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 Analyse : La tentation inflationniste,

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juju41

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MessageSujet: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 24 Juin 2008 - 8:26

contreinfo

Mis à Jour le : 23 juin 2008 13:22
Analyse : La tentation inflationniste, par Doug Noland
23 juin 2008Les USA jouissaient jusqu’à présent d’un privilège unique. Lorsque leur économie ralentissait, la Fed pouvait « reflater » en baissant les taux, soutenant du même coup la consommation et le prix des actifs, sans avoir à craindre une dévaluation de la monnaie US. Et comme dans toutes les économies développées, la spirale inflationniste prix -salaires appartenait au passé en raison de la précarité et des menaces de délocalisations qui dissuadent les revendications salariales, et de la pression déflationniste exercée par les importations en provenance des pays où le travail est à bas coût. Le soi disant sorcier Greenspan a utilisé deux fois cette potion magique, avec pour résultat la bulle Internet puis celle de l’immobilier, tout en aggravant le creusement des déficits. Confrontés aujourd’hui au crédit crunch et à sa spirale déflationniste, les USA ont à nouveau mis en oeuvre leur recette favorite sans aucune retenue. Mais cette fois-ci l’inflation est au rendez vous. La montagne de dollars détenue à l’étranger en contrepartie des déficits US et alimentée par le crédit -dont les taux réels ont été négatifs durant plusieurs années- a enclenché un mécanisme inflationniste mondial, que Bernanke ne maîtrise pas, soutenu par la demande des pays émergents et par la recherche d’investissements défensifs dans les matières premières pour contrer le dérapage du dollar. L’économie US est aujourd’hui prise en tenaille entre le ralentissement d’activité, la déflation des actifs et le choc inflationniste mondial de l’énergie et de la zone dollar. Dans ce contexte, succomber à la tentation récurrente de la reflation pour « effacer les ardoises » serait un remède pire que le mal, juge Doug Noland.


par Doug Noland, Prudent Bear, 20 juin 2008

« Le fait essentiel désormais c’est que l’économie américaine a besoin d’un taux d’inflation qui soit au-dessus de la zone de confort de la Fed. » Paul McCulley, « A Kind Word for inflation », Juin 16, 2008

McCulley prêche en faveur de l’inflation depuis des années, et plus les failles de son système deviennent évidentes, plus il devient créatif dans ses sermons. Il est devenu si habile à ce jeu que beaucoup pourraient effectivement adopter cette logique séduisante et délétère.

En fait, si je lis correctement McCulley, il soutient qu’en raison d’un « choc sur le commerce international » inattendu provoqué par l’envol rapide des prix de l’énergie, la Fed doit décider d’un taux d’intérêt réel négatif pour éviter une nouvelle « dépression des temps modernes. »

Je vais continuer à défendre la thèse que les taux ridiculement bas font partie du problème et non pas de la solution.

Dans la période 2001/2002, les inflationnistes ont voulu « monétiser » les dégâts de la bulle Internet via l’inflation des crédits hypothécaires. Comme souvent par le passé, cette inflation est devenue incontrôlable. Aujourd’hui, face aux dommages de l’éclatement de cette nouvelle bulle, qui ont un impact beaucoup plus généralisé dans la finance et l’économie, les partisans de l’inflation plaident pour un remède consistant en une hausse généralisée des prix à la consommation afin de soutenir le prix des actifs et éviter à l’économie réelle de sombrer dans une spirale déflationniste.

On pourrait écrire un livre entier pour expliquer pourquoi les partisans de l’inflation se trompent si lourdement. Je me limiterai à un bref résumé.

la suite ici
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2092
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 24 Juin 2008 - 14:24

je vais pas écire des pages mais personnellement, je crois que la meilleure réponse à la crise qui s'annonce passe par un soutien aux revendications salariales. Si on suit les grandes institutions financières dans leurs recommandations, nous allons droit dans le mur. Il est économiquement absurde de faire supporter aux seuls ménages une baisse de leur pouvoir d'achat au non d'un risque inflationniste (dont d'ailleurs, il serait bon d'analyser l'origine avant de la condamner). J'ajouterai que je trouve particulièrement hypocrite de crier au retour de l'inflation quand on a laissé faire le crédit facile, à l'origine de l'inflation sur les actifs immobiliers et de la crise des subprimes. Il y aurait dans ce monde une inflation inacceptable quand elle remet en cause le partage de la valeur ajoutée en faveur des salariés et une inflation tolérée quand elle sert augmenter la valeur du patrimoine immobilier et financier des rentiers. Effectivement, nous avons un problème. Mais ce problème vient d'un mode de croissance basé sur l'endettement et la désépargne des ménages en guise de substitut à l'augmentation de leurs revenus. Il serait temps de retourner à un mode de croissance normal, et ça passe certainement pas par l'apauvrissement des ménages, au contraire.........
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juju41

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mer 25 Juin 2008 - 21:14

Mis à Jour le : 25 juin 2008 18:27
Au commencement étaient les déficits US, par Martin Wolf
25 juin 2008

« Ce que à quoi nous assistons est donc le début d’une inflation mondiale. Et la Banque Centrale disposant de la plus grande influence sur la politique monétaire mondiale doit faire face à la situation née de l’éclatement de la bulle du crédit. Situation aggravée par la montée en flèche des prix de l’énergie qui résultent de la forte croissance de l’économie mondiale. » Le diagnostic peut varier, tout comme le détail du schéma explicatif, mais nombreux sont les économistes qui identifient les déficits US comme la cause première et profonde des désordres économiques et financiers mondiaux auquels nous assistons, et qui sont maintenant accompagnés par la menace d’une inflation mondiale galopante. Analyse de Martin Wolf.


Par Martin Wolf, Financial Times, 17 juin 2008


la suite ici

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2099
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mer 25 Juin 2008 - 21:52

Y a pas beaucoup de différence, seulement un rappel sur le mode de croissance de la Chine. La Chine exporte les biens qu'elle fabrique aux américains. Les américains obtiennent les crédits pour consommer les biens chinois auprès des mêmes chinois qui y touvent là un moyen de recycler leur excédent d'épargne lié à leurs excédents commerciaux. La boucle est bouclée.
Il est évident que la Fed est dans une impasse. Cependant, ça ne veut pas dire qu'il n'existe pas d'autres leviers pour agir.
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mconstant



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Dim 6 Juil 2008 - 18:30

Gribouille,

Je suis entièrement d'accord sur ce que tu dis.
Dans son texte, Doug Noland, dit qu'on pourrait écrire des livres pour montrer que l'inflation est mauvaise. Je pense en effet que les ploutocrates ultralibéraux vont écrire beaucoup pour défendre leur monnaie prédatrice et le système de création monétaire actuel qui leur donne le privilège de la création monétaire.

Dans son texte, Doug Noland se trompe quand il affirme que « les liquidités aiment l’inflation ». En fait, ce sont les emprunteurs de liquidités qui aiment l'inflation car, en les plaçant le plus vite possible, ils sont assurés de faire de gros profits. Il serait étonnant que les liquidités aiment se déprécier !

Le système de création monétaire par l'emprunt, comme le constatent les monétaristes qui se basent sur les faits, est pro-cyclique, c'est-à-dire qu’il a tendance à accentuer les bulles comme les crises. En cela il est foncièrement mauvais.

Son autre caractéristique, que la BCE applique rigoureusement contrairement à la FED, est qu'il ne doit créer de la monnaie que pour le secteur privé solvable.

Autrement dit, nos systèmes monétaires ont transféré le privilège de création monétaire aux riches.

La finance internationale est ultralibérale, pour elle, chacun doit agir en fonction de ce qui lui rapporte le plus, sans tenir compte de l'intérêt général.

Or, comme le dit François Morin, professeur de sciences économiques à l'université de Toulouse 1, ancien membre du Conseil général de la Banque de France et du Conseil d'analyse économique (dans : Le nouveau mur de l'argent), «… ; les banquiers centraux ne sont plus en capacité d'influencer l'évolution des taux à long terme. Pire, leur politique d'alimentation monétaire des marchés financiers (financement des bulles à crédit, perfusions monétaires après leur éclatement) se met au service des intérêts directs de la finance libéralisée.
Bref, il n'y a pratiquement plus de régulation de ces grands marchés, sauf à dire que des pouvoirs privés sont maintenant au poste de commande. »

En bref, le système de création monétaire actuel finance sans limite la spéculation mais ne finance pas l'emploi et la répartition des richesses en fonction de la justice sociale.

J'espère que cette crise nous permettra d'en changer.

Il faut un système de création monétaire qui finance avec des taux d'intérêt réels négatifs ce qu’il est indispensable et urgent à faire pour la société et pour l'emploi (qui est à la base de la véritable création de richesses), et qu’il applique des taux réels très positifs à l'argent destiné à la spéculation, ou pour faire d'énormes bénéfices sur des prêts à taux usuraire aux personnes en difficulté.

Une telle gestion monétaire ne peut être effectuée que sous la responsabilité d’autorités politiques représentant le peuple en démocratie (Il serait temps d'y revenir !).

Il faut changer la mission de la BCE, et aussi ses statuts, car la politique monétaire ne doit pas être conçue et dirigée par les banquiers centraux, ceux-ci doivent se contenter de l'appliquer.

Les responsables politiques de l’Euroland peuvent, comme les Indiens et les Chinois, prendre leurs distances avec la liberté absolue des changes en vigueur actuellement. Celle-ci empêche tout contrôle monétaire efficace par les banques centrales.

Un grand danger nous guette.

Le choix de plus en plus probable par les détenteurs des grandes masses monétaires mondiales (Chinois, Nations pétrolières, et même fonds américains….) de transférer massivement leurs réserves monétaires de dollars en euros, comme le souhaite la BCE, serait une catastrophe pour nous.

En effet, un tel choix se traduirait par l'accumulation par la BCE d'énormes réserves de dollars échangés contre des euros.

Le dollar n'étant plus recherché comme monnaie de réserve chuterait probablement rapidement de 30 à 50 %, et ce sont les citoyens de l'Euroland qui paieraient une grande partie des immenses déficits accumulés par les Américains.

Il est temps que nos responsables politiques nous préservent de l'orgueil des Banquiers centraux à qui nous avons imprudemment confié notre politique monétaire.

Conclusion

Une politique monétaire inflationniste bien menée, et annoncée d'avance, avec indexation des bas revenus, est un extrêmement puissant levier de développement durable et de justice sociale, alors qu'une inflation niée, et accompagnée de mesures récessives pour lutter contre elle, ne peut que conduire à la catastrophe. (Pour plus d'explications, voir mon intervention : La monnaie franche existe, mais elle est mal utilisée.)
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Dim 6 Juil 2008 - 20:00



La sottise du jour

Citation :


Le choix de plus en plus probable par les détenteurs des grandes masses monétaires mondiales (Chinois, Nations pétrolières, et même fonds américains….) de transférer massivement leurs réserves monétaires de dollars en euros, comme le souhaite la BCE, serait une catastrophe pour nous.

En effet, un tel choix se traduirait par l'accumulation par la BCE d'énormes réserves de dollars échangés contre des euros.

Le dollar n'étant plus recherché comme monnaie de réserve chuterait probablement rapidement de 30 à 50 %, et ce sont les citoyens de l'Euroland qui paieraient une grande partie des immenses déficits accumulés par les Américains.






Voyons comment ce désastre va se produire :

- supposons que la Chine décide de se séparer de 1000 milliards de $ ; elle ne les présentera pas à la BCE pour les échanger contre 645 milliard d’Euros, la valeur des 1000 milliards de $ maintenant détenus par le BCE ne représentant plus désormais que 450 milliards ou 320 milliards d’Euros selon que la baisse du $ aura été de 30 ou de 50% ; car ce n’est pas ainsi que les choses se passent dans le monde réel ;

- ce qui se passerait (conditionnel) si les Chinois n’étaient pas les Chinois (mais des naufragés sur une île déserte par exemple), c’est que les 1000 milliards de $ seraient présentés sur le marché des changes pour trouver un acquéreur, et que cet acquéreur, si on le trouve, offrira un prix que nul ne peut prévoir aujourd’hui mais sans doute catastrophiquement bas, et qu’à l’instant où cette transaction se ferait, 1. les Chinois auraient perdu plus de la moitié des 1000 milliards de $ ; 2. l’économie mondiale s’effondrerait car il y a partout des balances dollar parfois considérables ; 3. or il n’est pas dans l’intérêt des Chinois, ni de personne, de déclencher un effondrement de l’économie mondiale.



La seule chose qui soit certaine sur cette question c’est que s’il existait une sortie possible du dollar, elle aurait été utilisée depuis longtemps, mais jusqu’à ce jour, ce n’est pas le cas. Par ailleurs, suspecter la BCE de souhaiter le « transfert massif des réserves monétaires en dollar vers l’Euro », est le signe d’un désordre qui n’est pas monétaire.

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mconstant



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Lun 7 Juil 2008 - 3:09

Citation
"La seule chose qui soit certaine sur cette question c’est que s’il existait une sortie possible du dollar, elle aurait été utilisée depuis longtemps, mais jusqu’à ce jour, ce n’est pas le cas. Par ailleurs, suspecter la BCE de souhaiter le « transfert massif des réserves monétaires en dollar vers l’Euro », est le signe d’un désordre qui n’est pas monétaire."

Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Comme je l'ai déjà dit, le dollar fait le grand écart entre :

Ø sa valeur de monnaie d'échanges pour laquelle il est très sous-évalué,

Ø et sa valeur intrinsèque correspondant à la capacité qu'ont les États-Unis d'échanger tous les dollars qu'ils sont mis en circulation contre des biens réels ou d'autres monnaies.

Le dollar est en équilibre extrêmement instable entre ces deux valeurs totalement opposées

Comme le fait remarquer Alain, les possesseurs de dollars ou de valeurs liées au dollar, ont tout intérêt à ce que le dollar ne se déprécie pas.

Il en était de même de tous les possesseurs de créances « subprimes » classées AAA+ par les agences de notation la veille de la crise.
Ce qui s'est produit pour elle peut à tout moment se produire pour le dollar.

Dans un premier temps, les Banques centrales défendront sa valeur d'échange. Il serait étonnant, qu’alors, la Banque centrale européenne n'en accumule pas une grande quantité pour voir l'euro acquérir le statut, éminent mais empoisonné, de principale monnaie de réserve.

Quand une entreprise a de très nombreux débiteurs insolvables, elle est tentée de l'ignorer car cela affecterait lourdement son bilan, ce qui pourrait la rendre insolvable elle-même.

Il suffit que, suite à des difficultés de paiement, elle soit contrôlée de près pour être mise en faillite.

Il suffit donc qu’un important possesseur de dollars veuille s'en débarrasser le premier, pour déclencher la panique et que la valorisation du dollar rejoigne rapidement sa valeur intrinsèque qui est infiniment plus faible que l'actuelle.

C'est comme l'explosion d'AZF à Toulouse ; tout le monde savait que cela pourrait se produire mais personne ne voulait y croire. Elle s'est pourtant produite.
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Lun 7 Juil 2008 - 13:34



Citation :


Dans un premier temps, les Banques centrales défendront sa valeur d'échange. Il serait étonnant, qu’alors, la Banque centrale européenne n'en accumule pas une grande quantité pour voir l'euro acquérir le statut, éminent mais empoisonné, de principale monnaie de réserve.



Il suffit donc qu’un important possesseur de dollars veuille s'en débarrasser le premier, pour déclencher la panique et que la valorisation du dollar rejoigne rapidement sa valeur intrinsèque qui est infiniment plus faible que l'actuelle.



Je n’ai aucune envie de discuter encore avec un interlocuteur qui nie l’existence du marché des change sur lequel se passeraient toutes les opérations dont il parle, mais je crains qu’un visiteur puisse croire, si je ne contredis pas ces énormités, qu’elles font partie de la compréhension que le MoDem a du monde où nous vivons.

1. Les banques centrales ne défendront pas la valeur du dollar puisque la FED ne l’a pas défendue.

2. Le voudraient-elles (par exemple si elles étaient entre les mains d’émules de mconstant), qu’elles n’en auraient pas les moyens : la BCE n’a pas plus de 50 milliards d’euros de réserves, ce qui ne permettrait évidemment pas de lutter contre une attaque sur le dollar, et la Banque Centrale de Chine a des réserves immenses, mais principalement en dollar, ce qui ne permet pas non plus de procéder à une défense de la même monnaie.

3. Il n’y a pas de « statut » de monnaie de réserve ; une monnaie le devient quand les autres banques centrales considèrent qu’elle le mérite ; la BCE n’a pas de plan dans ce domaine, et il est permis de penser qu’elle trouve que cela arrive trop tôt, car elle est déjà monnaie de réserve.

4. La vente d’ « un important possesseur de dollar », si elle doit se faire, se fera sur le marché, sans intervention des banques centrales.
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mconstant



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Lun 7 Juil 2008 - 18:51

Alain,

Tu as raison
,

Je n'aurai pas dû employer le terme de « statut » à propos de monnaie de réserve, parce que cela pourrait faire penser qu'il existe un statut officiel en la matière.
J'aurais mieux fait d'employer l'un des termes suivants : rang, position, situation, etc… de première monnaie de réserve.

Par contre

J'aimerais que tu m'expliques comment Jean-Claude Trichet a pu proposer, du jour au lendemain, 340 milliards aux fonds internationaux en difficulté dans la crise des « subprimes ».

Il a dû demander, en garantie, des avoirs (peut-être pourris) probablement majoritairement libellés en dollars.

À l'époque, un économiste, dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom, s'en est inquiété sur radio BFM.

De toutes manières, un des rôles des banques centrales est le convertir les monnaies étrangères en monnaie locale pour permettre les transactions.

La BCE, comme je le crains, peut très bien, à la demande, créer autant d'euros qu'elle veut, pour les échanger contre des dollars qu'on lui apporte, ceux-ci lui servant de garantie.
Cela pourrait très bien se produire si les exportateurs de pétrole ou d'autres produits, comme les Chinois, demandent à être payés en euros.

Contrairement à ce que tu dis les Banques centrales se sont fréquemment concertées pour lutter contre les spéculations sur les monnaies. Ce qui est inquiétant, c'est qu'elles semblent de moins en moins capable de le faire efficacement, comme le dit François Morin.

Le peuple et le gouvernement américain ont intérêt à avoir une inflation suffisante pour se désendetter, mais la Fed défendra certainement le dollar jusqu'aux présidentielles, car la campagne a besoin d'argent. Il ne faut pas nuire à ses financiers.
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 8 Juil 2008 - 8:04

Le rapport annuel pour 2007 de la BCE (intéressant document pour toute personne désirant comprendre comment fonctionne la BCE et l’Euro, et plus généralement la monnaie) dans son chapitre 2 Les opérations et les activités de banque centrale, pages 104 à 140, décrit les opérations de refinancement pratiquées « dans le contexte de volatilité des marchés financiers » et parmi celles-ci les « mesures spécifiques adoptées en fin d’année ». Voici la description qu’en fait la BCE :

« Les banques sont habituellement moins enclines à accorder des prêts sur le marché monétaire au cours des dernières semaines de l’année, en raison de préoccupations bilancielles. Ce phénomène bien connu promettait d’être particulièrement manifeste en 2007. Dans un communiqué de presse diffusé le 30 novembre, la BCE a dès lors annoncé l’adoption de mesures spécifiques afin d’atténuer les tensions au cours de cette période. L’échéance de l’opération principale de refinancement du 18 décembre a été exceptionnellement étendue d’une à deux semaines, de sorte que les banques puissent couvrir leur besoin de refinancement pour Noël et la fin de l’année préalablement à cette période difficile. Le 17 décembre, la BCE a également indiqué, via les réseaux d’information financière, que, dans le cadre de cette opération principale de refinancement d’une durée de deux semaines, elle s’écarterait de la procédure d’adjudication habituelle et satisferait toutes les offres égales ou supérieures au taux moyen pondéré de l’opération principale de refinancement précédente, lequel était de 4,21 %. Cette décision a principalement été motivée par la crainte de voir les taux de soumission atteindre des niveaux indésirables en raison des besoins de refinancement. Par conséquent, la BCE a alloué 348,6 milliards d’euros, soit 168,1 milliards de plus que le montant de référence. Une telle abondance de liquidité a exercé une pression à la baisse sur le taux au jour le jour. Afin d’atténuer cette pression, la BCE a mené plusieurs opérations de réglage fin de retrait de liquidité. La dernière d’entre elles est intervenue le 3 janvier, c’est-à-dire le jour précédant le règlement de la première opération principale de refinancement en 2008. En moyenne, la BCE a prélevé 143,8 milliards d’euros par jour par le biais d’opérations de réglage fin. … »



Voilà donc comment la BCE (et non J-C. Trichet) a proposé aux banques européennes de la zone Euro (et non aux fonds internationaux) 168 milliards d’Euros de plus que la norme et pour une semaine de plus qu’à l’habitude, ce qui n’est pas le cadeau qu’on voudrait nous faire croire.

Si l’on voulait vraiment poser une question sensée sur cette affaire, on pourrait par exemple demander à la BCE le montant non remboursé le 3 janvier2008.
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juju41

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 8 Juil 2008 - 8:53

Mis à Jour le : 7 juillet 2008 23:39
Le match Sarkozy - Trichet... et nous, et nous, et nous... par Paul Jorion
7 juillet 2008« Qu’on retire donc aux banques centrales le droit de manipuler les taux d’intérêts et il en découlera deux conséquences, toutes deux merveilleuses : une question qui relève de l’économie, comme le niveau des taux d’intérêt, sera à nouveau réglée par l’économie, et une question qui relève du politique comme le niveau des salaires, sera à nouveau réglée par le politique. » Paul Jorion prend le contrepied des thèses consensuelles sur la politique monétaire.


Par Paul Jorion, 6 juillet 2008




Le taux directeur de la BCE aurait-il dû rester 4 % ou bien une hausse à 4,25 % était-elle inévitable ?

Sarkozy dit : j’ai un mandat, « je suis légitime, en tant que Président de la République française », et je me demande « s’il est raisonnable de porter les taux européens à 4,25, alors que les Américains ont des taux à 2 % ». Bonne question : l’écart devient significatif et avec un tel handicap, les économies européennes auront du mal à concurrencer l’économie américaine.

Trichet répond : « J’ai dit que nous avions un mandat qui nous a été donné par les démocraties européennes, que ce mandat est la stabilité des prix ». Oui, sans doute, la stabilité des prix, mais par quel mécanisme ? La réponse a été offerte hier à Claire Gatinois du Monde par Gilles Moëc, économiste chez Bank of America, et comme je ne pourrais pas le dire mieux qu’il ne l’a fait lui-même, je me contenterai donc de le citer :

La BCE a donné un signal, elle a montré aux syndicats que d’éventuelles revendications salariales ne serviraient à rien. Que dans ce cas elle relèverait encore les taux annulant les effets de hausse des salaires. Pour la BCE, les salariés doivent maintenant accepter une baisse de leurs revenus pour éviter que des gains salariaux aujourd’hui ne pénalisent l’emploi demain. C’est une course entre modération salariale et marché de l’emploi.

Le mécanisme qui fait que la hausse du taux directeur de la BCE assurera la stabilité des prix, c’est donc en ôtant la voix aux salariés.

Sarkozy a un mandat qui lui faire dire « taux plus faible » et Trichet a un mandat qui lui fait dire « taux plus élevé », alors que faire ?

Ce qu’il faudrait faire, c’est mettre les points sur les « i » et remettre en question pour de bon le fait que le niveau des salaires, tout comme le niveau des taux à court terme lui-même d’ailleurs, soit déterminé par des manipulations opérées par les banques centrales. Et je fais ici aussitôt une pause pour préciser que je ne dis pas cela parce que ce sont essentiellement des banquiers qu’on trouve dans les banques centrales, non, cela n’a aucune importance : ce que je dis vaut tout aussi bien pour tout comité d’experts qui déciderait de la question ; ce que je dis, c’est que les taux à court terme ne devraient pas être manipulés par qui que ce soit, et en particulier, pas pour résoudre de manière hypocrite des questions politiques, comme le rapport de forces existant entre patrons et salariés.

la suite ici
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2123
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 8 Juil 2008 - 9:33

Je crains que sur les taux d'intérêt M. Jaurion nourrisse quelques idées simples mais fausses, comme la confusion entre les dividendes qui dépendent de l'état de l'économie et les taux d'intérêt qui dépendent de l'offre de capitaux et de la demande de capitaux. Cela est en outre sévèrement contredit par les taux d'intérêt américains qui n'ont jamais été aussi bas que pendant les récentes années de prospérités qui faisaient l'admiration de M. Sarkozy et consorts.
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 8 Juil 2008 - 18:49

My godness !
Si on devait expliquer la politique de la BCE aux enfants, il faudrait commencer par dire que Trichet est un peu comme le pape. Il n'a ni avions, ni tanks, ni bateaux pour régler les affaires du monde.
A l'instar du pape, son pouvoir est d'ordre sprirituel. Et comme le pape, il n'a de pouvoir que sur ceux qui croient en sa parole comme gardien d'une doctrine, d'une religion, qu'on appelle le "Monétarisme".
Au delà de la plaisanterie, l'impact macroéconomique d'une variation du taux directeur de la BCE est nul sur la croissance. On mesure effectivement, un petit effet transitoire pendant un ou deux trimestres, probablement parce qu'il y a des gens comme notre président qui le prennent au sérieux. Mais au delà d'un effet placebo qui ne dure pas, la manipulation des taux est un peu comme une pilule sans substance active.
La BCE lance sa quête avec le soutien des institutions financières publiques et privées contre l'inflation. Elle explique aux petites gens supersticieux, étrangers aux problèmes économiques, que l'inflation est le mal absolu d'après le grand livre du monétarisme, plus proche en vérité du dogme que de l'Economie.
Elle ajoute qu'elle n'hésitera pas à brandir son épée si on devait céder aux sirènes en faveur des revendications salariales.
La vérité est que le roi est nu, son épée est fait de bois, et surtout, à l'image de l'église avant la réforme, sa politique anti-inflationniste ne se fonde que sur l'intérêt des banquiers qu'elle defend.
Ces institutions financières, sont un peu ces cardinaux corrompus et dévoyés d'un temps aujourd'hui révolu, plus inquiets par la dévalorisation de leurs actifs financiers que pourrait provoquer l'inflation, que par la récession qui pourrait frapper les plus faibles.
Mais ces nouveaux cardinaux savent au fond d'eux-mêmes, que le pire serait de ne plus croire en eux.
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liberspirita

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 8 Juil 2008 - 20:16

Il faut aussi arrêter de croire que l'acceptation de l'inflation serait envisageable.
L'inflation est une gangrêne infernale dont les premières victimes sont les plus démunis.
Je soutiens de toutes mes forces une BCE indépendante des Etats, dont la mission unique est de lutter contre l'inflation
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mar 8 Juil 2008 - 21:50

Leçon bien apprise ! mais où étiez-vous quand Greenspan a amorcé la pompe du crédit facile pour contrer le risque de récession économique lié à l'éclatement de la bulle Internet ?, où étiez-vous cette automne quand son successeur Bernanke balançait des billions de dollars de pure création monétaire pour sauver le système bancaire d'un risque systèmique ? Comme, je le disais plus haut, il y a une inflation acceptable quand elle sert à gonfler le prix des actifs financiers, une inflation inaceptable quand elle porte sur les prix à la consommation. L'une favorise les rentiers en apauvrissant les salariés, et vice versa. Il est étrange que la rigueur de la banque centrale ne porte que sur les salariés, il est aussi étrange alors que, depuis sa création, la BCE ne cesse de mener des politiques dites "préventives" contre l'inflation que l'année 2008 s'annonce avec une inflation de 4%.
Qui peut encore croire en son efficacité, et par dessus tout en sa neutralité en matière économique ? l'indépendance des banques centrales est certes un progrès mais ça n'empêche pas que leur grille d'analyse rappelle plus la médecine du temps de molière que les temps modernes. On doit convenir que la BCE manie les taux comme on pratiquait la saignée dans le passé pour tout et n'importe quoi.
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mer 9 Juil 2008 - 19:52

Je crois qu'il est bon que j'apporte des précisions supplémentaires à mes propos par le biais de 3 questions :

1/ La fed du temps de Greenspan est à l'origine du crédit facile qui a donné la bulle immobilière et la crise des subprimes.
Serait-ce le rôle d'une banque centrale de créer des bulles financières ?

2/ On a vu dernièrement en Angleterre et aux EU des banques centrales venir au secours de banques privées qui avaient pris des risques inconsidérés pour les sortir d'une faillite inéluctable.
Serait-ce le rôle d'une banque centrale de socialiser les pertes de banques commerciales dans le cadre d'une économie libéralisée pour créer un dangereux précédent et une incitation dans l'avenir à commettre les mêmes erreurs ?

3/ On voit la BCE s'immiscer dans les rapports sociaux en faisant pression pour une modération salariale en utilisant la menace.
Serait-ce le rôle d'un banque centrale de chercher à modifier le rapport de force entre les salariés et leurs employeurs ?

En conclusion, Je trouve particulièrement malvenu d'utiliser une grille de lecture libérale pour qualifier le travail des banques centrales.
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liberspirita

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mer 9 Juil 2008 - 20:45

Gribouille a écrit:
Je crois qu'il est bon que j'apporte des précisions supplémentaires à mes propos par le biais de 3 questions :

1/ La fed du temps de Greenspan est à l'origine du crédit facile qui a donné la bulle immobilière et la crise des subprimes.
Serait-ce le rôle d'une banque centrale de créer des bulles financières ?

2/ On a vu dernièrement en Angleterre et aux EU des banques centrales venir au secours de banques privées qui avaient pris des risques inconsidérés pour les sortir d'une faillite inéluctable.
Serait-ce le rôle d'une banque centrale de socialiser les pertes de banques commerciales dans le cadre d'une économie libéralisée pour créer un dangereux précédent et une incitation dans l'avenir à commettre les mêmes erreurs ?

3/ On voit la BCE s'immiscer dans les rapports sociaux en faisant pression pour une modération salariale en utilisant la menace.
Serait-ce le rôle d'un banque centrale de chercher à modifier le rapport de force entre les salariés et leurs employeurs ?

En conclusion, Je trouve particulièrement malvenu d'utiliser une grille de lecture libérale pour qualifier le travail des banques centrales.

La première question, c'est ton avis. Je respecte, je doute, et je ne sais pas.

A la deuxième, évidemment non ce n'est pas le rôle d'une banque centrale. Et c'est encore moins libéral.

A la troisième, c'est un avis personnel plus qu'une analyse. Le rôle des banques centrales est de combattre l'inflation, et à ce titre elles ont le droit d'émettre des avis, des conseils.
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Mer 9 Juil 2008 - 22:02

Gribouille a écrit:

...
2/ On a vu dernièrement en Angleterre et aux EU des banques centrales venir au secours de banques privées qui avaient pris des risques inconsidérés pour les sortir d'une faillite inéluctable.
Serait-ce le rôle d'une banque centrale de socialiser les pertes de banques commerciales dans le cadre d'une économie libéralisée pour créer un dangereux précédent et une incitation dans l'avenir à commettre les mêmes erreurs ?
...

Si le choix était entre "socialiser les pertes" et ne rien faire, tout le monde serait d'accord pour choisir de ne rien faire. Malheureusement la seconde option est "si nous ne faisons rien, le risque est de laisser le système financier s'effondrer". Et on doit alors faire un vrai choix car la perspective d'un effondrement systémique est terrifiante. Ce dilemme est connu, et je n'ai pas encore entendu quelqu'un opter pour sa deuxième branche.
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 8:52

A liberspirita,
au troisième point, je ne dénie pas à une banque centrale de donner son opinion surtout quand on sait l'importance de la boucle prix-salaires sur la formation de l'inflation. Cependant, on sait que la poussée d'inflationniste actuelle est la conséquence directe d'une augmentation des prix des matières premières pas des salaires.
Quand on regarde maintenant la question des salaires de manière plus pointue. Deux points réfutent l'analyse actuelle de la BCE sur un plan de pilotage macroéconomique :
1/ Le premier repose sur la partage de la valeur ajoutée qui est aujourd'hui trés déséquilibrée en faveur des profits. Si je reprends Picketty, le partage de la valeur ajoutée (2/3 pour les salaires et 1/3 pour les profits) est sur le long terme stable depuis qu'on sait le mesurer (plus d'un siècle) et quel que soit le pays. J'en déduis que si cette loi économique décrite parfois comme l'une des plus certaines n'est pas vérifiée, c'est que nous sommes sur une tendance, avec une croissance inférieure à son potentiel, déséquilibrée et insoutenable sur le long terme.
2/ Le second est que les salaires dans les grands pays suit une progression deux fois plus faibles que les gains de productivité, alors que sur longue période ils évoluent, autre loi économique, au même rythme. J'en déduis qu'il existe une marge de maneuvre pour une augmentation des salaires sans pression inflationniste tant qu'il ne dépasse pas les gains de productivité.
Après ces deux constats, la position de la BCE apparaît plus que sidérante. J'en déduis que même si les Banques centrales se sont affranchies des Etats, ça ne veut pas dire que leur neutralité soit assurée car manifestement, elles restent sous influence....reste à savoir de qui ?

A Alain Berthier. Le système financier est un bien public. On peut constater qu'en l'absence d'une régulation efficace, ce bien public est confisqué par les intérêts privés. Si vous lisez parfois la chronique agora qui s'adresse au monde la finance, il ne fait pas de doute que la Fed ne represente que les intérêts d'un club trés fermé de banques Newyorkaises.
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 9:05

@ Gribouille
Je n'en disconviens pas, il n'en reste pas moins que l'écroulement du système financier, bien public comme tu dis, n'était pas une option facile à prendre.


Dernière édition par Alain BERTIER le Jeu 10 Juil 2008 - 13:34, édité 1 fois
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Gribouille

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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 13:07

Les banques centrales ont été mis devant le fait accompli. Ce n'était pas une option de leur part simplement un constat qu'elles n'avaient pas rempli leur mission de régulateur du système pour prévenir la crise.
La banque d'Angleterre a résisté quelques semaines, avec la volonté de faire assumer les conséquences aux responsables. Elle a été obligée de capituler et on a pu lire dans la presse financière des commentaires selon lesquels elle aurait dû agir plus tôt.... D'où venait la critique, croyez-vous ?

Si les débats sur une nouvelle régulation ont étés nombreux à l'occasion de la crise des subprimes en janvier, force est de constater que la question est passée quelques mois après aux oubliettes.
Je sais que les banques expliquent à qui veut bien les entendre qu'elles seraient (toujours) pour l'autorégulation.
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 13:46

Je ne sais pas d'où vient la critique; vu d'ici la foule des déposants de la Northern Rock a commencé à faire du bruit et cela a pu aussi avoir une influence importante (difficultés électorale de G.Brown). Ce qui est impressionnant c'est que la nationalisation d'une banque était auparavant impensable au Royaume-Uni, et que la Banque d'Angleterre, itself, a dû s'y résoudre.
La régulation est, je crois, à l'ordre du jour de l'UE; il y a une levée de boucliers contre la "fair value" comme pricipe comptable, et rien ne pourrait me convenir d'avantage.
Mais j'observe que ton explication sur les banques centrales régulateurs du système omet la responsabilité de l'état dans la régulation.
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mconstant



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 20:10

A liberspirita

Dans ton affirmation « Le rôle des banques centrales est de combattre l'inflation, et à ce titre elles ont le droit d'émettre des avis, des conseils. » tu donnes aux banques comme fonction principale, une action qui n'est qu'accessoire et à manier avec précaution.
Il est vrai qu'il est absolument indispensable de lutter contre l'hyper inflation, mais l'inflation est souvent très utile et elle permet de corriger beaucoup d'erreurs.

Le rôle des banques centrales est de fournir la monnaie nécessaire aux échanges multipolaires dans l'espace et dans le temps.

Comme tous les individus sont capables de se rendre utile à la société, en se formant, en formant les autres, en produisant des biens et services, et en faisant société (personnes âgées), les banques centrales doivent assurer à la collectivité les sommes nécessaires pour assurer les moyens de vie et de travail à tous ses membres et les investissements nécessaires pour améliorer les conditions de vie présentes et futures.

Comme nous sommes en économie libérale, il est bon que les banques centrales assurent les crédits des particuliers (accession à la propriété achat de voitures, … Financement des périodes difficiles), des entreprises (financement des investissements, matériel, recherche… Fonds de roulement…) mais aussi de la collectivité : organisation de la société, formation de la jeunesse, recherche fondamentale, infrastructures collectives, garantie des minima vitaux…)

Ainsi une société dont le taux de natalité est fort a besoin de plus de financement qu'une société à natalité fléchissante.
Les "PECO" ont besoin de meilleurs financements que les membres de l'Europe des six qui possèdent déjà des infrastructures de qualité.

La monnaie n'est pas faite pour être thésaurisée. C'est d'autant plus vrai que, depuis que Nixon a supprimé la convertibilité en or du dollar, elle n'a plus du tout de correspondance matérielle.

La monnaie n'a que la valeur que peut ou veut bien lui donner la société qui l’a émise.

Ainsi lorsqu'une personnalité européenne a demandé à Milton Friedman, si les déficits grandissants des États-Unis vis-à-vis des autres pays ne l'inquiétaient pas, il a répondu avec cynisme « Vous doit-on Livre des Francs… Non, des Dollars…. on peut en faire ! » (Ce n'est pas le texte mais c'est le sens de sa réponse).

D’après Alain, en réponse à Gribouille :

« … il n'en reste pas moins que l'écroulement du système financier, bien public comme tu dis, n'était pas une option facile à prendre. »

Il y a écroulement et écroulement : Nixon ne s'est pas dégonflé, quand il a vu que les États-Unis n'étaient pas capables d'échanger les dollars qu'ils avaient émis à profusion contre de l'or, il a simplement décrété qu'il ne le ferait plus. C'était l'écroulement de la monnaie or !

Aujourd'hui où tout le monde est sur-endetté (en % du PIB) :
Ø Dette totale Etats-Unis : 235% sans le secteur financier et 340% avec
Ø Dette privée de la zone Euro : 145% d’après Patrick Artus, (France # 65%)
Ø Dette privée de Grande-Bretagne : 160%

La meilleure façon de s'en sortir, c'est de prendre des mesures de relance économique bien ciblées, tout en favorisant une inflation de l'ordre de 7 à 8 %. Du vrai keynésianisme, dans un contexte d'échange qui le permette (montants compensatoires entre grandes zones économiques). Cela n'a rien à voir avec la distribution d'argent aux privilégiés de Sarkozy.

Dix années de ce régime diviseraient toutes les dettes par 2 comme au temps des 30 glorieuses.

La seule peur de l'inflation limiterait la spéculation monétaire au profit de l'investissement productif. Nous reviendrions au capitalisme entrepreneurial que la stabilisation monétaire a mis à mal.

Peut-être que si Barack Obama est élu, Ben Bernanke aura le courage de lancer une telle politique, bien qu'elle ne puisse absolument pas plaire aux financiers américains.

Ayons la patience d'attendre les élections.

Les Américains, ce peuple remarquable, qui a imaginé le plan Marshall, véritable opération solidaire et profitable pour tous, pourquoi ne taxerait-il pas la finance prédatrice ?
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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 21:24

j'irais plutôt dans ton sens. Je suis effaré d'écouter à longueur de journée que l'inflation est pire que tout. C'est vite oublier que dans l'histoire récente, nous avons eu des périodes de prospérité et de plein emploi qui étaient des périodes inflationnistes. La fameuse courbe de Philips n'est pas un machin que l'on peut mettre aux oubliettes de l'histoire économique.
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Alain BERTIER



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MessageSujet: Re: Analyse : La tentation inflationniste,   Jeu 10 Juil 2008 - 22:21

Je ne contredirai plus mconstant, certain qu'il nous expliquera bientôt comment il organise les échanges internationaux, ou s'il fermera bientôt les frontières faute d'instruments de paiements.
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