Voilà un excellent exemple de l'efficacité lobbyings de « l'Argent Roi »
Je ne pense pas que le monde se soit donné la peine,en fin 1997 dont le dernier trimestre a été très mauvais, de faire un article pour dire que la politique monétaire de la BCE ne faisait pas de merveilles !
Les médias de la pensée unique ne donnent que les informations qui les arrangent oubliant qu'une hirondelle ne fait pas le printemps.
Il est tout à fait normal qu'après un trimestre catastrophique il y ait un rattrapage sur le suivant.
Sur le site de l'Expansion, j'ai relevé que depuis 1998 (date d'arrivée au pouvoir de Schröder) jusqu'à 2006 la croissance française avait été nettement supérieure la croissance allemande. C'est seulement en 2007 que la croissance française a été inférieure de 0,8 % à celle de l'Allemagne.
Si au 1er trimestre 2008 la progression de la croissance allemande a, contre toute attente, atteint 1,5 %, cela peut venir en grande partie d’un rattrapage, d’une approximation et d’une légère anticipation des ventes sur le reste de l'année.
Cela ne démontre en rien la justesse de la politique de la BCE.
Par ailleurs de nombreux médias nous répètent que la politique socio-économique de Schröder / Merkel est l’exemple à suivre alors que c'est on ne peut plus discutable vu la comparaison des PIB citée ci-dessus.
Ce qui est inquiétant dans la croissance de l'Euroland c'est le différentiel entre l'Allemagne (1,5%) et les autres pays (0,7 % pour l'ensemble). C'est de cela que la BCE devrait se préoccuper.
Déjà bien avant la création de l'euro, l'Allemagne avait la particularité de voir sa balance commerciale s'améliorer chaque fois que sa monnaie s'appréciait, alors que la règle générale était inverse. En effet, la majeure partie des exportations allemandes est constituée de biens d'équipement pour les acheteurs n’en discutent pas le prix. L'appréciation de leur monnaie n’en bouge pas la quantité et le montant en euros, pendant qu'à quantités égales leurs importations.
La BCE ne remplit pas son rôle : faire converger les économies et de l’Euroland. Elle fait le contraire.
Sa politique a rendu les usines d'aéronautique, allemandes et françaises, invendables bien qu'elles soient assurées d'une charge de travail considérable, et oblige BMV, qui est pourtant un fournisseur de luxe, à délocaliser sa production. ….
Les prix de revient de l'industrie automobile française ont chuté, ce qui veut dire qu'elle doit construire de plus en plus d'équipement hors de France et de la zone euro.
Que penser d'un guide accompagnant un groupe de jeunes de 8 à 18 ans dans une longue randonnée qui partirait en tête et adapterait sa vitesse à la cadence des plus grands ?
C'est pourtant ce que fait la BCE avec l'euro fort.
[b]Le niveau de change souhaitable pour l'euro est celui qui permettrait aux industries des pays les moins compétitifs d'avoir accès au marché mondial. Les plus compétitifs n'en souffriraient pas, car ils pourraient augmenter leurs prix à l'exportation. [/b]
La grande majorité des économistes estime que la diversité des situations économiques des différents membres de l'Euroland, demande des politiques monétaires diversifiées.
Or avec un euro stable cela est pratiquement impossible à réaliser.
Il n'en serait pas de même si les règles budgétaires de l'Euroland, et la politique monétaire de la BCE conduisait à une inflation non négligeable.
Les pays les moins avancés pourraient alors bénéficier de taux d'intérêt préférentiels qui leur permettraient de rattraper leur retard.
Stabilité monétaire consolidant les dettes, taux de crédit uniformes ne permettant pas d'orienter les investissements vers les besoins les plus urgents, et euro fort mettant les pays les moins avancés en incapacité d'exportation donc de croissance, voilà de très importants facteurs d'éclatement de l'Euroland.
Et pour conclure, j'ai entendu ce matin sur BFM le professeur d'économie Châtillon affirmer que les responsables américains avaient soutenu l'économie et les ménages endettés tout en re-finançant les banques, alors que la BCE n'avait soutenu que les financiers qui avaient provoqué la crise et qu'elle leur finançait même de nouvelles spéculations.