est le 20 décembre dernier que la Commission avait décidé de suspendre les droits à l'importation, compte tenu de la flambée des cours (....).
Cette décision devrait satisfaire tout particulièrement les producteurs européens de maïs qui, au travers de la CEPM (Confédération Européenne de la Production de Maïs), avaient largement insisté le 16 septembre lors de leur assemblée générale à Pau sur la nécessité de rétablir ces droits".

Mais, à y bien regarder, il s'agit plus de lobbying efficace que de politique agricole....
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johanono

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MessageSujet: Re: [Grand thème] Rural   Lun 10 Nov 2008 - 17:46

Il faut bien sûr se féliciter de cette mesure, même si, comme l'a souligné Didier, elle résulte davantage du lobbying que d'une véritable politique de fond.
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