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 La « nouvelle politique » internationale

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frantibus

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MessageSujet: La « nouvelle politique » internationale   Dim 7 Sep 2008 - 18:29

Bonjour à tous et bon retour de Cap Estérel !

Pour donner suite au forum « Europe et International » de l’Université d’été du MoDem, j’ouvre ce fil afin de permettre à ceux qui étaient présents de rapporter aux autres (dont je fais partie, hélas) leurs impressions, les enseignements et les idées qu’ils ont trouvées intéressantes et aussi les anecdotes, tout ce qu’ils ont pu glaner dans les commissions de l’international. Ce sera l’occasion de partager ces « souvenirs » et de prendre le temps d’aller un peu plus loin en apportant nos vues et recommandations diverses qui ne manqueront pas d’être utiles à l’élaboration des prises de position de notre mouvement.

Puisque j’étais bloqué à la maison ce week-end (pour raisons professionnelles) j’en ai profité pour étudier un peu le point de vue d’Hubert Védrine, l’un des illustres intervenants invités à Cap Estérel. J’ai trouvé que cette interview très récente donnée à Paris-Match sur la crise géorgienne reflétait et condensait très clairement la situation internationale actuelle et les nouvelles options qui s’offrent à l’Europe. Ainsi conclut-il :

« Pour les Européens [le] travail consiste à s’accorder sur une ligne ferme et dissuasive, qui ne soit pas pour autant imprudente. Afin de montrer aux Russes où sont leurs limites, sans négliger certains de leurs intérêts vitaux. Il faut trouver en somme le degré de fermeté tenable compatible avec une coopération euro-russe. Nous avons trois mois pour le faire, afin d’être en mesure de discuter en janvier 2009 sur une européenne ligne commune avec la prochaine administration américaine, quelle qu’elle soit. Et de participer ainsi à l’élaboration d’une nouvelle politique russo-américaine. Sur beaucoup de sujets internationaux, ce changement aux Etats-Unis représente une chance pour les Européens d’être enfin partenaires et acteurs et pas seulement spectateurs.»

Je trouve que la politique extérieure actuelle de Nicolas Sarkozy, certainement inspirée par les conseils que ce dernier avait demandés à Hubert Védrine, tout du moins pour le Proche et Moyen Orient et quoiqu’il soit encore tôt pour juger, ne joue pas trop mal et tend à servir cette opinion qui dit que c’est l’heure pour l’Union Européenne, en tant que telle, d’entrer dans la cour des grands. Une nouvelle force, un nouveau pole de la géopolitique alors qu’inévitablement s’estompent les influences spécifiques de chaque nation européenne.

J’émettrai toutefois quelques réserves (ou remarques) dans un prochain message.
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frantibus

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Lun 8 Sep 2008 - 11:56

L'ensemble du forum "Europe et International" se trouve là en 4 vidéos sur dailymotion:

http://www.dailymotion.com/mouvementdemocrate
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capitole



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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Lun 8 Sep 2008 - 14:42

J'ai bien peur que tout ça ne soit du que show-business une fois de plus. Védrine est quelqu'un de très respecté pour ses états de service au Quai, notamment en Afrique, mais il sait très bien que l'Europe n'a ni les moyens ni la volonté de s'unir militairement ni même sans doute autrement contre le positions russes. Les formules qu'il utilisent sont assez creuses et générales et il ne propose rien de très précis quant aux sanctions possibles ni à la méthode à employer.

Les russes ont bien appris des américains ces 20 dernières années et marchent exactement dans leurs traces en jouant, entre autres choses, sur le morcellement et les divisions de l'UE. C'est amusant de voir à quel point ils parasitent et reprennent à leur profit le travail des américains pour entraver toute velléite sérieuse d'union en Europe, après avoir profité de la montée du cours du brut pour se réarmer à vitesse grand V.

Ce n'est par ailleurs certainement pas en lisant les petits mémos que leur ont passé les diplomates américains (je caricature, d'accord, mais MEDVEDEV ne se trompe pas beaucoup en affirmant que les pays d'Europe reprennent sans aucun recul les positions américaines en Géorgie) que les représentants européens vont convaincre les russes. Quand on voit la composition de la dernière délégation présente à Moscou (Sarkozy, Barroso, etc.), on comprend que celle-ci n'a aucune chance de réussir quoi que ce soit de sérieux, sinon éventuellement une opération de communication (et encore...).

Cela étant, dans quelques mois, au pire quelques années, Sarkozy pourra frimer en racontant que les russes ont fini par retirer leurs troupes : il me semble assez clair que les russes vont faire exactement la même chose qu'en Tchétchénie il y a 2 ans, à savoir quitter le pays en prétendant qu'il s'agit d'un problème interne dont elle ne se mêle pas après avoir organisé, financé et armé un corps dévoué à sa cause qui organisera une "guerre civile", lequel, et purement par hasard, défendra les intérêts économiques et stratégiques de la Russie.

Là encore, les russes ont beaucoup appris des USA (doctrine dite du "DOG FIGHT" selon laquelle il est plus aisé et moins coûteux de contrôler un pays en organisant une guerre civile sur place et en "tenant" quelques points jugés essentiels qu'en l'occupant sur une longue durée). Encore que les USA paraissent être passés à l'étape suivant en IRAK... où l'intervention et l'occupation militaire servaient assez manifestement la préoccupation de détourner le plus d'argent public possible au profit de groupes "amis". Ou alors ils voudraient bien retirer leurs troupes mais savent qu'ils ne pourraient jamais tenir le pays sans elles (il y a sans doute de ça aussi). Les russes n'en sont pas encore là (et cela n'arrivera sans doute pas avant un bon moment).

Enfin, on verra bien.
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capitole



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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 9 Sep 2008 - 10:10

ouééé j'avais bon

ce matin Sarko est venu se gargariser dans les journaux TV de ce qu'il avait obtenu le retrait des troupes russes "sous 5 semaines".

en fait cette réunion n'a servi à rien : les russes partiront quand ils voudront et se contrefichent des promesses qu'ils ont faites comme ils se sont assis sur celles du mois d'août dernier, mais ils partiront de toutes façons parce qu'ils ne veulent pas rester.

quant aux merveilleuses avancées de notre diplomatie, il n'y en a simplement aucune : les russes ont même réussi à faire retirer la question de la reconnaissance de l'A et de l'O des sujets de la prochaine conférence de GENEVE...c'est dire s'ils tremblent.

Mais Sarko a quand même promis des sanctions pour le cas où les russes ne respecteraient pas leur engagement (selon mes sources, il enverrait la DGSE mettre du poil à gratter sur la chaise de MEDVEDEV, mais c'est à vérifier).

Pour info, les russes ont reçu la délégation de l'UE sous un immense tableau représentant le Déluge...c'est dire quelle importance ils attachent aux interventions de l'Union.
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frantibus

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 9 Sep 2008 - 11:57

capitole, j'aime le ton et le fond de ta démythification!

Les russes nous disent donc "Après nous le Déluge". Message à peine voilé, d'un humour "noyant", quand on sait l'importance donnée au décor, systématiquement calculé dans toutes les conférences et salons de rencontre. Ce ne peut être une erreur des russes, en fait un véritable pied de nez à l'Ocident.

Tu peux donner les sources quant à ce déluge?
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capitole



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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 9 Sep 2008 - 12:05

frantibus a écrit:
capitole, j'aime le ton et le fond de ta démythification!

Les russes nous disent donc "Après nous le Déluge". Message à peine voilé, d'un humour "noyant", quand on sait l'importance donnée au décor, systématiquement calculé dans toutes les conférences et salons de rencontre. Ce ne peut être une erreur des russes, en fait un véritable pied de nez à l'Ocident.

Tu peux donner les sources quant à ce déluge?

C'est dans le libé de ce matin.

Il paraît que chez les russes tout ces détails ont un sens considérable. Par exemple, il y a quelques mois on avait discuté pour un client avec un trader russe d'hydrocarbures (dont on estime que VP posséderait en fait 75 %). Ils n'étaient pas très clairs, c'est un euphémisme, et finalement on a fermé la porte assez rapidement (alors que la plupart du temps les russes sont assez carrés et sérieux en affaires ;en fait dans cette boite il n'y avait pratiquement aucun russe qui travaillait). J'ai appelé un ami russe qui m'a dit que la traduction du nom signifiait "bandit armé" ou "voleur armé" et qu'il fallait toujours être très attentif à ce genre de signes dans ce pays où les dénominations ont souvent un double sens. On peut dire qu'on n'a pas été déçus. Au moins j'ai appris quelque chose. Je pense que pour le tableau, c'est un peu pareil.
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SaPa

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 7 Oct 2008 - 9:30

La guerre globale a commencé
Michel Collon

ce que les Etats-Unis poursuivent à travers cette guerre

1. Contrôler le pétrole et le gaz d’Asie centrale.
2. Imposer leurs bases militaires au coeur de l’Asie, entre Chine et Russie.
3. Préserver la domination US sur l’Arabie Saoudite.
4. Militariser l’économie comme «solution» à la crise qui couve.
5. Briser la résistance du tiers monde et la lutte antimondialisation


Objectif n° 1 : Contrôler les routes du pétrole

Beaucoup de guerres dites «incompréhensibles» sont en réalité des guerres pour l’or noir, écrivions-nous dans notre livre Monopoly(4). Les multinationales pétrolières US et leur gouvernement entendent contrôler toutes les routes permettant d’exporter les énormes réserves de pétrole et de gaz d’Asie centrale. Nos cartes géographiques indiquaient les pays ayant le malheur de se trouver sur les routes vers l’Ouest : Tchétchénie, Géorgie, Kurdistan, mais aussi Yougoslavie et Macédoine. Autant d’ingérences, autant de guerres.
Mais ces cartes montraient aussi les menaces planant sur la route Est (vers la Chine et le Japon). D’autant que la CIA soutient activement les milices islamistes ouïgoures antichinoises du XingJiang. Ainsi que sur la route Sud puisque la multinationale US Unocal intrigue depuis longtemps pour contrôler le pipe-line à construire à travers l’Afghanistan et le Pakistan. Juteux bénéfices à la clé.
L’industrie pétrolière est omniprésente au coeur même de l’administration US. Elle a fourni tous les ministres des Affaires étrangères depuis la Seconde Guerre mondiale, à l’exception de deux. Dont l’actuel, certes : Colin Powell. Mais on ne perd pas au change puisque la famille Bush est une des principales familles pétrolières du Texas.
Et surtout parce que le véritable chef de l’administration Bush, à savoir Dick Cheney, est lui-même un poids lourd de cette industrie. Juste avant de devenir vice-président, il a été - cinq ans durant - à la tête de Halliburton. Une des principales sociétés de services à l’industrie pétrolière, présente dans plus de 130 pays et employant cent mille personnes. Chiffre d’affaires 1999 : 15 milliards de dollars. Une des 400 plus grosses multinationales du monde.
Pour arriver à de si beaux résultats, Cheney n’a pas hésité à fricoter avec la dictature en Birmanie. Et au Nigéria, ses investissements ont fortement augmenté après l’assassinat de plusieurs militants écologistes et l’écrasement des protestations populaires dans le delta du Niger. De plus, des responsables de l’administration auraient aidé Halliburton à décrocher de gros contrats en Asie et en Afrique, selon des documents du Département d’Etat tombés aux mains du Los Angeles Times.(5)
La guerre annoncée est donc arrivée. En fait, depuis plus de vingt ans, Washington manoeuvre et complote afin de s’emparer de l’Afghanistan, carrefour stratégique de l’Asie. Le but n’a pas varié, mais les méthodes si. Ce fut d’abord en armant les milices islamistes contre l’Union soviétique. La plus grosse opération CIA de tous les temps. Un diplomate US au Pakistan confiait en 1996 : «Vous ne pouvez injecter des milliards de dollars dans un Jihad anticommuniste, accepter des participants du monde entier et ignorer les conséquences. Mais nous l’avons fait. Nos objectifs n’étaient pas la paix et le bien-être en Afghanistan. Notre objectif était de tuer des communistes et de chasser les Russes.»(6)
Ainsi, les moudjahiddins de la CIA ont renversé le seul régime qui ait jamais émancipé les femmes afghanes et tenté, en dépit de graves défauts, d’apporter un peu de progrès social. Et comment ces moudjahiddins ultra-pauvres payèrent-ils les armes américaines ? En transformant leur pays – avec la bénédiction de la CIA - en premier producteur mondial d’héroïne. Ce qui entraîna la création de la très importante filière de la drogue Afghanistan – Turquie – Balkans - Europe. Avec toutes ses conséquences. Le cocktail pétrole – armes – drogue est d’ailleurs un classique de la CIA.
Après cette grande victoire de «leur» terrorisme, les Etats-Unis favorisèrent les talibans en dépit des vives critiques d’organisations de défense des droits de l’homme. Interrogée sur le sort des femmes afghanes, Madeleine Albright répondait alors : «Affaire intérieure» ! La ministre US des Affaires étrangères jouait son rôle de représentante de commerce puisqu’Unocal invitait somptueusement ces talibans au Texas. Signalons aussi qu’Henry Kissinger en personne avait assisté en 1995 à la signature de l’accord sur le pipeline, entre Unocal, son partenaire saoudien Delta et le président du Turkmenistan.
Plus tard, Unocal et donc Washington décidèrent de changer de cheval. Les talibans n’ayant pas réussi à stabiliser le pays divisé, il fallait miser sur d’autres forces pour remplacer les alliés d’hier devenus gênants. Cette guerre, décidée bien avant les attentats, n’est donc pas plus humanitaire que les précédentes.
Mais l’Afghanistan n’est pas du tout le seul pays victime de la guerre pour le pétrole et le gaz. Outre l’Irak, citons entre autres le Caucase, la Colombie, l’Algérie, le Nigéria, l’Angola... Bref, partout dans le monde où l’on trouve pétrole ou gaz, les Etats-Unis décident que cela leur appartient, ils cherchent à y installer leurs bases militaires et provoquent ou excitent les guerres qu’ils jugent utiles à leurs intérêts.
Toute personne sensée se demandera donc : les Etats-Unis ont-ils vraiment besoin de tout ce pétrole pour leurs usines et leurs voitures, en supposant même qu’on doive conserver l’actuel modèle économique absurde, gaspilleur et polluant, où le litre de pétrole, sous-payé aux producteurs, est en fait moins cher, hors taxes, que le litre d’eau ?
Non, les Etats-Unis n’ont pas besoin de tout ce pétrole. Les réserves des gisements situés aux USA sont entre trois et cinq fois supérieures à celles de l’Asie centrale. Et celles de gaz naturel dix fois.(7) Il ne s’agit donc pas d’assurer, comme le gouvernement US le dit à chaque guerre «la sécurité des approvisionnements énergétiques».
Nouvelle question donc, aussi logique : le pétrole est-il le but ultime des Etats-Unis ? Non, ce n’est pas un but en soi. C’est une arme, une possibilité de chantage. Comme nous l’écrivions également dans Monopoly ( p. 112) : «Qui veut diriger le monde doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Où qu’il soit.» Dans la guerre économique qui caractérise le capitalisme, les Etats-Unis entendent détenir un moyen de pression stratégique en contrôlant l’approvisionnement énergétique de leurs grands rivaux (Europe et Japon) et celui d’autres pays risquant de se montrer trop indépendants. Par exemple, si le pipeline allant du Caucase vers l’Ouest est russe et non turc ou macédonien, l’Europe aurait accès à un pétrole que Washington ne contrôlerait pas. Aussi, quand il s’agit d’installer des bases militaires dans certaines régions pétrolières, Washington n’est pas pressée d’y inviter ses «chers alliés».
Ceci dit, le pétrole suffit-il à expliquer cette guerre contre l’Afghanistan ? Non, il y avait davantage, d’autant que les Etats-Unis connaissaient bien la difficulté de conquérir ce pays. Les Britanniques et les Soviétiques s’y cassèrent déjà les dents.
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SaPa

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 7 Oct 2008 - 9:35

Objectif n° 2 : Imposer les bases militaires US au coeur de l’Asie

En 1997, Zbigniew Brzezinski, déjà cité, définissait l’axe - clé de la politique étrangère américaine : contrôler l’Eurasie (Europe + Asie), soit 75% de la population mondiale et 60% des richesses économiques et naturelles. Pour cela, il fallait affaiblir les rivaux potentiels : Europe, Russie, Chine. Et empêcher toute alliance entre eux.
C’est le continent asiatique qui connaît et va connaître la plus forte expansion. Et en Asie, la Chine excite particulièrement les convoitises avec son formidable marché potentiel et son exceptionnel taux de croissance de 9,8% ces vingt dernières années. Sa production a presque triplé entre 1990 et 1999. Selon certaines estimations, la part des USA dans le PIB mondial continuerait à chuter - de 50% en 1945, puis 35% dans les années 60 et actuellement 28%, elle descendrait à 10 ou 15% vers 2020 – et serait alors rattrapée par la Chine. Dont l’influence asiatique et internationale ne cesse d’augmenter
Le rêve de Washington, c’est de ramener la Chine à l’état de néo-colonie et bien sûr de liquider le socialisme. Rêve pas facile à réaliser, que ce soit par les dollars ou par les menaces. Car Pékin poursuit imperturbablement sa propre stratégie : développement accéléré tout en maintenant la coexistence pacifique avec les Etats-Unis. Cependant les dirigeants chinois ont très bien compris l’avertissement lancé en 1999 lorsque les Etats-Unis ont délibérément bombardé leur ambassade à Belgrade. En réalité, ce qui vient de commencer en Afghanistan, c’est l’encerclement stratégique de cette Chine trop rebelle et trop puissante. A l’arrière-plan de cette guerre, la Chine constitue déjà l’objectif majeur de Washington.
Mais deux autres puissances d’Asie sont également visées : la Russie et l’Iran. Certes, la nouvelle bourgeoisie russe est actuellement réduite aux seconds rôles, ses moyens d’action étant fortement limités par la catastrophe sociale et économique provoquée par la restauration capitaliste. Cependant, elle cherche à rejouer au plus vite un rôle international de poids. En combinant deux méthodes... Parfois s’allier servilement, à l’Ouest, parfois jouer sa propre carte, pour se rendre plus «nécessaire» et faire monter les enchères. Ainsi, Moscou fait du commerce ou noue des alliances avec des pays classés «voyous» par Washington : Corée du Nord, Iran, Irak, Syrie... Et Poutine s’oppose au bouclier dit anti-missiles, c’est-à-dire à la relance d’une ruineuse course aux armements.
Que veut Washington, par exemple en soutenant les milices islamistes séparatistes en Tchéchénie ? Profiter de la brève période où la Russie est dans le creux de la vague pour l’affaiblir durablement et l’empêcher de redevenir une rivale sérieuse.
La troisième puissance de cette région que Washington cherche à déstabiliser, c’est l’Iran. Après avoir organisé en 1952 le renversement du trop indépendant premier ministre iranien Mossadegh, après avoir soutenu la sanglante dictature du Chah Pahlevi, Washington encaissa une cuisante défaite dans ce pays avec la révolution islamique et anti-impérialiste de 1979. Pour l’affaiblir, elle a alors délibérément provoqué la guerre Iran – Irak (80-88). Elle a également joué la carte de l’Afghanistan pour exacerber les contradictions entre musulmans chiites (Iran) et sunnites (Arabie Saoudite, émirats du Golfe, Afghanistan, Pakistan). Dans ce pays, Washington misa sur la stratégie islamiste sunnite du général Zia qui avait éliminé physiquement le premier ministre Bhutto. C’est notamment par l’intermédiaire des services secrets pakistanais que la CIA utilisa les moudjahiddins afghans. But : affaiblir l’URSS, mais aussi l’Iran.

«Empêcher une alliance anti-hégémonique Chine – Russie – Iran»

Bien sûr, le grand principe de toute politique impérialiste reste «Diviser pour régner». Sur ce continent asiatique, voici que les Etats-Unis craignent par dessus tout, explique encore Brzezinski : «La Chine pourrait être le pilier d’une alliance anti-hégémonique Chine - Russie – Iran.»(Cool
Une telle alliance s’est ébauchée avec le «Groupe de Shanghaï», qui réunit la Chine, la Russie et quatre républiques d’Asie centrale: Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan et Ouzbekistan. Objet : coopération contre les incursions du terrorisme islamiste et collaboration économique. Une telle coopération serait bienvenue pour ces républiques, sinistrées elles aussi par la restauration du capitalisme et la destruction de l’URSS. La production industrielle du Kazakhstan et du Tadjikistan a baissé de 60%. Selon les propres experts de l’US Army, «une telle faillite économique est comparable à l’entrée en guerre du pays.»(9)
Commentaire d’un analyste australien : «Le nouveau Groupe de Schanghaï pourrait bien émerger comme une force puissante contre l’influence des Etats-Unis dans la région. D’après l’agence russe Interfax, l’Inde et le Pakistan seraient intéressées à rejoindre cette organisation.»(10) Insupportable pour les Etats-Unis, qui n’ont jamais admis, nulle part dans le monde, que s’instaure un «marché commun» qui ne leur soit pas soumis.
Un autre stratège majeur, Henry Kissinger expose la stratégie US : «Il existe des tendances, soutenues par la Chine et le Japon, à créer une zone de libre échange en Asie. Une nouvelle crise financière d’importance en Asie ou dans les démocraties industrielles accélerait certainement les efforts des pays asiatiques pour mieux contrôler leurs destinées économiques et politiques. Un bloc asiatique hostile combinant les nations les plus peuplées du monde avec de grandes ressources et certains des pays industriels les plus importants serait incompatible avec l’intérêt national américain. Pour ces raisons, l’Amérique doit maintenir une présence en Asie, et son objectif géopolitique doit être d’empêcher la transformation de l’Asie en un bloc hostile (ce qui surviendrait très probablement sous la tutelle d’une de ses grandes puissances.»(11) Bref, diviser pour régner. Car, dans la bouche de Kissinger, le mot «hostile» signifie: non soumis aux intérêts des multinationales US.
Ainsi, ce n’est nullement un hasard si les Etats-Unis interviennent en Afghanistan. Ils ont décidé d’utiliser ce pays, situé en plein coeur de l’Asie comme base pour de futures actions contre la Russie, l’Iran ou la Chine voisines. Washington est intéressée par l’ancienne base soviétique de Bagram en Afghanistan, mais – c’est plus facile - a déjà converti l’Ouzbekistan en base militaire et veut prendre le contrôle des aéroports du Turkmenistan. But : chasser les troupes russes de la région. Vraiment très utile, cette guerre. D’autant que les Etats-Unis s’attendent à des difficultés autour de leurs bases asiatiques actuelles : Corée, Taïwan, Japon…
L’installation des troupes US en Ouzbekistan a été présentée comme une mesure d’urgence décidée après les attentats. En réalité, c’est déjà en 1999 que Washington y avait envoyé ses bérets verts, accueillant aussi de nombreux officiers dans les écoles militaires US. En 1999 aussi, ce pays avait été incorporé dans une alliance militaire antirusse, le GUAM : Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Ouzbekistan et Moldavie. En fait, les Etats-Unis cherchent à établir, dans chaque région stratégique, un Etat qui sera en quelque sorte leur Israêl, leur porte-avion. Après le Kosovo et la Grande Albanie, Azerbaïdjan et Ouzbekistan sont les élus.
Dans le Caucase, Azerbaïdjan et Géorgie se sont entièrement intégrées dans la stratégie US. Par contre, les républiques pétrolières d’Asie centrale sont plus réticentes, pesant le pour et le contre d’un rapprochement économique et politique avec la Chine et la Russie. Comment les faire basculer ? Rappelons cette maxime de l’ancien ministre US James Baker : «Nous ne devons nous opposer à l’intégrisme que dans la mesure de nos intérêts.»(12)
Bientôt, si ces républiques pétrolières refusent de se soumettre, les Etats-Unis les déstabiliseront totalement en utilisant avec encore plus d’intensité les milices islamistes basées en Afghanistan. Un scénario déjà expérimenté au Kosovo : c’est juste à côté et avec l’aide de la base militaire US de Camp Bondsteel que les terroristes de l’UCK ont attaqué le sud de la Serbie fin 2000 et la Macédoine au printemps 2001. Aujourd’hui, tous les pays d’Asie centrale sont plus ou moins engagés dans une guerre contre ces milices panislamistes. Dont la principale est le Mouvement islamique de l’Ouzbekistan, entraîné à Mazer-i-Sharif, qui abrite aussi les milices actives en Tchétchénie et dans le XingJiang chinois.
Grâce à la guerre contre l’Irak, les Etats-Unis ont pu implanter des bases militaires dans le Golfe persique. Grâce à la guerre contre la Yougoslavie, ils se sont installés en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine. Cette fois, ils espèrent s’installer en Géorgie, Azerbaïdjan, Turkménistan et Ouzbekistan, tout en modernisant leur base turque d’Incirlik et celle d’Arabie Saoudite.
S’ils parviennent à conquérir une position aussi avantageuse, ils seront plus proches militairement de l’Iran, du Pakistan et de la Chine et encercleront mieux encore la Russie. Excellent point de départ aussi pour de nouvelles aventures vers le sud : Océan Indien, Indochine…

Contrôler le pétrole de la Chine

Pourquoi Unocal et les autres firmes US associées dans son consortium sont-elles si intéressées à cette route aghane du pétrole, assez risquée tout de même ? Le pétrole et le gaz d’Asie centrale sont déjà exportés vers l’Europe. Alors ? Selon Bob Todor, vice-président d’Unocal : «L’Europe occidentale est un marché difficile, caractérisé par des prix élevés pour les produits pétroliers, une population vieillissante et une concurrence accrue de la part du gaz naturel. De plus, la région est soumise à une compétition féroce.»(13)
Le marché asiatique intéresse donc davantage Unocal car, explique encore Todor, ce pipeline arriverait dans l’Océan Indien et serait bien plus proche des marchés-clés de l’Asie: «Les géants pétroliers US pourraient vendre dans des marchés en forte expansion. Les profits annoncés sont largement plus élevés que ceux du marché européen. Mais la construction ne peut commencer que si un gouvernement internationalement reconnu est formé en Afghanistan
Unocal parle des profits qu’elle espère. Mais l’administration US pense aussi au chantage qu’elle pourrait exercer sur l’économie chinoise. Pour commencer à appliquer la stratégie définie par Brzezinski et Kissinger (voir plus haut), le pétrole est l’arme rêvée. Parce que le développement continu de l’industrie chinoise augmente très fort ses besoins en pétrole et en gaz. Une fois encore, qui contrôle production et transport de ces matières, contrôle aussi l’économie de tous les pays qui en dépendent.
Pékin a vu le danger. Fin août 2000, Xia Yishan, chercheur à l’Institut de Recherche des Affaires internationales de Chine, écrit: «En raison d’une croissance économique soutenue, notre pays a dû importer de grandes quantités de pétrole ces dernières années… Alors que nous comptons investir à l’extérieur pour notre pétrole (…), le capital monopoliste international, avec l’aide de ses gouvernements, a mis la main sur les plus grands marchés de pétrole et de gaz dans le monde. Le capital monopoliste occidental lutte avce agressivité pour obtenir les ressources des pays de l’ex-URSS. A coup sûr, tous tenteront avec acharnement d’empêcher des compagnies chinoises d’obtenir ces ressources énergétiques. Nous devons formuler au plus vite notre propre stratégie : la production interne est la solution fondamentale.»(14)
Et, après les attentats, la réaction de Pékin est immédiate. Dès le 21 septembre, Zhu Xingshan, sous-directeur de l’Institut de Recherche du Centre Economique de l’Energie, tire les leçons : «Nous avions envisagé d’installer des pipelines pour augmenter notre approvisionnement à partir de l’Asie centrale et de la Russie, et nous avions déjà des accords avec la Russie. Mais, suite aux attaques du 11 septembre, nous devons modifier cette stratégie. Les attaques ont objectivement fourni un prétexte aux Etats-Unis pour entrer en Asie centrale.»(15) Et de plaider, également, pour l’établissement rapide de réserves stratégiques, pour des recherches plus poussées sur la liquéfaction du charbon «travail négligé durant de longues années au vu des coûts élevés et des dommages à l’environnement. Mais suite aux attaques du 11 septembre, nous devons changer notre façon de voir ces choses.».

Vraiment pressés de trouver Ben Laden ?

Pourquoi le chef de l’état-major britannique a-t-il déclaré, après deux semaines de bombardements, que ce conflit «pourrait durer 50 ans» ! (16) ( En fait, ils savaient depuis le début que cette guerre serait longue, mais ils ont dû attendre quelque peu avant de le dire. L’important était de déclencher la guerre en manipulant l’opinion et en forçant leurs «alliés».
Très vite aussi, le ministre US Rumsfeld s’est mis à dire que peut-être on ne trouverait pas Ben Laden. Pourquoi ?
Parce que, si vous êtes une superpuissance et que vous tenez absolument à implanter vos bases militaires en un point stratégique où elles ne sont pas tellement désirées, vous devez bien cacher votre jeu. Créer d’abord un problème en jetant de l’huile sur le feu. Et veiller à ce qu’il ne soit pas résolu de sitôt. Un précédent : les USA ont promis un Kosovo multiethnique et pacifié, mais en réalité ils ont armé et excité l’UCK afin de déstabiliser la région pour longtemps. Grâce à quoi ils ont pu y installer leur plus grande base militaire créée à l’étranger depuis la guerre du Vietnam. Washington ne veut pas d’une solution, elle veut seulement un problème. De longue durée.
Pour une superpuissance qui veut dominer et exploiter le monde, plonger délibérément les peuples dans la souffrance n’est pas un problème moral. Juste un atout dans le grand jeu stratégique. La définition de la barbarie moderne, c’est ça.
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SaPa

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 7 Oct 2008 - 9:37

Objectif n° 3 : Préserver la domination US sur l’Arabie Saoudite

Si la guerre actuelle de Bush est une guerre d’attaque pour conquérir la domination de l’or noir en Asie centrale, elle est en même temps une guerre de défense pour sauver le régime saoudien, allié décisif au Moyen-Orient. En effet, Ben Laden est saoudien comme la majorité des auteurs présumés des attentats et aussi comme la majorité des soutiens financiers à son organisation Al Qaeda. Et en tête des grands reproches de Bush à Ben Laden, figure celui-ci : «Ils veulent renverser les gouvernements existants dans de nombreux pays arabes comme l’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Jordanie
Serait-ce une grande perte pour le peuple d’Arabie Saoudite si disparaissait ce régime corrompu et tyrannique, la dernière féodalité au monde ? Il ne semble pas, même aux yeux du New York Times : «Jusqu’à présent, le flux de pétrole et d’argent saoudien a fait taire toute critique américaine sérieuse à l’encontre de la complète corruption de la famille royale, de son mépris de la démocratie et des répugnantes violations des droits de l’homme commises en son nom.»(17) En fait, il semble que seuls les Etats-Unis y perdraient, toujours selon le même journal : «Depuis des décennies, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont tiré profit de ce marché sans état d’âmes au coeur de leur relation : l’Amérique recevait le pétrole pour faire tourner son économie et l’Arabie Saoudite la protection de la puissance militaire américaine
Exact. En l’an 2000, l’Arabie a vendu plus de soixante milliards de dollars de pétrole sur les marchés mondiaux. La moitié du total du Moyen-Orient. L’intérêt pour Washington, c’est qu’au lieu de réinvestir ces pétrodollars sur place, de créer une industrie locale et un développement social, comme l’Irak avait tenté de le faire, la dynastie saoudienne les dépense dans un luxe insensé, mais surtout à Wall Street et dans les bons du trésor américain. Epongeant ainsi une part du considérable déficit US. Le Koweït et les Emirats Arabes font pareil. En outre, contrôler les cheikhs et les émirs permet à Washington de maintenir le cours du pétrole libellé en dollars et non en euros.
Tout va bien, donc ? Sauf que même une partie de ces riches contestent, reconnaît un autre grand éditorialiste US, William Pfaff : «L’Arabie Saoudite est aussi attaquée par les enfants de l’élite saoudienne, tels Mr. bin Laden (…) ennemis déclarés à la fois de l’Amérique et de leurs propres dirigeants qu’ils affirment corrompus.»(18) «L’argent des terrroristes» vient bien de là, confirme le New York Times : «Ils sont l’élite de la société saoudienne, des hommes prospères et respectés avec des investissements qui couvrent le monde entier et une réputation de générosité. Mais le gouvernement US affirme à présent qu’un des plus importantes personnalités Yasi al-Qadi et beaucoup d’autres citoyens saoudiens influents ont transféré des millions de dollars à Osama bin Laden.»(19)
Quels intérêts économiques peuvent expliquer ce conflit ? En fait, Ben Laden appartient à une riche famille d’affaires. Est-ce une bourgeoisie nationale ou seulement une autre fraction de l’aristocratie féodale ? En tout cas, il apparaît qu’elle entre à présent en contradiction avec la dynastie royale et avec les Etats-Unis. Parce que les 5.000 membres de l’élite dynastique n’ont pas créé d’industrie et bloquent le développement économique du pays en se contentant de placer mille milliards de dollars dans les banques étrangères.
Ce n’est d’ailleurs pas le seul endroit du tiers-monde où des classes dominantes, autrefois privilégiées par les USA, finissent par se heurter à leur spoliation sans limites. On l’a vu chez les «tigres» d’Asie du Sud-Est, en Corée du Sud, en Malaisie…
Mais l’Arabie Saoudite n’est-elle pas un pays où tout le monde est riche et donc sans conflits de classes ? En réalité, la forte baisse des prix du pétrole ces dernières années a entraîné celle des revenus des citoyens ordinaires. De 16.000 $ au début des années 80, le revenu annuel par tête est tombé aujourd’hui à 7.000 $. Avec une polarisation croissante entre riches et pauvres, remarquée même par le Financial Times : «Les quartiers riches de Riyad, avec leurs luxueuses boutiques au style US, contrastent fortement avec la pauvreté du sud de la ville où certaines femmes mendient dans les rues.»(20) 35% des hommes sont sans emploi. Et 95% des femmes. Il n’y a guère d’industrie pour absorber cette armée de chômeurs en expansion.
Dans cette lutte pour le pouvoir, les divers clans saoudiens utilisent la religion comme instrument. Mais aussi le ressentiment provoqué dans la jeunesse par l’oppression de la Palestine et la présence des troupes US, considérés comme des occupants. 5.000 officiellement, mais cinq fois plus selon d’autres sources. Cibles, déjà, de plusieurs attentats. Dont celui de 1996 près de Dahran (19 soldats US tués). La majorité de la population saoudienne souhaite diminuer l’emprise US sur le pays. Ben Laden fournit une expression à ce courant, renforcé encore après le 11 septembre.
Revenons à la question clé : où faut-il placer les pétrodollars ? Les pays arabes doivent-ils rester de simples pions US ou rechercher leur propre développement ? C’est exactement la même contradiction qu’avait soulevée Saddam Hussein en février 1990. Parlant devant les chefs d’Etat du Conseil de Coopération Arabe (Irak, Arabie Saoudite, Egypte et Jordanie), il avait demandé le retrait des troupes US de la région : «Si les peuples du Golfe, avec tous les Arabes, n’y veillent pas, la région du Golfe Arabe sera gouvernée par les Etats-Unis.» Et il proposait des accords régionaux de coopération économique.(21)
Le crime majeur ! Proposer que les peuples d’une région – et quelle région ! – s’organisent en fonction de leurs intérêts propres et non de ceux des multinationales US ! C’est cela évidemment qui a provoqué la terrible punition infligée à l’Irak. Washington a voulu présenter un exemple de destruction totale pour intimider à jamais toute bourgeoisie arabe tentée de suivre une voie indépendante.
Mais Washington risque-t-elle réellement de perdre sa position dominante en Arabie Saoudite ? Oui, répond un expert de l’Advanced Strategic and Political Studies de Washington : «En 1995, l’Arabie Saoudite a failli basculer dans la guerre civile, en raison d’une lutte interne de pouvoir qui ne fut guère remarquée en Occident (…) entre le prince royal Abdullah et son rival et beau-frère, le prince Sultan. Celui-ci pria l’autorité religieuse suprême, l’Ulema, de soutenir ses aspirations au trône. Mais l’Ulema refusa. Abdullah consolida alors sa position en demandant à la garde nationale bédouine d’engager de très spectaculaires manoeuvres militaires
Le conflit n’est pas terminé : «Plus longtemps Ben Laden parviendra à échapper aux bombes américaines, plus il stimulera l’esprit de résistance parmi ses partisans saoudiens. Dans cette situation, le prince héritier Abdullah (…) pourrait bien rechercher l’abdication du roi Fahd. Lui et la famille royale auront alors un choix difficile : affronter Ben Laden ou conclure un grand compromis. Il pourrait décider de mener les troupes bédouines de la Garde Nationale saoudienne dans une grande bataille contre les supporters de Ben Laden. Une grande bataille inter-wahabbite sans précédent, pratiquement une guerre civile. Ou bien il pourrait inviter l’Amérique à retirer ses forces du pays. Un tel compromis réduirait fort l’influence des membres de la famille royale considérés comme les alliés de l’Ouest.»(22)
Dilemme pour Washington aussi. Ce n’est certainement pas pour rien que Bush a fait arrêter des enquêtes du FBI qui menaient vers certains soutiens saoudiens de Ben Laden.
En fait, c’est dans l’ensemble du Moyen-Orient que Washington se trouve face à une forte contradiction : il ne veut et ne peut renoncer ni à Israël, ni à l’Arabie Saoudite. Le premier est son pion militaire majeur; en fait, c’est tout simplement une extension de l’armée US. Mais Israël ne peut se maintenir qu’en opprimant les Palestiniens et en menaçant ses voisins. D’autre part, l’Arabie Saoudite est son pion économique majeur pour conserver les revenus du pétrole dans ses propres caisses. Or les dirigeants saoudiens, comme les autres dirigeants arabes sont confrontés à la pression de la lutte du peuple palestinien. La seule véritable lutte de masse, la seule qui exclue tout compromis pourri dont sont friands les classes privilégiées, arabes et autres.
L’Intifada est le cauchemar de Washington. Et l’espoir de tous les peuples.
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SaPa

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 7 Oct 2008 - 9:40

Objectif n° 4 : Militariser l’économie comme «solution» à la crise

En dépit de certaines circonstances favorables, les crises conjoncturelles du capitalisme occidental se succèdent à intervalles de plus en plus rapprochés. En outre, plusieurs régions dites «prometteuses» se sont effondrées l’une après l’autre : les «tigres» asiatiques, la Russie, l’Amérique latine… A chaque fois, les analystes financiers ont craint que Wall Street et tout le système mondial soient entraînés dans une récession catastrophique. Beaucoup n’excluant pas une réédition du krach de 1929 et considérant avec crainte le ralentissement de l’économie, entamé fin 2000…
De toute façon, même s’il échappe au krach pour cette fois, le capitalisme occidental ne fait que retarder son problème. Puisqu’il reporte toujours davantage le poids de la crise sur le tiers monde et sur les pauvres. Mais cette «solution» crée un problème plus grand encore : comment les multinationales pourront-elles vendre à ceux qu’elles ont appauvris ? Cela s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis.
Le fossé riches – pauvres n’est pas seulement une injustice immorale; il est aussi un problème économique insoluble pour le capitalisme. D’un côté, existent des capacités de production sans précédent et sans cesse croissantes; de l’autre côté, un écart toujours plus grand entre ceux qui produisent et ceux qui devraient consommer. Neuf personnes sur dix sont aujourd’hui dans le besoin, et les programmes de la Banque Mondiale ou du FMI ne cessent d’aggraver cela. Ce n’est pas ainsi qu’on fabrique des clients qui feront tourner l’économie globale.
Avant même les attentats, l’économie US (le modèle à ce qu’il paraissait) venait de perdre un million d’emplois en un an. Et les entreprises technologiques (l’avenir de la Bourse, nous avait-on dit) étaient en chute libre.
Comment les relancer ? Pour les dirigeants US, il n’y a pas trente-six moyens. Gonfler le carnet des commandes militaires est la méthode qui a été employée à chaque fois que l’économie US était menacée de récession et qu’il fallait «sortir de la crise».
A l’époque de la guerre du Vietnam, quinze économistes US réputés écrivaient : «Il est impossible d’imaginer pour l’économie un substitut à la guerre. Aucune technique (n’est) comparable en terme d’efficacité pour maintenir un contrôle sur l’emploi, la production et la consommation. La guerre était et reste de très loin un élément essentiel à la stabilité des sociétés modernes. (Le secteur militaire) constitue le seul secteur d’importance de l’économie globale assujetti à un contrôle complet et discrétionnaire des autorités gouvernementales. La guerre, et la guerre seule, est capable de résoudre le problème des stocks.»(23)
La paix est donc l’ennemi. A la fin de son mandat, Clinton avait appelé à augmenter de 70% en six ans le budget militaire US bien qu’il dépasse déjà, à lui tout seul, celui de toutes les autres grandes puissances militaires réunies. Bush a continué dans la voie ainsi tracée avec le National Missile Defence (NMD), le super-bombardier JSF et d’autres programmes militaires.
Cette militarisation de l’économie poursuit deux objectifs. Premièrement, puisqu’il y a défaillance de la consommation privée comme moteur de l’économie, la remplacer par d’énormes programmes de commandes publiques d’armements. Il faut savoir que le «complexe militaro-industriel», comme on dit, ne se limite nullement aux seuls marchands de canons au sens traditionnel, mais englobe également les multinationales «classiques»: Ford, General Motors, Motorola, les sociétés technologiques… Deuxièmement, utiliser davantage encore la force militaire pour accaparer les richesses de la planète. Au détriment certes des peuples du tiers monde, mais aussi au détriment de ce que Washington appelle ses amis et qui sont en réalité ses rivaux dans le partage du monde.
Le «bouclier anti-missiles» (NMD) en est l’exemple parfait. D’abord, ce n’est pas un «bouclier», mais bien une arme offensive. Elle permettra aux Etats-Unis d’attaquer tous les pays qu’il leur plaira sans craindre de riposte. Ensuite, il garantit une manne de bénéfices plantureux pour le complexe militaro-industriel.
Enfin, le NMD permet aux Etats-Unis, en relançant la course aux armements, de creuser un écart plus grand encore et d’affaiblir leurs rivaux militaires potentiels : Europe, Russie, Chine. Déjà, l’Union Européenne a décidé d’emboîter le pas en créant une industrie militaire unifiée et en augmentant les budgets en vue de l’Euro-Armée.
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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 7 Oct 2008 - 12:25

Afin d'enrichir le Débat , il est préférable de se baser sur l'analyse critique d'Experts en Géopolitique ,
Ce qui nous permet d'aller à l'Essentiel..
Quelle est notre place dans ce Conflit ?..
Et pour ma part ,La question que je me pose ..
Comment en sortir ?..
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juju41

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MessageSujet: Re: La « nouvelle politique » internationale   Mar 7 Oct 2008 - 12:39

je te conseille d'aller sur Quindi d'ArnaudH ( Modem) expert en géopolitique...

http://www.quindiblog.eu/log/politique_asie_centrale_du_sud/
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