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 Intervention de François Bayrou

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juju41

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MessageSujet: Intervention de François Bayrou   Lun 10 Déc 2007 - 12:36

vidéo RMC-BFM 10/12/2007

http://bfmtv.streamakaci.com/bfmtv/videos/WMV/BFMTV_22_2007_12_10_8_33.wmv
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Fabiolo



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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Lun 10 Déc 2007 - 14:14

merci, je vais écouter ça, la verve de François commençait à me manquer....
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Lun 10 Déc 2007 - 16:12

Europe
Visite de Khadafi: François Bayrou s'insurge contre une "mascarade d'Etat"
Nouvelobs
AP | 10.12.2007 | 13:14
Le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou "demande à tous les députés qui ont une idée de ce que la France doit être dans le monde de ne pas se prêter à la mascarade d'Etat qu'on est en train de préparer" avec la visite officielle en France, à partir de ce lundi et pendant cinq jours, du colonel Kadhafi.

Le député des Pyrénées-Atlantiques a dit lundi sur RMC souhaiter que ses collègues soient les plus nombreux possibles à boycotter notamment la venue du chef de l'Etat libyen à l'Assemblée nationale.

Qualifiant Moammar Kadhafi de "dictateur sanguinaire", auteur d'"actes terroristes parmi les plus horribles des dernières décennies" et de "prises d'otages", François Bayrou s'est dit "extrêmement troublé" par les propos de Nicolas Sarkozy selon lequel M. Kadhafi serait "en route vers la respectabilité". "Si c'est ça la respectabilité, où est la France des droits de l'Homme?", s'est-il interrogé.

François Bayrou a estimé qu'en lui accordant cette visite officielle, la France apporte à M. Kadhafi "la reconnaissance, le tapis rouge, le respect" et que c'est "inacceptable pour l'idée que nous nous faisons de notre pays".

"Le président de la République place la France dans une situation extrêmement troublante, profondément choquante", a-t-il déclaré. Il a vigoureusement dénoncé "cet abaissement que la France est en train de vivre", "au nom du sacro-saint carnet de chèques". "Je ne crois pas que ce soit par l'accord avec les dictateurs que la politique économique de la France va se reconstruire", a-t-il lancé.
"Du côté de l'UMP on dit 'carnet de chèques, carnet de chèques, carnet de chèques'", a fustigé l'ancien candidat à l'élection présidentielle. "Il suffit qu'il y ait du pétrole ou du gaz dans une de ces dictatures-là pour qu'aussitôt on s'abaisse (...), ça n'est pas parce que des régimes honteux ont comme ça des coffres-forts qu'on devrait plier le genou devant eux", s'est-il indigné.

Le centriste a reproché au président de la République de faire "exactement le contraire de ce qu'il avait annoncé en campagne électorale lorsqu'il promettait aux Français une diplomatie morale". Il a par ailleurs estimé que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ministre d'ouverture, et sa secrétaire d'Etat chargée des Droits de l'Homme Rama Yade, convoquée lundi matin à l'Elysée après avoir critiqué la visite du chef de l'Etat de libyen, "devraient évidemment en tirer les conclusions". AP
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nitou86

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Lun 10 Déc 2007 - 18:50

Rama Yade a très bien fait de souligner que la date du 10/12, choisie comme la journée des droits de l'homme, était particulièrement mal venue pour accueillir cet individu. Je ne vois pas là-dedans de "diplomatie morale", surtout envers les infirmières bulgares et leur pays!
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mar 11 Déc 2007 - 7:56

Bayrou.fr

François Bayrou favorable à un développement de l'intéressement


Interrogé sur un amendement encourageant l'intéressement pour les entreprises qui font des bénéfices, François Bayrou s'est dit favorable : "Je trouve que s'est une bonne idée, une idée que j'avais défendue pendant la campagne présidentielle et qui peut permettre d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés et cela permet de montrer aux salariés et aux entreprises que leurs sorts est liés. Quant l'entreprise se développe, les salariés en profitent et quand les salariés sont parties prenantes du développement de l'entreprise, alors, l'entreprise se porte mieux" ajoutant qu'il « voterai en faveur de cette idée. » Concernant le pouvoir d'achat, le président du Mouvement démocrate a regretté que "l'on ait gaspillé 15 milliards d'euros en direction de certains Français parmi les plus favorisés". Il a par ailleurs mis l'accent sur les petites retraites : "On aurait dû faire une chose : s'intéresser aux pouvoirs d'achat des petites retraites."
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mar 11 Déc 2007 - 13:22

FB sur France info

http://www.france-info.com/spip.php?article50143&theme=81&sous_theme=192#
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mar 11 Déc 2007 - 16:14

barou.fr 10/12
suite des entretiens

http://www.bayrou.fr/evenements/bayrou-roussillon-10.html
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mar 11 Déc 2007 - 20:18

bayrou.fr

11 décembre 2007
François Bayrou : "Qu'un dictateur sanguinaire soit riche ou pauvre, cela ne change rien à sa nature"
Plusieurs personnalités politiques dont François Bayrou ont manifesté mardi en fin de journée près du Mur pour la paix, devant l'Ecole militaire, contre la visite du colonel Kadhafi en France. Répondant à l'appel de quatre organisations dont Reporters sans frontière, le président du Mouvement Démocrate, entouré notamment de Marielle de Sarnez, candidate du Modem à Paris, a qualifié la venue du numéro un libyen "de terrible, inquiétante et inacceptable" en rappelant que "il y a quelques semaines encore le colonel Kadhafi détenait des otages", en référence aux infirmières bulgares. "C'est le carnet de chèques qui mènent le monde", a encore dit le président du MoDem, "mais qu'un dictateur sanguinaire soit riche ou pauvre, cela ne change rien à sa nature".
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 12 Déc 2007 - 13:02

bayrou maintenant sur canal
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Nadette

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 12 Déc 2007 - 18:27

François Bayrou était, ce mercredi 12 décembre, l'invité de l'émission "l'Edition spéciale" sur Canal Plus. Interrogé sur la venue du Colonel Kadhafi, le président du Mouvement Démocrate a rappelé avec forces son refus de "s'agenouiller devant les puissant". Il a notamment souligné : "Nous le percevons comme un dictateur avec un certain nombre de massacres dans son propre pays, avec des centaines et milliers de victimes. Il est l'auteur, reconnu par la communauté internationale, de quelques- un des actes de terroristes les plus horribles de ces dernières décennies. Sa responsabilité a été reconnu et il a dû payer des dommages et intérêts."

François Bayrou a par ailleurs souligné : "C'est quelqu'un qui, jusqu'à ces dernières semaines, a pris des otages, 6 pauvres infirmières bulgare et un médecin palestinien. Il les a condamnés à mort, il les a soumis à de mauvais traitements. Tout cela pour obtenir la rançon la plus importante de tous les temps : 450 millions de dollars payés par la Quatar en notre nom sans que l'on connaisse très bien les arguments, des ventes d'armes et une puissance de feu sans précédent et l'on met à disposition une centrale nucléaire, et en plus de cela on lui déroule le tapis rouge. C'est impossible à imaginer dans un pays comme le nôtre."

http://www.bayrou.fr/evenements/bayrou-canal-kadhafi-121207.html
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 13 Déc 2007 - 8:30

F. Bayrou : "La pensée de gauche est en poussière." Entretien pour France démocrate (2)
Entretien, 12 décembre 2007




Suite et fin de l’interview exclusive accordée par François Bayrou à France démocrate, jeudi 6 décembre.Frédéric Lefebvre-Naré : Qu’est-ce qui vous a conduit à croire au destin de cette famille politique ?

François Bayrou : C’est la mienne !

Depuis aussi loin que je remonte dans ma pensée, je n’étais pas d’accord avec la manière dont on conduisait la France du côté de l’UNR, le mouvement gaulliste de l’époque, et je n’étais pas d’accord avec le Programme Commun, parce que dans le programme commun, il y avait d’une certaine manière l’acceptation de la logique ce qui était terrible en Union soviétique.

Je crois savoir qui m’a fait lire Soljenitsyne, très tôt. J’ai lu Soljenitsyne avec passion. J’avais de toute façon cette intuition de la terreur, et du goulag, et du totalitarisme, et je ne me voyais pas accepter cela.

Ce double refus était fondateur d’une démarche politique originale. Et je me suis toujours fichu que cette démarche politique fût minoritaire, parce que je savais qu’un jour elle serait majoritaire.

FrLN : Pourquoi vous le saviez ?

Intuition… ou rêve !

Une barrière infranchissable a disparu :
le remords de la gaucheFrLN : Cette famille politique - son existence même a été parfois ignorée du grand public. Pendant la campagne présidentielle, quelque chose a pris…

Vous savez, quand un rêve se réalise, en même temps vous êtes fou de joie, et vous avez du mal à y croire. Pendant toute cette période, j’étais heureux parce que je voyais se réaliser une certitude intérieure que je portais, en même temps c’était si vite que nous avions tous du mal à y croire. Tous les observateurs, du haut de leur autorité, nous expliquait que non seulement c’était impossible, mais que c’était un mirage, on allait forcément se chevènementiser, on finirait à 5%, parce que c’était comme ça ! Le plus dur, ça a été d’y croire, de "métaboliser" … si on y était arrivé, je pense qu’on aurait fait un peu mieux.

Je ne pense pas qu’on aurait été au deuxième tour. On a été très près, mais il est resté une barrière infranchissable, qui aujourd’hui a disparu : le remords de la gauche de ne pas avoir été, en 2002, présente au deuxième tour. C’était terrible, une terrible force pour la candidature de Ségolène Royal. Aujourd’hui ce remords est fini, et donc, peut-être peut-il y avoir à l’avenir un paysage différent.

Jacques Bugier : J’étais lundi soir [3 décembre], au théâtre du Rond-Point, écouter Madame Royal. Brice Teinturier, en ouvrant le débat qui suivait, a affirmé : ’Le PS au deuxième tour de la présidentielle, ce n’est pas du tout évident !’. Et ce qui m’a paru curieux, c’est que c’était intériorisé, repris par Rebsamen, Valls…

Ce qui a sauté, c’est la culpabilité : les électeurs se sont sentis immensément coupables de négligence, pour avoir laissé passer Le Pen au second tour. C’est pour ça qu’il y a eu ces sondages estomaquants qui mettaient Le Pen devant moi à la veille du scrutin ! Il y avait à l’arrivée 8 points d’écart… On avait affaire à des forces qui n’étaient pas sans armes !

La culpabilité a laissé la place à la conscience de la crise.

De cette crise, le PS peut-il sortir ? Ma conviction est que non. Parce que nous ne pouvez pas trouver un leader quand vous ne savez pas sur quelle ligne. Or la ligne du Parti socialiste est totalement explosée. Explosée entre une nostalgie et une reddition : la nostalgie de la "Gauche" avec l’accent de Mitterrand, et une résignation au monde comme il est.

La pensée de gauche est en poussièreLes deux institutions réputées les plus ultralibérales, l’OMC et le FMI, ont à leur tête deux socialistes français ! Et à qui va-t-on demander de faire le rapport ultralibéral qui dit "nous avons trop de pouvoir d’achat" ? À Jacques Attali, le conseiller de Mitterrand…

Ce monde-là est en poussière, du point de vue de la pensée. Et je crois que nous avons une vision, qui demande maintenant à être construite. Comme l’architecte construit la maison. On a le plan général : notre rôle est de construire un projet alternatif au projet américain, matérialiste, d’inégalités voulues et croissantes.

FrLN : Vous parlez d’architecture - et vous avez écrit quelque part qu’un autre métier qui aurait pu vous plaire est celui d’architecte. Avez-vous une analogie architecturale, un édifice qui évoque bien la démocratie, l’alternative que vous venez de décrire ?

C’est plutôt à l’architecture navale que je penserais. Il faut un bateau assez ordonné et solide pour traverser la mer. Et il faut un cap - on a toujours confondu le bateau et le cap. Il faut une société créative, capable de mobiliser les ressources de l’intelligence, de la recherche, de l’intuition, du commerce - beaucoup de gens croient que cette bonne santé économique doit conduire à la société financière et matérialiste : je suis en radicale confrontation avec ça - et quand je dis radicale, je pèse mes mots.

Ce dont nous avons besoin c’est de bâtir une société, pas seulement une économie.

Quatre ans pour former
une générationFrLN : Un des éléments de ce bateau ou de cette flotille, c’est le Mouvement que vous avez créé, le Mouvement démocrate. Vous l’avez comparé à plusieurs reprises à un "commando de transformation de la société". À quel moment pensez-vous qu’il s’est comporté comme un commando ? Qu’ont-ils pu ressentir de la vie de commando ?

Ils ont dû tenir bon dans l’adversité, et ils mènent le même combat. Il y a eu un certain nombre d’abandons, de gens qui sont allés se rendre avec armes et bagages de l’autre côté. Le général athénien Alcibiade est devenu le chef de l’armée de Sparte ! Après, d’ailleurs, il est revenu …

Ils ont tous fait leur petit Alcibiade ! en expliquant que s’ils trahissaient, c’était la faute de ceux qu’ils trahissaient.

Les adhérents ont dit : on ne lâchera pas, nous. On ne changera pas de camp. On ne s’en ira pas.

FrLN : Vous nous décrivez le Mouvement Démocrate comme des gens fixes dans l’adversité, alors que d’autres sont emportés par la bourrasque…

C’est une dynamique aussi.

FrLN : Cette dynamique, où la voyez-vous vivre ? Où ressentez-vous ce Mouvement ?

Comment je le ressens ? J’ai de l’affection, de la reconnaissance, et de l’enthousiasme ; et leur enthousiasme m’aide tous les jours.

Vous savez bien ce qu’on a à faire : porter le renouvellement de la vie politique française. Face à deux générations de notables, de l’UMP et du PS, qui vivent entre eux, avec leur propre langue, qui n’est pas celle des citoyens. Les citoyens les considèrent comme un monde étranger.

Notre plus grande force, c’est que nous ne nageons pas dans leur chaudron. Nous en sommes sortis.

Il est nécessaire que cette génération nouvelle, on la forme, on l’endurcisse, on la porte aux responsabilités. Parce que si tout marche bien, d’ici quatre ans, il faudra que partout, chacun de ceux-là soit en situation de devenir un repère, un entraîneur pour ses concitoyens.

"N’appelez pas amitié…"
François Bayrou avant l’interview JB : Dans votre parcours, il y a beaucoup de morts, vous en parlez souvent… Et beaucoup de "morts politiques", ou morts à l’amitié.

N’appelez pas amitié ce qui n’est que convivialité de l’instant. Je n’ai jamais utilisé le mot amitié facilement. Je suis très exigeant en amitié - et terriblement confiant en amitié.

J’ai toujours été retenu à l’égard du tutoiement, de la "main dans le dos" des hommes politiques. On m’en a souvent fait le reproche, on dit que j’étais trop pudique, que je ne faisais pas assez confiance… Heureusement ! Autrement, je serais par terre.

Je ne compare pas ce qui n’est pas comparable, mais de Gaulle a été abandonné de tous les siens, à l’exception de quelques grognards… Il avait fait élire en 1951, l’année de ma naissance, 120 députés : un an après, ils étaient tous passés du côté des pouvoirs, dans le méli-mélo des pouvoirs de la IVème République - pour "défendre l’intérêt général", naturellement. Tous ces discours, les mêmes, de Gaulle les a entendus…


Congressistes de Villepinte Il ne faut pas craindre ces périodes-là. La faiblesse des hommes peut vous laisser dans une certaine démarche solitaire - je dis "certaine", parce que j’ai autour de moi des gens en qui j’ai confiance. Et puis j’ai des dizaines de milliers d’adhérents, et des centaines de milliers, peut-être des millions de sympathisants.

C’est vrai que les morts comptent beaucoup dans ma vie. Ça vient de quoi ? D’une chose extrêmement précise : je ne suis pas l’homme seulement d’une génération. Je suis l’aîné des enfants de la maison, mon père avait 42 ans de plus que moi, il était né en 1909. Ça a été une très grande chance d’avoir cette intimité avec la génération précédente - je le dis souvent à ceux qui ont des enfants tard.

Je n’ai pas peur de la mort pour moi - peut-être parce qu’elle est loin, que je suis en bonne santé ! Mais j’ai toujours envisagé que c’était une chose qui pouvait arriver, et j’ai dit aux enfants que si ça arrivait, ce n’était pas la fin du monde.

Quand de Gaulle
était à 1%JB : Dans le récit que vous faites, on est un peu dans la même histoire que celle du général de Gaulle. Les circonstances sont différentes…

Et la dimension des gens.

JB : C’est une crise majeure qui fait que de Gaulle revient au pouvoir… Imaginez-vous un scénario comparable ? Est-ce qu’on peut penser qu’on est à la veille d’une crise majeure ?

Personne ne sait ce que sera l’histoire.

Le Général de Gaulle, en octobre 1957, est à 1% dans un sondage ("à qui souhaitez-vous un grand rôle pour l’avenir ?"). Nous, on n’est pas dans cette position-là, le dernier sondage sur la même question, c’est 50%.

Le Général de Gaulle est dans une autre catégorie, mais ça n’empêche pas qu’on puisse réfléchir à ce que cette autre catégorie a traversé. Si vous voulez un destin pour votre pays, regardez ce qui s’est passé.

La politique n’est pas autre chose que de l’Histoire en train de se faire. L’autre jour, quelqu’un disait devant moi : "nous sommes dans un entracte de l’Histoire". Détrompez-vous ! On est en pleine Histoire ! On est dans l’acte de l’Histoire, parce que le choix que Nicolas Sarkozy a fait est un choix historique, qui consiste à aligner la France sur le modèle dominant dans la mondialisation. Le modèle américain.

Le nouveau bibelot
de Nicolas SarkozyAvec tous les superlatifs, la main sur le cœur comme le font les Américains quand ils écoutent l’hymne, tous les poncifs de la saga américaine.

Dans le bureau de Nicolas Sarkozy, à côté de son canapé, à côté de celui de [Jacques] Chirac, la dernière fois que j’y suis allé, il y a une statue de la Liberté de 50 centimètres de haut en argent. Vous comprenez bien que ce n’est pas tout à fait par hasard !

JB : En argent ?

À l’œil, ça avait l’air d’être de l’argent ! Ce ne serait pas du nickel ou du chrome !

Vous voyez ce que ça veut dire. Eh bien, ceci est historique, et en face, il faut une attitude historique, qui consiste à dire : Excusez-nous, Monsieur le Président, ce n’est pas la vocation de la France, ce n’est pas son histoire, ce n’est pas sa volonté.

La vocation de la France est au contraire de résister à ce modèle là.

Pas de résister à l’économie, à l’entreprise, à la création, à l’invention, aux brevets - mais la vocation de la France est de résister en matière de société. Aux injustices et au matérialisme que cette société porte. Nous Français, devant le monde, nous sommes porteurs d’un autre projet de société, qui est un projet "Justice et valeurs de l’esprit, et de l’épanouissement humain".

"Un destin d’homme
qui dit la vérité"
Après la fin du Congrès JB : Dans les grands destins que vous évoquez souvent, il y a de Gaulle, il y a Mendès…

Je préférerais avoir été Mendès que n’importe lequel des petits atomes qui se sont rangés du côté des carrières. Un destin d’homme qui dit la vérité, ce n’est pas mal !

Si vous considérez que la réussite, c’est le pouvoir, vous êtes un homme mort du point de vue des idées. Vous voyez Gandhi - pardon, encore une fois, de prendre les grands visages de l’histoire ! - ou Churchill, considérer qu’il fallait qu’ils abandonnent leurs idées pour aller exercer le pouvoir à l’intérieur du chaudron, nager dans la soupe ? Niet.

FrLN : Vous faites souvent référence aux communes, à la démocratie locale, comme un espace plus proche de la façon dont vous voyez la politique. Est-ce que vous avez en tête, dans l’histoire récent ou , des exemples de villes, des communes, qui se rapprochent un peu de ça ?

Non, ne cherchons pas trop de figures de référence.

FrLN : Ça aide les militants de savoir où sont les bonnes pratiques !

Non. J’espère que des exemples, nous en bâtirons. Après les élections, on essaiera de faire un tri entre ce qui est bien et ce qui ne l’est pas.

Des branches qui tombent,
"des gens debout"JB : Juan Carlos a dit à Hugo Chavez : "pourquoi tu ne la fermes pas ?" À qui auriez-vous envie de dire la même chose ?

Je n’ai aucune trace de sentiment de rancœur. Ça m’est absolument étranger.

Je ne regarde pas les gens, je regarde la cause de tout ça. Ce n’est pas parce que le vent souffle que les branches tombent, c’est parce qu’elles sont mortes. Allez voir les causes. Les causes, c’est que nous avons une République de servilité, parce que nos institutions font que tout passe par le Président de la République. Surtout quand il est neuf : il dirige vers lui les regards d’admiration, d’adoration…

Et moi, je veux changer ça ! je veux une République où il y ait des gens debout. On y gagnera !

C’est à pleurer de voir tous ces [gens] se précipiter là où, hier, ils désignaient les responsables de ce qui n’allait pas… Triste, triste, triste.

- Le texte peut être cité en indiquant la source
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gillou

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Sam 12 Jan 2008 - 21:08

A regarder, ça date de ce samedi midi le 12/01/2008 sur:

"France 3 aquitaine" dans l'émission : "La voix est libre" .

Spécial François Bayrou !!

Toujours excellent notre Président ...............
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Musette #

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Sam 12 Jan 2008 - 23:12

Je viens de regarder cette émission. Elle est merveilleuse. Et contrairement aux journalistes parisiens, ceux de l'émission ne coupent pas la parole à François Bayrou, et lui parlent avec respect.

Un vrai plaisir
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 16 Jan 2008 - 19:33

Base militaire française aux Emirats: François Bayrou lance une mise en garde solennelle
ParisMatch 16 Janvier 2008 - 16h12
Il s’agit d’un «changement très grave de la doctrine» de la France a vigoureusement dénoncé aujourd’hui le président du MoDem François Bayrou, au lendemain de la signature d'un accord sur l'installation d'une base militaire française aux Emirats arabes unis.
«L'annonce par le président de la République, sans aucune réflexion publique préalable, sans information du Parlement, que la France allait ouvrir une base militaire interarmes sur les rives du détroit d'Ormuz, constitue un changement très grave de la doctrine et de l'attitude de la France dans cette région», a estimé François Bayrou dans une déclaration à l'Afp.
«La nature même de cette région, les risques qui sont encourus mettent la France en situation d'être entraînée malgré elle dans un conflit ou dans une succession de tensions très dangereuses», a-t-il averti, voyant dans cette initiative la volonté d'«intégrer la France dans les concepts géostratégiques américains».

«LE REEQUILIBRAGE DES POUVOIRS DEVIENT UNE QUESTION BRULANTE»

«Jamais cela n'a été évoqué pendant la campagne présidentielle et le Parlement est tenu à l'écart d'une décision qui engage la vie de la Nation», a protesté François Bayrou, ancien candidat à l'Elysée, jugeant que jusqu'à présent la France avait choisi d'être dans cette région «une puissance d'équilibre diplomatique et non une puissance militaire».
«On voit à quel point une décision unilatérale du président de la République ne peut pas être acceptée et que le rééquilibrage des pouvoirs institutionnels devient jour après jour une question brûlante», a-t-il ajouté.
François Bayrou a enfin rapproché ce sujet de «la question de la dissémination du nucléaire, dont la France s'est faite ces dernières semaines un artisan actif» et qui «posera à terme des question de sécurité».
La France va disposer d'une base militaire aux Emirats arabes unis en vertu d'un accord signé mardi à l'occasion d'une visite du président Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi, marquée aussi par un accord sur la coopération dans le nucléaire civil.
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 16 Jan 2008 - 19:47

Oui en effet, j'avais imaginé qu'il avait informé le parlement français (commission de défense nationale) avant de faire cette offre... suis-je bête...
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 16 Jan 2008 - 19:59

il dirige la France au Pifomètre, pof! une idée germe dans son cerveau malade,et il la balance , sans concertation !un jour à cause de ça, de jeune soldats mourront juste pour une idée à la con ..
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 16 Jan 2008 - 20:02

juju41 a écrit:
il dirige la France au Pifomètre, pof! une idée germe dans son cerveau malade,et il la balance , sans concertation !un jour à cause de ça, de jeune soldats mourront juste pour une idée à la con ..
tout de suite ça me fait moins rire c'est co...ries!
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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Mer 16 Jan 2008 - 21:29

"va-t-en guerre...", ça se précise
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 8:38

« La différence entre un imbécile et un criminel réside dans le fait que l'action de l'imbécile est totalement imprévisible et beaucoup plus dévastatrice. »
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juju41

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 13:42

Il manque à la France "un président sage" qui la protège contre "l'actionnite désordonnée".


Dans un entretien à l'hebdomadaire L'Express à paraître jeudi, François Bayrou affirme: "Ce n'est pas je communique à tout va, mais j'inspire confiance. C'est s'arrêter pour réfléchir, c'est se protéger et protéger le pays contre l'actionnite désordonnée. Laisser à d'autres le court terme, et penser le long terme". Selon lui, "ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France". Il estime notamment que "remettre en cause le principe de la laïcité, c'est ouvrir la boîte de Pandore". "La fonction présidentielle, ce n'est pas s'occuper de tout, mais de l'essentiel" a-t-il rajouté.




L’Express : À quoi pouvez-vous servir aujourd’hui ?
François Bayrou : À y voir le plus clair possible sur ce que la France est en train de vivre. Et à préparer un autre projet de société.

Comment définiriez-vous le Sarkozysme ?
D’abord un projet politique : l’alignement de la France, le plus vite possible, sur le modèle de société qui domine la mondialisation, le modèle américain. Ensuite, une conception du pouvoir, qui tire la fonction présidentielle vers le star system, la société du spectacle, et la connivence avec les puissants, les plus riches et les plus célèbres. Et au fond, sur ces deux points, je défends l’exact contraire : contre le modèle dominant dans le monde, l’avenir du modèle républicain français, et contre le pouvoir spectacle, la confiance aux citoyens.

À quoi identifiez-vous le modèle américain ?
- On dit américain pour faire image. Mais ce modèle avance partout. Et il a trois traits principaux. Il est inégalitaire par principe. Il est matérialiste. Et sa démocratie est dévorée par la com’, la démagogie people.

Commençons par ce que vous appelez « l’inégalité croissante »…
C’est un basculement de l’histoire. Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, on vivait dans tout l’occident avec l’idée que le progrès allait faire reculer les inégalités. Et cette idée transcendait tous les clivages politiques. Mais au tournant des années 80, sans qu’on s’en aperçoive clairement, un autre modèle a pris le pouvoir, une autre idéologie, pour qui le vrai moteur du progrès, ce sont les inégalités. Il est donc vain de prétendre les faire reculer. Au contraire, il faut les légitimer ! Ainsi le monde financier fait des fortunes foudroyantes, l’imposition sur les successions disparaît, le dumping fiscal règne en maître, pour mettre ces inégalités à l’abri de l’État. Ne vous trompez pas : en termes matériels, ce modèle a été extraordinairement efficient. Mais, au bout du chemin, il ruine l’idée de société, du vivre ensemble.

Quels sont les ressorts de ce modèle de société ?
- Il repose sur un système de valeurs selon lequel l’argent est la mesure du succès. Nicolas Sarkozy le répète sans cesse : il veut « réconcilier la France avec l’argent », parce que argent = réussite. Pour séduire et dompter l’esprit des citoyens, le moyen c’est la communication : les politiques se comportent comme les vedettes du show-bizz, mettant en scène du pathos, des amitiés avec des vedettes, des amours en roman-photo. Le but est de détourner l’attention des citoyens, pour que, aveuglés par les flash et les projecteurs, ils ne regardent plus l’essentiel. S’y ajoute la connivence entre puissances financières, médiatiques et pouvoir politique. Là encore, le modèle est américain. Aux Etats-Unis, l’argent influence le pouvoir par le financement des campagnes. Chez nous, c’est via les groupes de médias que son influence se déploie. Je crois que Nicolas Sarkozy a très tôt compris la puissance de telles ententes et décidé de s’en faire le complice, ou l’instrument. C’est la signification de l’incroyable nuit du Fouquet’s, de l’étalage de yachts et d’avions. Pour moi, tout cela, ce n’est ni la République, ni la France.

Vous utilisez souvent, à propos de Nicolas Sarkozy, l’adjectif « puéril ». Diriez-vous qu’il est un président puéril ?
Parfois. S’il est une fonction qui exige la sagesse, c’est la fonction présidentielle. « Du passé, faisons table rase », on sait depuis longtemps que ça ne marche pas, même les révolutions n’y parviennent pas. J’ai entendu, par exemple, annoncer qu’on allait tout remettre en cause dans l’organisation de l’hôpital. Une fois de plus ! On a fait quatre ou cinq lois de suite et la dernière n’est toujours pas digérée. On va recommencer ? De même, remettre en cause les principes de la laïcité, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Prétendre que l’on peut tout changer à la fois, entreprendre toutes les réformes en même temps, alors que la société est si complexe, cela a un côté enfantin. Montherlant a donné à l’une de ses pièces un titre tiré de la Bible : « la ville dont le prince est un enfant ». Mais le vrai texte de l’Ecclésiaste, c’est : « malheur à la ville dont le prince est un enfant. »

Mais il redéfinit la fonction présidentielle…
Ma vision est tout autre : la fonction présidentielle, ce n’est pas s’occuper de tout, mais de l’essentiel. Ce n’est pas « je communique à tout va », mais « j’inspire confiance », c’est s’arrêter pour réfléchir, c’est se protéger et protéger le pays contre l’actionnite désordonnée. Laisser à d’autres le court terme et penser le long terme. Ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France.

Quelles sont aujourd’hui vos relations personnelles avec le Président ?
Je n’ai avec lui aucun problème personnel. Je n’en ai jamais eu. Il y a des côtés de sa personnalité qu’il m’arrive de trouver sympathiques. Il le sait, je le lui ai dit. Mais j’ai un problème politique de fond qui tient aux valeurs de son projet, et à sa manière de concevoir le pouvoir. Et une divergence sur les valeurs, c’est plus grave et plus profond qu’un désaccord sur les programmes.

Par sa parole au moins, estimez-vous que le chef de l’État provoque une rupture ?
Je juge davantage les faits que les mots. Je sais que l’on peut mettre les mots à toutes les sauces. On peut sortir des citations époustouflantes pour dire le contraire de ce qu’on fait. Camus a une phrase magnifique. Il dit : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Par exemple, à quoi bon dire « politique de civilisation » quand précisément on abandonne la civilisation face au matérialisme ambiant ? À quoi bon parler de « démocratie exemplaire » quand la réalité c’est la fin de la séparation des pouvoirs et la prise de contrôle des médias par une entente de groupes connivents ?

En matière de politique économique, reprochez-vous à Nicolas Sarkozy d’être trop libéral ou pas assez ?
Ce qui domine, c’est la confusion. Il y des annonces dans tous les sens et peu de visibilité dans sa politique économique. La vertu du libéralisme, ce sont des règles précises et rigoureuses : la séparation des pouvoirs, l’équilibre entre les pouvoirs, l’interdiction de mélanger l’État et l’économie. Aucune de ces règles n’est respectée en France. Quand il annonce qu’il va faire voter une loi pour imposer aux entreprises de distribuer aux salariés un tiers de leurs profits, c’est faire comme si les entreprises étaient toutes les mêmes ! Vous voyez Total distribuer à ses salariés 4 milliards d’Euros ? En revanche, reporter aux calendes grecques l’effort sur le déficit et sur la dette, alors qu’il pouvait y avoir un consensus national sur cette question, c’est faire une faute. Choisir la facilité sur cette question, c’est une faute qui marquera le début du quinquennat.

Quand vous l’entendez affirmer à propos du pouvoir d’achat qu’il ne peut pas « vider des caisses déjà vides », traduisez-vous que l’heure du renoncement a sonné ?
C’est simplement la revanche de la réalité face à des promesses purement et simplement intenables.

Revendiquez-vous l’étiquette de « premier opposant à Nicolas Sarkozy » ?
Ce genre de cliché ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un opposant mécanique, systématique. Simplement, je ne cède pas un pouce de terrain, quoi qu’il m’en coûte, quand je considère que l’essentiel est en jeu.

Êtes-vous à équidistance de l’UMP et du PS ?
Leur perpétuelle opposition est d’un autre temps. Regardez la crise des socialistes. Regardez la mise en scène de Blair par l’UMP. La question qui va venir, si je ne me trompe pas, est celle de la reconstruction, sur des bases saines, du modèle républicain français. Et ce jour-là, il faudra des reconstructeurs venus de tous les grands courants de la démocratie française.

Divisions à Paris, Lyon, Strasbourg… Le MoDem c’est « moins on est nombreux, plus on se dispute » ?
C’est vrai que l’arrivée de dizaines de milliers d’adhérents nouveaux, exigeants, c’est un changement de culture. Mais pour moi, c’est un bonheur. Et dans toutes ces villes, au bout du compte, nous serons présents, autonomes et rassemblés.

Si vous échouez aux municipales de Pau, arrêtez-vous la politique ?
Je n’ai pas l’intention d’échouer. Mais je n’en fais pas un test national. C’est une ville à qui on ne parle pas comme à une autre. Pour vous, c’est une ville moyenne, de province. Mais pour nous, c’est une capitale, qui a une grande histoire et je crois un grand avenir. Nous, nous la regardons avec d’autres yeux. Nous avons besoin que la ville se porte bien, qu’elle vise haut. Chez nous, il y a une fierté. La ville a eu une grande histoire d’amour avec quelqu’un qui sortait de l’ordinaire, André Labarrère. Elle sait que c’est le moment pour elle d’en commencer une autre. Mais elle veut que ce soit une autre grande histoire. Pas du banal. Vous voyez, ce n’est pas de la politique comme vous l’entendez. C’est plus humain. Et je vais y mettre, ces prochaines années, toutes mes forces.

Ségolène Royal est-elle aujourd’hui pour vous une alliée ou une rivale ?
Ma situation n’est pas facile, la sienne non plus. Je trace un chemin nouveau. Son chemin, plus classique, est barré par une crise grave. La crise du PS est dans son nom même. Imaginez-vous un responsable du PS venir à la télé et déclarer : « l’avenir de la France, c’est le socialisme ! » Si vous ne pouvez pas prononcer une telle phrase, alors vous ne pouvez plus vous appeler Parti Socialiste… Et derrière cela, il y a la question des alliances. Pour moi, je n’ai pas ce type de question : si la désillusion est à la mesure de ce que je crois, il faudra que tous les reconstructeurs se réunissent. Il faudra faire travailler ensemble des démocrates, des socialistes, des républicains, y compris de droite, par exemple des gaullistes qui sont aujourd’hui plein de doutes et de questions.

Il y a un an, vous vous apprêtiez à décoller dans la campagne présidentielle. Qu’avez-vous raté pour ne pas être au second tour ?
L’obstacle que je n’ai pas réussi à franchir, je le connais. C’est le remords du 21 avril 2002, qui pesait si fortement sur la gauche. Beaucoup d’entre eux, au fond, savaient que Ségolène Royal serait battue. Mais ils ne supportaient pas l’idée que le PS soit absent, pour la deuxième fois, du second tour. Dans l’avenir, la question se posera différemment.

Une chose que Nicolas Sarkozy vous a apprise ?
Le mouvement perpétuel. Mais pour aller où ?

De Ségolène Royal ?
Que l’image ne suffit pas.

Une chose que vous apprend Barak Obama ?
Si l’on veut offrir une alternative, il faut se tenir loin du système qu’on veut remplacer.


Propos recueillis par eric Mandonnet et Ludovic Vigogne, L'Express, semaine du 17 au 23 janvier 2008
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 15:06

Ce réquisitoire contre Sarkozy, si juste, si mesuré, est incomplet : il manque la peine que l'accusé mérite; sans doute nous laisse-t-il le soin de la fixer.

Et bravo aussi pour la citation de Camus.
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 15:12

Alain BERTIER a écrit:
il manque la peine que l'accusé mérite; sans doute nous laisse-t-il le soin de la fixer.
- Confiscation de la Rolex, remplacée par une Swatch
- Interdiction des hôtels de plus de **
- Obligation de tout payer de ses propres deniers
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 15:16

Tu me sembles bien indulgent.
Nous voulons la justice, pas une tape sur la joue!!! Twisted Evil
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 15:44

Le Tribunal Pénal International Twisted Evil (nan, j'rigole)
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: Intervention de François Bayrou   Jeu 17 Jan 2008 - 15:55

Alain BERTIER a écrit:
Tu me sembles bien indulgent.
Nous voulons la justice, pas une tape sur la joue!!! Twisted Evil
Faut relativiser : pour NS, cela revient à dormir sous les ponts...
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