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 Liban : Elections présidentielles

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MoDem Liban



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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 3 Nov 2007 - 17:27

Malheureusement Valjean, je n'arrive pas à trouver les traductions françaises (ou meme anglaises) des discours que vous demandiez plus haut.

Pour en revenir au sujet, il serait bon maintenant de parler des élections législatives qui se sont déroulées en juin 2005.

Première remarque, la loi électorale utilisée est celle qui fut instaurée sous l'occupation syrienne pour permettre à ses marionnettes de dominer les élections législatives et ainsi d'assoir son pouvoir. Comme ce sont les mêmes marionnettes qui ont senties le vent tourner et qui se sont mis du coté des anti-occupation, la loi électorale n'a pas été modifiée... évidemment puisqu'elle les arrange toujours.

Qui cela arrangeait-il?

- le parti de Hariri : car les régions qui soutenaient Hariri étaient couplées à de plus petites régions chrétiennes de sorte à annuler le vote chrétien. En effet, il y a 19 sièges à Beyrouth dont 10 pour les Chrétiens. Mais la population chrétienne est largement inférieure à la population sunnite dans cette ville. Comme les députés sont tous élus à la majorité, les 40% de voix chrétiennes ne pouvaient jamais faire le poids aux 60% de voix adverses. Meme problème au nord du pays...

- le parti de Joumblatt : celui-ci est soutenu par les druzes du pays. De nouveau, il a suffit de coupler sa région à une autre chrétienne, un peu moins peuplée, pour qu'il remporte 11 députés (plutot que 5 dans ce cas)... on tombe en effet dans l'absurde. Le pire dans tout ça, c'est que cette fois, il a dû tricher pour ne pas perdre ces députés. On en reparlera...


Quant au général Aoun, qui constituait la véritable opposition depuis les 16 années d'occupation, il est écarté de la nouvelle opposition. Joumblatt lui a proposé 12 députés sur tout le Liban... un culot monstre ce Joumblatt.
Malgré cette loi électorale, Aoun décide donc de s'engager dans les élections indépendamment de la nouvelle coalition Hariri-Joumblatt + "Chrétiens soumis".

La question était alors : Pourquoi vouloir à tout prix diminuer l'importance du général Aoun sur la scène locale?

Lors de son retour d'exil, le 7 mai 2007, une foule immense était venue l'accueillir sur la place des Martyrs à Beyrouth. Mais aucun responsable d'aucun parti n'a voulu faire le déplacement pour lui souhaiter la bienvenue. Pourquoi donc? Pourquoi boycotter le symbole de la lutte anty-syrienne?
Pire, quelques semaines avant son retour, le général Aoun accueille Joumblatt (nouvellement anti-syrien) à Paris dans ce qui devait être une réunion de réconciliation et de préparation pour les prochaines élections. Il sera prié par Joumblatt de ne pas retourner au Liban, pour des raisons obscures... mais on sait tous qu'il craignait ce retour. D'ailleurs, la veille de ce retour, Jumblatt déclarait que le Tsunami allait ravager le pays (sympa, non?). Depuis ce jour, les sympatisans du général Aoun parlent (en se moquant de lui) de Tsunami Orange Smile.

Allez, je commence par décrire le retour du général Aoun au Liban en images et puis je passerai en revue les élections législatives ainsi que les tricheries et injustices qui en découlèrent.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 3 Nov 2007 - 18:14

Retour du général Aoun : 7 mai 2005

Lorsque le 13 ocotbre 1990, les Libanais apprennent la reddition du général Aoun et quelques mois plus tard son exil forcé vers la France, le désespoir les envahit. Beaucoup vont émigrer et d'autres resteront pour lutter contre l'occupation syrienne et continuer ainsi la bataille du général Aoun. Près de 15000 de ses sympatisants seront arrêtés durant toute cette période mais jamais ils n'auront abandonné. Chaque 14 mars était l'occasion de rappeler aux occupants qu'ils n'étaient pas les bienvenus. Malheureusement, la communauté internationale ferme toujours les yeux.

Les attentats du 11 septembre 2001 vont néanmoins changer la donne et la Syrie va très vite être mise sous pression pour cesser ses ingérences et quitter le Liban. Le général Aoun contribuera à ce soulèvement international notamment en visitant le congrès américain en 2003. Suite à son discours, une loi (la SALSRA, Syria accountability and lebanese sovereignty Act) est votée pour accentuer les pressions sur la Syrie. Les Etats-Unis et la France pondent ensuite la soeur de cette loi pour l'ONU... la 1559.

On connait la suite. Alors que la communauté internationale devient de plus en plus menacante envers la Syrie, un attentat coute la vie à Rafik Hariri. Ce sera le catalyseur qui précipitera le retrait syrien. En effet, les partisans de Hariri ne savaient pas sur quel pied danser à ce moment. Ce sont les partisans du général Aoun qui furent les premiers à descendre dans les rues et demander à la Syrie de s'en aller. Le mouvement va alors très vite être suivi par les pro-Hariri et enfin le reste du pays, à part les partisans du Hezbollah et de Amal.

De gigantesques manifestations seront alors organisées jusqu'à ce que le gouvernement ne démissionne. Ce qu'il fera très vite... S'ensuit alors une contre-manifestation organisée par les pro-syriens le 8 mars 2005 et qui réunira plus de 300.000 personnes sur la place Ryad el Solh. L'opposition n'en démord pas, elle appelle à son tour à un rassemblement le 14 mars (date symbolique pour les aounistes et les opposants à l'occupation syrienne). Cette fois, on estimera à près d'un million l'affluence lors de cette manifestation. Les pro-Hariri, pro-Joumblatt, pro-Aoun, pro-Geagea,etc... tous y étaient!

Malheureusement, ce rassemblement ne sera pas suivi concrètement lors des élections législatives. Comme expliqué précédemment, le général Aoun qui symbolise cette lutte anti-syrienne est écarté de la coalition et condamné à réaliser l'impossible pour être représenté au parlement.

Son retour le 7 mai 2005 s'inscrit donc dans ce contexte, quelques jours avant les élections législatives. En voici quelques images.


A l'aéroport de Beyrouth, le général Aoun est accueilli par ses proches:



Après s'être recueilli sur la tombe du soldat inconnu et puis sur celle de R.Hariri, le général Aoun se dirige vers la foule massée place des Martyrs:


Les sympatisants patientent sous un soleil de plomb :-)







C'est un leader toute confession... encore faut-il qu'il soit compris de tous.




On estime la foule à 300.000 personnes ce jour-là




Une vidéo google pour les courageux...

http://video.google.com/videoplay?docid=-7349888147721154404&q=aoun+return&total=12&start=0&num=10&so=0&type=search&plindex=0
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 10 Nov 2007 - 19:08

Allez, je vais vous expliquer la manière dont se sont passées les élections législatives en juin 2005, 1 mois après le retrait syrien et 3 semaines après le retour du général Aoun Au Liban. Il sera temps ensuite de passer à l'actualité car la diplomatie occidentale s'active, et spécialement la France, pour réunir les conditions idéales à l'election d'un président avant la limite du 24 novembre 2007.

Comme expliqué précédemment, le retour du général Aoun n'a pas fait que des heureux au Liban. Au sein de la nouvelle clique anti-syrienne, les craintes étaient grandes étant donné la volonté non-cachée du général Aoun de combattre la corruption dans le pays et surtout de faire payer aux responsables, au moins juridiquement, la dette colossale du pays (+ de 50 milliards de dollars!).

Une tentative d'entente entre le CPL et la nouvelle clique anti-syrienne (comprenez Hariri Jr., Joumblat et les faux-culs Chrétiens) a bien eu lieue mais en vain. Il s'agissait en effet de diminuer considérablement le véritable poids parlementaire du CPL... Pour être plus précis, la clique proposait au général Aoun 12 députés sur tout le Liban. Ils étaient vraiment culotés, vous le verrez par la suite ;-)
En conséquence, aucune entente ne se fait et le général Aoun part seul contre tous dans ces élections. Seul? Oui, car à l'époque, l'incroyable se réalise! La clique anti-syrienne s'allie avec le Hezbollah et Amal (pro-syriens donc), tous en déclarant haut et fort que les armes du Hezbollah ne pouvaient faire l'objet de quelconques négociations! Joli...
De son coté, le général Aoun s'allie avec plusieurs personnalités respectées au Liban dont quelques pro-syriens (Sleyman Frangieh, Michel Murr) qui eux continuent de garder des contacts avec le régime syrien. Néanmoins pour cela, il leur fait subir la signature de son programme politique qui stipule clairement le non-retour des troupes syriennes et la fin de toute ingérence dans les affaires libanaises. C'est le début de la politique d'ouverture constructive du général Aoun et de son parti. L'alliance se base sur des textes claires et sans ambiguité. Aujourd'hui, la position de ces personnes est encore plus claire puisqu'elles ont ensuite sorti un texte stipulant que, tout en respectant le régime syrien, ils n'accepteront jamais le retour des troupes ou de l'ingérence.

Venons-en aux résultats:

- Le CPL et ses alliés présentent une liste dans les régions du Mont-Liban où il remportera les 8 sièges sur 8 au Kesserwan (région à 100% chrétienne maronite), 7 sièges sur 8 au Metn (à 95% chrétienne). Dans cette dernière circonscription, la liste du CPL était restée incomplète pour permettre à la famille Gemayel présente sur la liste de la clique de remporter le dernier siège... ce qui fut le cas avec le regretté Pierre Gemayel. Enfin, ils remporteront également 6 sièges sur 7 de la circonscription de Zahlé (à 70% chrétienne).
Ils perdront par contre dans la cisconscription tant convoitée de Baabda-Aley qui est à 50% chrétienne et 50% druze. C'est là précisément que l'alliance de la clique avec le Hezbollah aura fait effet. Des tricheries auront également été constatées mais le conseil constituionnel a été dissout par le nouveau parlement (et l'est encore aujourd'hui!) pour empêcher aux recours déposés d'aboutir... on parle là de 11 députés tout de même, ce qui n'est pas rien!
Au final, seul contre la clique et le Hezbollah, le CPL et ses alliés remporteront 21 sièges en totalisant environ 400.000 voix.

- La clique anti-syrienne, composée de Hariri, Joumblat, Gemayel, Geagea, N. Lahoud (pas le président), Harb, Moawad,etc... vont eux remporter les élections de Beyrouth, fautes d'opposants (19 sièges sur 19). Ils gagnet aussi à Baabda-Aley dans les conditions présentées plus tot (11 sur 11). Ils se présenteront ensuite au Nord, à grande majorité sunnite en remportant la totalité des sièges contre le CPL et ses alliés. Dans ces régions au Nord, le découpage est fait pour que les voix chrétiennes se fondent dans les voix sunnites, d'où ce résultat écrasant là-bas (environ 40 sièges pris sur 40!).
Enfin, leur alliance avec le Hezbollah et Amal dans le Sud et la Bekaa leur permet de gagner 3 ou 4 autres sièges... Ils remportent au final 71 sièges avec eux aussi 400.000 voix au total!

- Le Hezbollah et Amal amasseront leurs 35 sièges essentiellement dans les régions qui leur sont acquises d'avance tel que le Sud et la Bekaa. Ils totalisent également 400.000 voix au final!
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 10 Nov 2007 - 19:11

Les comptes sont donc faciles et on peut largement deviner pourquoi Hariri et Joumblat avaient tout fait pour éviter de modifier la loi électorale instaurée sous l'occupation syrienne. Cette loi avait été faite pour eux, sur mesure, pour qu'ils puissent assoir leur domination ainsi que celle de la tutelle syrienne. Mais voilà, entretemps, ces derniers se sont retournés contre les Syriens (il était temps, après 15 ans!) tout en faisant bien attention de conserver la loi électorale, appelée "loi Ghazi Kanaan" du nom de l'ancien chef des services de renseignement syrien au Liban.

Suite à ces élections, un gouvernement est formé incluant le Hezbollah, Amal et la clique. Le CPL, qui demandait le ministère de la justice (corruption oblige), est écarté au profit de représentants de l'actuel président Emile Lahoud! Culotés, n'est-ce pas?

Et puis, je vous ai déjà raconté la suite. Après 6 ou 7 mois, l'ingérence américaine se faisant de plus en plus visible, la clique décide de changer de ton concernant les armes du Hezbollah. Celles-ci deviendront tout d'un coup un danger pour le pays lorsque le général Aoun se réunira avec le chef du Hezbollah H.Nassrallah pour établir un document d'entente, fixant pourtant clairement les limites de ces armes. Culotés je vous disais! Les médias occidentaux arriveront ensuite à relayer ces messages de danger alors qu'auparavant, rien ne les inquiétait. La guerre avec Israel est ensuite venue interrompre un dialogue interne, et finalement en novembre 2006, le Hezbollah et Amal se retireront du gouvernement, rejoignant le CPL dans l'opposition. Je vous ai parlé des manifestations gigantesques de décembre 2006 et des grèves de janvier 2007.

De cette manière, la boucle est bouclée, on a fait le tour des évènements qui ont secoué la vie politique libanaise. Désormais, nous sommes dans d'intenses négociations et une reprise de dialogue pour élire un président de la république libanaise. Le général Aoun, représentant la majorité des Chrétiens et ayant le soutien de la majorité du peuple, devrait être le candidat logique à la succession de Lahoud. Mais voilà... cela fait 2 mois que les discussions ne donnent rien. Et il est vraiment temps de se poser la question aujourd'hui: pourquoi veut-on à tout prix écarter le général Aoun?
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 12 Nov 2007 - 16:46

Edito du Monde

Fracture libanaise


LE MONDE | 12.11.07 | 13h59

Une triste course contre la montre a commencé au Liban, dont l'enjeu est l'élection par les députés du successeur d'Emile Lahoud. Le mandat du président de la République viendra à expiration le 23 novembre à minuit, et les reports se succèdent depuis le mois de septembre sans que la majorité et l'opposition semblent capables de surmonter leurs divisions. En l'absence d'un accord, le chaos constitutionnel risque de s'ajouter au départ, il y a tout juste un an, des ministres chiites du gouvernement dirigé par Fouad Siniora.

Depuis cette date, le bloc antisyrien - la majorité - a été visé par des attentats qui ont coûté la vie à quatre de ses députés. L'opposition, conduite principalement par le mouvement chiite du Hezbollah, a également pâti de ses manoeuvres hasardeuses contre le gouvernement, qui s'est efforcé, vaille que vaille, de maintenir la fiction de la continuité de l'Etat.

Le pire a, certes, été évité jusqu'à présent : le basculement dans une nouvelle guerre civile. Mais les Libanais, incapables de surmonter leurs divisions, voient progressivement leur sort leur échapper.

La dernière initiative française, traduite par les missions à Damas et à Beyrouth, les 4 et 9 novembre, du bras droit du président Nicolas Sarkozy et secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, l'a montré : les acteurs principaux de cette élection présidentielle ne sont plus tout à fait les Libanais eux-mêmes.

La France part du principe qu'il faut tout faire pour éviter le chaos. Au nom de cette approche, le contact a été renoué avec Damas, pourtant soupçonné d'oeuvrer à la déstabilisation du Liban. Il s'agit d'une rupture avec la ligne imposée par Jacques Chirac après l'assassinat de Rafic Hariri.

Plus de trois ans après avoir oeuvré aux Nations unies avec les Etats-Unis pour faire adopter la résolution 1559 intimant l'ordre à la Syrie de ne plus s'ingérer dans les affaires libanaises, la France a pris le chemin de Damas en espérant obtenir la coopération du chef de l'Etat syrien, Bachar Al-Assad, pour régler la question de la présidentielle à Beyrouth.

On comprend que la France s'efforce de conserver un rôle au Liban, un pays de la région où elle dispose d'une réelle influence. Elle intervient d'ailleurs à la demande expresse des Libanais eux-mêmes. Mais n'est-elle pas confrontée à un problème qui la dépasse ? Chaque fois que le Liban a été affaibli, il est devenu le théâtre par substitution des crises de la région. Une partie difficile est engagée sur le nucléaire iranien entre les Etats-Unis et l'Iran, allié à la Syrie et appuyé au Liban par le Hezbollah. Il est à craindre que les divisions libanaises ne puissent pas être surmontées tant que cette partie-là n'aura pas été jouée.

Article paru dans l'édition du 13.11.07
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Jeu 15 Nov 2007 - 23:04

ArnaudH a écrit:
Edito du Monde

Fracture libanaise


LE MONDE | 12.11.07 | 13h59

Une triste course contre la montre a commencé au Liban, dont l'enjeu est l'élection par les députés du successeur d'Emile Lahoud. Le mandat du président de la République viendra à expiration le 23 novembre à minuit, et les reports se succèdent depuis le mois de septembre sans que la majorité et l'opposition semblent capables de surmonter leurs divisions. En l'absence d'un accord, le chaos constitutionnel risque de s'ajouter au départ, il y a tout juste un an, des ministres chiites du gouvernement dirigé par Fouad Siniora.

Depuis cette date, le bloc antisyrien - la majorité - a été visé par des attentats qui ont coûté la vie à quatre de ses députés. L'opposition, conduite principalement par le mouvement chiite du Hezbollah, a également pâti de ses manoeuvres hasardeuses contre le gouvernement, qui s'est efforcé, vaille que vaille, de maintenir la fiction de la continuité de l'Etat.

Le pire a, certes, été évité jusqu'à présent : le basculement dans une nouvelle guerre civile. Mais les Libanais, incapables de surmonter leurs divisions, voient progressivement leur sort leur échapper.

La dernière initiative française, traduite par les missions à Damas et à Beyrouth, les 4 et 9 novembre, du bras droit du président Nicolas Sarkozy et secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, l'a montré : les acteurs principaux de cette élection présidentielle ne sont plus tout à fait les Libanais eux-mêmes.

La France part du principe qu'il faut tout faire pour éviter le chaos. Au nom de cette approche, le contact a été renoué avec Damas, pourtant soupçonné d'oeuvrer à la déstabilisation du Liban. Il s'agit d'une rupture avec la ligne imposée par Jacques Chirac après l'assassinat de Rafic Hariri.

Plus de trois ans après avoir oeuvré aux Nations unies avec les Etats-Unis pour faire adopter la résolution 1559 intimant l'ordre à la Syrie de ne plus s'ingérer dans les affaires libanaises, la France a pris le chemin de Damas en espérant obtenir la coopération du chef de l'Etat syrien, Bachar Al-Assad, pour régler la question de la présidentielle à Beyrouth.

On comprend que la France s'efforce de conserver un rôle au Liban, un pays de la région où elle dispose d'une réelle influence. Elle intervient d'ailleurs à la demande expresse des Libanais eux-mêmes. Mais n'est-elle pas confrontée à un problème qui la dépasse ? Chaque fois que le Liban a été affaibli, il est devenu le théâtre par substitution des crises de la région. Une partie difficile est engagée sur le nucléaire iranien entre les Etats-Unis et l'Iran, allié à la Syrie et appuyé au Liban par le Hezbollah. Il est à craindre que les divisions libanaises ne puissent pas être surmontées tant que cette partie-là n'aura pas été jouée.

Article paru dans l'édition du 13.11.07

Beaucoup trop d'imprécisions dans cet article. Et ces imprécisions sont volontaires... il faut justifier la position internationale quant à la situation au Liban!

Tout d'abord, il n'existe plus de bloc anti-syrien et de bloc pro-syrien. C'était le cas à la limite il y a 3 ans, lorsque les mêmes qui se proclament anti-syrien (aujourd'hui) gouvernaient alors en tant que marionnette syrienne.

Quant à la partie qui a gardé des contacts avec la Syrie, elle a renoncé par écrit au retour de toute occupation ou tutelle syrienne. Le Hezbollah a signé le document d'entente où il est clairement stipulé que les relations avec la Syrie doivent se faire comme toute relation d'état à état (ambassade et respect de l'autre, de ses frontières, rejet de toute tutelle,...).

Enfin, cette manie de négliger le CPL à chacun des articles français dépasse clairement l'ignorance. C'est voulu et ça a toujours été le cas. En 1989-1990, il ne fallait surtout pas montrer le soulèvement populaire contre l'occupation syrienne. Le général Aoun était considéré en France dans les médias comme un chef chrétien alors qu'il était le commandant en chef de l'armée libanaise! Pas de chrétien ou quoi que ce soit! Mais il fallait faire croire aux gens qu'une guerre inter-chrétienne était en cours avec la milice des forces libanaises (elle bien chrétienne). Bref, je ne sais pas si vous saisissez mon message, ca doit vous paraitre à la limite de la démagogie... mais réellement, le but a toujours été d'isoler cet homme, le général Aoun. Pourquoi? Car il n'a jamais accepté une quelconque tutelle, qu'elle soit syrienne, américaine ou autre. En 1990, il avait carrément chassé l'ambassadeur américain du Liban après que celui-ci lui ait confié que "le dossier libanais ne serait ouvert que dans 12 ans". Aujourd'hui, on semble assister à la même situation. Les Etats-Unis veulent à tout prix mettre la main sur le pouvoir au Liban mais ce n'est définitivement pas le gout des Libanais. La présidence ne nous échappera pas cette fois, autrement le désespoire envahira les derniers optimistes du pays...
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 15:12

je e saais aps que kouchner dclinait "l'ingérence" au pint de se méler des affaires des autre spays, et en plus d'engeuler les dirigeants qui ne ont pas comme il a dit! même si la sitation au Lban est complique, je ne pense pas que nous soyions obligés de leur faire la leçon..Accepterions nous qu'un autre pays viene nous dire ce que nous avons à faire?
on va ncore se faire des amis....

Kouchner s'insurge contre un blocage de dernière minute au Liban
lun. nov. 19, 2007 2:51 CST
I

par Iara Bayoumi

BEYROUTH (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a vivement dénoncé lundi les obstacles de dernière minute qui bloquent un accord entre les factions libanaises sur un candidat consensuel à la présidence de la République.

La majorité pro-occidentale et l'opposition pro-syrienne sont censées parvenir à un compromis avant l'expiration, vendredi, du mandat d'Emile Lahoud, un allié de Damas, faute de quoi le Liban entrera dans une dangereuse zone d'ombre institutionnelle.

Kouchner a rencontré successivement le chef de la majorité parlementaire, le sunnite Saad Hariri, et le président de la Chambre, l'opposant chiite Nabih Berri, qui doivent choisir un candidat de consensus sur une liste que leur a soumise, à la suggestion de la France, le patriarche maronite.

"Tout était convenu. Maintenant, je suis surpris, la France est surprise, que quelque chose achoppe, quelque chose a bloqué, quelque chose a déraillé et j'aimerais que chacun assume ses responsabilités", a déclaré un Kouchner visiblement hors de lui au sortir de son entretien avec Hariri.

"J'aimerais savoir qui n'est plus d'accord. J'aimerais savoir qui a intérêt au chaos, qui a intérêt à ce que l'élection n'ait pas lieu, qui a intérêt à rendre encore plus compliquée la vie de tous les Libanais", s'est-il exclamé.

Kouchner, qui en est à sa deuxième visite à Beyrouth en une semaine, a rappelé que même la Syrie, qui n'a pas renoncé à un droit de regard sur la situation chez son petit voisin, avait accepté l'idée de choisir un candidat sur la liste soumise par le patriarche maronite Nasrallah Sfeïr.

"Je veux savoir qui bloque (...) mais je vous dis que celui qui prendra la responsabilité d'avoir bloqué ce processus accepté par tous portera celle de la déstabilisation du Liban et de ses conséquences pour la région", a affirmé Kouchner.

"NOUS AVONS DEUX JOURS DEVANT NOUS"

Après trois reports, la Chambre des députés libanaise est de nouveau convoquée mercredi pour choisir le successeur de Lahoud, en principe à la majorité qualifiée des deux tiers, impossible à obtenir sans accord préalable entre la coalition au pouvoir et l'opposition.

Celle-ci a présenté l'ancien général Michel Aoun, chef du principal groupe parlementaire chrétien et la majorité a proposé deux candidats, auxquels s'ajoutent trois personnalités dites modérées: le député Robert Ghanem, l'ex-gouverneur de la Banque du Liban Michel Khouri et l'ancien ministre Michel Eddé, tous maronites, la constitution libanaise réservant la présidence à un chrétien.

Kouchner n'a pas précisé qui bloquait, selon lui, le choix d'un candidat de consensus, mais son homologue italien Massimo d'Alema avait déclaré samedi que la difficile recherche d'un consensus était entravée par l'insistance d'Aoun à prétendre au poste.

D'Alema a précisé que Berri et Hariri s'estimaient en mesure de parvenir à un accord avant la réunion de la Chambre bien qu'ils n'aient pas les mêmes noms en tête, ajoutant: "Les ingrédients d'un compromis sont là, mais tout peut encore d'ici là aller de travers."

Kouchner a, lui aussi, exprimé l'espoir qu'un accord soit trouvé avant mercredi. "Nous avons deux jours devant nous. Nous allons continuer à travailler", a-t-il dit à l'issue de son entrevue avec Berri.

Faute d'accord, la majorité menace d'élire un président à la majorité simple, issue rejetée par l'opposition qui n'exclut pas en pareille hypothèse de faire nommer par Lahoud un gouvernement rival de celui de Fouad Siniora avant qu'il ne quitte ses fonctions.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné dimanche à Siniora et Berri pour s'enquérir de la situation, tandis que le roi Abdallah de Jordanie a effectué une rare visite en Syrie pour s'entretenir avec le président syrien Bachar al Assad.

Les deux hommes ont souligné "la nécessité d'aboutir à une solution de compromis qui préserve la stabilité du Liban", dont le prochain président sera le premier à être élu hors de la présence des troupes syriennes, contraintes de quitter le pays en 2005.
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 17:23

Ah oui, c'est bien bloqué...
@MoDem Liban tu penses qu'il existe une solution de rechange / de consensus à Aoun ou on va direct vers une escalade des hostilités (institutionnelles pour le moment)?
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 19:25

juju41 a écrit:
je e saais aps que kouchner dclinait "l'ingérence" au pint de se méler des affaires des autre spays, et en plus d'engeuler les dirigeants qui ne ont pas comme il a dit! même si la sitation au Lban est complique, je ne pense pas que nous soyions obligés de leur faire la leçon..Accepterions nous qu'un autre pays viene nous dire ce que nous avons à faire?
on va ncore se faire des amis....

On est aujourd'hui exactement dans la même situation qu'en 1990. Le monde entier se retrouve diplomatiquement au Liban pour empêcher un homme d'accéder au poste de président de la république libanaise.

Je n'ai aucun problème avec le fait que la France veuille aider le Liban. Ce qui me dérange, c'est que la solution logique est connue et que tout semble fait pour éviter cette solution.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 19:39

ArnaudH a écrit:
Ah oui, c'est bien bloqué...
@MoDem Liban tu penses qu'il existe une solution de rechange / de consensus à Aoun ou on va direct vers une escalade des hostilités (institutionnelles pour le moment)?

Arnaud,

Cela fait 17 ans que les Chrétiens voient leur président imposé de l'extérieur. Hier c'était la Syrie, aujourd'hui ce sont les puissances occidentales.

Le président du parlement (Chiite) et le 1er ministre (Sunnite) n'ont jamais fait l'objet d'une quelconque marginalisation. Pourquoi faut-il toujours que les Chrétiens subissent non seulement les mauvaises intentions arabes mais en plus aujourd'hui occidentales?

Cette patience a des limites, d'autant plus qu'aujourd'hui, l'armée syrienne n'est plus présente pour faire taire la population. Et ça gronde déjà... la révolution ne demande qu'à être déclenchée coté Chrétien (pacifiquement comme ça a toujours été le cas). Le patriarcat maronite n'en sortira pas indemne non plus car il a également sa part de responsabilité dans cette mascarade. Le mufti sunnite etle cheikh chiite soutiennent chacun la volonté de leur communauté... ce qui n'a jamais été le cas de notre patriarche (qui soutient les extrémistes chrétiens très minoritaires, 5 députés dans le parlement). Son problème vient peut-etre du fait que Aoun désire instaurer un état laïc, afin d'éviter par la suite que les décisions des gens soient dictées par leur religion.
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 19:47

Je faisais uniquement référence à la difficulté d'obtenir une majorité au parlement pour Aoun, d'où le besoin de passer à une solution de compromis, non? (ce qui accéssoirement pourrait être le premier pas vers une réconciliation institutionnelle des deux camps politiques)
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 20:56

ArnaudH a écrit:
Je faisais uniquement référence à la difficulté d'obtenir une majorité au parlement pour Aoun, d'où le besoin de passer à une solution de compromis, non? (ce qui accéssoirement pourrait être le premier pas vers une réconciliation institutionnelle des deux camps politiques)

Aoun représente ce compromis. Comme je vous l'ai expliqué précédemment, il y a 3 grands courants dans ce pays. Deux de ces courants sont représentés comme il se doit, d'une part Hariri et ses alliés dans le gouvernement et d'autre part le Hezbollah et Amal à la tête du parlement. Il ne reste que le dernier courant, celui de Aoun et de ses alliés, pour compléter le puzzle et en finir avec la marginalisation d'une partie de la population.

C'est pourquoi Aoun constitue le seul compromis possible, d'autant plus qu'il n'y a aucune raison valable de l'écarter. Et surtout, son accession au pouvoir concluera, comme tu le dis, l'unité nationale tant souhaitée depuis le retrait syrien.

Je suis désolé d'insister mais on assiste à une vaste blague et le seul fait de demander une alternative au général Aoun me rend vite excédé... Le parlement est incapable de choisir un président sans une entente nationale. Il faut que le 2/3 du parlement se réunisse au moins pour choisir ce président et ce ne sera pas possible sans l'opposition. Le général Aoun est le seul à pouvoir rallier à la fois le Hezbollah et ceux qui sont considérés comme "modérés" (mais attenion aux apparences) par les occidentaux. Mais voilà, tout est fait pour empêcher cela. Rappelez-vous qu'en juillet 2005, ce gouvernement s'est allié au Hezbollah pour mettre de coté le général Aoun. Pourquoi le Hezbollah n'était-il pas un problème à cemoment? Pourquoi dans la déclaration ministérielle, il était clairement indiqué que les armes du Hezbollah ne pouvaient faire l'objet d'une quelconque négociation?

Là où je veux en venir, et les dernières évolutions me confortent dans cette direction, c'est que les occidentaux craignent le général Aoun pour la même raison qui fait sa popularité: son indépendance. C'est en effet le seul homme politique libanais qui n'a aucun lien avec n'importe quel pays du monde. Cette qualité en fait un grand danger pour les puissances mondiales qui voient en lui un frein pour leurs objectifs cachés dans la région.

Si quelqu'un arrive à me justifier d'une autre manière cet engouement à l'écarter de ce poste de président, je suis preneur et le débat en sera enrichi.

Voilà, j'espère avoir fait passer mon message sans trop froisser. Faites bien attention aux nouvelles ces prochains jours et gardez en tête ce que vous venez de lire... vous risquez d'être dégouté de la presse (comme je le suis depuis plus de 15 ans lorsqu'il s'agit du Liban, seul sujet que je peux juger de manière indépendante).
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Lun 19 Nov 2007 - 21:29

Michel Aoun: «Je peux faire le pont entre les différentes forces du Liban»
November 19, 2007 Liberation.fr


Le général chrétien Michel Aoun est l’un des leaders de l’opposition libanaise. Rentré d’exil en 2005, suite au départ des troupes de Damas, il s’est ensuite rapproché du Hezbollah. Il explique à Libération les raisons de sa candidature à la présidentielle.

Vous vous présentez à l’élection présidentielle. Pensez-vous avoir la moindre chance d’être élu ?

Tout d’abord, un président de la République doit répondre à certains critères. Il doit avoir une assise populaire, de l’expérience et être apte à diriger ce pays dans la situation de crise qui prévaut actuellement. Je suis la personne la plus qualifiée pour occuper ce poste. Non seulement, je suis le chef du principal bloc chrétien au Parlement, mais je suis également soutenu par une large partie de la population musulmane. J’ai une dimension nationale. Enfin, étant donné mon parcours politique, je peux faire le pont entre les différentes forces de ce pays pour ressouder l’unité intérieure.

Acceptez-vous l’idée qu’un autre que vous puisse accéder à ce poste ?

Je travaille à la recherche d’une solution car je veux la paix à l’intérieur de notre société. Je suis prêt à céder ma place à un autre candidat mais à une condition: qu’il soit accepté par le Hezbollah. J’ai signé un document d’entente avec ce parti. Nous nous sommes mis d’accord sur un mécanisme qui permette l’application des résolutions internationales, notamment en ce qui concerne la question des armes et la situation au sud Liban. Lorsque
j’ai rencontré Saad Hariri récemment à Paris, je lui ai dit: «Si vous avez un autre candidat qui puisse se mettre d’accord avec le Hezbollah et appliquer pacifiquement les résolutions internationales, je suis prêt.» Jusqu’à présent, il n’a trouvé personne.


Si l’un des candidats obtient l’aval du Hezbollah, appuierez-vous sa candidature?

C’est la seule solution pacifique. Ce n’est pas un cadeau au Hezbollah mais c’est un cadeau à la société libanaise. Tout choix maintenant qui n’a pas l’appui du Hezbollah va entraîner un conflit armé.


Le patriarche maronite, le cardinal Sfeir, a communiqué une liste de candidats au président de l’Assemblée, Nabih Berri, et au leader de la majorité Saad Hariri. Soutenez-vous ce processus qui a pour but de parvenir à l’élection d’un candidat consensuel ?

Premièrement, je ne vois pas au nom de quoi, ce serait à Nabih Berri et Saad Hariri, qui sont respectivement chiite et sunnite, de se mettre d’accord sur le prochain président, alors que ce poste revient à la communauté maronite. Ensuite, pourquoi a-t-on demandé au patriarche d’établir cette liste? Tout le monde sait que je suis le représentant politique de cette communauté. Ils auraient du traiter avec moi mais ils ne le veulent pas. Ils ont donc recours à une ruse pour me contourner. Je ne participerai pas à l’élection d’un président qui serait pire que le vide. Même si ce président est soutenu par la communauté internationale. Ils peuvent constituer une majorité sans moi. Qu’ils en assument les conséquences!

Que ferez-vous s’il n’y a pas de consensus et qu’un président est élu par la seule majorité ?

Cette majorité a accédé au pouvoir en 2005, grâce à une loi électorale frauduleuse. Nous sommes dans une kleptocratie. Si demain, elle nomme un président de la République sans que le quorum de deux tiers des députés ne soit réuni, ce sera un coup d’Etat. Nous avons mille moyens de répliquer: la nomination d'un autre président, un autre gouvernement ou peut-être des manifestations.

Ce qui fera sombrer le pays dans le chaos…


Mais pourquoi est-ce qu’on ne parle que d’élections à la majorité ou du vide? Il existe une troisième voie, une voie constitutionnelle, que je soutiens. C’est la nomination d’un gouvernement intérimaire de six mois, composé des différentes forces politiques du pays au prorata de leur nombre de sièges au parlement. Ce gouvernement transitoire sera chargé d’organiser de nouvelles élections législatives sur la base d’une nouvelle loi électorale. Cette nouvelle assemblée pourra procéder à l’élection d’un président dans un climat d’entente.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, travaille actuellement à la recherche d’un compromis pour que l’élection puisse se tenir dans les délais. Qu’en pensez-vous ?

La démarche est bonne, mais le débat est faussé à la base dès lors que le parlement est frauduleux. C’est pourquoi la meilleure des solutions est d’aller vers des élections législatives anticipées.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Mar 20 Nov 2007 - 18:55

Je vous invite à lire cet article, il résume bien la situation:

------------------

Siniora appelle à renouer avec le Hezbollah !
20 novembre 2007
Bernard Mikael


Le chef du gouvernement actuel, M. Fouad Siniora a appelé aujourd’hui les « deux Courants de Libération » à s’unir pour « sauver le Liban ».

Qu’est ce que cela veut dire ?

En 2005 et afin d’accéder au pouvoir et gagner le plus grand nombre de sièges au sein du Parlement libanais, le Courant du Future présidé par M. Saad Hariri s’est allié avec le Hezbollah, le Mouvement Amal de M. Nabih Berri et le Parti Socialiste Progressiste de M. Walid Joumblatt. Au plan communautaire, ces partis représentent respectivement les sunnites, les chiites et les druzes. Ce sont trois des quatre plus grandes communautés libanaises, la quatrième étant la communauté chrétienne.

Cette alliance fut appelée « l’Alliance Quadripartite »; elle a raflé plus de 100 sièges des 128 constituant le parlement libanais, alors qu’elle représente 60% des libanais. Elle a donné naissance au gouvernement actuel et a écarté le représentant chrétien le plus fort, le Général Michel Aoun qui représente plus de 70% des chrétiens et 55% des libanais.

La situation interne au sein de « l’Alliance Quadripartite » s’est dégradée suite au conflit d’intérêt et à cause des conflits régionaux; le courant chiite est influencé par les syriens et les iraniens, le courant sunnite et druze étant influencé, voire guidé, par les américains. Le conflit américano-iranien s’installe alors au sein de cette alliance.

La rupture finale eut lieu suite à la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah libanais et Israël où M. Siniora s’est implicitement aligné aux américains et aux israéliens contre son allié, le Hezbollah. Les ministres chiites démissionnèrent alors du gouvernement, décision qui ouvrit la voie à la crise actuelle.

D’où le rôle que le Général Michel Aoun du prendre, à travers la feuille d’entente avec le Hezbollah, se voulant justement le pont entre ces deux conflictuelles factions libanaises. Ce rôle s’est concrétisé par sa candidature au poste suprême, celui du Président de la République libanaise.

Dans son discours d’aujourd’hui, M. Siniora appelle à la « Grande Entente entre les deux Courants Libérateurs ». Il n’est pas inutile de rappeler que :

1. Le courant Libérateur de l’ingérence syrienne au Liban n’est pas le Courant du Future comme le réclame M. Siniora, qui était pendant 10 ans le ministre des Finances à l’époque de l’occupation syrienne. Le vrai Courant Libérateur est celui du 14 Mars composé en premier du Courant Patriotique Libre auquel s’est joint plus tard le Courant du Future et le Parti Socialiste Progressiste. Pour rappel, la date du 14 Mars reste le symbole du déclenchement de la Guerre de Libération lancé par le Général Aoun en 1989 contre l’occupation syrienne. Depuis, le CPL commémore cet anniversaire tous les ans.
2. Une nouvelle alliance entre le Hezbollah et le Courant du Future sous entend l’isolement du CPL et donc de tous les chrétiens du pouvoir. Il s’agit d’une réitération du scénario des élections législatives de 2005.
Ceci démontre très bien que la base du conflit n’est pas simplement un conflit entre opposition et majorité, mais une volonté d’hégémonie du Courant du Future, prêt à tout faire pour écarter l’homme fort du Liban du pouvoir, il s’agit bien entendu du Général Aoun et ainsi faire disparaître toute forte représentativité chrétienne du sein des institutions tant politiques qu’étatiques.
3. M. Siniora souhaite se rallier au Hezbollah alors que le conflit de base entre ces deux partis libanais n’est pas réglé. Il s’agit donc d’une deuxième alliance tactique profitant uniquement au Courant du Future, duquel le Hezbollah sortira encore plus isolé que jamais puisqu’il aura perdu son entente avec le CPL, seul garant de la paix civile.

Par conséquent, l’appel de M. Siniora n’est qu’une invitation déguisée à la division, à l’isolement, du Hezbollah d’une part et du CPL d’une autre part, situation que veut le Courant du Future et qui mènera très probablement à une guerre intercommunautaire.

Faut-il encore une fois jouer avec le feu pour mettre la situation à son profit, alors que le blocage actuel n’est que le résultant de l’alliance Quadripartite malsaine de 2005.

Faut-il encore une fois tenter le diable pour la simple ambition d’étendre son hégémonie sur le premier Poste, réservé aux chrétiens. Ce qui va contre les valeurs constituant le Liban, son histoire et son message...




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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Mar 20 Nov 2007 - 20:13

Encore lui !


Les coups de sang beyrouthins de Bernard Kouchner


De notre envoyé spécial à Beyrouth Thierry Oberlé
19/11/2007 | Mise à jour : 21:35 |

Commentaires 31 .


«Celui qui portera la responsabilité d’avoir bloqué le processus accepté par tout le monde» se verra imputer «la déstabilisation du Liban et ses conséquences régionales», a déclaré Bernard Kouchner. Crédits photo : AFP

Les dirigeants politiques libanais ne sont toujours pas parvenus à un accord sur un candidat à l’élection présidentielle de mercredi, malgré la médiation française.


Le blocage de l’élection présidentielle libanaise tape sur les nerfs de Bernard Kouchner. Le chef de la diplomatie française est apparu excédé lundi, à la sortie de ses rendez-vous avec Saad Hariri, le patron de la majorité parlementaire, et Nabih Berri, président de la Chambre et fer de lance de l’opposition.
Les deux principaux interlocuteurs du ministre des Affaires étrangères ne sont pas parvenus à s’entendre sur un candidat de consensus à élire dès demain par les députés, à l’occasion d’une réunion de la dernière chance du Parlement.
Les tractations engagées par les dirigeants politiques libanais sur la base d’une liste fournie, sous la pression de Paris, par un médiateur, le cardinal maronite Nasrallah Sfeir, ont pour l’instant échoué. Il ne reste plus que quelques jours pour trouver un successeur au président prosyrien Émile Lahoud, dont le mandat arrive à échéance le 23 novembre à minuit, et empêcher le pays de basculer dans un inquiétant vide institutionnel.
Arrivé avant-hier à Beyrouth, Bernard Kouchner s’est dit agacé par les «brisures du camp chrétien». Des responsables maro­nites du mouvement du 14 mars, à l’origine du repli syrien après l’assassinat en 2005 de l’ex-premier ministre Rafic Hariri, avaient auparavant fait savoir qu’ils se sentiraient floués par l’émergence sur la scène présidentielle d’une personnalité qui ne serait pas l’un de leurs compagnons de route. «Ils craignent d’être les dindons de la farce», assure un observateur proche de Michel Edde, le PDG du quotidien L’Orient-Le Jour, considéré comme l’un des postulants les mieux placés sur la liste du cardinal Sfeir.
L’intransigeance d’Aoun



En face, Michel Aoun, candidat officiel à l’élection et allié des chiites du Hezbollah, affiche son intransigeance. Le général chrétien pèse sur l’échiquier politique libanais pour apparaître comme une solution de recours ou – au moins – monnayer au mieux de ses intérêts son retrait de la présidentielle.
«Celui qui portera la responsabilité d’avoir bloqué le processus accepté par tout le monde» se verra imputer «la déstabilisation du Liban et ses conséquences régionales», menace Bernard Kouchner. «La France s’étonne que quelque chose ait coincé, que quelque chose ait dérapé... La France fera savoir au monde entier qui est responsable de cette situation», ajoute-t-il.
«Les Français se trompent de méthode. Leur initiative s’effectue, comme nous le disons depuis le début, au détriment des véritables représentants de la communauté maronite. Ils ont mis une bombe dans les mains du cardinal Sfeir», répond en écho Simon Abi Ramia, un conseiller de Michel Aoun.
La partie ne se joue pas uniquement dans le camp chrétien. Le Hezbollah attend du futur président des garanties sur le non-désarmement sans préalable de ses forces armées et sur le maintien de ses prérogatives.
La Syrie conserve également, en dépit de son retrait du territoire, une capacité de nuisance in­tacte. Elle se serait engagée, selon Bernard Kouchner, en faveur d’un «bon déroulement de l’élection»...
http://www.lefigaro.fr/international/2007/11/20/01003-20071120ARTFIG00007-les-coups-de-sang-beyrouthins-de-bernard-kouchner.php
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Jeu 22 Nov 2007 - 0:13

Beaucoup de mouvements aujourd'hui au domicile du général Aoun. Il a reçu Sami Gemayel (dernier fils d'Amine Gemayel, actuel chef des phalangistes) et ensuite Saad Hariri en personne.

Mais le plus surprenant est ce coup de fil de Nicolas Sarkozy en personne... Qu'est-ce qui peut bien pousser le président français à téléphoner à un simple député libanais? S'est-il ridiculisé en lui suppliant de se retirer de la présidence ou au contraire, lui a-t-il marqué (enfin!) un soutien de la France à sa candidature?

On sera vite fixé puisque le parlement se réunit ce vendredi 23 novembre, dernière limite possible, pour élire le président de la république.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Ven 23 Nov 2007 - 20:07

Nous sommes le vendredi 23 novembre et il n'y aura pas d'élection d'un nouveau président.

Le monde entier (et le mot n'est pas exagéré) n'a de cesse supplié le général Aoun de retirer sa candidature à la présidence. Il avait toujours refusé arguant qu'il détenait un bloc important et que la majorité du peuple libanais le soutenait (voir les sondages qu'il survole!). Et je ne parle pas de son programme politique, clair, précis et encourageant pour le pays. Mais voilà, la communauté internationale veut un président qui puisse plier à leurs exigences. Eh bien NON! Cette fois, les Syriens n'occupent pas le Liban pour maquiller cette volonté ignoble. Le peuple ne se laissera pas faire!

Malgré tout, hier après-midi, le général Aoun a lancé une dernière proposition. Celle-ci était valable jusqu'à aujourd'hui (reste une heure). Il retirait sa candidature à la présidence mais en contrepartie:
- il devait choisir lui-même un président (neutre ou n'appartenant pas à son bloc)
- Le nouveau gouvernement aurait à sa tête un premier ministre non-issue du bloc de Hariri. En effet, s'il faut un candidat neutre pour la présidence, il est logique d'en demander un neutre pour le gouvernement aussi!
- Ce gouvernement serait un gouvernement d'union national avec la répartition actuelle du parlement, càd 55% majorité et 45% opposition.
- Une série de revendications (les plus logiques) complétaient ces conditions telles que l'indemnisation des déplacés (de la guerre civile), l'acceptation du document d'entente avec le Hezbollah en vue d'aboutir à une solution interne à ce sujet, le rétablissement de l'égalité Chrétien/Musulman chez les fonctionnaires de l'état (volontairement déséquilibré à ce jour),...

Il n'aura pas fallu 1 heure pour que la majorité refuse catégoriquement ce dernier appel à l'unité! Les masques sont tombés.

Le général Aoun a rappelé tout à l'heure qu'il ne restait plus beaucoup de temps à la majorité pour accepter cette proposition, après quoi le général Aoun redeviendra candidat à la présidence. Et cette fois, cela risque de faire encore plus mal.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Ven 23 Nov 2007 - 21:48

Et voilà l'initiative du général Aoun dont je vous parlais plus tôt. Vous avez de la chance, elle a été traduite en français :-)

------------------------------------------

Initiative du Chef du Bloc du Changement et de la Réforme le Général Michel Aoun
22 November 2007


Après l'approbation des députés membres du Bloc du changement et de la réforme à l'unanimité, le Général Michel Aoun a soumis à tous les blocs parlementaires de l'Opposition et de la Majorité l'initiative de salut suivante :

1. Le Général Michel Aoun nomme un candidat à la présidence de la République en dehors du Bloc du changement et de la réforme et du Courant patriotique libre. Ledit candidat s'engage au contenu du document d'Entente signé avec le Hezbollah ; il est élu par la Chambre des députés et la période de sa présidence vient à terme après les élections parlementaires suivantes, pourvu que le quorum constitutionnel (majorité des deux tiers) soit assuré pour l'élection du successeur.

2. Parallèlement, le député Saad Hariri, nomme un nouveau Premier ministre consensuel en dehors des rangs du Courant du futur s'engageant en faveur de la formation du Tribunal International.

3. Un gouvernement d'unité nationale et d’entente sera également constitué avec 55% des portefeuilles ministériels accordés à la majorité et 45% à l’opposition. Deux portefeuilles ministériels clés dits souverains seront accordés à la majorité et deux autres à l’opposition.

4. Les principaux points de l'agenda du futur gouvernement nommé sont les suivants:
- Approuver une nouvelle loi électorale de réforme (sur base de caza).
- Organiser des élections parlementaires générales suivant la loi électorale susmentionnée, et dans les délais précis au grand maximum.
- Parvenir à une solution finale quant au dossier des déplacés, et lui accorder la priorité financière absolue.
- Réviser le Statut du Conseil Constitutionnel et nommer ses membres par consensus immédiatement après la formation du gouvernement ; et trancher les recours électoraux dans les plus brefs délais.

5. Nommer les fonctionnaires aux postes de première catégorie administratifs, judiciaires et sécuritaires à égalité entre les chrétiens et les musulmans conformément à la constitution, et maintenir le Commandant en chef de l’armée à son poste. Mais en cas de vacance de ce poste, le Président désigné aura à lui seul et exceptionnellement le droit de nommer son successeur.

6. Cette initiative entre en vigueur aussitôt que la majorité des chefs de tous les blocs parlementaires s'y engage.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 24 Nov 2007 - 9:05

Bon j'espère, malgrès la situation difficile qu' ils vont rester calmes.

Que la population de chaque bord a conscience qu'il ne faut surtout pas de provocation.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Mar 27 Nov 2007 - 0:19

L'initiative d'Aoun semble être un bon compromis (j'avoue ne pas saisir la subtilité sur / nécessité de la nomination du remplaçant du commandant en chef de l'armée), ils en sont où? ils ont trouvé une figure présidetielle de compromis?
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Mar 27 Nov 2007 - 21:42

Tout d'abord, pour répondre à Pascal. La population est entrain de bouillir. Elle n'en peut plus de voir sa liberté et la marginalisation se poursuivre comme si de rien n'était. Néanmoins, si sa colère est contenue, c'est parce que l'opposition a choisi d'éviter d'entreprendre toute initiative qui provoquerait des tensions. Le simple fait de manifester peut déjà réveiller les vélléités de certains (cfr. épisodes du 3 décembre 2006 et des 23 et 25 janvier 2007).

Arnaud, l'initiative du général Aoun durait 24h et elle a été refusée dès la première minute par la "majorité". Désormais, le général Aoun est donc de nouveau candidat à la présidence, et cette fois, je doute qu'ils aient d'autres occasions de l'en écarter. Mais visiblement, ils préfèrent le vide étant donné que les pouvoirs sont transférés au gouvernement en place. Gouvernement anticonstitutionnel soit-dit en passant puisque la cohésion nationale (exigée et écrite dans la constitution) n'y est plus depuis le retrait des ministres chiites.

Il n'empêche, Aoun a encore proposé autre chose pour sortir de la crise. Il a invité les politiciens, les journalistes, les artistes et toutes personnes de la société civile de tous bords de venir débattre de la situation actuelle à Rabieh (chez lui). Les débats qui ont débutés hier sont en partie télévisés et visent à éclaircir le plus de points possibles quant à la situation dans laquelle le pays se trouve aujourd'hui.

Ce débat prendra fin vendredi et à partir de ce moment, le général Aoun a déclaré qu'il divulguerait des documents compromettants concernant la majorité au pouvoir. Ces documents seraient probablement des propositions faites par divers partis du gouvernement pour lui donner leur accord à la présidence. Or au Liban, Aoun est connu comme étant "indéviable" de ses principes. Probablement une occasion de le prouver à ses détracteurs qui ne cessent d'innover dans la propagande négative à son égard ;-)
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 15 Déc 2007 - 17:14

Beaucoup de choses se sont déroulées depuis ces 15 jours d'absence sur ce topic et malheureusement, la barbarie a encore frappé! Cette fois, c'est léramée libanaise qui est frappée de plein fouet.

Le Général Francois el Hajj allait remplacer l'actuel commandant en chef de l'armée libanaise (le général Michel Sleiman) dans le cas où ce dernier était choisi au poste de président du Liban. C'est une perte immense pour tout le pays.

Son assassinat porte un double message!

D'abord, il s'agit de tenter de déstabiliser la seule institution du pays qui soit encore debout et qui arrive à unifier son peuple pour une cause. L'armée est très bien vue depuis ces derniers mois par une très large partie de la population.
Ensuite, et ce n'est pas anodin, le général El Hajj était proche du général Aoun. C'est lui qui avait eu pour mission de débarrasser le pays de la milice des forces libanaises en 1989-90 lorsque Aoun dirigeait en intérim le pays... C'est lui aussi qui a magnifiquement mené à bien sa mission dans le camp palestinien de Nahr el Bared.

Je pense aussi qu'il faisait l'objet d'accusations graves de la part des pro-gouvernementaux, notamment suite au comportement de l'armée lors des grèves de janvier 2007 dont je vous ai touché un mot précédemment. Ce jour-là, l'armée avait en effet décidé de protéger les grévistes qui faisaient l'objet d'attaques organisées par les pro-gouvernementaux.
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 15 Déc 2007 - 17:23

Salut!
Suis preneur de tous les détails sur la position d'Aoun & Hezbollah sur la nomination probable de Michel Sleiman!

Repasse demain pour en discuter plus à fond Wink
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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 15 Déc 2007 - 20:55

ArnaudH a écrit:
Salut!
Suis preneur de tous les détails sur la position d'Aoun & Hezbollah sur la nomination probable de Michel Sleiman!

Repasse demain pour en discuter plus à fond Wink

J'espère pouvoir être présent demain pour répondre à tes questions. En attendant, voici une bonne partie de la réponse à ta demande.

Tout d'abord, il faut savoir que l'opposition est unie derrière les propositions du général Aoun. Ils estiment en effet qu'il représente la grosse majorité des Chrétiens du pays et que dans l'état actuel du système politique sectaire au Liban, la question de la présidentielle revient à cette partie de la population. Ca a été le cas pour le poste de 1er ministre, légué au parti sunnite le plus populaire, ainsi que le poste de chef du parlement issu d'une entente inter-chiite.

Dès lors, la position de Aoun est claire. Il aurait été on-ne-peut-plus logique qu'il soit le prochain président des Libanais. Mais le véto international sur son nom l'a poussé à proposer une alternative. Cette alternative, je vous en avais déjà parlé ici-même, il s'agissait qu'il nomme le président de la république (non-issu de son parti) et que Hariri nomme un nouveau 1er ministre (non-issu de son parti). Ainsi, comme l'entente est nécessaire pour le président de la république (Chrétien), elle doit l'être pour le 1er ministre (Sunnite). Les Chiites (chef du parlement) ne sont pas concernés étant donné qu'ils appuient le choix des Chrétiens pour la présidence et celui des Sunnites pour le 1er ministre.

Une anecdote intéressante est la suivante. Le général Sleiman était déjà à ce moment un des candidats potentiels proposé par le général Aoun... Tu as donc là une bonne idée de la position de l'opposition quant à sa candidature puisqu'elle l'avait envisagé depuis fort longtemps.

Il y avait également dans cette feuille de route une série d'autres revendications des plus élémentaires. Dès que je la trouve, elle sera postée.

Maintenant, pourquoi le gouvernement la refuse-t-elle? Pour une simple raison... aujourd'hui, le Liban est dominé par une communauté, la cmmunauté sunnite, avec l'appui des puissances occidentales. Oh, rien d'étonnant quand on voit avec quelle subtilité l'Arabie Saoudite (berceau de l'islamisme extrémiste) est loué des grandes puissances telles que les USA et récemment même la France. Mais ici au Liban, cela signifie la fin de la présence chrétienne. Tout est fait pour vider le pays des jeunes et spécialement des Chrétiens... Et rien de tel que de consacrer la marginalisation de cette communauté chrétienne en lui volant son seul rempart, la présidence de la république!

Pour en revenir à la candidature du général Sleiman, ce n'est qu'après la conférence d'Annapolis que les pro-gouvernementaux se sont réunis autour de son nom. La communauté internationale avait en effet décidé du nom du prochain président lors de cette conférence, et ce, en total accord avec la Syrie. Le temps de communiquer le tout aux sbires du gouvernement libanais, une réunion fut organisée pour ensuite confirmer ce choix.

La réaction du général Aoun (et de l'opposition) fut rapide. OK à 100% pour cette nomination mais dans le cadre de sa proposition (dont l'ultimatum de 24h avait pourtant expiré). De plus, il y a aussi la question de l'amendement de la constitution qui doit être résolue vu qu'un général de l'armée ne peut accéder à la présidence du jour au lendemain (délai de 2 ans en principe). Et là, il faut bien être conscient que selon la constitution, ce gouvernement n'est pas légitime car il ne représente pas toutes les communautés depuis fin 2006 avec le retrait des ministres chiites. Dès lors, c'est directement par le parlement que cet amendement doit passer, et non le gouvernement. Or il y a déjà désaccord à ce niveau.

C'est une longue histoire, mais à force de gonfler à bloc ce gouvernement "imaginaire" et non constitutionnel, la communauté internationale a réussi à installer une crise sans issue si la volonté des partis n'évolue pas. Et je crains que l'on ne veuille désormais plonger le Liban dans le chaos pour en finir avec la grosse épine que constitue son peuple libre... oui, exactement comme ce 13 octobre 1990 qui a consacré la domination syrienne avec l'aval de tous les pays dits "démocratiques"!
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MoDem Liban



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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Sam 15 Déc 2007 - 21:18

Voilà son inititative, elle est en anglais, désolé... je ne trouve plus la version française. Si tu as des problèmes à comprendre certains points, n'hésite pas:


General Michel Aoun initiative
Tayyar.org
November 22, 2007


After consulting with the MPs of his parliamentary bloc and with their
unanimous approval, MP Michel Aoun presents to all parliamentary blocs
concerned in the majority and the opposition, the following initiative
for the salvation of the country.

1- General Michel Aoun will name a candidate for the presidency of the
republic provided the latter is neither a member of his parliamentary
bloc nor of his party and provided he fully agrees to the memorandum of
understanding signed with Hizbullah. This candidate will be elected by
parliament and his mandate will come to an end immediately after the
new parliamentary elections; thereafter the constitutionally required
quorum (i.e. the two thirds) will be provided for the election of the
new president.

2- In parallel, MP Saad Hariri will name a consensual prime minister
provided he is not a member of the future movement and he is committed
to the international tribunal.

3- A national unity government is formed in which the representation of
the political forces is proportional to their representation in
parliament i.e. 55% for the majority and 45% for the opposition. Two
major ministerial portfolios (known as “sovereign”) will be granted to
the majority and 2 major ministerial portfolios to the opposition.

4- The major items on the agenda of this cabinet are the following:

· To pass a new electoral law (based on the Caza).

· To hold the parliamentary elections according to this law on their due date at the latest.

· To reach a final solution to the issue of the internally displaced and to grant this issue the top financial priority.

· To review the statute of the Constitutional Council and to nominate
its remaining members by agreement immediately after the formation of
the government and to hasten the settlement of the contested
parliamentary seats.

5- Assure the equal distribution among Christians and Muslims in all
1st category administrative, security, and judicial posts according to
the Constitution and keeping the army commander in his post for this
period of time; and in case of vacancy of this post, it will be
exceptionally up to the president of the republic to name a new army
commander.

6- This initiative is considered applicable when the majority of the
heads of the parliamentary blocs of both the majority and the
opposition pledge to respect it and abide by it.
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Liban : Elections présidentielles   Dim 16 Déc 2007 - 18:16

Merci pour tous ces éléments!

MoDem Liban a écrit:
Il aurait été on-ne-peut-plus logique qu'il soit le prochain président des Libanais. Mais le véto international sur son nom l'a poussé à proposer une alternative.

Crois-tu que ce soit l'argument principal ou secondaire? (la non acceptation par les forces gouvernementales actuelles pouvant être la principale)

MoDem Liban a écrit:
Cette alternative, je vous en avais déjà parlé ici-même, il s'agissait qu'il nomme le président de la république (non-issu de son parti) et que Hariri nomme un nouveau 1er ministre (non-issu de son parti). Ainsi, comme l'entente est nécessaire pour le président de la république (Chrétien), elle doit l'être pour le 1er ministre (Sunnite). Les Chiites (chef du parlement) ne sont pas concernés étant donné qu'ils appuient le choix des Chrétiens pour la présidence et celui des Sunnites pour le 1er ministre.
Mais est-ce que cela ne va pas justement à l'encontre de la position unqiue de l'opposition qui souhaite dépasser ces choix basés sur l'appartenance confessionnelle?

MoDem Liban a écrit:
Une anecdote intéressante est la suivante. Le général Sleiman était déjà à ce moment un des candidats potentiels proposé par le général Aoun... Tu as donc là une bonne idée de la position de l'opposition quant à sa candidature puisqu'elle l'avait envisagé depuis fort longtemps.
Oui c'est rassurant pour l'avenir Very Happy

MoDem Liban a écrit:
Pour en revenir à la candidature du général Sleiman, ce n'est qu'après la conférence d'Annapolis que les pro-gouvernementaux se sont réunis autour de son nom. La communauté internationale avait en effet décidé du nom du prochain président lors de cette conférence, et ce, en total accord avec la Syrie. Le temps de communiquer le tout aux sbires du gouvernement libanais, une réunion fut organisée pour ensuite confirmer ce choix.
C'est une supposition ou bien y-a-t'il des libanais ayant participé à Annapolis qui confirment?
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