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 Démocratie, Humanisme et Capitalisme

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Joseph-Eugène



Nombre de messages : 18
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Lun 28 Mai 2007 - 15:12

DÉMOCRATIE, HUMANISME ET CAPITALISME LETTRE OUVERTE A F. BAYROU SUR LE LIEN ÉTHIQUE AVEC L'EUROPE ET L'IDENTITÉ POLITIQUE DU MODEM



Bordeaux, le 14 juin 2007


Monsieur,

A l'heure où le parti de la majorité présidentielle a décidé d'exercer sa domination en semant délibérément la confusion, où le Parti Socialiste entre dans une crise dont personne ne peut prévoir ni la durée ni l'issue, il vous appartient de proposer une projet politique, social et économique qui puissent rassembler des hommes et des femmes qui ne veulent pas abandonner tout espoir. Chacun a plus ou moins confusément le sentiment que notre pays et l'Union européenne se trouvent à la croisée des chemins ; personne pourtant ne cherche à éclairer le sens de ce moment et des alternatives qui s'y offrent. Ma gratitude pour la fermeté et la sincérité de votre engagement envers les électeurs qui vous ont soutenu est une des bases de mon adhésion à votre mouvement. Mais dans votre discours du Zénith, vous avez jeté une autre de ces bases. En effet, j'y ai entendu plus qu'un discours sur la nécessité, en elle-même indiscutable, des contre-pouvoirs. J'ai cru d'abord entendre un discours usé sur un nouvel humanisme. La suite a démenti mon appréhension puisque ce sont explicitement des formes de solidarités sociales, des formes d'activité démocratiques, des formes collectives de réalisations des capacités humaines qui sont appelées à donner une vie et un contenu à ce nouvel humanisme. Et il n'y a pas d'idée philosophique de l'action qui soit plus féconde et plus concrète. Pas d'idée de l'action plus nécessaire non plus, à l'heure où triomphent les pacotilles d'une assez pauvre mythologie individualiste.


Les élections législatives ne pouvaient qu'être difficiles. Un, deux, trois ou quatre députés ? Là n'est même pas la question. Plus que tout, importent le sens que vous donnez à votre démarche, la force de votre projet, la vérité et la fécondité de vos idées ainsi que leur capacité à éclairer la situation où se trouvent la France et l'Union européenne. Vous faites de votre faiblesse une chance. Il faut construire et faire comprendre la cohérence du projet de société dont le MoDem sera le porteur. Les résultats des élections présidentielle et législatives ne doivent pas clore ce débat. Non seulement il ne doit pas être clos, mais il doit être poursuivi et approfondi. C'est un impératif parce que notre contrat social a une légitimité historique et démocratique qui n'a rien à envier à celle de nos « nouveaux » dirigeants et que sa signification demande à être non pas restaurée, mais réinvestie, réveillée, renouvelée. Votre rôle historique, celui du MoDem, ce n'est pas seulement de faire tomber d'anciennes barrières, ni de parvenir à faire coopérer les bonnes volontés et les compétences de droite et de gauche. Rassembler les compétences suppose une claire définition des objectifs qu'on veut les voir atteindre. Je sais, après avoir entendu votre discours du Zénith, qu'instaurer une nouvelle manière de faire de la politique n'épuise pas le sens de votre engagement. Et je ne dis pas cela en négligeant l'importance de ce point.


Il faut faire voler en éclat l'abstraction des oppositions convenues auxquelles nous ont habitué les alternance de la droite et de la gauche. Il faut les faire apparaître comme des abstractions et devenir le censeur des abstractions stérilisantes. Cela ne veut pas dire que la concurrence des projets n'ait plus lieu d'être, ni qu'elle ne soit devenue qu'un affrontement factice et obsolète. Autrement quel sens aurait eu pendant l'autre campagne votre préférence pour un second tour contre Nicolas Sarkozy ! Alors venons-en au contenu. Votre ambition ne doit même pas être nationale. Il faut oser devenir ce paradoxe de la plus grande ambition politique et de la plus affaiblie des positions institutionnelles. Il faut incarner non seulement la résistance du caractère, mais la résistance des idées. Il faut allier l'une à l'autre. Il faut nourrir la résistance du caractère de la résistance des idées. Il faut montrer quelle capacité d'agir donnent les idées quand elles sont adéquates à une situation donnée. Votre ambition doit être européenne parce qu'il n'y a pas d'ambition nationale féconde sans une ambition pour l'Europe. Il ne sera pas possible de rétablir le lien éthique avec l'Europe sans convaincre nos concitoyens qu'elle offre l'horizon où doivent s'inscrire nos projets et nos ambitions. Par conséquent ça ne sera pas possible non plus sans une minutieuse critique des politiques européennes en cours : il n'y a qu'un tel examen, il n'y a qu'un tel exercice de la responsabilité politique qui puisse faire comprendre au peuple français que ses doutes sur la capacité de l'Europe à découvrir, élaborer et garantir les voies de la prospérité économique ont été pris en considération et non pas balayés d'un revers de main négligeant et presque méprisant. C'est une réponse politique qu'il faut leur apporter, en véritable démocrate.
Car le travail de l'homme politique, c'est de rendre intelligible la situation présente, puis d'inscrire son projet dans la situation ainsi éclairée, comprise, ainsi travaillée, examinée et scrutée. C'est l'un et l'autre. C'est donc que la concurrence des projets se dédouble en une concurrence des diagnostics. Nous sommes, dans la zone euro, dans une croissance dont l'anémie est aggravée par les erreurs politiques de nos dirigeants. Aucune comédie volontariste, aucune agitation volontariste ne permettra d'en sortir tout en préservant nos normes sociales, dont la légitimité démocratique pourtant reste incontestable. Même si, sous l'effet de coups de boutoir en forme de radotage, elles finissent par ne plus recueillir de nos concitoyens qu'une adhésion teintée de culpabilité. Ce que Rousseau nomme « la pétulante activité de l'amour-propre » n'a pas de vraie fécondité, parce qu'il y a une forme de contentement de soi qui va jusqu'à interdire de penser.

A partir d'ici, je m'appuie sur un livre de Michel Aglietta et Laurent Berrebi, Désordres dans le capitalisme mondial paru en mars de cette année, en particulier sur le chapitre VI intitulé « L'Europe en déshérence ». Mais d'autres livres manifestent les mêmes préoccupations. Le cercle vicieux de la croissance molle se schématise ainsi : des exigences de rentabilité élevées et une politique monétaire restrictive ou insuffisamment réactive engendrent un taux d'investissement productif très bas, donc des gains de productivité faibles, donc une croissance des revenus basses, donc une croissance du PIB molle, donc des difficultés budgétaires, donc des dépenses publiques pour l'innovation insuffisantes et le cercle se referme ainsi sur les faibles gains de productivité. On ne peut pas dire de façon responsable qu'un tel schéma résulte des seules rigidités du marché du travail. Il tient à une combinaison, en Europe, de principes contradictoires : le principe de la valeur actionnariale déterminant le partage et l'utilisation de la valeur dans l'entreprise, les normes de protection sociale en contradiction avec les ajustements de marché sous la pression du premier principe, enfin des politiques économiques non coopératives qui ont aussi pour conséquence de miner la confiance de nos concitoyens dans l'Union européenne.
Tout le monde connaît désormais la "stratégie de Lisbonne" (2000). Une formule devenue consacrée en résumait l'objectif : faire de l'Europe "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion sociale". Cette stratégie est reléguée dans le cimetières des bonnes intentions tant qu'on ne surmonte pas la réticence des entreprises à investir et la quasi-stagnation de la productivité globale des facteurs (le rapport de la valeur de la production à la valeur totale des dépenses de production, le coût du travail, les dépenses en capital, les consommations intermédiaires). La pénétration de la valeur actionnariale ne conduit pas à des stratégies industrielles innovantes. Elle promeut les rachats d'action, les distributions de dividendes, les fusions, les acquisitions et les reventes pour atteindre des objectifs financiers au détriment de l'effort de recherche, de la promotion de nouvelles activités et du dépassement de la frontière technologique. L'action publique ne peut pas promouvoir ce partenariat de long terme avec les entreprises, que dénoue systématiquement la valeur actionnariale, en mettant des obstacles aux mouvements du capital. Comment alors ? Par le renforcement des actionnaires institutionnels de long terme comme des fonds de retraite publics, par un changement des règles budgétaires communautaires sortant les dépenses pour la recherche et la participation à l'innovation de la contrainte du pacte de stabilité, etc.

La crise financière des banques allemandes en 2002 et 2003 montre la transformation du capitalisme par la finance avec une impressionnante netteté. A une structure caractérisée par une grande stabilité organisationnelle et des relations étroites et de long terme entre banques et industries succède le retrait des banques de la position dominante qu'elles exerçaient dans le gouvernement des entreprises. Les nouveaux actionnaires exigent des rendements plus élevés. La répercussion de ces exigences sur les coûts salariaux fait voler en éclat les compromis sociaux. On ne peut pas ici omettre un épisode de cette crise auquel vous serez particulièrement sensible. Le tissu des PME allemandes préservait sa compétitivité grâce à un investissement financé à bas coût par les banques publiques régionales. Ces dernières jouissaient de la meilleure notation et se refinançaient dans d'excellentes conditions grâce à la garantie des Länder supprimée depuis juillet 2005 sous l'injonction de la Commission de Bruxelles. On aboutit ainsi à une transformation du capitalisme par la finance dans le plus parfait mépris des préférences démocratiques des citoyens.
Et cela nous met devant la question cruciale que vous devez prendre en charge : est-ce que ce modèle du capitalisme, le capitalisme financier, est compatible avec le système social auquel reste attaché l'ensemble des populations de l'Europe continentale ? Le capitalisme financier déstabilise les autres formes du capitalisme. La question qui nous devons prendre en charge, votre question, c'est celle du choix démocratique d'une forme de capitalisme. C'est de faire apparaître la possibilité, la réalité, la pleine signification concrète de ce choix. Votre voie ce n'est pas celle de l'adaptation résignée à la mondialisation. Ce mot d'ordre est vide. Il est celui des prêtres des réformes structurelles. Ils ont fait croire avec une morgue sans frein à l'incompatibilité de l'efficacité économique et de la justice sociale et ainsi durablement empoisonné le débat public. Il faut faire savoir exactement à quoi l'on s'attaque muni de ce slogan, il faut le nommer exactement, ne pas le travestir sous des dénominations dépourvues de rectitude ; on s'attaque ainsi à l'une des principales contribution de l'Europe à la civilisation. Et cette contribution est digne de toutes les attentions, de l'attention des philosophes, de l'attention des sociologues, de l'attention des économistes, de l'attention des citoyens... C'est vous qui les avez appelés, qui nous avez appelés, à ne pas nous en détourner. (à suivre)
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Joseph-Eugène



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MessageSujet: Letre ouverte (suite)   Lun 28 Mai 2007 - 15:14

DEMOCRATIE, HUMANISME ET CAPITALISME (suite)


C'est ici que les oppositions abstraites doivent être délaissées. Voilà un véritable impératif démocratique. On présente toujours nos systèmes de solidarité comme de simples systèmes de répartition soumis à des principes d'équité, alors que ce sont aussi les éléments d'un régime de croissance et d'un mode de régulation. C'est le point théorique fondamental. C'est ici que se rejoignent la théorie et l'action ; c'est ici que l'opposition entre la pensée et l'action devient dépourvue de sens. C'est donc aussi un point politique crucial. Le passé ne livre aucune recette, seulement un enseignement qui ne dispense pas d'un effort d'invention. Or il y a un enseignement que délivre l'étude de la société salariale qui a soutenu la grande croissance de l'après-guerre et dont la base était l'Etat-providence : le modèle social n'est pas seulement l'instrument de la justice sociale ; le caractériser ainsi c'est en donner une idée incomplète, inadéquate et mutilée. Non, il est aussi un ensemble d'institutions qui nourrissent et régulent la croissance fondée sur l'innovation. Le risque économique y est socialisé. Le coût de l'éducation est socialisée. Le mode de consommation du plus grand nombre de ménage est programmé sur tout un cycle de vie ; cet horizon temporel donné aux anticipations des agents économiques, des agents tout court, donc à une myriade de décisions décentralisées, n'est rien de naturel : il est un produit de ces institutions et il est un bien public. Ce sont elles, enfin, qui rentabilisent les deux forces de la productivité que sont le rattrapage de la frontière technologique et l'innovation.
Michel Aglietta et Laurent Berrrebi distinguent avec Esping-Andersen trois modèles sociaux. Il y a un modèle anglo-saxon, où la redistribution ne doit pas interférer avec la formation des salaires. Les transferts publics n'empêchent pas le développement de la pauvreté et visent les personnes en âge de travailler. Le but n'est pas de combattre les inégalités, mais de maximiser le taux d'emploi. Le principe de la cohésion sociale est le plein emploi qui redonne aux salariés, mais aux salariés pris individuellement un pouvoir de négociation sous la forme d'un pouvoir d'arbitrage entre plusieurs propositions. C'est un modèle où les valeurs individualistes sont prépondérantes. La politique de plein emploi est soutenue par des mesures macro-économiques adéquates. Ce modèle fait système avec ce qu'un économiste très proche de M. Aglietta appelle l'individualisme patrimonial : l'individu est propriétaire de droits sous forme de titres dont il lui faut défendre la valeur. Telle serait la signification de la montée d'un actionnariat salarié ou de la retraite par capitalisation : le dépérissement de la solidarité citoyenne au profit d'une dépendance aux autres sous l'égide des marchés financiers. L'appréciation politique d'un tel modèle dépend donc entièrement de l'appréciation qu'on porte sur la capacité des marchés financiers à évaluer correctement l'aptitude du capital à se valoriser, c'est-à-dire son aptitude à créer de l'utilité sociale. Ces transformations ne sont pas des transformations techniques, des adaptations nécessaires devant lesquels de vieux tabous nous rendraient pleins d'une sorte de crainte superstitieuse et auxquelles seul un grand démystificateur décomplexé pourrait nous faire adhérer. Ce sont des mutations inouïes, dont une vie démocratique pleinement déployée et pleinement garantie doit faire apparaître la signification profonde pour qu'elles ne se fassent pas insensiblement ni subrepticement, contre et malgré les préférences démocratiques de nos concitoyens. Le travail à faire est considérable ; il peut se faire en dehors de toute activité gouvernementale et il aurait une portée, une utilité et une fécondité politiques incomparables. Or dans le discours du Zénith, vous avez dit que le Mouvement Démocrate appellerait tous ceux qui peuvent y contribuer à apporter leur aide.
Les deux autres modèles s'opposent au premier parce que la solidarité y apparaît comme une valeur durable du compromis politique. Ils reposent sur des contre-pouvoirs collectifs forts au pouvoir financier et au pouvoir des entreprises. Mais la forme de la solidarité diffère en ce que l'une est professionnelle et l'autre citoyenne. Dans le modèle corporatiste, le niveau élevé de la protection sociale pèse sur le coût du travail. A l'inverse des mécanismes du modèle anglo-saxon, il tend à élever le coût du travail non qualifié et diminue la compétitivité dans les secteurs concurrencés, entretient la tendance au chômage, entraîne un problème de financement du système de solidarité et une guérilla pour en réduire le coût. C'est ce cercle vicieux qui conduit à un glissement vers le modèle anglo-saxon : la contrainte financière mène à une prise en charge partielle et a minima par l'Etat, mais sans le pilotage macro-économique d'une politique de plein emploi, ce qui rend ce glissement inefficace.
Le modèle civique, celui du nord de l'Europe allie plein emploi, croissance potentielle (http://www.cepii.fr/francgraph/publications/ecomond/lepointsur/1998ch9.pdf) élevée et justice sociale avec des inégalités de revenus limitées. La citoyenneté est la base de l'éligibilité : c'est un autre modèle que le second et pas seulement le fruit d'une généralisation des droits des seuls salariés. Puisque l'éligibilité repose sur la citoyenneté le financement a une composante fiscale très forte qui est l'expression de la solidarité nationale. Ce qui importe c'est que le pouvoir des salariés est collectif et non pas individuel, le contre-pouvoir vis-à-vis des dirigeants des entreprises étant assuré par des syndicats puissants.
Trois principes fondent le modèle civique : la capacité des organisations représentatives des intérêts économiques à conclure des pactes sociaux, capacité que leur donne leur aptitude à adopter des points de vue globaux de conclure, la puissance syndicale et celle des services publics de l'emploi, la politique de la famille guidé par un principe d'égalité des hommes et des femmes et garantissant un taux d'emploi féminin très élevé. Aglietta, Berrebi et d'autres soutiennent que face aux deux autres modèles, le modèle corporatiste apparaît condamné. La question est donc de savoir si on fait le choix, et qu'il soit honteux ou décomplexé importe assez, le choix d'une transition vers le modèle anglo-saxon ou si on décide de fonder l'identité européenne sur la solidarité citoyenne parce qu'on y voit une version de cet « humanisme nouveau pour le temps de la mondialisation ».
L'Union européenne est traversée par des forces destructrices. La concurrence fiscale est une mise en concurrence des modèles sociaux. L'insuffisance des recettes fiscales interdit de modifier la structure des dépenses budgétaires, donc de relancer l'innovation et d'atteindre les objectifs de la stratégie de Lisbonne. Par son incapacité à promouvoir une politique économique coopérative, elle entraîne la désillusion des peuples, désillusion qui n'est pas un effet de leur aveuglement à eux, mais d'erreurs politiques qui ne sont pas de leur fait. Le reconnaître est aussi un acte démocratique de grande portée. La stratégie allemande est de ce point de vue exemplaire : un abaissement des coûts salariaux et un démantèlement du capitalisme rhénan sous les coups de boutoir de la gouvernance actionnariale, la délocalisation des entreprises en Europe de l'Est, la TVA sociale qui revient à déguiser une dévaluation. On a pu parler d'une "nouvelle désinflation compétitive". La politique non coopérative, c'est aussi la persévérance dans la substitution de la règle arbitraire du pacte de stabilité à une véritable coordination budgétaire. Une règle abstraite au lieu d'une politique! Le philososophe sera tentée de penser à la satire de Platon comparant la règle à un homme sûr de lui, ignare, qui ne permettrait de rien faire contre la consigne qu'il a édictée et ne souffrirait aucune question, même en présence d'une situation nouvelle. Mais il serait plus éclairant de rappeler l'origine allemande du "gouvernement des règles" et l'hostilité de l'ordolibéralisme, doctrine fondatrice du modèle économique allemand, envers les politiques conjoncturelles. Or cette doctrine fut un des piliers de la CEE. Si elle se justifiait quand aucune instance de délibération politique n'avait la légitimité capable de donner une autorité à ses décisions, elle se justifie beaucoup moins aisément maintenant. Disons qu'à tout le moins le choix d'un tel type de politique, qu'elle soit budgétaire ou monétaire, devrait faire l'objet d'une préférence démocratiquement discutée et exprimée. Tous ces éléments sapent la croissance potentielle et nourrissent le rejet de la seule grande idée collective dont notre génération était porteuse. La voie sociale-démocrate est la seule qui puisse enraciner dans les peuples une identité européenne.

C'est à vous de porter ce projet. Il n'y a que le Centre qui puisse en faire le socle de son identité. Il oblige à dénoncer les politiques non-coopératives, à définir les révisions institutionnelles qui nous donneront les moyens de mener l'action collective au seul niveau où elle puisse être efficacement menée, au niveau européen. En écoutant le discours du Zénith, j'ai acquis la conviction que je donnais mon soutien à un mouvement qui agira pour le renouveau de la vie démocratique, pour incarner une idée de l'activité démocratique qui ne ne la réduise pas au vote, pour dénoncer la transformation du vote en un gigantesque transfert de souveraineté vers une seule volonté, pour provoquer un approfondissement de la vie démocratique qui en fasse autre chose qu'une procédure de désignation de nos dirigeants, pour exiger la réforme des institutions électorales et représentatives, mais pas seulement pour cela. La réforme des institutions électorales et représentatives ne peut pas à elle seule garantir un tel renouveau parce qu'elles n'absorberont jamais toute l'activité démocratique légitime de la société. Nous voulons ancrer le renouveau démocratique dans une idée européenne rendue à toute sa richesse potentielle. C'est une tâche considérable, une tâche qui donne une véritable consistance politique à cette aspiration à l'intensification de la vie démocratique.


Je veux, Monsieur, vous exprimer ce soir, à un moment difficile, ma gratitude sans réserve et vous assurer de la fermeté de mon soutien.



Joseph-Eugène


Post scriptum : Ce texte mélange les genres de la lettre et de la note de lecture. L’ouvrage sur lequel il s’appuie est Michel Aglietta et Laurent Berrebi, Désordres dans le capitalisme mondial paru en mars de cette année aux éditions Odile Jacob. Le chapitre VI en est intitulé « L’Europe en déshérence ». L’auteur mentionné comme très proche de M. Aglietta est André Orléan. La question de l’individualisme patrimonial est magistralement développée dans Le pouvoir de la finance, Paris, 2005 tout comme celle du principe de la valeur actionnariale.


Dernière édition par le Jeu 14 Juin 2007 - 23:01, édité 2 fois
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ArnaudH

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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Lun 28 Mai 2007 - 19:25

Joseph-Eugène,

Votre lettre est extrêmement intéressante même si un peu dense. Je viens de la lire une fois et il serait bien sûr nécessaire de la relire plusieurs fois avant de pouvoir répondre.

Je me permettrais donc trois petits commentaires en guise d'ouverture du débat:

La conclusion de votre réflexion me semble aussi, en effet, être la bonne solution à long terme en France. Sachez toutefois que nombreux seront les détracteurs de cette idée de passage au modèle "civique" du Nord de l'Europe.

Votre texte introductif sur le dépassement des "abstractions stérilisantes" et de la nécessaire ambition politique est d'une grande finesse intellectuelle et cela était très agréable à lire.

Par contre, je ne suis pas souvent d'accord avec les raisonnements qui forment votre diagnostic économique. Afin de détailler ma pensée, je vais devoir vous relire plusieurs fois et chercher à décortiquer ces agrégats qui me semblent un peu en décalage par rapport à la micro-économie (même si je n'ai pas lu le livre de Michel Aglietta - je lirai le lien que vous faites au document pdf). Je crois justement que ce raisonnement économique souffre d'une mauvaise articulation entre macro-économie théorique et micro-économie pratique (qui se voit surtout dans le rôle excessif que ce raisonnement accorde aux actes collectifs des actionnaires).

Cela n'enlève en rien le mérite que vous avez d'avoir écrit cette lettre et je réitère mon accord sans réserve à votre conclusion. Cela m'attriste un peu de ne pouvoir vous répondre dans l'immédiat sur tous les points soulevés mais mon travail, mes études et le projet demosweb (dans la section médias de ce forum) occupent toute mon attention en ce moment (d'ailleurs si vous avez le temps, n'hésitez pas à me donner votre avis sur mon ébauche de ligne éditoriale - principes éditoriaux sur http://demos.exprimetoi.net ).

Encore merci pour cette belle lettre ouverte et à bientôt pour la suite de ce débat.


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Benoit - Admin

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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Lun 28 Mai 2007 - 19:35

admin: après moult tracas, voici la place définitive de ce nouveau sujet, un grand thème de notre modem: concilier humanisme et capitalisme au sein de l'europe.

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Joseph-Eugène



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MessageSujet: Le principe de la valeur actionnariale   Mar 29 Mai 2007 - 0:27

GenX,
Vos remarques demandent peut-être que pour commencer on regarde si un rôle excessif est accordé au comportement des actionnaires. On peut exprimer autrement la question : est-ce que le raisonnement grossit à l'excès les effets de la pénétration du principe de la valeur actionnariale ?

Pour ma part, je ne le crois pas. Mais je ne veux pas me lancer dans une discussion sans être certain que la question est convenablement posée.
Aussi me contenterai-je de fournir un rapide élément de réponse emprunté au petit essai de Jean Peyrelevade, Le Capitalisme total, Paris, 2005. Il écrit que, sous l'effet de la norme de rentabilité du capitalisme financier, "à terme, le capital serait le seul facteur de production à être rémunéré". On peut aussi mentionner la formule Patrick Artus que cite Peyrelevade : cette norme de rentabilité extravagante provoque l'apparition d'un "capitalisme sans projet". Dans l'attente de vos objections je ne vois donc pas de raison de revenir sur l'idée d'une connexion entre l'exigence de "créer de la valeur pour l'actionnaire" et la faiblesse de l'investissement productif. L'idée d'un abaissement du pouvoir managerial au profit du pouvoir financier est, elle aussi, me semble-t-il, assez peu contestable. Mais attendons.
Un mot serait peut-être nécessaire pour expliquer la notion de valeur actionnariale et les mécanismes de la prise du pouvoir par les actionnaires. Mais ce sera selon la demande.
Le lien avec le document pdf concerne la notion de croissance potentielle.
Je vous remercie de l'attention que vous voulez bien porter à tout cela. L'idée était de lier ce qu'en général on sépare. Aglietta et Berrebi m'ont permis de dépasser ma frontière technologique. Mon propos, en effet, n'est pas d'essayer de me faire passer pour un économiste. Je suis simplement un citoyen qui lit de l'économie et a une formation philosophique. Ce qui me donne une nouvelle occasion de citer Peyrelevade (p. 81) : "L'école marxiste mise à part, l'intellectuel a toujours eu tendance à sous-estimer l'emprise du pouvoir économique. Comment lui demander de renoncer à une partie de ses activités traditionnelles, de se détourner de ce qui fut si longtemps sa raison d'être, l'étude, l'analyse, l'élaboration d'une véritable culture littéraire, philosophique, artistique, religieuse pour plonger dans l'anonymat de la sphère marchande ? (...) Comment persuader le penseur de s'éloigner de cette accumulation locale de siècles de sagesse où il trouve le plaisir de ses explorations pour aller s'occuper des mécanismes frustes mais dès l'origine mondiaux (et sans doute mondiaux parce que frustes) où résidera demain la source de tout pouvoir ?"
Très cordialement
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kydamcurieux



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mer 30 Mai 2007 - 3:11

C'est un sujet qui demande réflexion .
Le capitalisme financier oppose le travailleur à l'actionnaire, prédateur international (j'exagère à peine ), s'attaquant toujours au salarié le plus faible.
Le parralèle avec la jungle n'est d'ailleurs pas renié par cette caste finançière.
A défaut de réponses , me vient une autre question : ne faut il pas un nouveau type de chef d'entreprise ,pour que le capitalisme ne s'oppose pas à l'humanisme ?
Généralement un entrepreneur investit simplement pour gagner de l'argent , et par gôut de la compétition .Ce qui est assez pauvre comme but dans l'existence.
Je me dis que l'entrepreneur démocrate doit viser le mieux , qui est à définir.
- Contribuer au mieux soçial pour les générations futures ? A chaque fois qu'il peut imposer un projet meilleur sur le plan soçial économique et environnemental , que les projets existants ?
- Amelioration personnelle ? Pour batir quelque chose, entre le début, et la fin de sa vie professionelle ?
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Joseph-Eugène



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Ven 1 Juin 2007 - 23:07

kydamcurieux a écrit:
Généralement un entrepreneur investit simplement pour gagner de l'argent , et par gôut de la compétition .Ce qui est assez pauvre comme but dans l'existence.
Sans vouloir paraître sententieux, disons quand même que réformer est autre chose que miser sur une sorte de conversion morale de tel ou tel groupe d'individus. Sonder les intentions et les disposition de "l'"entrepreneur n'est sans doute pas vraiment la question.
Il serait plus intéressant d'examiner la question de l'intérêt social de l'entreprise. Il y a des trésors pour la réflexion politique dans ces questions en apparence purement juridiques.
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kydamcurieux



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Sam 2 Juin 2007 - 14:25

Je ne suis pas spéçialiste de ces questions, c'est vrai qu'il y a à réfléchir sur le rôle soçial des entreprises en France.
On peut comprendre de plusieures manières l'intéret soçial des entreprises.
S'agit il de ce qu'elles auraient à gagner à être plus impliquées soçialement ? Ou des bénéfices que la soçiété tirerait d'entreprises légalement obligées ?

Sans vouloir présupposer votre pensée, çela suggère deux types d'attitudes : un intéret plus ou moin commerçial à faire du soçial , ou un dirigisme plus ou moin fort de l'Etat sur les entreprises.
Soit dans un cas , on répond à la contrainte économique, dans l'autre on répond à la contrainte étatique.
Au niveau politique , la première possibilité correspondrait plus à la droite, la deuxième plutôt à la gauche.

Le mouvement démocrate prétend etre un parti humaniste , qui pourrait proposer une autre solution que la contrainte.
une solution libre basée sur l'attitude humaine ?
Des entrepreneurs , des hommes d'affaires , des actionnaires , qui croiraient en des valeurs morales et qui s'y engageraiaent.

Etant donné des attitudes monarchiques de plus en plus fréquentes, on peut se demander quel est l'Etat d'esprit des actionnaires d' EADS et des dirigeants comme Noel Forgeard , qui s'accordet des "parachutes" dorés de plusieurs millions, ou des délocalisations pour gagner toujours plus.

Y aurait-il des fondements idéologiques dans le néo-capitalisme ,qui feraient des hommes et femmes d'affaires des nobles dans leurs seigneureries , des être supérieurs ? Pour qui se prennent-ils ?

Pour ne pas rentrer dans un dogmatisme systématique qui ne correspond pas au MODEM , peut etre faut il trouver des solutions relevant de ces trois approches : l'intéret commerçial des entreprises à partiçiper plus à la construction soçiale , l'interet pour l'Etat à mieux encadrer les entreprises ,au nom du peuple , et enfin l'intérêt qu'un individu , qu'il soit dirigeant , salarié, actionnaire , à entreprendre et à travailler.

Cordialement.
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Joseph-Eugène



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mar 5 Juin 2007 - 0:22

Moi non plus je ne suis pas un spécialiste. Mais je crois qu'il vaut la peine de faire l'effort d'essayer d'y voir un peu plus clair sur ces questions.
kydamcurieux a écrit:
Le mouvement démocrate prétend etre un parti humaniste , qui pourrait proposer une autre solution que la contrainte.
une solution libre basée sur l'attitude humaine ?
Des entrepreneurs , des hommes d'affaires , des actionnaires , qui croiraient en des valeurs morales et qui s'y engageraiaent.
Ce que je veux vous dire c'est qu'à mes yeux la question n'est pas morale. La solution non plus. Je ne sais pas comment vous allez faire croire en des valeurs morales etc La politique permet d'agir directement sur des institutions et indirectement sur les dispositions des hommes, que façonnent plus ou moins ces institutions. Sur l'intérêt social de l'entreprise j'avais rappelé quelques idées ailleurs : http://demos.exprimetoi.net/Le-wikijournal-c5/Structure-et-Mise-en-place-f21/Rubriques-du-Wikijournal-f18/7-Reflexion-Libre-t69.htm
Voici un extrait :"On peut concevoir l'entreprise au moins de deux façons (là, je marche sur des oeufs et les experts corrigeront). On peut penser l'architecture organisationnelle de la firme selon des principes purement contractualistes. L'organisation apparaît comme un "noeud de contrats" (André Orléan) qui relie des individus uniquement mus par leur intérêt personnel. On peut opposer à cette approche une approche plus organiciste. Elle souligne le caractère irréductiblement collectif de l'activité productive. Elle permet de faire valoir un intérêt commun supérieur au regard duquel toutes les parties prenantes sont solidaires. Ce n'est pas une analyse qui flotte en l'air dans le ciel des lubies. Elle inspire des systèmes de droit. Elle est secrétée par eux. Elle ne naît pas du cerveau d'un philosophe. Elle appartient à l'esprit social d'une collectivité. Ainsi, pour le rapport Marini, " le droit français a toujours hésité entre l’approche contractuelle d’inspiration anglo-saxonne et la conception institutionnelle qui caractérise le droit germanique." En droit allemand, le conseil de surveillance est constitué à parité de représentants des actionnaires et de représentants des salariés. Voilà une disposition qui n'est pas dépourvue de sens. Elle n'est pas un petit détail arbitrairement imposé et modifiable de l'organisation de l'entreprise. Elle a une puissance expressive considérable. (Une délibération authentique, une préparation à la délibération, un débat politique doivent faire ressortir l'esprit d'une décision.)Elle est expressive d'une solidarité qui impose,à égalité de droits, la coopération des propriétaires et des employés. Il y a une priorité de l'intérêt collectif qui impose aux acteurs un cadre global de coopération qu'il n'est pas en leur pouvoir de remettre en question. Une conception contractualiste affirmera que les intérêts privés préexistent aux formes collectives de la solidarité. Celles-ci, dans un tel esprit, n'apparaissent que comme résultats transitoires des décisions d'agents économiques qui peuvent vouloir ou ne pas vouloir coopérer. Il n'est pas interdit de prétendre que sur le fond d'une telle remémoration il est possible de donner une signification plus profonde à la décision qui servait d'exemple. Quelle conception de l'entreprise tend-elle à faire prévaloir ? On peut désormais y voir une formule qui fait reposer la légitimité de l'organisation productive sur la seule propriété."
A bientôt
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kydamcurieux



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mer 6 Juin 2007 - 17:26

Je pense qu’à part ce qu’on a créer
soit même de ses propres mains , personne ne possède rien véritablement .Donc
légitimer la répartition des fruits de l’entreprise sur la base de la propriété
me semble trop simpliste.


L’appropriation et les intérêts individuels comme manifestation
d’une volonté, existe avant toute forme d’arbitrage collectif, c’est vrai.


Mais le facteur travail n’est pas un
facteur de production comparable aux locaux et aux machines .


Il doit participer au fonctionnement de
l’entreprise d’une manière ou d’une autre.


Votre exemple allemand aurait pour
avantage d’éviter les parachutes dorés du type EADS, mais il doit ralentir les
prises de décision.


Le droit français pourrait privilégier
une autre démarche qui permettrait à chaque entreprise de fixer son cadre légal
par une convention collective, y compris en laissant plus de latitude sur des
questions habituellement traitées dans
le cadre de la sécurité sociale.


Par exemple, imaginons un conseil de
surveillance qui serait constitué de dirigeants signataires d’un contrat moral
et légal, et d’un représentant du personnel qui aurait un rôle consultatif et
de contrôle des obligations pré signées par les dirigeants.


Les actionnaires par l’intermédiaires
des dirigeants q’ils ont nommés, doivent assurer à l’entreprise un bon ratio
redistribution sociale / efficacité économique .


Si j’insiste sur la morale, quitte à
légiférer , c’est qu’il s’agit d’éviter le rapport de force improductif entre
dirigeants et salariés, et de privilégier le rapport de confiance, sans être
trop écrasé par la tutelle de l’Etat .




Salutations.
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Joseph-Eugène



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Sam 9 Juin 2007 - 0:13

Avis aux intéressés
Le texte servant d'introduction à cette rubrique a été envoyé à l'Atelier de Réflexion libre. Pour voir de quoi il s'agit : http://bayrou-modem.exprimetoi.net/Actualites-c6/les-Medias-et-le-MoDem-f16/En-Developpement-Demosweb-notre-portail-et-notre-journal-sur-le-web-f45/Wikijournal-Reflexion-Libre-l-atelier-p8654.htm#8654.
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Joseph-Eugène



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Sam 9 Juin 2007 - 0:27

kydamcurieux a écrit:
1) Votre exemple allemand aurait pour
avantage d’éviter les parachutes dorés du type EADS, mais il doit ralentir les prises de décision.
2) Les actionnaires par l’intermédiaires
des dirigeants qu’ils ont nommés, doivent assurer à l’entreprise un bon ratio
redistribution sociale / efficacité économique .
3)Si j’insiste sur la morale, quitte à
légiférer , c’est qu’il s’agit d’éviter le rapport de force improductif entre
dirigeants et salariés, et de privilégier le rapport de confiance, sans être
trop écrasé par la tutelle de l’Etat.
1) L'exemple allemand (je renvoie plutôt à la lettre qu'à l'autre post) est en fait un véritable laboratoire permettant d'examiner des mutations que subit le capitalisme. Cet exemple allemand (en particulier celui du post) avait d'autres vertus que celle que vous mentionnez et a longtemps fait la preuve d'une efficacité économique que personne ne lui contestait.
2) On ne voit pas par quel mécanisme cela se ferait.
3) Ce n'est pas la morale qui permet d'éviter cela. Mais des institutions permettant de nouer un compromis entre des intérêts qui ne peuvent pas s'apparaître autrement que comme divergents. C'est l'idée du mode de régulation rapidement esquissée dans la lettre.
A bientôt.
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kydamcurieux



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mar 12 Juin 2007 - 21:06

Je suis tout à fait d'accord avec le rôle des institutions et des lois ,un juriste répondra mieux que moi.
Sans passer par là , on peut penser aux pressions qu'exercent les associations de consommateurs, à une sorte de label garantissant ce ratio dont j'ai parlé pus haut.

A tantôt dans le forum reflexion libre.
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10craies



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mer 20 Juin 2007 - 15:47

Vos réflexions "volent assez haut".... et donc sans avoir fait l'effort de tout assimiler, j'ai seulement envie de vous demander si vous-même avez été entrepreneur ??? ....

A la lumière de ma petite expérience de "créateur", après presque 20 ans d'existence et un effectif de 30 bouches à nourrir, je vous garantis que notre première préoccupation est de gagner des affaires et de tenir le rythme auquel on est assujetti (ou qu'on s'est donné)... et quand viennent les périodes de disette, on ne partage pas toujours les soucis avec les salariés.... Tout le monde n'a pas la chance d'avoir une visibilité à moyen ou long terme..

Je trouve presque offensant le propos de kydamcurieux qui voit l'entrepreneur par un prisme si peu réjouissant (gagner de l'argent et goût de la compétition) ; il y a aussi le plaisir de l'indépendance et de l'aventure, d'une vie à potentiel d'extra-ordinaire, la fierté de créer une entreprise, du travail, des richesses, des relations....

Les PME représentent beaucoup dans le cycle économique, le cycle de création de richesses, la création d'emplois....
Votre article, Joseph-Eugene, ne prend pas suffisamment en compte cette dimension et fait abstraction de tout ce qui décourage l'entrepreneur d'avancer dans une voie plus sociale car, à vouloir anticiper les obligations, on crée souvent les racines de ses futurs déboires.
Ce qui nous empoisonne c'est la rigidité des choses ; une PME a besoin de souplesse ... riche elle peut donner et développer sa dimension sociale, en difficulté ce peut être un accélérateur de sa chute...
Dès lors qu'il y aura trop de lois à appliquer dans l'entreprise avant même d'avoir réussi à créer de la valeur, on handicape la notion même d'entreprise privée. Qui rechercherait autant d'ennuis...? hormis celui qui veut gagner vite de l'argent:lol!:

La fiscalité, pour autant qu'elle donne des règles du jeu claires et qu'elle n'y revienne pas (voir la remise en question permanente de l'exonération fiscale pour les sociétés qui se créent, et sous n'importe quel prétexte) peut permettre de jouer sur le partage des richesses à condition qu'elles soient créées....

Il faudra bien un jour que les penseurs distinguent dans leurs discours la Grande Entreprise de la Petite... pour plus de clarté. (GenX montre aussi sa réserve sur votre articulation macro-micro économie)

Quand bien même il est vrai que l'atmosphère dans les grandes entreprises est à la production rapide de chiffres en hausse quelles que soient les pressions exercées sur les salariés, fournisseurs et sur les comptes....

Et là, il y a beaucoup de lâchetés visibles et contre lesquelles il faut lutter...
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kydamcurieux



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mer 20 Juin 2007 - 21:03

30 enfants tant que ça?! féliçitations! Pas trop durs à gérer ?
En tout cas bravo pour ces 20 ans d'entreprise.
Loin de moi l'idée d'offenser qui que ce soit,
j'ai peut être tendance à mettre dans le même panier, actionnaire des grosses entreprises et patrons de PME.
Je ne néglige pas touts les plaisirs (et les contrariétés) liées au métier d'entrepreneur ,
et je vous rejoint quand vous parler de vie à potentiel d'extraordinaire.
Pour moi cet extraordinaire est un idéal citoyen fort : si j'étais entrepreneur,
j'aimerais penser au fond de moi que je partiçipe par mon projet à un monde meilleur qu'autrefois, et à l'élaboration d'une soçiété meilleure pour demain.
Bref d'avoir un fort engagement citoyen dans mon entreprise de tout les jours , même quand je suis le "nez dans le guidon",
à devoir conquérir des parts de marché, à élaborer des stratégies...
D'ailleurs si cet idéal fait partie de la visibilité à court et moyen terme ,peut être qu'on peut partager des souçis avec des salariés plus impliqués.
C'est pourquoi je compte sur le Modem pour diminuer les tracasseries administratives qui dépriment l'aventure, en aidant les entreprises sinçèrement citoyennes,etc...
,par l'exercice du pouvoir et par l'intermédiaire du lobby citoyen qu'il pourrait devenir.
A bientôt.
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mconstant



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MessageSujet: Re: Démocratie, Humanisme et Capitalisme   Mar 17 Juin 2008 - 20:51

Réponse à Joseph Eugène et Kydamcurieux

Bonjour,

Avant de répondre, sur le fond, à votre intéressante lettre, je tiens à signaler à Kydamcurieux que, s'il veut se faire une meilleure idée des PME, il peut rentrer sur le site d'une très vieille association (+de 65 ans) le CJD. (Cette association, à laquelle j'ai adhéré dans ma jeunesse, comprend aussi des cadres de très grosses entreprises). http://www.cjd.net/

Cette association pense que l'économie et l'entreprise doivent être au service de l'homme.

Que l'entreprise doit permettre à ses membres de conduire leur projet personnel parallèlement au projet d'entreprise, et qu'il est de la responsabilité dans l'entreprise qu'à tout moment ses employés puissent la quitter dans de meilleures conditions d'employabilité qu'en y entrant. Etc …

Créateurs d'entreprise en 1979, celle-ci, alors qu'elle comprenait 20 personnes a dû déposer le bilan lors de la faillite, en 1984, de Creusot-Loire.
Tout ceci pour dire que l'argent n'est pas la motivation principale des créateurs d'entreprise. Dans la plupart des cas, ils pourraient beaucoup mieux gagner leur vie en faisant travailler l'argent des autres, et ce sans prendre de risques majeurs. Peu de cadres osent
le faire.

Pour en revenir au sujet de la discussion, j'ai pris le temps de lire votre très intéressante contribution, mais cela m'a donné la désagréable impression de chercher à passer par une lucarne alors qu'il existe une porte cochère permettant d'accéder à la social-démocratie.

Pour accéder à la social-démocratie il faudrait revenir à la démocratie qui consiste à donner le pouvoir au peuple.
Où est le pouvoir ?
Le pouvoir d'agir économiquement et socialement c'est l'argent ou plus exactement le pouvoir monétaire.


En se séparant du pouvoir monétaire, progressivement depuis 25 ans, nous sommes sortis de la démocratie. Ainsi Mitterrand, à propos du chômage, a pu dire « On a tout essayé mais rien n'a marché » C'est sous on mandat que la monnaie a été détournée de son rôle de partage (activité et ressources) et de solidarité. Et Jospin a avoué, à propos de l'affaire Michelin, que l'État était impuissant au niveau économique.

La différence entre les 30 glorieuses et maintenant est qu'alors, avec peu de moyens, la France s'est développée rapidement, construisant d'importantes infrastructures, mettant en place une bonne protection sociale, augmentant considérablement la formation de la jeunesse, réduisant les écarts de revenus,… Ce qui nous avait amenés à une société apaisée, où l'ascenseur social fonctionnait, la jeunesse faisait des projets, les voitures n'avaient pas de clef antivol de série et beaucoup de vélo pas d'antivol, les transports en commun étaient sûr….

Cette période bénie ne s'est pas arrêtée à cause du premier choc pétrolier comme les néolibéraux veulent nous le faire croire. Lorsque le pétrole est redescendu à son niveau d'origine le chômage a continué à augmenter et la société à se dégrader.

La fin des 30 glorieuses correspond assez exactement au changement de politique économique et monétaire qui a enlevé ses moyens d'action à la puissance publique. Les principaux promoteurs de ce changement ont été Thatcher et Reagan pour l'économie, et Trichet pour la Monnaie en France et maintenant en Europe.

Avec eux et les néolibéraux, nos responsables ont oublié les avancées faites par Ford,il faut que les travailleurs puissent acheter leur production, Beveridge, il faut financer les inactifs pour leur permettre d'acheter la production des actifs, Keynes, quand l'économie privée n'y parvient pas, l'État doit prendre les mesures nécessaires pour assurer le plein-emploi, financer les besoins et les investissements nécessaires à la société, et la technique de la monnaie fondante, théorisée dès la fin du XIXe siècle, et largement mise en pratique, peut-être involontairement, durant les 30 glorieuses.

Pendant les 30 glorieuses la monnaie était au service du peuple, de l'entreprise et de l'État. C'était l'instrument d'échanges et de solidarité par excellence.

Elle permettait d'orienter les investissements en fonction de l'urgence par la pratique de taux réels plus ou moins négatifs, et de freiner ce qui était moins utile par des taux de crédit réel positif.

Elle permettait l'amortissement rapide de tous les investissements, et le désendettement systématique de l'État quand celui-ci dépensait plus que ses rentrées pour assurer les besoins essentiels de la population.

Elles obligeaient aussi tous les bénéfices à s'investir pour ne pas se déprécier.

C'étaient les beaux jours de l'accession à la propriété pour les ménages, et de la croissance par l'investissement pour le capitalisme entrepreneurial.

Depuis que les banquiers centraux, nous imposent l’ultra-stabilité monétaire, les politiques ont perdu leur principal moyen d'action, et les entreprises ont plus d'intérêt à spéculer avec leurs bénéfices qu'à l'investir dans la production.
C'est la stabilité monétaire qui a transformé le capitalisme entrepreneurial, créateur d'emplois et de richesse, en capitalisme financier, essentiellement prédateur.


Le passage obligé, pour revenir à la social-démocratie, est de changer radicalement de politique monétaire ce qui passe par le changement de la mission confiée à la BCE qui devrait être : "le plein-emploi avec une inflation supérieure à 5 % et inférieure à 8 % avec une barrière infranchissable au niveau de 10 %".
Il faut aussi revenir à : Ford, Beveridge et Keynes, après 25 ans de régréssion en matière de politique économique et sociale.

À partir de là, les responsables politiques pourront reprendre la main pour mettre en oeuvre des programmes réduisant les inégalités, assurant le développement durable et l'harmonie de la société.

P. S. : L'inflation ne se décrète pas, elle doit être le résultat d'une politique de croissance par la répartition des revenus et l'investissement à long terme sur la jeunesse et le développement durable. Le néolibéralisme en est incapable.
L'inflation est nécéssaire pour dynamiser l'économie, la réguler et effacer les dettes dans le temps. On ne peut pas avoir de ressources de prévoyance virtuelles. Les retraites ne peuvent pas être assises sur des engagement monétaires. Elles doivent être garanties par les structures de vie
(et de travail), et le travail des actifs du moment car ce sont bien eux qui s'occuperont des inactifs.
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