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 La faim et les droits de l’homme

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juju41

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MessageSujet: La faim et les droits de l’homme   Mer 19 Mar 2008 - 17:09

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Mis à Jour le : 19 mars 2008 16:44
Jean Ziegler : La faim et les droits de l’homme
19 mars 2008« La destruction de millions d’Africains par la faim s’effectue dans une sorte de normalité glacée, tous les jours, et sur une planète débordant de richesses. En Afrique subsaharienne, entre 1998 et 2005, le nombre de personnes gravement et en permanence sous-alimentées a augmenté de 5,6 millions. » Jean Ziegler rappelle que le droit à l’alimentation est le premier des droits de l’homme et exhorte à réaliser une « distribution plus équitable des biens, qui satisferait aux besoins vitaux des gens et les protégerait contre la faim. »


par Jean Ziegler, Mondialisation.ca, 18 mars 2008

Texte de Jean Ziegler à l’occasion du Forum Quelle agriculture pour quelle alimentation ?

I. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. Plus de 6 millions en 2007. Toutes les quatre minutes, quelqu’un perd la vue à cause du manque de vitamines A. Ce sont 854 millions d’êtres qui sont gravement sous-alimentés, mutilés par la faim en permanence. [1]

Cela se passe sur une planète qui regorge de richesses. La FAO est dirigée par un homme de courage et de grande compétence, Jacques Diouf. Il constate qu’au stade du développement actuel de ses forces de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, soit le double de l’actuelle population mondiale [2].

Conclusion : ce massacre quotidien par la faim n’obéit à aucune fatalité. Derrière chaque victime, il y a un assassin. L’actuel ordre du monde n’est pas seulement meurtrier. Il est aussi absurde. Le massacre a bien lieu dans une normalité glacée.

L’équation est simple : quiconque a de l’argent mange et vit. Qui n’en a pas souffre, devient invalide ou meurt. Il n’a pas de fatalité. Quiconque meurt de faim est assassiné.

II. Le plus grand nombre des personnes sous-alimentées, 515 millions, vivent en Asie où elles représentent 24 % de la population totale. Mais si l’on considère la proportion des victimes, c’est l’Afrique subsaharienne qui paie le plus lourd tribut : 186 millions d’êtres humains y sont en permanence gravement sous-alimentés, soit 34 % de la population totale de la région. La plupart d’entre eux souffrent de ce que la FAO appelle « la faim extrême », leur ration journalière se situant en moyenne à 300 calories au-dessous du régime de la survie dans des conditions supportables.

Un enfant manquant d’aliments adéquats en quantité suffisante, de sa naissance à l’âge de 5 ans, en supportera les séquelles à vie. Au moyen de thérapies délicates pratiquées sous surveillance médicale, on peut faire revenir à une existence normale un adulte qui a été temporairement sous-alimenté. Mais un enfant de moins de 5 ans, c’est impossible. Privées de nourriture, ses cellules cérébrales auront subi des dommages irréparables. Régis Debray nomme ces petits des « crucifiés de naissance » [3].

La faim et la malnutrition chronique constituent une malédiction héréditaire : chaque année, des centaines de milliers de femmes africaines gravement sous-alimentées mettent au monde des centaines de milliers d’enfants irrémédiablement atteints. Toutes ces mères sous-alimentées et qui, pourtant, donnent la vie rappellent ces femmes damnées de Samuel Beckett, qui « accouchent à cheval sur une tombe ... Le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau » [4].

Une dimension de la souffrance humaine est absente de cette description : celle de l’angoisse lancinante et intolérable qui torture tout être affamé dès son réveil. Comment, au cours de la journée qui commence, va-t-il pouvoir assurer la subsistance des siens, s’alimenter lui-même ? Vivre dans cette angoisse est peut-être plus terrible encore qu’endurer les multiples maladies et douleurs physiques affectant ce corps sous-alimenté.

La destruction de millions d’Africains par la faim s’effectue dans une sorte de normalité glacée, tous les jours, et sur une planète débordant de richesses. En Afrique subsaharienne, entre 1998 et 2005, le nombre de personnes gravement et en permanence sous-alimentées a augmenté de 5,6 millions.

III. Jean-Jacques Rousseau écrit : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui libère ». Afin de réduire les conséquences désastreuses des politiques de libéralisation et de la privatisation à l’extrême pratiquée par les maîtres du monde et par leurs mercenaires (FMI, OMC), l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de créer et de rendre justiciable un nouveau droit de l’homme : le droit à l’alimentation.

Le droit à l’alimentation est le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d’achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie physique et psychique, individuelle et collective, libre d’angoisse, satisfaisante et digne.

Les droits de l’homme - hélas ! - ne relèvent pas du droit positif. Ce qui signifie qu’il n’existe encore aucun tribunal international qui rendrait justice à l’affamé, défendrait son droit à l’alimentation, sanctionnerait son droit de produire lui-même ses aliments ou de se les procurer au moyen d’achats monétaires, et protégerait son droit à la vie.

IV. Tout va bien aussi longtemps que des gouvernements comme celui du président Luis Inacio Lula da Silva à Brasilia ou du président Evo Morales à La Paz mobilisent par leur propre volonté les ressources de l’État, afin d’assurer à chaque citoyen son droit à l’alimentation. L’Afrique du Sud est un autre exemple. Le droit à l’alimentation est inscrit dans sa Constitution. Celle-ci crée une Commission nationale des droits de l’homme, composée en parité par des membres nommés ar les organisations de la société civile (Églises, syndicats et mouvements sociaux divers) et de membres désignés par le Parlement. Les compétences de la Commission sont étendues. Depuis son entrée en fonction, il y a cinq ans la Commission a déjà arraché des victoires importantes. Elle peut intervenir dans tous les domaines relevant du déni du droit à l’alimentation : éviction de paysans de leur terre ; autorisation donnée par une municipalité à une société privée pour la gestion de l’approvisionnement de l’eau potable, entraînant des taxes prohibitives pour les habitants les plus pauvres ; détournement par une société privée de l’eau d’irrigation au détriment des cultivateurs ; manquement au contrôle de la qualité de l’alimentation vendue dans les bidonvilles ; etc.

Mais combien existe-t-il de gouvernements, notamment dans le tiers-monde, dont la préoccupation quotidienne prioritaire est le respect du droit à l’alimentation de leurs citoyens ? Or, dans les 122 pays dits du tiers-monde vivent aujourd’hui 4,8 milliards des 6,2 milliards d’homme que nous sommes sur terre.

V. Les nouveaux maîtres du monde ont horreur des droits de l’homme. Ils les craignent comme le diable l’eau bénite. Car il est évident qu’une politique économique, sociale, financière réalisant à la lettre tous les droits de l’homme briserait net l’ordre absurde et meurtrier du monde actuel et produirait nécessairement une distribution plus équitable des biens, satisferait aux besoins vitaux des gens et les protégerait contre la faim et une bonne part de leurs angoisses.

Dans leur achèvement, les droits de l’homme incarnent donc un monde totalement autre, solidaire, libéré du mépris, plus favorable au bonheur.

Les droits de l’homme - politiques et civils, économiques, sociaux et culturels, individuels et collectifs [5] - sont universels, interdépendants et indivisibles. Ils sont aujourd’hui l’horizon de notre combat.

Jean Ziegler est Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le droit à l’alimentation ; il vient de publier L’Empire de la honte (2007) en livre de poche.


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Publication originale Mondialisation.ca

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[1] FAO, L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, Rome, 2006

[2] Nourrir normalement veut dire procurer à chaque individu adulte, chaque jour, 2 700 calories.

[3] Régis Debray et Jean Ziegler, Il s’agit de ne pas se rendre, Paris, Arléa, 1994.

[4] Samuel Becket, En attendant Godot, Paris, Editions de Minuit, 1953.

[5] Un droit de l’homme collectif est par exemple le droit à l’autodétermination ou le droit au développement.
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juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 20 Mar 2008 - 15:30

contreinfo
Mis à Jour le : 20 mars 2008 12:03
Nigeria : Des enfants mendiants affamés à l’assaut des villes du nord

20 mars 2008


La flambée des prix des denrées alimentaires a contraint les familles villageoises du nord du Nigeria à envoyer leurs enfants affamés - dont certains n’ont pas plus de quatre ans - mendier leur pitance à Kano et dans d’autres villes du nord, selon les autorités de la région.

IRIN (ONU), 19 mars 2008

« C’est vraiment épouvantable », a confié à IRIN Bala Mohammed, directeur du Societal Reorientation Directorate, une agence publique de l’Etat de Kano. « Au cours des derniers mois, nous avons observé une augmentation inquiétante du nombre d’enfants mendiants dans la ville ».

Des groupes d’enfants sales sillonnent les rues de Kano. Vêtus de haillons, ils tiennent dans leurs mains une sébile et se faufilent entre les voitures sous la chaleur et dans la poussière.

Selon les autorités, l’afflux de jeunes mendiants est plus important à Kano, capitale du Nord, mais toutes les autres villes de la région sont touchées par ce phénomène.

« Le nombre de mendiants a nettement augmenté, ici, au cours des derniers mois », a reconnu Salihou Mohammed, du National Council for the Welfare of Destitutes, une organisation non-gouvernementale (ONG) musulmane sise à Kaduna, une autre ville du nord du Nigeria. « Il suffit de se déplacer dans les grandes villes du nord pour se rendre compte du nombre important d’enfants mendiants », a-t-il ajouté.

Une tradition dévoyée

D’après Salihou Mohammed, les familles villageoises éprouvent de plus en plus de difficultés à nourrir leurs enfants, ce qui les poussent à prendre des mesures aussi désespérées et à « les amener en ville [sous prétexte] de leur faire apprendre le Coran », a-t-il souligné.

Pendant des générations, les familles villageoises ont envoyé leurs enfants s’instruire auprès de maîtres coraniques, mais ce qui se passe actuellement est différent, a-t-il fait remarquer. « Les parents utilisent l’apprentissage du Coran comme prétexte [...], mais leur véritable intention est de se débarrasser des enfants parce qu’ils n’ont pas assez de ressources pour les nourrir ».

Selon Auwalu Danbala, un maître coranique qui dirige une des écoles coraniques de Kano, appelées « makarantar allo » en haoussa - une des langues parlées au Nigeria -, le nombre d’admissions a considérablement augmenté.

« J’ai reçu plus d’élèves au cours des trois derniers mois que pendant les cinq dernières années réunies », a-t-il confié à IRIN.

« Les parents nous amènent leurs enfants et ne se soucient jamais de venir leur rendre visite ou de leur envoyer de la nourriture ou de l’argent pour leur entretien », a-t-il déploré. « Nous n’avons pas d’autre choix que de les envoyer mendier ».

Pourquoi maintenant ?

Jusque récemment, les familles villageoises parvenaient généralement à nourrir leurs enfants, a indiqué Sabo Nanono, responsable à Kano de la branche locale de la All Farmers Association of Nigeria.

« Pendant des générations, les paysans ont eu des récoltes qui leur permettaient de nourrir leur famille toute l’année et de vendre les excédents au marché pour gagner de l’argent et couvrir d’autres besoins ».

« Mais les agriculteurs de la région ont enregistré de très mauvaises récoltes, la saison dernière », a déploré M. Nanono. Les pluies, qui tombent généralement pendant quatre mois, de mai à août, ont duré moins de trois mois et ont commencé plus tard que prévu. En outre, les cultures qui avaient pu résister aux pluies ont été détruites par les criquets, a-t-il ajouté.

« Les paysans n’ont pas assez de nourriture pour nourrir leurs familles et n’ont pas d’argent pour acheter des vivres, vendus très cher au marché », a souligné M. Nanono.

Avec les pénuries alimentaires observées tant à l’échelle nationale qu’internationale, les commerçants du marché des céréales de Dawanau, à Kano, le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest, ont augmenté leurs prix.

Selon Magaji Ahmad, un des commerçants, depuis le mois de septembre, le prix d’un sac de maïs de 50 kilos a doublé, passant de 21 à 42 dollars américains, le prix du sac de mil est passé de 29 à 42 dollars et le sac de pois chiches, qui se vendait à 58 dollars, coûte désormais 100 dollars, a-t-il ajouté.

Pas de solution en vue

Les enfants mendiants ne se contentent pas de traîner autour des restaurants et des supermarchés de Kano, ils passent aussi de maison en maison.

« Le nombre d’enfants qui viennent frapper à ma porte a considérablement augmenté ces deux derniers mois », a déploré Zainab Ali, femme au foyer.

Aïcha Balogun, une autre femme de Kano, a confié à IRIN qu’elle hébergeait actuellement deux jeunes mendiants de l’Etat voisin de Jigawa, un garçon de quatre ans et son frère de six ans, qui avaient vécu dans les rues de Kano au cours des trois derniers mois.

« Lorsqu’ils sont venus mendier chez moi, j’ai remarqué qu’Abba [le plus jeune] avait été circoncis récemment et que son pénis était enflé et infecté », a dit Mme Balogun.

Selon les autorités, ces enfants peuvent basculer dans la pédophilie, la drogue ou être parfois victimes de meurtres rituels. Et à la longue, ils peuvent même constituer une menace sociale, a fait remarquer Bashir Ibrahim, un habitant de Kano : « Au fil du temps, leur faim peut se transformer en colère ».




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juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Ven 21 Mar 2008 - 11:56

contreinfo
Mauritanie : Une crise de sécurité alimentaire sans précédent, prévue pour 2008
vendredi 21 mars


Selon les prévisions des experts de la sécurité alimentaire, la Mauritanie, qui importe 70 pour cent de ses denrées alimentaires, risque d’être confrontée, en 2008, à la crise alimentaire la plus grave qu’elle ait jamais connue, et les représentants des organisations humanitaires craignent de ne pas disposer de fonds suffisants pour couvrir les besoins des populations à l’heure où le prix des denrées alimentaires atteint des sommets et où les céréales se raréfient sur les marchés mondiaux.

« Cette année pourrait être celle de tous les dangers. Tous les facteurs de choc pourraient se conjuguer : hausse du prix du pétrole, du prix des matières premières, du prix des produits alimentaires, réorganisation des principaux itinéraires commerciaux maritimes, et affaiblissement du dollar », selon Giancarlo Cirri, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies.

La malnutrition aiguë touchait déjà 11,9 pour cent des Mauritaniens en 2007, d’après une étude publiée en septembre 2007 par le ministère de la Santé et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Dans les 17 communes les plus gravement touchées du pays, selon cette même étude, une personne sur cinq manquait d’une alimentation adéquate.

M. Cirri prévoit que la dernière étude menée par le gouvernement et le PAM sur la sécurité alimentaire, qui devrait être publiée en avril, fera état d’une augmentation de 15 pour cent du nombre des familles qui ne disposent pas de vivres en quantité suffisante tout au long de l’année. « Nous sommes à présent confrontés à une double urgence : la hausse des prix et l’amenuisement des céréales sur les marchés », a indiqué M. Cirri.

Selon plusieurs villageois avec lesquels IRIN s’est entretenu le long de la ceinture agricole mauritanienne, dans le sud du pays, le prix du pétrole a plus que doublé, passant de 0,77 dollar américain le litre en 2007 à 1,50 dollar, un an plus tard.

Le prix du blé et du sorgho a augmenté de 40 pour cent en Mauritanie entre mai 2007 et janvier 2008, tandis que le prix du mil augmentait de moitié. À la fin de l’année 2007, plusieurs villes et bourgades de ce vaste pays désertique ont d’ailleurs été le théâtre d’émeutes, qui visaient à protester contre la hausse du prix des denrées alimentaires.

En 2007, le gouvernement a alloué 3,2 millions de dollars au développement des réserves nationales de sécurité alimentaire, et il approvisionne en céréales 1 200 réserves communautaires des quatre coins du pays. Mais selon Mohammed el Hady du Commissariat à la protection sociale et à la sécurité alimentaire (CPSSA), les autorités n’ont pas assez de produits essentiels en réserve pour pouvoir faire face à une crise de sécurité alimentaire de grande ampleur en 2008.

« En raison de cette flambée des prix, il nous est de plus en plus difficile de maintenir à niveau les réserves céréalières stratégiques du pays », a poursuivi M. el Hady.

Bien que les bailleurs de fonds se soient engagés, au cours d’une conférence tenue en décembre 2007, à verser une aide généreuse au gouvernement mauritanien - sollicités à hauteur de 2,1 milliards de dollars, ils avaient en effet promis d’en donner 2,6 milliards - en matière d’aide alimentaire, une bonne partie de ces fonds n’ont « pas encore été versés », selon un responsable au courant du budget humanitaire consacré à la Mauritanie.

Entre-temps, les représentants des organisations humanitaires craignent de ne pas disposer de réserves suffisantes pour pouvoir faire face à une crise de grande ampleur. Selon les estimations de M. Cirri, pour financer ses opérations de sécurité alimentaire entre mars et juillet, la branche mauritanienne du PAM devra en effet encourir un déficit de six millions de dollars.
Sources IRIN
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Sam 29 Mar 2008 - 10:05

29/03

ASIE DU SUD-EST • La flambée des prix du riz inquiète les pays de la région

Au Cambodge, aux Philippines et au Vietnam, la presse multiplie les articles sur les risques de pénurie de cette céréale qui constitue l'aliment de base de la population.



"C'est la guerre du riz", s'émeut une commerçante de Phnom Penh, citée dans Cambodge Soir Hebdo. "Les plus pauvres meurent de faim." Le kilo de riz a bondi de 1 300 à 2 000 riels (de 20 à 30 centimes d'euros) en quelques semaines, et le gouvernement a débloqué d'urgence 200 tonnes des réserves de l'Etat, vendues au prix fixe de 1 800 riels le kilo.

De plus, les exportations sont interdites pendant deux mois. "Le royaume exporte habituellement très peu de riz, mais lorsque la demande internationale augmente, les pays étrangers viennent s'y ravitailler", relate l'hebdomadaire cambodgien. Entouré par le Vietnam et la Thaïlande, les deux premiers exportateurs mondiaux, le Cambodge voit souvent sa production partir en fraude chez ses voisins. "Le trafic s'élève à plus de 1,5 million de tonnes par an", note le journal.

Pour sa part, la présidente des Philippines, Gloria Arroyo, a demandé au Vietnam de lui livrer 1,5 million de tonnes. "Une mesure exceptionnelle, qui souligne l'inquiétude des autorités" face à une éventuelle pénurie, remarque le quotidien Philippines Daily Inquirer. D'autant que, parallèlement à cette requête, le ministre de l'Agriculture a recommandé à la population de "réduire sa consommation d'un bol à un demi-bol par repas et par personne".

"Si le pays connaît une pénurie, le gouvernement doit le dire franchement au peuple et l'informer des mesures qu'il prend pour en atténuer les effets", poursuit le journal. "Le riz, dont les Philippins consomment 32 000 tonnes par jour, est une denrée stratégique. Même le dictateur Ferdinand Marcos l'avait compris. C'est pourquoi, lorsqu'une grave pénurie était survenue pendant les années 1970, il avait fait livrer aux régions les plus gravement touchées des cargaisons de riz par des convois de camions escortés par l'armée."

"Les craintes d'une éventuelle pénurie de riz devraient inciter le gouvernement à rationaliser la production et à accélérer la réforme agraire, afin de permettre aux cultivateurs de disposer de davantage de terres pour cultiver cette céréale", estime le journal de Manille.

Même au Vietnam, qui en vingt ans est passé du statut de pays importateur de riz à celui de deuxième exportateur mondial, la question de la réduction des surfaces disponibles pour cette culture interroge. "Le pays ne doit pas se reposer sur ses lauriers," alerte le quotidien Thanh Nien. "Depuis huit ans, les surfaces cultivées n'ont cessé de diminuer. "La production par habitant a elle aussi diminué, passant de 441 kilos en 2004 à 421 en 2007, entre autres à cause du fait que des riziculteurs se sont reconvertis dans l'élevage, une activité plus rentable." Le quotidien liste une série de mesures destinées à inciter les agriculteurs à ne pas abandonner cette culture essentielle.

Seule note positive dans ce concert d'articles alarmistes, la hausse des prix sur les marchés mondiaux booste les ventes à l'exportation de la variété de riz cultivée en terrasse à Ifugao et Kalinga, deux sites philippins classés au patrimoine mondial. "Cela devrait encourager les jeunes agriculteurs à retourner travailler sur les terrasses," ce qui est le meilleur moyen d'entretenir ces sites en danger, conclut le Philippines Daily Inquirer.

Courrier International
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Lun 31 Mar 2008 - 10:25

contreinfo

La hausse du prix du riz destabilise l’Asie (traduction)
29 mars 2008
Réactions en chaine. L’accroissement de la demande, les déséquilibres du commerce mondial, la baisse du dollar, sans oublier la spéculation - comme aux plus beaux jours de l’Ancien Régime - concourent au renchérissement des aliments de base. Après l’Afrique de l’Ouest, secouée par des émeutes, puis l’Egypte, voici l’Asie à son tour en proie à la violence et aux troubles. La « règle » du marché, loin d’attribuer à chacun sa juste part comme le prétendent ses zélateurs, amplifie et aiguise les tensions mondiales, au gré des déréglements de forces devenues incontrôlables et irrationnelles. Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage, prophétisait en son temps Jaures. Faudra-t-il revivre à nouveau une sanglante catharsis pour que cette leçon redevienne nôtre ?


par Keith Bradsher, New York Times, 29 mars 2008

La hausse des prix et une peur croissante de la disette ont amené certains des premiers producteurs mondiaux de riz à annoncer une limitation drastique de leurs exportations en la matière.

Le prix du riz, qui constitue un des composants de base du régime alimentaire de près de la moitié de la population mondiale, a presque doublé sur les marchés internationaux au cours des trois derniers mois. Le budget de millions de pauvres Asiatiques s’en est trouvé amputé d’autant tandis que grandissent les craintes de désordres civils.

Pénuries et hausses des prix de nombreux produits alimentaires ont généré ces derniers mois des tensions et mêmes des violences de par le monde. Depuis janvier, des milliers de soldats ont été déployés au Pakistan pour escorter les camions acheminant blé et farine. Des protestations ont éclaté en Indonésie du fait de la pénurie de pousses de soja, tandis que la Chine rétablissait le contrôle des prix de l’huile de cuisine, des céréales, de la viande, du lait et des œufs.

Des émeutes ont éclaté ces derniers mois, pour des raisons similaires, en Guinée, en Mauritanie, au Mexique, au Maroc, au Sénégal, en Ouzbékistan et au Yémen. Mais les décisions prises ces deux derniers jours par les nations exportatrices de riz - qui visent à garantir la satisfaction de leurs propres besoins grâce à leurs maigres disponibilités - ont mené les prix à de nouveaux sommets sur les marchés.

L’insécurité des nations importatrices s’en est trouvée renforcée, qui désespéraient déjà d’assurer leur approvisionnement. Mardi, le Président Philippin Gloria Macapagal Arroyo, craignant une aggravation de la pénurie de riz, a mission des enquêteurs gouvernementaux pour repérer les accapareurs.

Cette hausse du prix du riz promet d’accroître la pression sur les prix aux Etats-Unis, qui importent, selon l’Association des Producteurs de Riz des Etats-Unis, plus de 30 % du riz que les Américains consomment. L’an passé déjà, le prix du riz payé par le consommateur avait augmenté de plus de 8 %.

Mais les Etats-Unis ont la chance d’être également exportateurs de riz ; les pays pauvres comme la République du Sengal en Afrique de l’Ouest ou les Îles Salomon dans le Pacifique Sud dépendent lourdement des importations et doivent aujourd’hui composer avec des factures plus élevées.

Le gouvernement vietnamien a annoncé vendredi qu’il réduirait cette année ses exportations de riz de près d’un quart. Il espère qu’en conservant davantage de riz pour sa consommation intérieure, le pays limitera la hausse des prix. Le même jour, l’Inde a interdit l’exportation de toutes les qualités de riz, à l’exception des plus onéreuses. L’Egypte a annoncé jeudi un moratoire de six mois sur les exportations de riz à compter du 1er avril, et, mercredi le Cambodge a gelé les exportations de riz, à l’exception de celles intervenant dans le cadre de l’activité des agences gouvernementales.

Les gouvernements d’Asie et ceux de nombreux pays d’Afrique consommateurs de riz s’inquiètent de longue date du fait qu’une hausse substantielle des prix pourrait générer une réaction de colère chez les habitants des villes aux faibles revenus.

« Des troubles ne sont pas à exclure, spécialement parce que les populations les plus affectées sont pauvres, urbaines et regroupées, et qu’ils peuvent plus facilement s’organiser que ne pourraient le faire par exemple des fermiers pour protester contre des prix trop bas, » affirmait Nicholas W. Minot, chargé de recherche senior à l’Institut de Recherche en Politiques Alimentaires Internationales de Washington.

Différents facteurs contribuent à alimenter la hausse rapide des prix du riz. L’élévation du niveau de vie en Inde et en Chine s’est accompagnée d’une hausse de la demande. Dans le même temps, la sécheresse et d’autres problèmes climatiques ont réduit la production en Australie et ailleurs. De nombreux fermiers se tournent vers des productions plus rentables et réduisent les superficies agricoles affectées à la production de céréales. Urbanisation et industrialisation ont enfin réduit la quantité de terre consacrée à la riziculture.

Au Vietnam, un obscur virus a arrêté, depuis trois ans, la croissance jusque là continue des niveaux de production de riz.

Selon Sushil Pandey, économiste agronome à l’Institut International de Recherche sur le Riz de Manille, jusqu’à ces dernières années, les probabilités d’évolutions rapides des prix étaient neutralisées par la tendance de nombreux gouvernements à constituer de larges réserves de riz afin de garantir leur sécurité alimentaire.

Mais le maintien de ces stocks engendrait un coût. Les gouvernements les ont donc réduits au cours de la dernière décennie, alors que la consommation mondiale de riz tendait à dépasser la production.

Les quantités relativement faibles qui échangées par-delà les frontières, combinées à des réserves réduites, permettent aujourd’hui d’importantes variations des prix lors d’interruptions dans les approvisionnements.

Dans le même temps, les prix fixés sur le marché international du riz ont un impact de plus en plus sensible sur les prix pratiqués au sein des pays. Ceci s’est particulièrement vérifié à l’ère d’Internet et des téléphones mobiles, qui permet aux fermiers des régions les plus reculées de connaître les prix et d’apprécier la justesse de celui proposé par leurs propres acheteurs. Cette semaine, avant même que les gouvernements n’imposent ces restrictions, les compagnies de négoce des pays exportateurs étaient devenues réticentes à s’engager à de nouvelles livraisons et attendaient de constater le niveau jusqu’auquel les prix allaient monter. « Le marché ne manquait pas d’éléments ces dernières semaines pour décider d’un temps mort », explique Ben Savage, Directeur du Riz de la Jackson Son & Company, une firme londonienne de négoce en marchandises. La flambée des prix causent déjà des privations dans les pays en développement.

Sur un marché couvert délabré d’un vieux quartier de Hanoi, Cao Minh Huong, une vendeuse de poteries, affirme que la montée des prix alimentaires, spécialement de celui du riz, la contraignent à modifier ses habitudes. « Je dépense autant en nourriture, mais les quantités sont moindres ».

Au même titre que la hausse des prix d’autres produits alimentaires, comme le blé, le soja, le porc et l’huile de cuisson, celle du prix du riz alimentent également l’inflation dans les pays en développement. Le prix de vente au détail du riz a déjà progressé de 60 % ces derniers mois au Vietnam, en conséquence de la hausse des prix de gros, mais alimente l’inflation. Le Premier Ministre vietnamien Nguyen Tan Dung a annoncé mercredi que la première priorité du gouvernement était désormais de combattre l’inflation. Les prix à la consommation ont globalement progressé de 19 % par rapport à mars dernier. Le taux d’inflation a presque triplé au cours de l’année passée.

La plupart des pays fortement consommateurs de riz en produisent traditionnellement suffisamment pour satisfaire leurs propres besoins. Seuls 7 % de la production mondiale est échangée sur les marchés internationaux chaque année, selon les chiffres de la FAO.

Nguyen Van Bo, le président de l’Académie Vietnamienne des Sciences Agronomes, qui coordonne l’activité des instituts gouvernementaux de recherche agronomique, explique dans une interview que son gouvernement s’attend à ce que la hausse de la production se poursuive après 2010 malgré l’expansion rapide de l’urbanisation et de l’industrialisation au détriment de terres qui étaient jusqu’ici consacrées à la riziculture. Selon lui le gouvernement formera les fermiers à alterner la culture du maïs avec celle du riz afin de circonvenir les maladies comme le virus qui sévit actuellement.

Le Vietnam, l’Egypte et l’Inde ont tous trois limité leurs exportations de riz l’an passé, mais ces restrictions, bien moins drastiques, n’étaient intervenues que tardivement dans l’année, alors que de plus grandes quantités de riz avaient déjà été expédiées.

Le gouvernement thaïlandais, le premier exportateur de riz avant le Vietnam, n’a pas encore limité les quantités qu’il entend exporter. Mais un débat national y est mené sur le point de savoir si une telle décision ne serait pas opportune et, en pratique, selon Monsieur Savage, les exportateurs thaïlandais ont déjà cessé de signer des contrats de livraison.

Avant même que le Vietnam et l’Inde n’annoncent leurs décisions, les offres pour les qualités les plus courantes de riz thaïlandais de taille moyenne avait doublé cette année pour atteindre 735 $ la tonne. Le prix du riz Vietnamien de taille moyenne a presque doublé et atteint 700 $ la tonne. L’essentiel de cette augmentation est intervenue au cours des quatre dernières semaines. Les offres ont progressé de 50 $ vendredi.

Les gouvernements ont été réticents à encourager leurs fermiers à vendre leur riz à des prix bas, par crainte de les voir geler leurs stocks à des fins de spéculation ou de renoncer à en produire suffisamment. Vendredi, la Chine, virtuellement autosuffisante en riz, a relevé le prix minimum garanti aux fermiers pour le riz et le blé.


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publication originale New York Times, traduction Louis Stella pour Contre Info
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Lun 31 Mar 2008 - 19:32

continue à poster, Juju, même si persone ne dit rien !

Des réactions européennes ?
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Lun 31 Mar 2008 - 19:38

d0m1 a écrit:
continue à poster, Juju, même si persone ne dit rien !

Sujets sur lesquels il est difficile de rebondir...

Pour ceux qui lisent l'anglais, je vous recommande aussi cet article du PAM (Programme Alimentaire Mondial de l'ONU):

http://www.wfp.org/english/?ModuleID=137&Key=2797
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http://www.quindiblog.eu
juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Mar 1 Avr 2008 - 8:06

La hausse du prix du blé replonge l’Egypte dans la crise du pain
CLAUDE GUIBAL
libération QUOTIDIEN : mardi 1 avril 2008

Le petit volet s’entrouvre. Une main furtive tend cinq galettes, puis le vantail se referme dans un claquement. Des grognements s’élèvent de la foule massée dans cette allée du quartier d’Abdine, au cœur du Caire. Devant cette boulangerie qui ne vend que du eish mouda’am, le pain subventionné, certains font la queue depuis l’aube. Autrefois, seuls les plus pauvres achetaient ce pain fait de mauvaise farine, parfois coupée de sciure, tout juste bon à nourrir les volailles élevées sur les toits du Caire. Mais depuis dix mois que le cours international du blé a entamé sa vertigineuse ascension, le prix de la farine a été presque multiplié par trois en Egypte. Et chaque matin, la foule ne cesse de grossir devant les boulangeries subventionnées.


Sur le même sujet
Suspension des exportations


Amortisseur. La pénurie est là. Et avec elle, les rixes, de plus en plus nombreuses, qui ont même fait, la semaine dernière, au moins deux morts et plusieurs blessés. De quoi réveiller le souvenir terrible des émeutes du pain en 1977, qui avaient éclaté alors que le gouvernement s’interrogeait sur la suppression des subventions. Réprimée dans le sang, cette «intifada de la faim» avait fait plus de 70 victimes. Depuis, l’État égyptien a soigneusement maintenu la subvention sur le pain, l’ultime amortisseur social.

Farine, huile, sucre… Déjà en hausse constante depuis plusieurs années, les prix des produits de première nécessité en Egypte ont connu cette année jusqu’à 170 % d’augmentation. Les salaires, eux, n’ont pratiquement pas bougé. 44 % des Egyptiens vivent avec à peine plus de deux dollars (1,25 euro) par jour. Alors que le salaire moyen ne dépasse pas les 100 euros, de plus en plus d’Egyptiens sont dans l’impossibilité de tenir leur budget. A cinq piastres (moins de 0,6 centime d’euro) la galette, le pain subventionné est dix fois moins cher que le pain normal, devenu presque inaccessible pour nombre des ménages, y compris de la classe moyenne.

Ayman, étudiant en ingénierie, est bien conscient d’être un privilégié. Dans sa famille de six personnes, 15 % du revenu mensuel est ainsi consacré à l’achat de pain. «Moi qui suis seule, avec quatre enfants, je ne peux pas m’en sortir», lance Oum Mohamed. Dans ses bras, un carton où s’entassent 20 galettes, le quota maximum accordé par les boulangeries subventionnées. Fonctionnaire, elle touche à peine 300 livres égyptiennes (environ 35 euros) par mois. Depuis l’augmentation des prix, elle arrive quasi systématiquement en retard à son travail, après des heures passées dans la rue à attendre le pain. Sur le trottoir, non loin, un vendeur à la sauvette a étalé ses galettes sur des clayettes en palme, espérant attirer ceux qui n’en peuvent plus de faire la queue. «Son pain, là, c’est haram, c’est du vol !» s’énerve une marchande de journaux voisine. Le jeune homme l’admet, son pain est plus cher que le mouda’am, mais toujours moins que le pain des boulangeries. Et les gens n’ont plus le choix car, dans les épiceries, comme dans les supermarchés, la farine se fait rare sur les étals, ou atteint des sommes astronomiques. Une aubaine pour certaines boulangeries subventionnées qui, selon la rumeur, vendraient au marché noir leur farine, aggravant d’autant la pénurie du pain bon marché.

Cette crise intervient dans un climat social critique, marqué par des grèves à répétition dans les usines, et des manifestations de fonctionnaires et d’autres corps de métier réclamant un salaire minimum aux environs de 100 euros.

Rationnement. Dans ce contexte catastrophique, les analystes craignent que les élections municipales du 8 avril prochain ne tournent à l’affrontement généralisé. Déjà tendue par les arrestations massives de candidats potentiels des Frères musulmans, la campagne électorale prend une tournure inquiétante. De quoi alarmer le président Hosni Moubarak qui a ordonné à l’armée d’aider à la production et à la distribution de pain subventionné avec ses propres boulangeries. Quelque 15 millions de personnes devraient également bénéficier de tickets de rationnements pour les produits les plus courants.
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 3 Avr 2008 - 9:47

contreinfo
Côte d’Ivoire : le kilo de riz est passé de 250 CFA à 400 CFA
mercredi 2 avril


Pendant deux jours, les manifestants - en majorité des femmes - ont occupé les rues et bloqué la circulation dans plusieurs communes d’Abidjan, notamment Yopougon, Cocody et Port-Bouët. C’est dans ce dernier quartier qu’une personne a été tuée alors que les forces de l’ordre tentaient de disperser la manifestation.

Dans l’après-midi, le comité interministériel de contrôle des prix - créé l’année dernière - tenait une réunion et le soir même le président Laurent Gbagbo intervenait sur les antennes de la télévision nationale pour annoncer une série de mesures destinées à endiguer la hausse des prix.

Il s’agit essentiellement de "la suppression des droits de douanes sur les produits de grande consommation que sont le riz, le savon, l’huile, le lait", ainsi que "la réduction de moitié de la TVA sur ces mêmes produits qui passe ainsi de 18 à 9%", a indiqué Laurent Gbagbo.

De son côté, le comité de contrôle des prix a précisé qu’il a empêché l’augmentation de plusieurs produits comme le pain, les produits pétroliers ou le gaz butane.

Cependant les ménagères ivoiriennes constatent que les prix du savon, de la viande ou des légumes se sont envolés en quelques mois.

L’huile, par exemple, est passée de 600 à 900CFA le litre. Le kilo de riz le moins cher a presque doublé passant de 250 à 400CFA.

Dans le prolongement de ces décisions, le président Gbagbo a décidé d’entreprendre une réflexion sur le sujet et a lancé une invitation à tous les opérateurs économiques et les représentants des mouvements et associations de consommateurs au dialogue et à la concertation.
Sources BBC Afrique
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juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 3 Avr 2008 - 9:49

contreinfo

Manifestations contre la vie chère violemment réprimées en Côte d’Ivoire et au Sénégal
2 avril 2008A Dakar et Abidjan la police a violemment réprimé des manifestations contre la vie chère. Abdoulaye Bathily, un des leaders de l’opposition sénégalaise, a récemment déclaré qu’en raison de la pauvreté grandissante et du non-respect des droits humains constatés au Sénégal, le pays était aujourd’hui « une bombe qui pourrait exploser à tout moment ».


SÉNÉGAL : La police réprime durement une manifestation contre la cherté de la vie
IRIN, 1 avril 2008

La manifestation organisée dans Dakar, la capitale, le 30 mars, par des citoyens sénégalais pour protester contre la cherté de la vie a été réprimée « brutalement » par la police, selon des organisations de défense des droits humains.

« Le ministère de l’Intérieur ou tout au moins les forces de police pensent que maintenir l’ordre signifie durcir la répression », a confié à IRIN Léonard Vincent, directeur Afrique de Reporters sans frontières, une organisation de défense de la liberté de la presse, sise à Paris.

La police a fait usage de grenades lacrymogènes et de matraques pour disperser la manifestation organisée par l’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) pour protester contre la hausse récente du prix du riz, de l’huile et du savon.

Selon les autorités de Dakar, la manifestation était interdite. Au moins 24 personnes ont été arrêtées et bon nombre sont encore détenues, d’après l’Agence France Presse.

Quant à la RADDHO (Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme), un collectif d’organisations de défense des droits humains, sis à Dakar, elle a indiqué dans un communiqué du 30 mars, qu’elle condamnait fermement les actes « innommables » commis par les forces de sécurité, qui « violent » les droits humains.

La RADDHO, qui a assimilé l’utilisation présumée de matraques électriques à un acte de « torture », appelle à l’ouverture d’une enquête sur « tous les actes de violence et les mauvais traitements infligés aux manifestants ».

Les agents de police responsables de tels actes devraient être arrêtés et punis, d’après le communiqué de la RADDHO.

Les forces de sécurité auraient également brutalisé des journalistes et confisqué les vidéos de certains cameramen. « Effacer les images des affrontements et empêcher leur diffusion sur une chaîne de télévision n’est pas la manière la plus efficace de maintenir l’ordre », a déclaré Reporters sans frontières, dans un communiqué publié le 31 mars.

En Afrique de l’Ouest et dans d’autres régions du monde, les populations sont descendues dans la rue pour protester contre la hausse du prix du carburant, des denrées alimentaires de base, et d’autres produits de première nécessité.

Dans un récent entretien avec la presse, Abdoulaye Bathily, un des leaders de l’opposition, avait déclaré qu’en raison de la pauvreté grandissante et du non-respect des droits humains constatés au Sénégal, le pays était aujourd’hui « une bombe qui pourrait exploser à tout moment ».

Pour sa part, Bacar Dia, le porte-parole du gouvernement, avait déclaré peu de temps avant les manifestations que le coût élevé de la vie était un phénomène mondial, et avait accusé les partis politiques de l’opposition d’inciter les jeunes à enfreindre la loi en les faisant descendre dans la rue pour participer à une marche illégale.

M. Dia n’était toutefois pas joignable pour commenter les récentes accusations de brutalité, formulées à l’encontre de la police.

Source IRIN

CÔTE D’IVOIRE : Manifestations contre la vie chère
IRIN, 1 avril 2008

Au moins une dizaine de manifestants ont été blessés au cours d’affrontements avec la police qui ont duré plusieurs heures, le 31 mars, alors qu’ils réclamaient l’intervention du gouvernement pour freiner la hausse du prix des denrées alimentaires.

« Nous avons déjà recensé huit blessés à l’hôpital de Yopougon et quatre autres à Cocody », a expliqué à IRIN Thomas Kacao de l’Association des consommateurs de Côte d’Ivoire (ACCI), l’une des organisations de la société civile à l’origine de la marche.

La manifestation s’est déroulée à Cocody, le quartier où se situe la résidence du président ivoirien Laurent Gbagbo, et à Yopougon, un quartier commerçant très animé la nuit.

La police ivoirienne a fait usage de grenades lacrymogènes et de matraques pour disperser les manifestants, qui ont incendié des pneus et renversé des véhicules en stationnement.

Au plus fort de la manifestation, avant que la police antiémeute ne commence à lancer des grenades lacrymogènes, quelque 1 500 manifestants scandaient : « Nous avons faim, mettez un terme à nos souffrances », ou encore « La vie est trop chère, vous allez nous tuer ».

« Le kilo de viande de bœuf est passé de 700 francs CFA (1,68 dollar américain) à 900 francs CFA (2,16 dollars américains) en trois jours », a affirmé à IRIN Amélie Koffi, une manifestante. « Dans le même temps, le prix du litre d’huile est passé de 600 francs CFA (1,44 dollar) à 850 francs CFA (2,04 dollars) ».

« Nous ne mangeons qu’une fois dans la journée, maintenant », s’est désolée Alimata Camara, une autre manifestante. « Si les prix de la nourriture augmentent encore, mais que va-t-on donner à manger à nos enfants pour qu’ils aillent à l’école ? ».

Selon M. Kacao, l’ACCI a constaté une hausse « interminable » du prix des denrées de base au cours des trois derniers mois. Pour certains produits, les prix ont grimpé de pas moins de 30 ou 60 pour cent d’une semaine à l’autre.

« Lorsque les femmes se rendent au marché, elles ne cessent de se plaindre de l’augmentation des prix des produits. Aujourd’hui, avec 2 000 francs CFA (4,80 dollars américains), elles ne peuvent pas nourrir dans la journée une famille de cinq personnes », a déploré M. Kacou.

Pour Marcellin Kpangui, qui a créé une nouvelle organisation non-gouvernementale (ONG) appelée Non à la vie trop chère, l’augmentation du coût des denrées alimentaires en Côte d’Ivoire est due à la hausse du prix du pétrole, qui est répercutée sur les consommateurs.

« Plusieurs fois, nous avons interpellé les gouvernants [pour qu’ils fassent quelque chose], mais nous avons l’impression qu’ils sont plus sourds qu’avant », a affirmé M. Kpangui.

IRIN a souhaité recueillir la réaction du ministère du Commerce, à qui les critiques de l’ONG de M. Kpangui étaient adressées, mais celui-ci s’est refusé à faire le moindre commentaire.

Un membre du cabinet du ministre a néanmoins confié à IRIN : « Je pense que le gouvernement va intervenir à la télévision dans les heures qui viennent pour calmer les foyers ».

Yacouba Fandio, chauffeur de taxi à Abidjan, a affirmé que, comme beaucoup de gens en ville, il souhaitait prendre part aux manifestations, mais qu’il n’en avait pas encore eu l’occasion.

« À chaque fois qu’ils ont annoncé des manifestations contre la cherté de la vie, des personnes se sont désistées à la dernière minute. Cette fois, la manifestation va être totale pour se faire entendre du [gouvernement] », a-t-il déclaré.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la hausse mondiale du prix du carburant, l’augmentation de la demande en produits alimentaires sur les marchés, plus riches, d’Asie et d’Amérique latine et la demande croissante en biocarburant sont à l’origine de la hausse du prix des denrées alimentaires dans le monde.

Jusqu’à présent, l’instabilité la plus grande, résultant de cette hausse des prix a été ressentie en Afrique de l’Ouest, une région qui compte bon nombre des pays les plus pauvres de la planète.

Au Sénégal et en Mauritanie, la hausse du prix des produits faits à base de blé et de riz importés avait provoqué des manifestations à la fin de l’année 2007.

Le 30 mars, de nouveaux affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre dans la capitale sénégalaise, et la police a suspendu temporairement la diffusion d’une chaîne de télévision qui retransmettait en direct la répression policière des manifestations.

Au Cameroun, les manifestations contre la hausse des denrées alimentaires qui se sont déroulées fin février avaient donné lieu à des scènes de violence, et au Burkina Faso, cette année, des manifestations semblables ont eu lieu dans toutes les grandes villes et des centaines de manifestants ont été arrêtés.

Source IRIN
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Ven 4 Avr 2008 - 11:19

contreinfo traduction jean-luc

Traduction imparfaite (automatique à peine retouchée), mais compréhensible :

Une 'Tempête absolue’ de la Faim
Le Programme d'Aliments Mondial de l'ONU se bat alors que que les prix d'aliments et de combustible montent en flèche pendant que les nombres des gens ayant besoin de l'aide montent à travers le globe. Les millions sont en danger.

Par Edmund Sanders et Tracy Wilkinson, Los Angeles Times, 1er avril 2008

KHARTOUM, SOUDAN - Depuis 15 ans, il a été "un épicier" pour l'Afrique indigente. Mais il n'a jamais vu rien comme cela.

L'emploi de Pascal Joannes est de constater que les grains, les haricots et les pétroles remplissent une corbeille d'aliments pour les gens les plus nécessiteux du Soudan, des réfugiés Darfur à schoolchildren dans le sud aride.

Dernièrement Joannes a dépensé moins de temps en faisant des achats et plus de temps en se plongeant dans les prix courants marchandise, d'habitude dans l'incrédulité.

“Les haricots blancs à $1 160,” le belge à-cheveux-blanc, 52 ans, crie dans le désespoir sur le prix d'une tonne métrique. “Folie complète! Je les ai achetés il y a deux ans en Éthiopie pour $235 .”

Joannes est la tête d'obtention au Soudan pour le Programme d'Aliments Mondial, l'agence de Nations Unies responsable de soulager la faim mondiale.

Les aliments météoriques et les prix du combustible, un dollar chutant, la demande pour biocarburants et une suite de pauvres récoltes se sont combinés pour soudainement multiplier les frais d'exploitation de WFP, même comme l'augmentation de besoins. Autrement dit, si le nombre des gens nécessiteux est resté constant, il faudrait beaucoup plus d'argent pour les nourrir. Mais le nombre des gens ayant besoin de l'aide monte radicalement. Il est que le Directeur exécutif WFP Josette Sheeran appelle “la tempête absolue" frappe le monde affamé.

L'agence le mois dernier a lancé un appel d'urgence à l'argent pour couvrir un déficit correspondant à plus d'un demi-milliard de dollars et en augmentation. Il a dit qu'il devrait réduire des rations d'aliments ou priver les gens entièrement.

Les plus vulnérables sont les gens comme ceux au Soudan, que Joannes se bat pour nourrir et qui dépendent lourdement, peut-être exclusivement, de l'aide. Mais au moins comme alarmant, les fonctionnaires de WFP disent, est l'émergence d'une communauté de nouveaux nécessiteux.

Ceux-ci sont les gens qui avant mangeaient trois repas par jour et pouvaient se permettre des soins médicaux normaux ou envoyer leurs enfants à l'école. Ils vivront mieux dans les régions urbaines et achèteront la plupart de leurs aliments dans un marché.

Ce sont les pauvres citadins en Afghanistan, où le gouvernement a demandé l'aide urgente. Ce sont des familles en Amérique Centrale, qui ont reçu des versements de parents à l'étranger, mais qui ne peuvent plus joindre les deux bouts alors que le prix de grain et de haricots double presque .

“C'est clairement une nouvelle clientèle,” a déclaré John Aylieff, le coordinateur d'urgence pour la division d'évaluation du WFP, au siège social de Rome de l'agence.

Aylieff et son personnel évaluent la vulnérabilité des gens dans 121 pays. On a jugé qu'environ 40 des nations sont menacées de la faim sérieuse, ou en subissant déjà.

Les critères incluent : combien font le pays compte sur les aliments importés; comment grand est la population urbaine; ce qui est le taux actuel d'inflation et que portion de leur revenu font les familles dépensent sur les aliments (au Burundi, par exemple, c'est 77 %; aux Etats-Unis c'est 10 %).

À court terme, les fonctionnaires prédisent des émeutes alimentaires et des troubles politiques, comme s'est produit dans les semaines dernières au Pakistan, l'Indonésie et l'Egypte. En Egypte, les insuffisances de gouvernement - le pain subventionné a récemment déclenché des grèves, des démonstrations et une violence dans laquelle sept personnes sont mortes.

À un terme plus long, la santé générale se détériore et le niveau d'éducation décline.

“Finalement ils finissent par vendre leurs capitaux productifs [et] ce qui signifie presque qu'ils resteront économiquement indigents, même quand les choses reviendront à la normale,” a dit Arif Husain, le conseiller de programme aîné pour la division d'évaluation, qui a récemment bougé au siège social de Rome du WFP après les années au Soudan.

Les pays prennent des mesures pour éviter la famine étendue. Certains, comme l'Egypte et l'Indonésie, ont vite développé des subventions; d'autres, comme la Chine, ont interdit des exportations d'articles précieux.

L'Afghanistan était le premier pays à demander l'aide d'urgence. Le président Hamid Karzai en janvier a demandé à l'agence de nourrir 2,5 millions de personnes supplémentaires, la plupart d'entre eux les pauvres urbains, en plus des 5 millions de personnes rurales que l'agence nourrit déjà .

À Kaboul, la capitale afghane, Abdul Fatah et sa femme Nooriya élèvent leurs cinq enfants sur son salaire d'enseignant; il a perdu son emploi gouvernemental il y a une année.

“La vie devient plus dure jour après jour,” a dit Fatah, qui a 45 ans, mais semble bien plus vieux. “Nous ne pouvons pas même acheter de la viande une fois par mois.”

Le prix de blé en Afghanistan est monté par plus que les deux tiers dans l'année dernière. puisque les produits de base comme le riz, le pétrole et les haricots sont aussi chères, Fatah et sa femme sont quelquefois incapables d'acheter des stylos et des cahiers pour les enfants pour utiliser dans l'école. Incapable de se permettre tant les aliments que le pétrole de lampe, la maison va dormir tôt.

La femme d'intérieur de Kaboul Mahmooda Sharif, mère de trois enfants, a dit qu'au lieu de manger la viande deux fois par semaine, sa famille peut maintenant se le permettre seulement deux fois par mois. Le prix d'aliments rivalise avec les frais scolaires et les factures médicales. Elle a retardé des visites dentaires parce qu'elle ne peut pas se permettre eux.

Un monde loin à Salvador, dans les collines qui ont une fois produit des récoltes abondantes de café, les signes de malnutrition s'étend.

Les Salvadorans ont besoin deux fois plus d'argent pour acheter la même quantité d'aliments qu'ils pouvaient acheter il y a une année, ce qui signifie que leur valeur nutritive nutritive est coupée dans la moitié, le WFP dit.

“Mes enfants demandent des aliments et comment puis-je ne pas les nourrir ? Ils demandent quelques oeufs, haricots et je le leur donne,” a dit Maria De Las Mercedes Ramirez, une mère de 41 ans de cinq enfants. “Moi, en tant que mère, je mangerai moins.”

Les Ramirezes sont une des quelque 70 familles vivant dans les baraques sur une plantation de café désolée près de la ville de Taltapanca, abandonné il y a plus d'une décennie quand les prix de café se sont effondrés. La plupart des familles sont dirigées par les mères; les pères partent pour trouver le travail dans la capitale salvadorienne, ou sortent du pays.

Ramirez vit avec environ $80 par mois qui vient des salaires que son mari envoie et peu elle peut profiter d'un emploi occasionnel taillant des usines de café. Que Ramirez dépense sur le grain a grimpé de plus de 50 % dans quelques mois derniers, l'huile de cuisson est en hausse de 75 % et les haricots ont doublé de prix.

Beaucoup de familles dépendent lourdement des écoles qui donnent aux étudiants un repas un jour.

“Vous pouvez voir beaucoup d'inquiétude dans leurs visages quand ils viennent pour recueillir leurs gamins,” a dit le chef Delsy Amilia Chavez des mères. “Et certaines des mères sont anémiques. Ils ne peuvent pas se permettre de manger de haricots et ne reçoivent pas le fer dont ils ont besoin.”

Les repas scolaires sont fournis par le WFP, mais l'agence transfère le programme au gouvernement et dit que quelques écoles ont été incapables de les continuer.

Carlo Scaramella, le directeur de pays WFP à Salvador, a dit que les ouragans et la sécheresse l'année dernière ont ajouté 160 000 personnes supplémentaires aux 100 000 que l'agence nourrissait déjà . Un million sont menacés, il a dit.

En Egypte, le Président Hosni Mubarak a ordonné aux boulangeries militaires qui produisent 1,2 millions de pains par jour de verser plus de pain sur le marché général.

Le gouvernement a aussi alloué presque $1 milliard de subventions pour le pain en 2008. Il subventionne 210 millions de pains de pain rond plat un jour, l'article principal sur le menu quotidien de la plupart d'Égyptiens. Comme les prix marchandise sont montés, le pain subventionné est devenu précieux et les luttes ont éclaté dans les queues aux boulangeries et aux magasins.

Le prix de pain non subventionné est monté 10 fois et le riz a doublé dans une semaine simple, a dit Farag Wahba Ahmed, un fonctionnaire avec la Chambre de commerce de l'Egypte.

Au Soudan, où le WFP supervise la plus grande opération d'aliments d'urgence dans le monde, les fonctionnaires d'aide font le brouillon des plans d'éventualité pour s'occuper de plus petites réserves. Dans Darfur, surtout, ils doivent marcher soigneusement.

“Il n'y a aucune façon que nous pouvons entrer et dire, ‘Nous n'avons plus d'aliments,’” Joannes a dit. “Il créerait des émeutes.”

Darfur, la région assiégée dans le Soudan occidental, représente trois quarts de l'opération du WFP ici, qui l'en somme distribue 632,000 tonnes métriques d'aliments évalués à $700 millions à 5.6 millions de personnes (plus qu'en Afghanistan, Bangladesh et Indonésie combinée).

Le WFP a cherché à baisser des prix en tournant aux marchés régionaux pour acheter des aliments. L'achat des fermiers locaux aide le budget comme il élimine des prix maritimes. Mais parce que le WFP est un tel grand acheteur, il doit être prudent de ne pas dénaturer le marché.

Une augmentation de 30 % dans les prix au Soudan dans les quatre mois derniers est blâmée principalement sur les prix montant pour le sorgho localement produit. Le WFP absorbe déjà 6 % de la production nationale et craint que l'achat plus déstabilise le marché.

Joannes se vante qu'il a trouvé un bon filon avec un mélange de lentilles de l'Éthiopie, en les achetant pour seulement $700 la tonne métrique, beaucoup moins que le taux allant pour les haricots blancs. Mais les affaires sont dures à trouver.

En arrière à Rome, le Ménage de Nicole, la tête du service d'obtention d'aliments, reçoit tous les jours, quelquefois toutes les heures, les rapports sur les prix montant et les réserves tombant. Il ressemble à un jeu de société gigantesque, avec les morceaux mouvants multiples.

Elle et ses associés l'année dernière ont réussi à trouver en Chine 12 000 tonnes de maïs nécessaires d'urgence dans la Corée du Nord proche. Alors, subitement, la Chine donnée une claque sur un interdit d'exportation et l'agence a fini par devenir trouver le maïs en Tanzanie.

“Le seul instrument que nous avons doit tendre le filet autant que possible,” a-t-elle dit.

Reportage de Sanders de Khartoum et de Wilkinson de Rome. Le correspondant spécial M. Karim Faiez à Kaboul, Noha El-Hennawy du Bureau de Caire du Times et du correspondant spécial Alex Renderos dans Taltapanca ont contribué à ce rapport.
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Ven 4 Avr 2008 - 17:32

Matières premières agricoles : des hausses de prix explosives
LE MONDE | 04.04.08 | 14h14 •



Un mort à Abidjan, en Côte d'Ivoire, mardi 1er avril, plusieurs dizaines de manifestants incarcérés au Sénégal lundi 31 mars, ainsi qu'au Burkina Faso, et au Cameroun dans les jours précédents : la liste s'allonge de protestations plus ou moins pacifiques "contre la vie chère". En 2007, c'était au Mexique et au Maroc.


Des stocks toujours plus basMême si la production de céréales a augmenté en 2007, et devrait, selon la FAO, encore progresser en 2008, elle ne permet pas de satisfaire la demande mondiale, en forte hausse. Par conséquent, d'une année sur l'autre, les stocks mondiaux s'amenuisent.

A la fin de la campagne 2008, ces stocks devraient avoir perdu encore 5 %, et leur volume devrait être le plus faible depuis 1982. La diminution des stocks de blé devrait être particulièrement importante, estime la FAO. Ce qui explique que la tension sur les prix devrait continuer.

[-] fermerCar "la vie chère", c'est l'explosion des prix alimentaires sous l'effet de la hausse générale des matières premières agricoles : selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ils ont augmenté de près de 40 % en 2007 au niveau mondial. Le blé (au plus haut depuis vingt-huit ans), le maïs, le riz, le soja, le colza ou l'huile de palme ont vu doubler, voire tripler, en deux ans leurs cours au grand dam des populations pauvres dont les revenus ne progressaient pas autant.

Par la voix de son président, Robert Zoellick, la Banque mondiale a décrété, mercredi 2 avril, qu'il fallait de toute urgence lancer un "new deal" alimentaire pour éviter que 33 pays connaissent des troubles politiques et sociaux.

Des causes multiples. Ces hausses sont dues à une demande accrue des pays émergents suscitée par la poussée démographique, mais aussi par une hausse du niveau de vie en Asie. Le monde agricole n'a pas pu suivre cette poussée de la demande, car les terres se raréfient en raison de l'urbanisation accélérée, en Chine comme en Inde, et à cause d'une productivité agricole toujours insuffisante dans les pays en développement. Le réchauffement climatique contribue à aggraver les phénomènes de sécheresse ou d'inondation qui détruisent les récoltes. La hausse des prix de l'énergie a provoqué celle des intrants (semences, pesticides, engrais).

L'utilisation des céréales, de la canne à sucre et des oléagineux pour la fabrication d'agrocarburants a encore aggravé la situation. La spéculation a profité de ces tensions pour jouer les prix agricoles à la hausse et placer des capitaux sur ces marchés devenus un refuge contre les fluctuations du dollar ou contre l'inflation renaissante.

Le riz, dont le prix a augmenté de 30 % en deux semaines - "du jamais-vu", selon Patricio Mendez del Villar, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) -, est un cas d'école : ce petit marché subit les aléas climatiques de l'Australie et les réactions protectionnistes de la Thaïlande, du Vietnam, de l'Inde, de l'Egypte, etc. Les fonds d'investissement en ont donc fait un "véhicule" spéculatif de choix depuis trois mois. Aux Philippines, à Madagascar, au Sénégal, la colère populaire enfle.

Des populations particulièrement fragiles. Contrairement aux pays occidentaux où la part de l'alimentation dans les revenus des ménages atteint 10 % à 20 %, elle est de 60 % à 90 % dans les pays pauvres. L'augmentation des cours des céréales y est par conséquent plus sensible, surtout pour les urbains, qui ne produisent pas de denrées.

Les pays eux-mêmes sont plus ou moins fragilisés, selon leurs dépenses pour les importations de blé, de riz ou de maïs, bases de l'alimentation mondiale. Parmi eux, ceux que la FAO appelle les pays à faible revenu et déficit vivrier (PFRVD), souvent situés en Afrique, sont dans des situations très difficiles. Si le volume de leurs importations pourrait légèrement diminuer en 2008, du fait de bonnes récoltes, l'envolée des céréales et du fret devrait tout de même alourdir leur facture de 35 %, pour la deuxième année consécutive. Et de 50 % en Afrique, notamment au Maroc, au Lesotho et au Swaziland.

Des remèdes à double tranchant. Pour sécuriser leurs approvisionnements en denrées à prix accessibles aux consommateurs, les Etats, quand ils en ont les moyens, ont pris différents types de mesures, en jouant sur la production, les exportations ou les importations. Mais les marchés agricoles étant très petits (seulement 17,2 % des volumes totaux de blé sont échangés sur le marché mondial, 12,5 % du maïs, 7 % du riz), chaque décision crée, par ricochet, davantage de tensions ailleurs.

La FAO s'alarme de telles initiatives. "Ce n'est pas avec des décisions unilatérales que le problème se réglera", déclarait son directeur général, Jacques Diouf, fin janvier dans Le Monde, appelant les Etats à prendre des décisions stratégiques en matière d'alimentation mondiale, mais collectivement.

Où produire plus ? Sachant que, dans les pays développés, la productivité et les surfaces sont à leur plus haut niveau, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la FAO ont appelé, mi-mars, les pays d'Europe de l'Est et de la Communauté des Etats indépendants - Russie, Ukraine et Kazakhstan particulièrement -, à doper leur production. Leur potentiel est important : près de 23 millions d'hectares de terres arables n'y sont plus utilisés pour l'agriculture depuis quelques années, et 13 millions pourraient être récupérés sans "coût environnemental majeur". Mais tout est question d'investissement des secteurs publics et privés.

L'Amérique du Sud est l'autre réservoir foncier potentiel et pour toutes les cultures ; par exemple, on estime à quelque 20 millions d'hectares les superficies qui pourraient être mises en culture au Mato Grosso brésilien. Cette extension ne pourrait se faire qu'au détriment de la forêt amazonienne et devrait donner lieu à des débats sur les équilibres écologiques.
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Mar 8 Avr 2008 - 10:30

20minutes 8/04
Crainte de nouvelles «émeutes du pain» en Egypte


Les forces de sécurité ont tué la protestation dans l'oeuf. Mais dans une Egypte en proie à une grave crise sociale, l'impressionnant déploiement policier de dimanche montre que les autorités avaient pris très au sérieux l'appel à la mobilisation contre la hausse des prix qui circulait depuis quelques jours sur Internet et via SMS. Plus de 200 personnes ont été arrêtées avant-hier dans tout le pays. Dans le sillage de l'appel lancé par les ouvriers de Mahalla el-Kubra, dans le delta du Nil, des groupes d'opposition minoritaires, tels Kefaya (Ça suffit!), avaient appelé à une extension du mouvement à tout le pays, en protestation contre «la vie chère».

Les prix des denrées de base comme la farine s'envolent. Face à cette inflation, les plus démunis - 44% des Egyptiens vivent avec moins de deux dollars par jour - achètent du pain subventionné, moins cher. Du coup, les files d'attente s'allongent devant les fours. Cette crise fait la une de la presse, qui rapporte que plusieurs personnes auraient trouvé la mort dans les queues, réveillant le spectre des «émeutes du pain» de 1977, qui, violemment réprimées, s'étaient soldées par quelque soixante-dix morts. Le ministère de l'Intérieur avait prévenu qu'il prendrait «des mesures fermes et immédiates ». Promesse tenue: le centre-ville du Caire était en état de siège. Les initiateurs du mouvement appelaient à une opération «villes mortes». Mais la plupart des commerces étaient ouverts. «Les gens ont peur de manifester, ils participent en restant chez eux», veut croire Shahinaz, membre de Kefaya. Pour Walid, «les gens du peuple pensent d'abord à leur repas du lendemain; j'ai la chance de venir d'un milieu aisé, alors je proteste pour eux». A défaut de braver les interdits dans la rue en défilant, Shahinaz comme Walid et quelques centaines de personnes ont organisé un sit-in sur les marches du syndicat des avocats face à un impressionnant dispositif policier. Un homme tient une pancarte résumant les revendications du jour: «La liberté et le pain».



Au Caire, L. Roche


20 Minutes, éditions du 08/04/2008 - 07h23
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juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Mar 8 Avr 2008 - 16:57

contreinfo Mis à Jour le : 7 avril 2008 14:30
Le maïs atteint les 6 dollars le boisseau sur un marché de plus en plus tendu
7 avril 2008Le prix du maïs continue à monter et a atteint un record à 6 dollars le boisseau jeudi, entraîné à la hausse par les prévisions de production insuffisante. Le prix de la viande et des produits alimentaires en subiront le contrecoup, et la filière maïs éthanol voit sa rentabilité remise en cause.


Par Stevenson Jacobs, AP, 3 avril 2008 (adaptation)

Les cours du maïs ont augmenté de près de 30% cette année en raison de la diminution des stocks et d’une demande croissante pour les céréales utilisées pour nourrir le bétail et la production de carburants de substitution, dont l’éthanol. Les prix devraient encore monter après l’annonce faite cette semaine par le gouvernement américain qui prévoir qu’aux USA, le plus grand producteur mondial, les agriculteurs vont mettre en culture en 2008 des surfaces nettement inférieures à celles de l’an dernier.

« Il s’agit d’un marché piloté par la demande et nous pourrions ne pas avoir suffisamment d’hectares plantés pour répondre à celle-ci. Cela vient s’ajouter aux tendances spéculatives à la hausse sur le maïs », déclare Elaine Kub, une analyste du marché des grains basée à Omaha dans le Nebraska.

Le cours du maïs sur les contrats du mois de Mai a augmenté de 4,25 cents pour s’établir à 6 dollar le boisseau de 35 litres sur le marché à terme de Chicago

La demande mondiale de maïs pour la nourriture du bétail et la production de biocarburants exerce une pression énorme sur l’approvisionnement. Avec cette nouvelle annonce sur une production américaine moindre, la pénurie ne fera que s’aggraver. Le département américain de l’Agriculture prévoit que les exploitants ne planteront que 34 millions d’hectares de maïs en 2008, soit une baisse de 8% par rapport à l’an dernier.

De plus, le temps froid et pluvieux régnant aux USA dans certaines régions de production du maïs pourrait retarder les semis de printemps, ce qui pèserait encore plus sur les prix.

Alors que les producteurs de maïs engrangent des profits records, les consommateurs américains peuvent s’attendre à voire leurs factures d’alimentation continuer à grimper, en particulier pour la viande et la viande de porc - dont les éleveurs sont obligés de répercuter l’augmentation des coûts et de réduire la taille de leurs troupeaux.

De plus, le maïs et le sirop de maïs sont utilisés dans toute une gamme de produits, ce qui signifie que des bonbons aux sodas tous les prix partiront à la hausse, observent les spécialistes du secteur. C’est là une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les consommateurs américains, qui sont déjà aux prises avec des coûts plus élevés des aliments après les hausses record sur le prix du blé, du soja et d’autres produits agricoles.

La filière des biocarburants est également victime des tensions sur les cours, qui compriment ses bénéfices avec le prix de l’éthanol à 2,5 dollars le gallon soit 4,25 litres.

« Pendant des années, le maïs était bon marché et les procédés de fermentation pour la production d’éthanol sont devenus prépondérants dans l’industrie des biocarburants en Amérique du Nord », rappelle Michael Jackson, président de Syntec Biocarburant. « Maintenant, que le prix du maïs dépasse largement les 5 dollars le boisseau, l’économie de la filière éthanol du maïs est remise en cause. »

Les 147 usines de production d’éthanol américaines ont la capacité de fournir 8,5 milliards de gallons de carburant chaque année, indique la Renewable Fuels Association. Le maïs est la matière première de base pour la plupart de ces usines et environ 20% des 13 milliards de boisseaux de maïs produits l’année dernière ont été utilisés par la filière éthanol. Ce pourcentage devrait passer à 30% pour la prochaine saison agricole, qui se termine le 31 août 2009, note Terry Francl, économiste à l’American Farm Bureau Federation.

Il existe des projets de construction ou d’agrandissement pour 61 usines, ce qui ajouterait environ 5,1 milliards de gallons de capacité. Toutefois, avec les prix du maïs qui ont grimpé au cours des dernières années, la construction de plusieurs usines a été interrompue ou retardée, ce qui devrait réduire d’environ 500 millions de gallons les estimations initiales.

Une usine au moins, Alchem située à Grafton dans le Dakota du Nord, a fermé à la fin de l’année dernière en raison des prix élevés, et un projet a été interrompu au cours du dernier semestre.

Avec un maïs à 6 dollars, les producteurs conservent une marge brute, mais la rentabilité n’est plus assurée, observe Ron Oster, analyste chez Broadpoint Capital.

« Les résultats nets sont proches de zéro ou légérement négatifs », fait-il remarquer.

A l’avenir, seuls les plus gros producteurs d’éthanol survivront à l’ère de la perpétuelle hausse des prix du maïs, prévoit M. Ian Horowitz, de Soleil Securities.


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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 10:12

rue89

Le prix des céréales provoque la révolte du tiers-monde


Par Pascal Riché | Rue89 | 09/04/2008 | 17H00


La flambée mondiale des prix des céréales fait basculer de nombreux pays pauvres dans la faim et la révolte.

Haïti vient de vivre une nouvelle journée de révoltes, qui a déjà fait quatre morts. En Egypte, la population est écrasée par l'inflation galopante, qui touche les produits alimentaires. Au Cameroun, on compte des dizaines de morts depuis le début du mois. Une grève générale a paralysé mardi Ouagadougou, capitale de Burkina Faso. Argentine, Yemen, Zimbabwe, Mexique, Sénégal, Bangladesh, Philippines, Guinée, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Ouzbékistan… une trentaine d'autres pays ont aussi connu, ces derniers jours, des troubles liés à la hausse des prix.
La flambée des prix est une catastrophe pour les familles du tiers-monde, dont le revenu est consacré à hauteur de 70% à l'alimentation, contre 15% dans les pays développés. Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, met en garde contre le risque d'un "vrai tsunami économique et humanitaire" en Afrique. Selon Bob Zoellick, président de la Banque Mondiale, la situation risque, dans certains pays comme l'Indonésie, d’annuler tous les progrès faits au cours des dix dernières années sur le front de la lutte contre la pauvreté... Revue de presse internationale.
Le quotidien la Stampa, en Italie, titre "splode la grande fame, Paesi poveri in rivolta": la grande faim explose, révoltes dans les pays pauvres.

" La FAO estime que la hausse a été en 2007 de 40% en moyenne pour le blé, qui est à son prix le plus haut depuis vingt ans, de même que le maïs, le riz mais aussi le soja, le colza et l'huile de palme qui maintienne en vie, plus ou moins, les populations immenses des pays pauvres. Hypnotisés par l'augmentation du prix du pétrole, les pays riches ne se sont pas rendus compte qu'un phénomène encore plus insidieux s'est développé: une famine mondiale. Pour les 2/3 de la planète une variation du prix du riz et de la farine signe le passage brutal à la faim."
Le Temps en Suisse évoque des émeutes de la faim sans précédent, rappelant comment tout a commencé:

"Les premières émeutes de la faim ont eu lieu au début de l'année dernière au Mexique, où le maïs et le blé, ingrédients nécessaires pour les tortillas avaient augmenté de plus de 40% par rapport à l'année précédente. (…) La goutte d'eau qui a fait déborder le vase en ce début d'avril est la flambée du riz. Son prix s'est envolé de 50% en l'espace de deux semaines suite à diverses actions visant à limiter les exportations, au Vietnam, en Thaïlande et en Inde. La semaine dernière, le cours a touché le sommet historique de 1000 dollars la tonne. Pour la moitié de l'humanité pour qui le riz est l'aliment de base, le calvaire est loin d'être fini".
Le Vietnam, la Thaïlande et l'Inde ne sont pas les seuls à avoir restreint les exportations. Le Cambodge, l'Egypte ont fait de même. Aux Philippines, l'armée a même été chargée de distribuer du riz dans les quartiers pauvres de Manille.
Cette situation a des causes multiples: disparition de terres agricoles (sous le double impact de l'urbanisation et de la désertification), hausse de la demande (liée au développement de certains pays), connexion des marchés de l'énergie et des marchés alimentaire (par le truchement des biocarburants)… A ce propos, Radio Canada rappelle qu’en 2008, "près de 18 % de la production céréalière américaine servira à la production d’éthanol."
Un article du New York Times, ici traduit sur Sudonline, évoquait récemment le rôle joué par un virus:

"Au Vietnam, un obscur virus a arrêté, depuis trois ans, la croissance jusque là continue des niveaux de production de riz. Selon Sushil Pandey, économiste agronome à l’Institut International de Recherche sur le Riz de Manille, jusqu’à ces dernières années, les probabilités d’évolutions rapides des prix étaient neutralisées par la tendance de nombreux gouvernements à constituer de larges réserves de riz afin de garantir leur sécurité alimentaire.
Mais le maintien de ces stocks engendrait un coût. Les gouvernements les ont donc réduits au cours de la dernière décennie, alors que la consommation mondiale de riz tendait à dépasser la production.
Les quantités relativement faibles qui échangées par-delà les frontières, combinées à des réserves réduites, permettent aujourd’hui d’importantes variations des prix lors d’interruptions dans les approvisionnements. Dans le même temps, les prix fixés sur le marché international du riz ont un impact de plus en plus sensible sur les prix pratiqués au sein des pays. Ceci s’est particulièrement vérifié à l’ère d’Internet et des téléphones mobiles, qui permet aux fermiers des régions les plus reculées de connaître les prix et d’apprécier la justesse de celui proposé par leurs propres acheteurs.
Le site Univers Nature publie la courbe impressionnante du prix du riz depuis 2000: "Pour la deuxième année consécutive, la hausse de la production
mondiale de riz est inférieure à la croissance démographique, ce qui
entraîne une diminution de la quantité disponible par habitant."


"Actuellement la population mondiale consomme plus de riz qu’elle n’en produit ; les stocks mondiaux ne cessent de diminuer et atteignent des niveaux critiques. En sept ans, les stocks de riz blanc ont été divisés par deux, passant de 147 millions de tonnes en 2000 à 71 millions en 2007. La situation est d’autant plus dramatique que comme le rappelle la FAO : « Le riz est l'aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale. Pour ne citer qu'un exemple, en Asie, plus de 2 milliards de personnes tirent 60 à 70 % de leur apport énergétique du riz et de ses dérivés".
Cette crise alimentaire menace la sécurité internationale, titre le quotidien britannique The Guardian, qui cite Sir John Holmes, secrétaire général adjoint de l'ONU, chargé des affaires humanitaires. Sir John s'exprimait depuis Dubai, après deux jours d'émeutes en Egypte:

"Les implications sur la sécurité ne devraient pas être sous-estimées, alors que des émeutes sont constatées à travers la planète. La tendance prise par les prix de l'alimentation devrait accroître l'insécurité alimentaire à la fois dans ces conséquences et dans sa gravité."
La crise actuelle a renforcé le procès contre les biocarburants. Naguère, ceux-ci étaient considérés par une partie des écologistes comme l'une des alternatives possibles au pétrole. Mais leurs partisans sont de moins en moins nombreux. L'exploitation de biocarburants se fait en effet au détriment des autres cultures. Et lorsque les prix du pétrole flambent, cela se répercute sur les prix de ces produits, et du même coup sur les prix de tous les autres produits agricoles. D'où le titre du magazine américain "reason" (proche des libertariens): "La grosse erreur verte". Le problème tient en trois mots, selon le magazine:

"Stupides politiques de l'énergie. Bien qu'ils ne se substituent pas parfaitement l'un à l'autre, le pétrole et le gaz naturelle ont tendance à évoluer de conserve. Quand les prix du brut sont passé au dessus de la barre de 100 dollars le baril, les prix du gaz ont suivi. Or le gaz naturel est l'élément principal à la fabrication d'engrais azotés. De même que les prix du gaz ont bondi, celui des engrais ont grimpé de 200% (…) L'augmentation des prix du brut contribuent également à celle des prix alimentaires, parce que les agriculteurs dont besoin d'essence pour leurs tracteurs et pour acheminer leurs denrées vers les marchés. Mais il y a pire: la folie du bioethanol. Les hommes politiques, à la fois aux Etats-Unis et dans l'Union européenne exigent que de larges quantités de nourriture soient transformées en carburant, obsédés qu'ils sont par la chimérique poursuite de l'indépendance énergétique."
Selon Reason, 100 million tonnes de céréales seront transformées cette année en carburants, ce qui mettra les stocks planétaires à leur plus bas niveau depuis des décennies. Or, 100 millions de tonnes peuvent nourrir 450 millions de personnes pendant un an…
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 11:07

contreinfo

Mis à Jour le : 9 avril 2008 17:01
Paul Krugman : Tempête sur les grains
9 avril 2008« Les terres consacrées aux cultures de biocarburants de synthèse ne sont plus disponibles pour les cultures vivrières, ce qui fait que les subventions aux biocarburants sont un facteur majeur dans la crise alimentaire. On pourrait décrire les choses de cette façon : les gens meurent de faim en Afrique afin que les hommes politiques américains puissent gagner des voix dans les Etats agricoles des USA. » Fidel Castro l’avait prédit, Paul Krugman le confirme : les biocarburants provoquent la famine.


Par Paul Krugman, New York Times, 7 avril 2008

On entend beaucoup parler de la crise financière ces jours-ci, mais n’oublions pas qu’une autre crise mondiale est en cours, et qu’elle concerne beaucoup plus d’hommes et de femmes.

Il s’agit de la crise alimentaire. Au cours des dernières années, les prix du blé, du maïs, du riz et d’autres denrées alimentaires de base ont doublé, voire triplé, et la majeure partie de ces augmentations ont eu lieu uniquement durant ces derniers mois. Si les prix plus élevés des produits alimentaires sont une gêne pour les Américains, même relativement aisés, ils ont un impact réellement dévastateur dans les pays pauvres, où la nourriture compte souvent pour plus de la moitié des dépenses d’une famille.

Il y a déjà eu des émeutes de la faim dans le monde. Les pays producteurs, de l’Ukraine à l’Argentine, limitent leurs exportations pour tenter de protéger leurs consommateurs nationaux, ce qui conduit à des protestations de la part des agriculteurs en colère - et aggrave encore la situation des pays qui ont besoin d’importer des produits alimentaires.

Comment est-ce arrivé ? La réponse tient en une combinaison de tendances à long terme, de circonstances défavorables - et de politiques inadaptées.

Commençons par les circonstances que l’on ne peut attribuer à une faute de quiconque.

Tout d’abord, il y a la progression du nombre de chinois consommateurs de viande, le nombre croissant de personnes dans les économies émergentes qui sont pour la première fois suffisamment riches pour commencer à se nourrir comme les Occidentaux. Il faut environ 700 calories de nourriture animale pour produire 100 calories de viande bovine, et ce changement de régime alimentaire entraîne une augmentation de la demande globale de céréales.

Deuxièmement, il y a le prix du pétrole. L’agriculture moderne est très intensive en énergie : elle en consomme une grande quantité pour la production d’engrais, l’usage des machines agricoles, sans oublier le transport des produits de la ferme au consommateur. Avec la persistance du pétrole au-dessus de 100 dollars par baril, les coûts de l’énergie sont devenus un facteur important poussant à la hausse les prix agricoles.

Le prix élevé du pétrole, soit dit en passant, a également beaucoup à voir avec la croissance de la Chine ainsi que des autres économies émergentes. Directement et indirectement, la croissance de ces puissances économiques entre en concurrence avec le reste du monde pour s’approprier les ressources rares dont font partie le pétrole et les terres agricoles, ce qui entraîne une hausse des prix des matières premières de toutes sortes.

Troisièmement, il y a eu une série de conditions climatiques défavorables dans les principales régions de production céréalière. En particulier, l’Australie, qui est normalement le deuxième plus grand exportateur de blé, a été atteinte par une sécheresse dramatique.

J’ai écrit que ces différents facteurs à l’origine de la crise alimentaire ne sont imputables à quiconque, mais ce n’est pas tout à fait vrai. L’essor de la Chine et des économies émergentes est la principale force motrice des prix du pétrole, mais l’invasion de l’Irak - qui allait selon ses partisans amener un pétrole bon marché - a aussi réduit l’approvisionnement en pétrole à un niveau inférieur à ce qu’il aurait été sans cela.

Et les mauvaises conditions météorologiques, en particulier la sécheresse en Australie, sont probablement liées aux changements climatiques. Donc les hommes politiques et les gouvernements qui ont contrecarré l’action contre les gaz à effet de serre portent aussi une certaine responsabilité dans ces pénuries alimentaires.

Toutefois, là où les effets d’une mauvaise politique sont manifestes, c’est dans la croissance de ces « diables » qui ont pour noms éthanol biocarburants.

Les subventions accordées à la conversion des cultures vers les biocarburants étaient censées promouvoir l’indépendance énergétique et contribuer à limiter le réchauffement de la planète. Mais cette promesse était, comme le magazine Time l’a carrément écrit, une « escroquerie ».

C’est particulièrement vrai dans le cas de l’éthanol produit à partir du maïs : même en se basant sur des estimations optimistes, la production d’un litre d’éthanol à partir de maïs nécessite d’utiliser majeure partie de l’énergie que contient ce litre. Mais il se trouve que même des politiques apparemment « bonnes » en faveur des biocarburants, comme celle du Brésil prônant l’utilisation de l’éthanol produit à partir de la canne à sucre, ont pour résultat d’accroître le rythme du changement climatique, en accélérant celui de la déforestation.

Dans le même temps, les terres consacrées aux cultures de biocarburants de synthèse ne sont plus disponibles pour les cultures vivrières, ce qui fait que les subventions aux biocarburants sont un facteur majeur dans la crise alimentaire. On pourrait décrire les choses de cette façon : les gens meurent de faim en Afrique afin que les hommes politiques américains puissent gagner des voix dans les Etats agricoles des USA.

Et au cas où vous vous posiez la question, sachez que tous candidats restant en course pour la présidentielle ne valent guère mieux sur cette question.

Une dernière chose : l’une des raisons pour laquelle la crise alimentaire a pris aussi rapidement des proportions si dramatiques c’est parce que les principaux acteurs du marché des céréales ont fait preuve d’un coupable laisser aller.

Les gouvernements et les vendeurs de céréales du secteur privé maintenaient habituellement des stocks importants, pour le cas où une mauvaise récolte aurait provoqué une pénurie soudaine. Au fil des ans, toutefois, on a autorisé ces stocks de précaution à diminuer, principalement parce que tout le monde en était venu à imaginer que les pays souffrant de mauvaises récoltes pourraient toujours importer la nourriture dont ils avaient besoin.

Cet état de fait a rendu l’équilibre des ressources alimentaires mondiales très vulnérable à une crise affectant de nombreux pays à la fois - de la même façon que la commercialisation de titres financiers complexes, censée répartir les risques, a rendu les marchés financiers mondiaux très vulnérable aux chocs systémiques.

Que faut-il faire ? Le besoin le plus immédiat c’est d’aider davantage les familles en détresse : les Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies a lancé un appel désespéré pour obtenir des fonds.

Nous avons également besoin de prendre des mesures de limitation contre les biocarburants, qui s’avèrent avoir été une terrible erreur.

Mais il difficile d’apprécier l’impact que pourraient avoir de telles mesures. Les produits alimentaires bon marché, comme le pétrole bon marché, appartiennent peut-être au passé.


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juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 11:17

Bon, je vais dire quelque chose...
Depuis que je poste des articles sur ce problème qui me semble le plus important qui soit, au delà de nos petites contingences nationales, et de notre bien-être égoiste, je constate que non seulement peu de gens les lisent mais qu'en plus ça ne semble pas interesser les lecteurs.
C'est pourtant , à mon avis, un pb qui d'ici peu provoquera la déstabilisation économique et politique dans de nombreux pays, que l'émigration forcée de tous ces affamés , viendra un jour déstabiliser nos petites certitudes...
A force de se regarder le nombril, on oublie l'essentiel...

Ah ! La faim ! La faim ! Ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait des révolutions ; elle en fera bien d'autres !
[Gustave Flaubert]
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 11:20

La difficulté, c'est qu'on ne peut réfléchir à ça que dans un contexte mondial. Il faut donc des pistes pour lutter contre les actions néfastes. Contre TOUTES.
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juju41

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 11:29

je ne connais pas la solution à ce pb, mais je sens bien que si les puissants de ce monde ne remettent pas en question la finalité de l'économie mondiale, notre civilisation finira en un bain de sang généralisé, on ne peut pas continuer à ignorer les 4/5 des Hommes pour le bien-être du 1/5 ème.Peut-être qu'au fond, c'est la solution, la Décadence,et sur ces ruines, une autre civilisation naitra, pas forcément celle que l'on espère...
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 11:36

juju41 a écrit:
On ne peut pas continuer à ignorer les 4/5 des Hommes pour le bien-être du 1/5 ème.
Exact, mais d'autant moins évident pour agir qu'une bonne partie du dernier 1/5e est elle-même exploitée par une frange de ploutocrates.

Je crains aussi que ça ne pète salement, et très bientôt...
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 12:28

Mais ça pète déjà: Haïti, Egypte, Côte d'Ivoire, Cameroun, Sénégal, Soudan, Argentine (pas exactement pour la même raison, mais sur le même sujet)... et ce n'est qu'un début
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 12:31

Je ne lis effectivement pas ces textes, un peu par lacheté, et surtout parce que c'est déprimant.

Ca ne fait que m'énerver, me révolter. Mais tout seul dans mon bureau, ça ne m'avance pas à grand chose.
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 12:45

Disons qu'il nous sera difficile d'établir une politique étrangère pragmatique (française et européenne) sans aborder ce problème de fond, celui d'un mauvais équilibre entre productions et consommations, entre productions et moyens de transport, entre pays développés disposés à payer des prix au dessus du marché et pays en développement qui n'en ont pas les moyens etc. etc. etc.
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 12:52

efectivement c'est déprimant!
mais vouloir ignorer le pb , même si on est impuissant, c'est se voiler la face, ou pire s'en laver les mains...
J'agite juste ce chiffon rouge, pour que nous gardions en tête qu'aileurs les Hommes luttent pour manger, ce qui est le droit le plus fondamental, et que les Hommes des pays les plus riches défilent plus facilement pour des causes non pas futiles mais du moins secondaires, par rapport aux drames de la Faim.Je suppose qu'on attend d'avoir les "PHOTOS" d'enfants décharnés, de massacres ,pour réagir... comme d'habitude!mais cette fois, ce sera trop tard...la masse des affamés s'amplifie chaque jour, et ce risque de révolution des"gueux" devient bien plus préoccupant que le réchauffement de la planète, parce qu'il surviendra bien avant ...Verra t'on un jour prochain, les armes retournées contre les gueux pour préserver nos petites vies tranquilles?car dans ce monde égoiste, il faudra choisir un jour, et les pissants choisiront forcément de sacrifier cete part d'Humanité plutôt que leurs sacro-saints PIB...
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Jean-Luc

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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   Jeu 10 Avr 2008 - 12:53

ArnaudH a écrit:
Mais ça pète déjà: Haïti, Egypte, Côte d'Ivoire, Cameroun, Sénégal, Soudan, Argentine (pas exactement pour la même raison, mais sur le même sujet)... et ce n'est qu'un début
Je voulais dire : jusque chez nous !
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MessageSujet: Re: La faim et les droits de l’homme   

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