Dépénalisation du droit des affaires: Dati promet un projet de loi AP | 20.02.2008 | 17:53
Le
groupe de travail sur la dépénalisation du droit des affaires a remis
officiellement mercredi son rapport au garde des Sceaux Rachida Dati,
qui avait auparavant annoncé qu'elle retiendrait la "quasi-totalité"
ces propositions attendues "pour l'économie de notre pays" et qui
trouveront leur traduction dans un projet de loi.Ce groupe,
présidé par Jean-Marie Coulon, président honoraire de la cour d'appel
de Paris, a vu le jour après l'annonce par Nicolas Sarkozy, lors de
l'université d'été du Medef, d'une réflexion sur la dépénalisation du
droit des affaires."Le socle du droit pénal des affaires" (abus
de confiance, escroquerie, faux et abus de bien social) "doit être
maintenu en l'état", préconise le rapport, estimant qu'il "constitue un
gage de la confiance légitime des citoyens dans le système économique".Le
rapport préconise 30 propositions allant de la modification de la
prescription à la suppression de certaines infractions tombées en
désuétude en passant par la substitution au droit pénal de dispositifs
civils.Les membres de la commission souhaitent une modification
de la prescription, période au-delà de laquelle les poursuites ne
peuvent plus être engagées, et de sa durée. La prescription passerait
de trois à cinq ans pour les délits passibles de moins de trois ans
d'emprisonnement, de trois à sept pour ceux punis d'au moins trois ans
et de dix à quinze ans pour les crimes.Une préconisation retenue
par Rachida Dati, qui a déclaré mercredi vouloir un "point de départ
intangible fixé à la date de commission des faits délictueux".En
matière d'abus de bien social (ABS), la prescription court actuellement
à partir de sa découverte. Le rapport souhaite qu'elle débute à la
commission des faits et pour une durée de sept ans.Une
quarantaine d'infractions tombées en désuétude seraient abandonnées. Le
délit d'initié serait plus sévèrement réprimé, passant de deux à trois
ans."La Chancellerie, parce que c'est le ministère du droit,
doit aussi contribuer à libérer les énergies. La croissance, il faut
aller la chercher. Tous les ministres sont mobilisés. Le droit peut
être un levier de la croissance", a déclaré Mme Dati lors de la remise
du rapport.Celui-ci souhaite également la création d'action de
groupe, sur le mode de la "class action" américaine, mais limitée au
droit de la consommation. "Le gouvernement examine avec attention cette
question. Nous devons être attentifs à ce que l'action de groupe ne
déstabilise pas la vie économique", a-t-elle dit.Le Syndicat de
la magistrature (SM) considère pour sa part que ce rapport va créer des
"procédures d'exception au profit de la délinquance économique et
financière". La Confédération générale des petites et moyennes
entreprises (CGPME) s'est félicitée en revanche de ces propositions
"qui devraient alléger 'l'épée de Damoclès' pesant sur le dirigeant de
PME". AP
source
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20080220.FAP7765/depenalisation_du_droit_des_affaires_dati_promet_un_pro.htmlSociété
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